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Wilfred Thesiger

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Wilfred Thesiger
Portrait de Wilfred Thesiger.
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Formation
Activités
Père
Wilfred Gilbert Thesiger (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Kathleen Vigors (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Brian Peirson Doughty-Wylie (d)
Dermot Vigors Thesiger (d)
Roderic Miles Doughty Thesiger (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Conflit
Distinctions

Wilfred Thesiger, né le à Addis-Abeba en Éthiopie et mort le à Londres, est un explorateur et un écrivain britannique. Il est surtout connu pour ses descriptions des peuples nomades d'Afrique et d'Asie.

Il est né dans un toukoul (hutte éthiopienne au toit de chaume), dans la légation britannique d'Addis-Abeba, capitale de l'Éthiopie, où son père représentait le Royaume-Uni, auprès de la cour du roi Ménélik II.

Dès son enfance, Wilfred Thesiger se prend de passion pour les tribus nomades et notamment celles de l'Abyssinie. Après des études à Eton et à Oxford, il revient à 24 ans en Éthiopie, invité au couronnement du nouvel empereur Haïlé Sélassié, et part pour une expédition de découverte du désert Danakil, habité par les Afars, un peuple nomade aux mœurs féroces. Sa mission est d'en faire le relevé géographique.

Il est ensuite nommé administrateur colonial du Darfour, une région de l'ouest du Soudan anglo-égyptien, au nord de l'Éthiopie. Dans ce vaste territoire, il peut donner libre cours à l'une de ses passions, la chasse au lion, ce qui le rend très populaire auprès des populations de son district.

Thesiger en 1934 près de Djibouti

Durant la Seconde Guerre mondiale, il est membre de la Force Gidéon au Soudan et en Éthiopie. Dès le début de la guerre, il est tout désigné pour prendre part, sous les ordres du général Wingate, à la conquête de l'Éthiopie. Puis il rejoint, en Cyrénaïque, le Special Air Service pour combattre les Allemands[1].

Après la guerre, Wilfred Thesiger prend conscience que le monde barbare et splendide des nomades, qu'il admire tant, va disparaître, et décide de consacrer sa vie à sauver leur mémoire de l'oubli. Pendant cinq ans, il parcourt le désert du sud de l'Arabie saoudite en compagnie des Bédouins, avant de rapporter cette expérience dans son premier livre Le Désert des Déserts.

Il part ensuite pour l'Irak découvrir le mode de vie des Arabes des marais, tribus vivant dans le sud du pays, dans les immenses marais entre les fleuves Tigre et Euphrate. Parallèlement, il effectue aussi plusieurs voyages dans les montagnes d'Asie centrale, où il en profite pour chasser l'ours et le mouflon. Il sillonne des régions alors peu connues comme le Kurdistan, le Chitral, l'Hazaradjat et le Nouristan, connues aujourd'hui sous le terme de « zones tribales » du Pakistan.

Wilfred Thesiger s'intéresse moins aux paysages qu'aux tribus qui ont conservé leurs mœurs et pratiques originelles. Ni ethnologue, ni sociologue professionnel, il se contente d'observer et de rapporter, et surtout savoure le plaisir d'être un des premiers et peut-être un des derniers à côtoyer un univers millénaire qu'il sait menacé. Les cartes et les photos en noir et blanc qui accompagnent ses écrits constituent autant de témoignages exceptionnels, tels les voyageurs Kirghizes à dos de yack, les villageois du Nouristan ou les bergers Tadjiks sur les sentiers d'Asie centrale.

Il a « toujours été attiré par les montagnes » mais « cherche la voie la plus facile pour les franchir ou pour les contourner, afin de voir ce qu'il y a de l'autre côté » et ne s'encombre pas de matériel sophistiqué : « ... quelques vêtements de rechange, deux couvertures pour le cas où nous dormirions à la belle étoile, une poignée de médicaments, un livre ou deux, un appareil photographique et ma carabine 275 Rigby. » Il considère chaque jour de voyage passé dans une automobile comme une journée de perdue, et en quelques mois de voyage au Kurdistan irakien, en 1950 et 1951, il dit avoir visité ainsi à peu près tous les villages et gravi à peu près toutes les montagnes.

Il a notamment été à la rencontre des Berbères du Maroc.

