Wilhelm Pfannenstiel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Wilhelm Pfannenstiel
Wilhelm Pfannenstiel.jpg
Wilhelm Pfannenstiel (photo d'identification prise par l'armée américaine)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 92 ans)
MarbourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Allégeance
Activités
Père
Johannes Pfannenstiel (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Peter Pfannenstiel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Membre de
Corps Guestphalia Heidelberg (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Wilhelm Hermann Pfannenstiel, né le à Breslau en province de Silésie et mort le à Marbourg, est un médecin, officier supérieur SS et membre du parti nazi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est fils de Hermann Pfannenstiel (1862-1909), un gynécologue assez connu. En 1931, il devient professeur d'hygiène à l'université de Marbourg en Allemagne et dirige la Société allemande pour l'hygiène de la race. Début aout 1942 il est envoyé à Lublin, selon ses dires, pour contrôler les conditions sanitaires et combattre les épidémies dans la ville. Il rencontre Odilo Globocnik qui « lui parle de l'extermination des Juifs qui pour la plupart sont tués au camp de Belzec »[1]. Le , il fait une inspection du camp d'extermination de Belzec avec Kurt Gerstein au cours de laquelle il est le témoin oculaire d'une mise à mort par gazage de Juifs venant de Lwow, fait qui est consigné dans le rapport détaillé de Kurt Gerstein et largement corroboré dans le rapport de Wilhelm Cornides, sous-officier dans la Wehrmacht.

Au printemps 1943, il devient consultant en hygiène alimentaire dans la 6e armée allemande, participe à la bataille des Ardennes en 1944, se retrouve sur le front en Hongrie et finalement est arrêté par l'armée américaine en Autriche. Interné à Darmstadt dans un camp de prisonniers de guerre, il est reconnu par la UNWCC (United Nations War Crimes Commission).

Interrogé sur le bien-fondé du rapport Kurt Gerstein, il nie être jamais allé à Belzec, seulement à Lublin. Transféré dans un autre camp de prisonniers à Garmisch-Partenkirchen, une requête est déposée en 1948 contre lui qui le contraint à comparaitre devant un tribunal de dénazification à Tübingen. Il est arrêté puis libéré, le tribunal n'ayant pas trouvé dans le rapport Gerstein de preuves suffisantes de son implication directe dans des crimes de guerre.

Le , interrogé une nouvelle fois, Pfannenstiel dépose devant le tribunal de Darmstadt et revient sur ses précédentes déclarations. Il reconnaît avoir été à Belzec et avoir assisté à une opération de gazage :

« Les Juifs sont entrés tranquillement et sans opposer de résistance dans les chambres à gaz; ce n'est que lorsqu'ils se sont trouvés dans l'obscurité qu'ils se sont agités. Et à ce moment-là le moteur a démarré ; d'après mes souvenirs l'opération n'a pris qu'un temps relativement court. [...]

La lucarne qui se trouvait à chaque porte s'était vite recouverte de buée à l'intérieur de sorte que l'on ne pouvait plus rien voir de l'extérieur ; quand le silence régna, on ouvrit les portes qui se trouvaient sur les portes extérieures du bâtiment. C'est par là qu'on retira les cadavres qui furent jetés dans de grandes fosses pour y être brûlés.[...]

La crémation des cadavres était loin d'être satisfaisante. Les vêtements et les objets des morts faisaient de grands tas dans le camp[2]. »

Entre 1954 et 1959, il s'occupa de la division tests thérapeutiques dans la compagnie pharmaceutique allemande Schaper & Brümmer GmbH & Co.

En il est témoin à charge dans le procès à Munich contre le personnel SS du camp de Belzec au rang duquel figure Josef Oberhauser ancien officier d'ordonnance de Christian Wirth, inspecteur général des camps d'extermination de l'Aktion Reinhard.

Pendant toutes ces années, il continue d'exercer sa profession de médecin en Allemagne. Il meurt en 1982 à Marbourg.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Destruction des Juifs d'Europe, Raoul Hilberg Fayard 1988;
  • Les Chambres à gaz, secret d'état, Eugen Kogon, Hermann Langbein, Adalbert Rückerl, Seuil 1987.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Joseph Poprzeczny, Odilo Globocnik, Hitler's man in the East, Jefferson, N.C, McFarland, , 439 p. (ISBN 978-0-786-41625-7, OCLC 749162246, lire en ligne), p. 173
  2. Eugen Kogon et Hermann Langbein (trad. Adalbert Rückerl), Les Chambres à gaz, secret d'État, Paris, Éd. du Seuil, coll. « Points, Histoire » (no 95), , 313 p. (ISBN 978-2-020-09628-7, OCLC 80073835), p. 158 et 159 Les chambres à gaz, secret d'état, Eugen Kogon, Hermann Langbein, Seuil 1987 pp.158 et 159, document original in - Staastsanwaltschaft Munich 1, AZ:22 Js64-83 (vol.1 feuillet 135 et suiv.)