Wikipédia:Sélection/Rome antique

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Rome antique

Selon la légende, Rome est fondée par Romulus et Rémus, qui, dans leur enfance, auraient été nourris par une louve.

Le terme Rome antique désigne à la fois la ville de Rome et l'État qu'elle fonde dans l'Antiquité. L'idée de Rome antique est inséparable de celle de culture latine. C'est un destin extraordinaire que celui de ce regroupement de villages au VIIe siècle av. J.-C., qui parvient à dominer l'ensemble du monde méditerranéen et ouest-européen du Ier au Ve siècle par la conquête militaire et par l'assimilation des élites locales. Dans ses siècles d'existence, la civilisation romaine passe d'une monarchie à une république oligarchique puis à un empire autocratique. Sa domination sur l'Europe de l'Ouest et la région méditerranéenne a laissé d'importantes traces archéologiques et de nombreux témoignages littéraires; la légende de Romulus et Rémus, et les récits de Tite-Live.

Le tableau d'une ville progressant de manière continue ne correspond absolument pas à la complexité des faits. Son histoire n'a pas été celle d'une croissance continue : aux progrès ont succédé des reculs et des replis. Mais les Romains sont parvenus à résoudre les difficultés internes nées de la conquête sous la République en transformant leurs institutions républicaines. La fondation de l'Empire par Auguste marque le début d'une période où la civilisation romaine, en partie héritée des Grecs, influence durablement les régions conquises. À partir du IIIe siècle, le monde romain subit l'assaut des Barbares venus de l'Europe du Nord et de l'Asie, et pour leur résister s'est donné une structure bureaucratique et militaire, ce qui n'a pas empêché le brillant renouveau du IVe siècle ainsi que l'établissement du christianisme comme religion d'État. Après la séparation entre l'Orient et l'Occident en 395, de nouvelles invasions mettent fin à l'Empire en Occident en 476.

En proie à l'instabilité interne et aux attaques de la migration des peuples, la partie occidentale de l'Empire, comprenant l'Hispanie, la Gaule, la Bretagne, l'Afrique et l'Italie, se scinde en royaumes indépendants à la fin du Ve siècle. La partie orientale de l'Empire, gouvernée à partir de Constantinople, incluant la Grèce, l'Anatolie, la Syrie et l'Égypte, survit à cette crise, et malgré la perte de la Syrie et de l'Égypte à l'Empire arabo-islamique naissant, renaît et vit sur un autre millénaire, jusqu'à ce qu'elle soit annexée par l'émergence turc de l'Empire ottoman. Cet empire médiéval et chrétien est appelé « Empire romain » par leurs habitants, mais que les historiens dénomment généralement « Empire byzantin », à bien des égards héritier de l'Empire romain.

La civilisation romaine est souvent regroupée dans l'Antiquité classique avec la Grèce antique, une civilisation qui a inspiré une grande partie de la culture de la Rome antique. La Rome antique contribue grandement à l'élaboration du droit, des constitutions et des lois, de la guerre, de l'art et la littérature, de l'architecture et la technologie et des langues dans le monde occidental, et son histoire continue d'avoir une influence majeure sur le monde d'aujourd'hui.

Antiquité tardive

Assemblée des Dieux. Illustration du codex Vergilius romanus, folio 234, Ve ou VIe siècle, Bibliothèque apostolique vaticane
L’expression Antiquité tardive est utilisée pour désigner une période historique qui commence à la fin du IIIe siècle mais dont la date de fin est beaucoup plus floue. Elle n’est employée qu’en référence aux pays ayant appartenu au monde romain, c’est-à-dire aux régions d’Europe occidentale et méridionale, d’Asie et d’Afrique autour du bassin méditerranéen mais se prolonge bien au-delà de la fin de l’Empire romain d’Occident en 476.

Bataille d'Héraclée

Progression de Pyrrhus vers Rome

La bataille d'Héraclée est une bataille de l'Antiquité (280 av. J.-C.) qui vit s'affronter d'une part les troupes de la République romaine, commandées par le consul Publius Valerius Laevinus et d'autre part celles de la coalition grecque d'Épire, de Tarente, de Thurii, de Métaponte et d'Héraclée, sous le commandement du roi d'Épire, Pyrrhus Ier. Les Grecs, conduits par un de leurs généraux les plus talentueux, remportèrent la victoire.

Cette bataille s'inscrit dans le cadre des luttes entre la Grande-Grèce et la jeune République romaine, qui tente d'étendre son hégémonie sur toute la péninsule italienne. Elle incarne également les premiers affrontements du monde romain et du monde grec.

Bibracte

Bassin monumental de Bibracte.

Bibracte était la capitale du peuple celte des Éduens de la fin du IIe siècle av. J.-C. à la fin du Ier siècle av. J.-C. Centre névralgique du pouvoir de l’aristocratie éduenne, c’était aussi un important lieu d’artisanat et de commerces où se cotoyaient mineurs, forgerons et frappeurs de monnaies sur une superficie de près de 135 hectares.

Ce site remarquable, situé sur la commune de Saint-Léger-sous-Beuvray (Saône-et-Loire) dans le Morvan au sommet du mont Beuvray, est au confluent des bassins de la Saône, de l’Yonne, de la Seine et de la Loire. Le Beuvray est constitué de trois sommets : le Theurot de la Wivre avec sa pierre, le Theurot de la Roche et le Porrey qui est le point culminant. Le site héberge le musée de la civilisation celtique qui retrace la vie de cette cité de quelques 5 à 10 milliers d’âmes au sein d’un oppidum fortifié que les fouilles archéologiques du mont Beuvray révèlent peu à peu. La conservation et la gestion du site est gérée par la société anonyme d’économie mixte nationale (SAEMN) éponyme du lieu qui est devenue un établissement public en 2007.

