Wilhelm Harster

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Wilhelm Harster
WHarster.jpg

Harster, Karl Maria Demelhuber, Erich Deppner et Hanns Rauter, probablement aux Pays-Bas en 1942.

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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 87 ans)
MunichVoir et modifier les données sur Wikidata
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Wilhelm Harster est un juriste allemand devenu policier SS à l'époque du nazisme, né le à Kelheim (Allemagne) et mort le à Munich. Il est condamné à deux reprises, pour crimes de guerre puis pour crimes contre l'humanité. En tout, il n'effectue que 10 ans de prison sur ses condamnations à 27 ans en tout.

Sous le nazisme, il est SS-Gruppenführer[a] et chef de la police de sûreté et du SD (BdS) (de) pour les Pays-Bas puis l’Italie. Condamné en 1949 à 12 ans de prison pour crimes de guerre, il est libéré en 1953 et devient haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur de Bavière. En 1963, à la suite de ses propos concernant son ex-subordonné Erich Rajakowitsch, qui a été arrêté et doit être jugé à Vienne, il est démis de ses fonctions et jugé à nouveau deux ans plus tard. Harster, qui a été un rouage essentiel de l'extermination des Juifs aux Pays-Bas puis en Italie, est à nouveau condamné à 15 ans de prison pour crimes contre l'humanité, en 1967, mais est amnistié et libéré deux ans plus tard.

Études et nazisme[modifier | modifier le code]

Harster fait ses études à Munich entre 1910 et 1919, devenant docteur en droit de l'université de Munich en 1927. Il devient réserviste de la Reichswehr en 1920, servant dans le 1er bataillon de la Bunt Oberland. En 1929, il entre dans la Kriminalpolizei (police judiciaire)[b]. Harster devient membre du NSDAP le (no 3 226 954).

Le , il rejoint la SS (no 225 932), puis, le , le service de police interne des SS, le Sicherheitsdienst (SD). Au début de la guerre, il est Obersturmbannführer[c].

Du au , il dirige le SD aux Pays-Bas, et est, en tant que tel, impliqué dans la mort de 104 000 Juifs, dont Anne Frank. Nommé Oberführer en , puis Brigadeführer und Generalmajor der Polizei[d] en , il devient Gruppenführer une Generalleutnant der Polizei[a] en . Après son séjour aux Pays-Bas, il devient dirigeant du SD en Italie, sous le commandement de l‘Obergruppenführer[e] Karl Wolff, du jusqu'à son arrestation par les Britanniques le .

Arrestation, libération, fonctionnaire et nouveau procès[modifier | modifier le code]

Extradé aux Pays-Bas, il y est jugé et condamné, en 1949, pour crimes de guerre, à une peine de 12 ans de prison. Il est néanmoins libéré de façon anticipée dès 1953, ayant purgé huit ans de prison sur les douze (en comptant la détention préventive).

Harster devient alors haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur de Bavière. En 1963, à la suite de l'arrestation du criminel de guerre Erich Rajakowitsch, dans laquelle Simon Wiesenthal a joué un rôle important, il défend son ancien subordonné, en prétendant qu'il ne s'était pas occupé de la spoliation des Juifs[1]. Son passé est alors révélé à l'opinion publique, l'obligeant à démissionner la même année.

En 1967, il est jugé à nouveau, et condamné à 15 ans de prison pour crimes contre l'humanité, en particulier pour la déportation de Juifs à Auschwitz et Sobibor. Mais deux ans plus tard, il est amnistié et libéré, à l'âge de 65 ans. Il meurt en 1991, âgé de 87 ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Équivalent en français de général de division, mais il s'agit ici d’un grade dans la police.
  2. Celle-ci devient un service du RSHA en 1939, en conséquence une partie de l'organisation SS.
  3. Équivalent en français de lieutenant-colonel.
  4. Équivalent en français de général de brigade, mais il s'agit ici d’un grade dans la police.
  5. Équivalent en français de général de corps d'armée, mais il s'agit ici d’un grade dans la police.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Guy Walters (2009), La Traque du mal (éd. Flammarion, 2010), p. 343

Sources[modifier | modifier le code]

  • Christian Ritz, Schreibtischtäter vor Gericht. Das Verfahren vor dem Münchner Landgericht wegen der Deportation der niederländischen Juden (1959-1967). Paderborn: Verlag Ferdinand Schöningh, 2012; 257 p.

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