Dès la fin des années 1950, il se sait rattrapé par le monde moderne, lorsqu'il croise sur son chemin un mollah afghan à Chitrâl ou un marchand mongol en route pour Kashgar. Avec le recul, il reconnaît qu'il « aurait donné cher » pour les accompagner, mais peu à peu les frontières, jusqu'alors, libres, se ferment même pour lui, et son dernier voyage au Nouristan en 1965, semble comme un nostalgique adieu à un monde qui disparaît et qu'il a tant aimé : « Mais les temps avaient changé, et les frontières de notre monde s'étaient fermées. (...) À présent la grand-route est construite, les camions grondent dans les deux sens; les caravanes de chameaux ont disparu, leurs clochettes se sont tues pour toujours. »

Wilfred Thesiger n'aime pas la culture américaine et a dit à son sujet : « L'effet à long terme de la culture américaine telle qu'elle s'insinue dans le moindre recoin de tous les déserts, vallées et montagnes du monde sera la fin des civilisations. Notre avarice extraordinaire pour les possessions matérielles, les manières dont nous nourrissons cette avarice, le manque d'équilibre de nos vies, et notre arrogance culturelle amènera à notre perte d'ici un siècle à moins que nous apprenions à nous arrêter et à penser. Mais peut-être est-il déjà trop tard ? »

Il revient s'installer en Angleterre dans les années 1990 et est élevé à la dignité de chevalier en 1995.

Sa collection de 38 000 négatifs a été acceptée par le Royaume-Uni en paiement de ses frais de succession en 2004, et a été versée au Pitt Rivers Museum d'Oxford[2].

Publications

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  • Le Désert des déserts, Plon, 1978, coll. Terre humaine, 463 p. Titre original : Arabian Sands.
  • Les Arabes des marais, Plon, 1983, coll. Terre humaine, 280 p. + 32 p. de planches photographiques. Titre original : The Marsh Arabs. Enquête ethnographique sur des ethnies de l'Irak du sud, dans la région de Bassora (Chatt-el-Arab), le delta du Tigre et de l'Euphrate.
  • Visions d'un nomade, Plon, 1987, coll. Terre humaine, 224 p. Titre original : Visions of a Nomad. Des photographies des trois « continents » explorés par l'auteur : Afrique, Monde arabe et Asie.
  • Dans les montagnes d'Asie, traduit par Alain Bories, Étonnants voyageurs, Hoëbeke, 221 p. Titre original : Among the Mountains: Travels Through Asia. L'édition française ne contient pas toutes les cartes et les photos de l'édition anglaise.
  • Carnets d'Abyssinie, 1996, traduit en 2003 par Alain Bories, Étonnants voyageurs, Hoëbeke, 274 p. Titre original : The Danakil Diary: Journeys through Abyssinia, 1930–34.
  • La vie que j'ai choisie, 1987, traduit en 1990 par Sabine Boulongne, Plon, (ISBN 2-259-02298-7). Titre original : The Life of My Choice.

Notes et références

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  1. Sa vie ressemble alors à celle des héros d'un récit de Hugo Pratt, qui le fait d'ailleurs apparaître furtivement dans un de ses albums (Les scorpions du désert - Tome 2)
  2. Photographs of Arabia by Wilfred Thesiger, Pitt Rivers Museum, consulté le 30 septembre 2025

Bibliographie

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  • (de) Sylke Helbing, "Vergessne Weiten zu wandern auserlesen" : anglo-arabische Begegnungen im Reisebericht von Freya Stark und Wilfred Thesiger, Hildesheim, G. Olms, coll. « Anglistische und amerikanistische Texte und Studien » (no 10), , 367 p. (ISBN 3-487-10782-1).
  • Christophe Migeon, Wilfred Thesiger : gentleman barbare, Paris, Paulsen, , 310 p. (ISBN 978-2-37502-017-3)
  • (en) Christopher Morton et Philip N. Grover, Wilfred Thesiger in Africa, Londres, Pitt Rivers Museum, , 280 p. (ISBN 978-0-00-732524-5).
  • Emmanuel de Roux, « Wilfred Thesiger, témoin du désert à la Fondation Cartier », Le Monde, (lire en ligne).

Liens externes

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