Bulla Regia

Plan général des vestiges de Bulla Regia

Bulla Regia (arabe : بولا ريجيا) est un site antique situé dans le Nord-Ouest de la Tunisie, plus précisément au lieu-dit anciennement dénommé Hammam-Derradji — ce toponyme fixé par Charles Tissot n'étant plus usité depuis Gilbert Charles-Picard — à 5 kilomètres au nord de Jendouba.

Autrefois placé sur la route reliant Carthage à Hippone, le site a fait l'objet de recherches archéologiques partielles, qui ont cependant permis de mettre en évidence l'ancienneté de l'occupation et de mettre au jour un élément caractéristique de l'architecture domestique à l'époque romaine : la construction d'un étage souterrain reprenant le plan des maisons, particularité posant problème en raison de l'absence d'utilisation de plans similaires dans d'autres régions chaudes de l'Empire romain.

Chiffrement par décalage

Le chiffre de César fonctionne par décalage des lettres de l'alphabet. Par exemple dans l'image ci-dessus, il y a une distance de 3 caractères, donc B devient E dans le texte codé.

En cryptographie, le chiffrement par décalage, aussi connu comme le chiffre de César (voir les différents noms), est une méthode de chiffrement très simple utilisée par Jules César dans ses correspondances secrètes (ce qui explique le nom « chiffre de César »).

Le texte chiffré s’obtient en remplaçant chaque lettre du texte clair original par une lettre à distance fixe, toujours du même côté, dans l’ordre de l’alphabet. Pour les dernière lettres (dans le cas d’un décalage à droite), on reprend au début. Par exemple avec un décalage de 3 vers la droite, A est remplacé par D, B devient E, et ainsi jusqu’à W qui devient Z, puis X devient A etc. Il s’agit d’une permutation circulaire de l’alphabet. La longueur du décalage, 3 dans l’exemple évoqué, constitue la clé du chiffrement qu’il suffit de transmettre au destinataire – s’il sait déjà qu’il s’agit d'un chiffrement de César – pour que celui-ci puisse déchiffrer le message. Dans le cas de l’alphabet latin, le chiffre de César n’a que 26 clés possibles (la clé nulle, qui ne modifie pas le texte, comprise)…

Cicéron

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Cicéron (en latin Marcus Tullius Cicero) est né le 3 janvier 106 av. J.-C., à Arpinum en Italie et mort le 7 décembre 43 av. J.-C. près d'Arpinum. Ce fut un homme d’État romain et un auteur latin.

Orateur remarquable, il publia une abondante production considérée comme un modèle de l’expression latine classique, et dont la plus grande partie nous est parvenue. S’il s’enorgueillit d’avoir sauvé la République romaine de Catilina, sa vie politique fut diversement appréciée et commentée : intellectuel égaré au milieu d’une foire d’empoigne, parvenu italien monté à Rome, opportuniste versatile, « instrument passif de la monarchie » rampante de Pompée puis César selon Theodor Mommsen et Jérôme Carcopino mais aussi, pour Pierre Grimal, l’intermédiaire qui nous transmit une partie de la philosophie grecque.

Il ne se résolut toutefois à composer des ouvrages philosophiques que dans les dernières années de sa vie, c’est-à-dire dans des circonstances où il ne pouvait trouver un autre emploi de ses loisirs. Il vit dans ce travail une consolation ; voilà la première origine des ouvrages philosophiques de Cicéron. Ce sont entre tous des ouvrages de circonstance. Inquiet, abattu, malade d’esprit, il va demander à la sagesse antique les remèdes de l’âme et la force dont il a besoin.

Cléopâtre VII

La Mort de Cléopâtre, de Reginald Arthur (1892).

Cléopâtre VII Philopator (en grec ancien : Κλεοπάτρα Θεὰ Φιλοπάτωρ / « Déesse qui aime son père »), puis Théa Néôteria Philopatris (en grec ancien : Θεὰ νεωτέρα Φιλοπάτριϛ / « Déesse nouvelle qui aime sa patrie »), est une reine d'Égypte antique de la dynastie des Ptolémées. D'origine macédonienne, elle est née vers 69 av. J.-C. et morte le

Elle règne sur l’Égypte entre -51 et -30 avec ses frères-époux Ptolémée XIII et Ptolémée XIV, puis au côté du général romain Marc Antoine. Elle est célèbre pour ses relations avec Jules César et Marc Antoine avec lesquels elle a eu plusieurs enfants. Prenant part à la guerre civile entre ce dernier et Octave, elle est vaincue à la bataille d'Actium en -31. La conquête de l’Égypte par les Romains marque la fin de l'époque hellénistique. Cléopâtre est un personnage dont la légende s'est emparée, de son vivant même. Sa mort tragique n'a fait que renforcer la tendance au romanesque qui entoure le personnage, et qui parfois gêne l'historien dans une approche objective de cette reine d'Égypte, l'une des femmes les plus célèbres de l'Antiquité.

Dougga

Le Capitole de Dougga

Dougga ou Thugga est un site archéologique situé dans la délégation de Téboursouk au nord-ouest de la Tunisie.

L'Unesco a classé ce site sur la liste du patrimoine mondial en 1997, considérant qu'il s'agit de la « petite ville romaine la mieux conservée de l'Afrique du Nord ». La cité, qui se trouve en pleine campagne, est bien protégée de l'urbanisme moderne, contrairement, par exemple, à Carthage, pillée et reconstruite à de nombreuses reprises.

Le site de Dougga est remarquable par sa taille — 70 hectares —, la bonne conservation de ses monuments et la richesse historique de son passé punique, numide, romain et byzantin. Parmi les monuments qui font la renommée de Dougga, se trouvent le mausolée libyco-punique, le Capitole, le théâtre ainsi que les temples de Saturne et de Junon Caelestis.

Basilique de Damous El Karita

Photo de la basilique vue de l'ouest.

La basilique de Damous El Karita est une basilique chrétienne tunisienne en ruines datant de l'Antiquité tardive et de l'époque byzantine. Elle est située sur le plateau de l'odéon au sein du site archéologique de Carthage.

Complexe architectural chrétien le plus important connu au sein de la capitale de l'Afrique proconsulaire, il est selon Noël Duval à la fois l'un des « plus célèbres monuments paléochrétiens » mais aussi l'un des « plus maltraités et mal connus ». Le complexe architectural a en effet constitué l'un des ensembles cultuels chrétiens les plus conséquents de l'Afrique du Nord de l'Antiquité tardive et alto-médiévale. Outre deux églises, l'ensemble a comporté au moins un martyrium, des hypogées et une rotonde souterraine à l'interprétation complexe et qui fait débat.

Il s'agit du premier monument chrétien découvert à Carthage mais l'ensemble a été fouillé « incomplètement [et] dans des conditions désastreuses » selon Noël Duval. Si la construction est dégagée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle par le père Alfred Louis Delattre, la fouille du complexe n'a jamais été achevée ; des études partielles ont encore eu lieu à la fin des années 1990 sur la rotonde par une étude tuniso-autrichienne sous la direction d'Heimo Dolenz...

Hannibal Barca

Hannibal Barca (en phénicien Hanni-Baal signifie « qui a la faveur de Baal » et Barca, « foudre »), généralement appelé Annibal ou Hannibal, né en 247 av. J.-C. à Carthage (au nord-est de l'actuelle Tunis) et mort par suicide en 183 av. J.-C. en Bithynie (près de l'actuelle Bursa en Turquie), est un général et homme politique carthaginois généralement considéré comme l'un des plus grands tacticiens militaires de l'histoire.

Il grandit durant une période de tension dans le bassin méditerranéen alors que Rome tente d'établir sa suprématie sur d'autres puissances tels que Carthage, la Macédoine, Syracuse et l'empire séleucide. Le principal exploit qu'on lui reconnaît a lieu durant la deuxième guerre punique : il quitte alors l'Hispanie avec son armée et traverse les Pyrénées puis les Alpes pour gagner le nord de l'Italie. Pourtant, il ne parvient pas à prendre Rome. Selon certains historiens, Hannibal ne possède alors pas le matériel nécessaire à l'attaque et au siège de la ville. Pour J. F. Lazenby, ce ne serait pas le manque d'équipements mais celui de ravitaillement et son propre agenda politique qui empêchent Hannibal d'attaquer la cité. Néanmoins, il réussit à maintenir une armée en Italie durant plus d'une décennie sans toutefois parvenir à imposer ses conditions aux Romains. Une contre-attaque de ces derniers le force à retourner à Carthage où il est finalement défait à la bataille de Zama (ayant lieu entre Constantine et Tunis en Numidie).

L'historien militaire Theodore Ayrault Dodge lui donne le surnom de « père de la stratégie » du fait que son plus grand ennemi, Rome, adopte par la suite des éléments de sa tactique militaire dans son propre arsenal stratégique. Cet héritage lui confère une réputation forte dans le monde contemporain et il est considéré comme un grand stratège par des militaires tels que Napoléon Ier et le duc de Wellington. Sa vie sert plus tard de trame à de nombreux films et documentaires. Bernard Werber lui rend ainsi hommage au travers du personnage du « Libérateur » et d'un article de L'Encyclopédie du savoir relatif et absolu mentionné dans son ouvrage Le Souffle des dieux.

Herculanum

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Herculanum est une ville romaine antique située dans la région italienne de Campanie, détruite par l'éruption du Vésuve de l'an 79, conservée pendant des siècles dans une gangue volcanique et redécouverte à partir du XVIIIe siècle.

La cité était petite, avec une superficie de 12 hectares, dont environ 4,5 ha ont été dégagés, et une population estimée à quatre mille habitants. La cité n'est connue qu'en partie, la plupart des édifices publics ou cultuels étant inconnus à ce jour.

À partir de 1738, les premiers fouilleurs creusèrent des tunnels dans la gangue qui emprisonne la cité, à la recherche d'œuvres d'art et de marbre. Le roi des Deux-Siciles organisa les fouilles de ce premier chantier archéologique du monde occidental, dont les produits contribuèrent à la diffusion du néo-classicisme dans la seconde moitié du siècle. La décision de faire les fouilles à ciel ouvert fut prise en 1828, celles-ci ne prenant une ampleur particulière qu'au XXe siècle. La fin de ce siècle vit des découvertes importantes avec la découverte d'un grand nombre de squelettes dans les abris à bateaux bordant la plage, permettant de mieux appréhender le destin de la population, et la reprise des fouilles de la grande villa des Papyrus.

Ses remarquables vestiges apportent cependant une considérable connaissance de terrain sur la civilisation romaine au Ier siècle de par les circonstances de la destruction de la ville : les fouilles ont livré un matériel archéologique exceptionnel, en particulier en bois, et également des œuvres littéraires inconnues par ailleurs dans les papyri de la bibliothèque d'une vaste villa suburbaine.

La notoriété d'Herculanum est éclipsée par celle de Pompéi, mais le site offre pourtant sur un périmètre concentré des vestiges très évocateurs, grâce à leur élévation et à la restauration de nombreuses couvertures.

Jules César

Portrait de Jules César

Jules César (latin : CAIVS•IVLIVS•CAESAR•IV à sa naissance, IMPERATOR•CAIVS•IVLIVS•CAESAR•DIVVS à sa mort) est un général, homme politique et écrivain romain, né à Rome vers 100 av. J.-C. et mort le 15 mars 44 av. J.-C. (aux Ides de Mars).

Son destin exceptionnel marqua le monde romain et l'histoire universelle : ambitieux et brillant, il s’appuya sur le courant réformateur et démagogue pour son ascension politique ; stratège et tacticien habile, il repoussa les frontières romaines jusqu’au Rhin et à l’océan Atlantique en conquérant la Gaule, puis utilisa ses légions pour s’emparer du pouvoir. Il se fit nommer dictateur à vie, et fut assassiné peu après par une conspiration de sénateurs. Il fut divinisé et son fils adoptif Octave, vainqueur de Marc Antoine, acheva la réforme de la République romaine, qui laissa place au principat et à l’Empire romain.

Lugdunum

Lugdunum est le nom latin d'origine celtique de l'actuelle ville de Lyon, fondée officiellement en -43, capitale des Gaules à partir de -27, sous l'impulsion de Marcus Vipsanius Agrippa, général et gendre d'Auguste.

Cependant, le site est occupé de façon continue depuis le VIe siècle av. J.-C., soit bien avant l'arrivée des Romains. Ceux-ci établissent leur colonie au sommet de la colline de Fourvière, mais la cité va largement déborder du site initial et occuper les pentes de la colline de la Croix-Rousse et la presqu'île actuelle. Certains historiens ont émis l'hypothèse qu'il s'agissait d'une île, l'île des Canabae.

Marcus Sedatius Severianus

Marcus Sedatius Severianus, de son nom complet « Marcus Sedatius C(aii) f(ilius) Severianus Iulius Acer Metillius Nepos Rufinus Ti(berius) Rutilianus Censor », né vers 105 et mort à la fin de 161, est un sénateur, consul et général romain du IIe siècle, d'origine gauloise. Sedatius est un sénateur d'origine provinciale, vraisemblablement un homo novus. Sa carrière le mena jusqu'au consulat suffect et au gouvernement d'une province consulaire : Severianus avait su faire reconnaître ses mérites, et avait sans doute aussi d'importants appuis. Sa carrière n'a pas toutefois l'éclat et la rapidité des cursus de patriciens ou de sénateurs plus prestigieux. Elle se distingue cependant par ses liens avec l'oracle de Glycon tandis que sa fin illustre les difficultés militaires de l'Empire à partir du règne de Marc Aurèle. Alors qu'il est en charge de la province de Cappadoce à la fin des années 150, il doit mener une guerre contre le roi parthe Vologèse IV afin de défendre le royaume d'Arménie. En 161, Severianus est défait à Elegeia où il meurt.

Naumachie

Naumachie (en latin naumachia, d'après le grec ancien ναυμαχία (naumachía), littéralement « combat naval ») désigne dans le monde romain à la fois un spectacle représentant une bataille de navires et le bassin ou plus largement l'édifice dans laquelle elle se tenait.

La première naumachie connue est celle que donna Jules César à Rome en 46 av. J.-C. lors de son quadruple triomphe. La chute de l'Empire romain ne signa pas pour autant la fin des naumachies. En effet, d'autres eurent lieu au cours des siècles suivants, notamment en 1550 à Rouen pour le roi Henri II ou en 1807 à Milan pour l'empereur Napoléon Ier.

Nicopolis d'Épire

Buste d’Agrippa, général d'Octave à Actium, trouvé à Nicopolis (musée de Nicopolis)

Nicopolis d'Épire, Actia Nicopolis ou encore Nicopolis ad Actium (en grec ancien Νικόπολις / Nikópolis, littéralement « la cité de la victoire »), est une cité grecque fondée par Auguste pour commémorer sa victoire navale d'Actium contre Marc Antoine le 2 septembre 31 av. J.-C. à l’embouchure du golfe ambracique. La ville est située sur l’isthme de la péninsule qui sépare le golfe ambracique de la mer Ionienne, à l’opposé du promontoire d’Actium, environ 6 km au nord de la ville moderne de Prévéza. Nicopolis a connu un développement florissant pendant la période romaine et l’Antiquité tardive, avant de péricliter à l’époque byzantine.

Panthéon (Rome)

Facade du Panthéon

Le Panthéon de Rome est un édifice religieux antique situé sur la piazza della Rotonda (Rome), bâti sur l'ordre d'Agrippa au Ier siècle av. J.-C., endommagé par plusieurs incendies, et entièrement reconstruit sous Hadrien (début du IIe siècle). À l’origine, le Panthéon était un temple dédié à toutes les divinités de la religion antique. Il fut converti en église chrétienne au VIIe siècle. C’est le plus grand monument romain antique qui nous soit parvenu en état pratiquement intact, du fait de son utilisation ininterrompue jusqu'à nos jours. Il a donné son nom à un quartier de Rome.

Le nom du Panthéon est issu de l'adjectif grec πάνθειον / pántheion, qui signifie « de tous les dieux ». La plupart des auteurs latins le nomment sous la forme grécisante Pantheon. La forme latinisée Pantheum est attestée chez Pline l'Ancien.

Le Panthéon supporte la plus grande coupole de toute l’Antiquité (43,3 m de diamètre à l'intérieur), qui reste la plus grande du monde en béton non armé. Après presque deux millénaires, cette construction remarquable ne présente pas de signe de faiblesse de sa structure en dépit des mutilations volontaires et des mouvements telluriques répétés.

Psychomachie

Psychomachie de Prudence, British Library, MS 24199 XIe siècle; Job et Patientia (la patience). Les vers latins sont accompagnés d'une glose.

La Psychomachia, ou en français Psychomachie (du grec ancien Ψυχομαχία, « combat de l'âme » ou « combat pour l'âme »), est une œuvre du poète chrétien Prudence (né en 348 et mort après 405) qui met en scène le combat entre les figures allégoriques des vices et des vertus. Ce poème passe pour une des œuvres majeures de l'épopée chrétienne en langue latine. Du point de vue stylistique, il est très proche de la poésie latine classique, notamment de modèles comme l'Énéide, de Virgile.

Les manuscrits médiévaux sont souvent copieusement annotés de gloses et partiellement accompagnés d'enluminures, témoignant de la popularité du texte. L’œuvre en effet a eu une influence considérable sur l'art du Moyen Âge, aussi bien sur la poésie allégorique que sur la peinture et la sculpture. C'est un des poèmes antiques les plus cités au Moyen Âge.

Afrique romaine

Mosaïque dite de Virgile et les Muses.

Rome compte en Afrique jusqu'à huit provinces différentes (d'est en ouest) : la Tripolitaine, la Byzacène, l'Afrique Proconsulaire, la Numidie Cirtéenne, la Numidie militaire, la Maurétanie Césarienne, la Maurétanie Sitifienne et la Maurétanie Tingitane.

L'Afrique romaine fait souvent l'objet d'une étude d'ensemble par les historiens et les archéologues, malgré de très fortes disparités régionales et de grandes ruptures chronologiques dans les huit siècles de son histoire. Les deux grandes problématiques historiques concernant ces provinces sont actuellement la question de leur romanisation et celle de leur christianisation. L'« Afrique romaine » désigne ainsi soit les terres d'Afrique dominées par Rome, soit la part romanisée de l'Afrique.

L'Afrique romaine s'étend d'est en ouest, de la Petite Syrte aux côtes atlantiques de l'actuel Maroc. Les provinces de Cyrénaïque et d'Égypte ne sont pas incluses dans l'ensemble régional, car ces deux provinces reçoivent un traitement à part dans les sources antiques. Géographiquement, des déserts les séparent du reste de l'Afrique du nord, tandis que Tripolitaine et Leptis Magna sont dans la continuité territoriale de l’Afrique du Nord. Culturellement, elles sont dans l'aire hellénistique, clairement distinguée de la zone punique puis romaine. Enfin, administrativement, l'Égypte a toujours été un cas à part dans l'Empire romain, et la Cyrénaïque a été plusieurs fois rattachée à la Crète, terre habitée la plus proche.

Sanctuaire d'Isis et de Mater Magna

Le sanctuaire dans la Taberna archaeologica, à Mayence.

Le sanctuaire d’Isis et de Mater Magna est un lieu de culte de la Mogontiacum romaine (Mayence) qui était actif entre le Ier siècle et le IIIe siècle de notre ère. Les vestiges archéologiques de ce site furent mis au jour et dégagés fin 1999 lors de travaux dans la galerie marchande dite « Römerpassage » dans le centre-ville de Mayence.

Des inscriptions votives attestent du lien entre la dynastie des Flaviens et la construction du sanctuaire et permettent de penser à une relation entre la consécration de ce sanctuaire et un événement politique particulier. Un petit musée au rez-de-chaussée de la galerie marchande abrite les ruines, un choix de vestiges et un spectacle multimédia reconstituant le sanctuaire antique.

Site archéologique de Carthage

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Le site archéologique de Carthage est un site dispersé dans la ville actuelle de Carthage (Tunisie) et classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979.

Il est dominé par la colline de Byrsa qui était le centre de la cité punique. Aujourd'hui, il se distingue par la silhouette massive de la cathédrale Saint-Louis édifiée, à la fin du XIXe siècle, à l'emplacement présumé de la sépulture du roi Louis IX (saint Louis) qui y mourut au cours de la huitième croisade. À proximité de la cathédrale, en face de cette tombe vide dont les restes ont été rapatriés en France, se trouvent les vestiges du plus important quartier de la ville. Il n'en subsiste que quelques fondations et quelques fragments de colonnes mais on peut y mesurer la puissance qui émanait alors de la cité : dimensions immenses, grands espaces, vues panoramiques et organisation des rues.

Le développement rapide de la ville moderne risquant de détruire à jamais les vestiges, de grands archéologues tunisiens ont alerté l'opinion et l'UNESCO a lancé une vaste campagne internationale entre 1972 et 1992 afin de sauver Carthage. Ce tournant est parachevé avec le classement au patrimoine mondial.

Il ne sera question ici que de l'état actuel du site archéologique, un grand nombre d'éléments ayant été perdus anciennement ou plus récemment. La difficulté pour le visiteur réside désormais dans l'extrême dispersion des vestiges même si certains pôles peuvent être distingués. Pour la ville et le pays, la problématique est plus complexe : protéger les témoignages du passé tout en gênant le moins possible la vie quotidienne de la population.

Site archéologique de Jublains

Fragment de fresque représentant un pigeon trouvé sur le site du sanctuaire (Musée archéologique départemental de Jublains)

Le site archéologique de Jublains est un ensemble de vestiges, datés principalement de l'époque romaine, présents sur le territoire de l'actuelle commune française de Jublains, située dans le département de la Mayenne (région des Pays de la Loire).

Lieu d'un sanctuaire du peuple celte des Diablintes, une ville du nom de Noviodunum est créée par les Romains, devient la capitale de ce peuple au moment de l'organisation administrative augustéenne et s'urbanise dans la seconde moitié du Ier siècle. La cité est dotée d'une parure monumentale, avec un ensemble de monuments publics témoignant de la diffusion du mode de vie romain : théâtre, forum et thermes, outre le sanctuaire celte qui est reconstruit en dur. La cité témoigne aussi des difficultés rencontrées à partir du IIIe siècle, avec la construction d'un élément fortifié qui constitue encore l'élément le plus impressionnant du site. Durant l'Antiquité tardive, la cité perd son statut de capitale, lorsque l'entité diablinte est rattachée au territoire des Cénomans.

Essentiellement connu pour le camp romain, classé monument historique en 1840, le site recèle d'autres vestiges intéressants tels que le théâtre, les thermes et le temple romain. Même si un simple bourg a remplacé la cité romaine, les vestiges remarquablement conservés font de Jublains un site considéré comme exceptionnel dans l'Ouest de la France. Le département de la Mayenne a ainsi décidé de procéder à de nombreuses acquisitions foncières afin que les recherches puissent se poursuivre.

Thermes d'Antonin de Carthage

Ruines des thermes d’Antonin

Les thermes d'Antonin, situés à Carthage (Tunisie), sont le plus vaste ensemble thermal romain construit sur le sol africain. C'est aussi le seul bâtiment thermal de Carthage dont il subsiste quelques vestiges, en dépit de la prédation féroce qui a sévi sur le site archéologique et dépouillé le monument de ses matériaux.

Même si le bâtiment constitue l'ensemble thermal le plus important construit à Carthage, et le « plus grand édifice balnéaire du monde provincial, à l'image de la mégapole carthaginoise », il n'était pas le seul. Cependant, aucune partie en élévation ne subsiste de la dizaine d'autres édifices du même type ayant pu exister et dont la localisation est incertaine ou inconnue, en particulier les thermes dits de Gargilius, attestés par les textes mais non reconnus avec certitude sur le terrain.

Des installations d'origine ne subsistent plus que quelques vestiges du rez-de-chaussée, constitué des espaces de service, situés à proximité du rivage de Carthage. En effet, le site a servi de carrière de pierres pendant des siècles afin d'édifier de nombreux monuments, tant à Tunis que dans de nombreuses villes du nord du bassin méditerranéen comme Pise, sa proximité du rivage ayant aggravé la prédation. Abdelmajid Ennabli et Hédi Slim ont pu dire de l'édifice qu'il n'était plus qu'« un colosse abattu et dépouillé de presque tous ses éléments tant architecturaux qu'ornementaux »...

Trière

Une trirème

Une trière ou trirème, ce dernier terme étant l’appellation latine, est une galère de combat antique, développée à partir du pentécontère.

Plus court que son prédécesseur, c’est un navire équipé d’une voile dans lequel prennent place 170 rameurs étagés sur trois rangs, d’où son nom. Léger et agile, il permet le développement de la manœuvre d’éperonnage grâce au rostre de bronze monté sur sa proue, technique qui donne lieu aux premières batailles à caractère réellement naval.

Les trières apparaissent en Ionie et deviennent le navire de guerre dominant en Méditerranée de la fin du VIe siècle av. J.-C. au IVe siècle av. J.-C. puis à nouveau, du fait de leur efficacité, durant l’Empire romain jusqu’au IVe siècle.

Troisième guerre punique

Vitrine du Musée national de Carthage présentant des vestiges du siège avec, entre autres items, boulet, épée, pointes de flèches et balles destinées aux frondes.

La troisième guerre punique est la dernière phase d'un conflit connu sous le nom de guerres puniques et qui oppose pendant plus d'un siècle Rome et Carthage.

Les deux premières guerres (264-241 av. J.-C. et 218-202 av. J.-C.) aboutissent à la perte des possessions méditerranéennes de Carthage, qui se limitent au nord de l'Afrique au début du IIe siècle av. J.-C. En dépit de ce repli, la cité punique connaît une phase d'expansion économique durant le dernier demi-siècle de son existence, croissance qui entraîne à Rome la crainte d'un réarmement, même si les raisons du conflit sont plus complexes et discutées par les historiens. La croissance de l'État numide de Massinissa, qui se construit en partie aux dépens de Carthage, change également la donne : le jeu d'alliance entre cet État et Rome a pu entraîner Carthage, vaincue en 202, à se défendre et à violer de fait l'une des clauses du traité, donnant ainsi le casus belli.

Le conflit se solde, à l'issue d'une courte campagne et d'un long siège qui dure de 149 à 146 av. J.-C., par l'anéantissement de la cité punique, dont la capitale est rasée. En dépit des destructions matérielles, la civilisation carthaginoise ne disparaît pas pour autant et nombre de ses éléments ont été intégrés à la civilisation de l'Afrique romaine.

Vercingétorix

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Vercingétorix (né aux environs de -80 en Auvergne, mort en -46 à Rome) est le fils du chef gaulois de la tribu des Arvernes, Celtillos. Il fédère la plupart des peuples gaulois et leurs chefs pour tenter de repousser l'envahisseur romain Jules César à la fin de la guerre des Gaules (-58 à -51). Vaincu à Alésia en -52, il est emprisonné, puis exécuté à Rome, à la suite du triomphe de César.

Vercingétorix est l'un des premiers chefs ayant réussi à fédérer une partie importante des peuples gaulois, en montrant de réels talents militaires face à l'un des plus grands stratèges de son temps. Sous Napoléon III, sa figure de représentant de la civilisation gallo-romaine est largement mise en avant ; puis dans le cadre de l'affrontement franco-allemand, il incarne la figure mythique et nationale du tout premier peuple français dans une part importante de l'historiographie au XIXe siècle. Il devient, entre 1870 et 1950, dans l'enseignement de l'histoire à des générations d'écoliers, le premier chef des Français.

Amphithéâtre d'El Jem

Colisée d'El Djem vue panoramique.jpg

L'amphithéâtre d'El Jem (arabe : قصر الجم), aussi appelé Colisée de Thysdrus, est un amphithéâtre romain situé dans l'actuelle ville tunisienne d'El Jem, l'antique Thysdrus de la province romaine d'Afrique.

Construit vraisemblablement vers le premier tiers du IIIe siècle, même si sa datation a fait l'objet de débats, il prend la succession de deux édifices du même genre, dont l'étude a permis d'analyser la genèse de ces constructions monumentales destinées aux loisirs. Il a probablement abrité des combats de gladiateurs ainsi que des courses de chars et autres jeux du cirque, mais surtout des exhibitions de bêtes sauvages et des reconstitutions de chasses aux fauves particulièrement prisées.

Selon Jean-Claude Golvin, l'édifice marque avec quelques autres l'apogée de ce genre de monument, au « terme d'une évolution architecturale étalée sur près de quatre siècles ». Cependant, la situation de Thysdrus, avec ses trois amphithéâtres étudiés scientifiquement, « paraît unique au monde » selon Hédi Slim.

Ce « Grand amphithéâtre », le monument romain le plus célèbre de la Tunisie, est l'amphithéâtre le mieux conservé d'Afrique du Nord. Il a fait l'objet d'un classement au patrimoine mondial par l'Unesco en 1979. L'amphithéâtre accueille chaque année environ 530 000 visiteurs.

Place des Corporations

Photo des ruines du théâtre vue du haut des marches. La place et les colonnes sont au second plan.

La place des Corporations (Piazzale delle Corporazioni) est un des principaux édifices de l’Ostie de la période impériale, situé près du centre de la cité, adossé au mur de fond du théâtre. Entourée de colonnades dont il ne reste que peu de vestiges, la place conserve encore un ensemble de mosaïques qui présente un grand intérêt pour les historiens de la Rome antique : elles apportent des informations sur le commerce maritime et les techniques navales au IIe siècle, et démontrent que la place regroupait en un même lieu les divers entrepreneurs d’Ostie et des représentations commerciales de villes de l’Empire romain en relation avec le port d’Ostie. La fonction de ces installations, déduite des inscriptions dédiées à des magistrats responsables de l’Annone, est très probablement celle de bureaux d'armateurs et de marchands de nombreuses villes portuaires, où l'on pouvait au mieux négocier le transport et la vente des marchandises destinées au ravitaillement de Rome. C’est pourquoi ce nom de place des corporations donné par les premiers fouilleurs paraît impropre, puisqu’un seul des emplacements connus concerne une corporation d’Ostie, celle des tanneurs. Selon Guido Calza qui a fouillé ce site, il serait plus exact de qualifier ce site sans équivalent dans le monde romain de « Chambre de commerce ».

Palais de Dioclétien

Reconstitution du palais de Dioclétien

Le palais de Dioclétien (en croate : Dioklecijanova palača) est la résidence impériale fortifiée construite par l'empereur Dioclétien sur la côte dalmate pour s'y retirer après son abdication volontaire en 305. C'est l'un des édifices de l'Antiquité tardive les mieux conservés. Ces vestiges sont préservés dans le cœur historique de Split, en Croatie. Contrairement à une légende populaire, la ville — Spalatum en latin — doit son nom à celui de la cité grecque voisine d'Aspalathos — « buisson blanc » — et non au terme latin signifiant palais — palatium. L'empereur Dioclétien y vécut l'essentiel des dernières années de sa vie et, à sa mort, son corps fut déposé dans un sarcophage placé dans le mausolée qu'il y avait fait construire.

Le palais est un témoignage exceptionnel de la mise en scène architecturale de l'idéologie tétrarchique qui ne survécut pas à son fondateur. Réunissant une résidence de prestige, un temple dynastique et un mausolée, c'est le prototype d'un modèle palatial tétrarchique qui connut deux autres itérations moins grandioses, à Romuliana pour Galère et à Šarkamen sans doute pour Maximin Daïa.

Après la disparition de son commanditaire, le palais continua jusqu'au VIe siècle de servir de résidence officielle pour l'administration provinciale et de grands personnages en exil, mais elle abrita aussi une manufacture de textile. Après les invasions slaves, une petite ville se développa dans ses murs et succéda à Salone comme siège épiscopal et siège administratif des autorités byzantines. Elle finit par passer sous contrôle vénitien et demeura une place forte de la République jusqu'à la dissolution de cette dernière en 1797. Dès le XVIe siècle, les vestiges du palais attirèrent l'attention des architectes et érudits européens, et eurent une influence certaine sur le courant néoclassique.

Pétrone

Portrait de Petronius Arbiter par P. Bodart, 1707.

Pétrone (en latin : Petronius Arbiter) est un écrivain romain, auteur supposé du Satyricon. Il est généralement (mais pas unanimement) identifié avec le Pétrone (Titus Petronius Niger) de la cour de Néron, mort vers 66, et dont un portrait nous est donné dans les Annales de Tacite. Toutefois, d'autres hypothèses quant à son identité existent.

Le Satyricon, que la tradition littéraire attribue à Pétrone, est considéré comme l'un des premiers romans de l'histoire de la littérature. Œuvre fragmentaire, il constitue une satire sociale, qui est, grâce à la psychologie des personnages et l'observation réaliste, une véritable innovation littéraire. Pétrone est également l'auteur de poésies dont certaines se sont cependant révélées ne pas être de sa main. On lui attribue également des fragments narratifs, retrouvés au cours des siècles et supposés intégrer le récit du Satyricon.

L'esthétique de Pétrone est essentiellement parodique et satirique : ses écrits interrogent le monde romain par la dérision et le travestissement. Cependant, nombre de spécialistes lui reconnaissent un message social novateur, un style littéraire innovant et une recherche dans l'observation réaliste qui en fait l'un des auteurs précurseurs du roman.

Pétrone a influencé la littérature, le cinéma et la musique. Henryk Sienkiewicz, dans son roman Quo vadis ? (1895), fait de Petronius Arbiter un personnage clé de l'intrigue alors que Federico Fellini adapte le Satyricon en 1969. Le compositeur italien Bruno Maderna en a composé un opéra en un acte. Plus généralement, la vie de Pétrone et son esthétique ont inspiré de nombreux auteurs tels, par exemple, Henry de Montherlant, Laurence Sterne, Tobias Smollett, Henry Fielding ou encore Marcel Schwob.

Satyricon

Georges-Antoine Rochegrosse : la rencontre de Pannychis avec Giton (chapitre XXV).

Le Satyricon (ou parfois : Satiricon) est un roman satirique écrit en latin attribué, avec polémique, à Pétrone. Le roman, considéré comme l'un des premiers de la littérature mondiale, mêle vers et prose, latin classique et vulgaire. Il est constitué par un récit-cadre (titré généralement les « Aventures d'Encolpe ») et trois récits enchâssés : l'Éphèbe de Pergame, la Matrone d'Éphèse et le festin chez Trimalcion, autant d'intrigues à la vaste postérité littéraire.

Le récit conte les aventures, dans une Rome décadente (très certainement avant la fin du Ier siècle), de deux jeunes homosexuels, Encolpe et Ascylte, ainsi que du jeune amant du premier, l'adolescent Giton. Encolpe a été frappé d'impuissance par le dieu Priape alors que son ami et rival, Ascylte, convoite l'amour de Giton. Au cours de leurs pérégrinations, ils sont invités à un splendide festin organisé par un riche affranchi, Trimalcion, de chez qui ils parviennent à s'enfuir. Rejoints par le poète Eumolpe, ils embarquent et font naufrage, suite à une tempête, près de Crotone. Encolpe fait ensuite la rencontre de Circé, une habitante de Crotone, mais, frappé de nouveau d'impuissance, il décide d'aller se faire soigner chez Oenothéa, prêtresse de Priape. Le récit est suivi de plusieurs fragments, de tailles inégales.

L'identité de l'auteur du Satyricon demeure l'objet de polémiques. Tour à tour identifié à un proche de Néron, au secrétaire de Pline l'Ancien ou à un Massaliote, voire à plusieurs auteurs différents, l'autorité de Pétrone sur le Satyricon est remise en cause par l'étude du contexte social et politique du roman. Puisant aux sources de la tradition romanesque grecque, et notamment dans le genre milésien, le Satyricon préfigure le roman picaresque. Il constitue une innovation littéraire pour l'Antiquité, si bien qu'il a pu être considéré comme le premier roman européen. L'histoire du texte est complexe : le Satyricon actuel est issu de plusieurs manuscrits dont les cheminements sont encore obscurs. L'édition princeps du Satyricon est publiée, sous le nom d'auteur de « Petronius Arbiter », à Milan en 1482, mais la première édition complète du roman est publiée à Amsterdam en 1669…

Grégoire de Nazianze

Icône de Grégoire de Nazianze.

Grégoire de Nazianze, ou « de Naziance », dit « le Jeune », ou encore Grégoire le Théologien, né en 329 en Cappadoce et mort en 390, est un théologien et un docteur de l'Église.

Issu d'une famille chrétienne, Grégoire de Nazianze fait ses études à Alexandrie puis à Athènes, où il rencontre Basile de Césarée, qui devient son ami. Il rentre à Nazianze où il est ordonné prêtre par son père. Ordonné ensuite évêque de Sasimes contre son gré par Basile de Césarée, il ne peut cependant s'y établir ; il reste alors chez son père, devenant le premier évêque auxiliaire de l'Église.

À la mort de son père, il décide de se retirer pour mener une vie cénobitique. Il est invité à Constantinople où il prend part à la lutte contre l'arianisme et contre les divisions de l'Église de Constantinople. Défenseur de la doctrine du concile de Nicée, il cherche à défendre la place de l'Esprit Saint dans la théologie orthodoxe...

Constance II


Constance II (Flavius Julius Constantius en latin), né le à Sirmium et mort le à Mopsucrène, est un empereur romain chrétien du Bas-Empire.

Constance est élevé le au rang de César, soit vice-empereur, de même que ses deux frères, Constant et Constantin II, et son cousin Dalmatius. À la mort de Constantin, en 337, peu désireux de partager l'Empire à cinq, les trois frères s'accordent pour encourager la garde impériale à massacrer Dalmatius, Hannibalien et la quasi-totalité de leur famille, puis se font acclamer Augustes, soit empereurs, et se répartissent le monde romain. Constance en obtient ainsi la partie orientale. En 340, Constantin II est tué par Constant, qui se place à la tête de l'Occident romain, avant d'être assassiné à son tour, en 350, par un des ses généraux, Magnence. Constance l'affronte le à Mursa, et le vainc en 353. Deux ans plus tard, l'élimination du général usurpateur Silvanus maintient Constance comme souverain incontesté du monde romain.

Constance décide de se faire épauler par un vice-empereur. N'ayant pas de fils, Constance envoie son dernier parent encore en vie, le jeune frère de Gallus, Julien, servir comme César en Gaule en 355. C'est depuis la Mésopotamie, où l'issue de la guerre perse demeure, treize ans après le début du conflit, toujours incertaine, que Constance apprend, en 360, que son César, après avoir libéré les Gaules, a usurpé le titre d'Auguste. Constance s'éteint le . Avant de mourir, il désigne Julien, son rival d'hier comme son successeur.

Le règne de Constance est marqué par la consolidation des réformes de Constantin, notamment aux niveaux financier et administratif, mais aussi par une inflexion vers une nouvelle conception du pouvoir assez proche de celle des futurs empereurs byzantins, et marquée par le goût pour la pompe et par la montée en puissance des eunuques et des notaires. Élevé dans la parole du Christ, Constance veille également à renforcer l'Église face aux cultes païens, et à la purger de ses divisions en tentant d'unifier un dogme en pleine élaboration. Bien plus que les autres décisions de Constance, ce sont principalement ces questions religieuses que retiennent les historiens anciens.

Épave de Mahdia

Reconstitution du navire qui a sombré.

L'épave de Mahdia est un site archéologique sous-marin découvert à environ cinq kilomètres au large de la ville tunisienne de Mahdia, à mi-distance des sites archéologiques de Thapsus et Sullecthum.

Le site abrite un navire grec échoué à la suite d'une tempête survenue au Ier siècle av. J.-C. Ce dernier renfermait un riche chargement d'œuvres d'art et d'éléments architecturaux dont l'ensemble a posé de nombreuses questions aux chercheurs depuis sa découverte : outre de nombreuses colonnes et d'autres éléments de construction, le chargement était très hétéroclite, avec en particulier de nombreuses sculptures de marbre et de bronze.

Si la découverte au début du XXe siècle est plus ou moins due au hasard, des campagnes de fouilles successives ont lieu au milieu puis dans la dernière décennie du siècle. De ce fait, le site a pu être considéré comme un témoin de l'évolution des techniques d'archéologie sous-marine : si les premières fouilles ont utilisé un matériel qui n'avait guère évolué depuis le milieu du XIXe siècle, le tournant peut être daté des années 1940, avec l'invention du scaphandre autonome qui rend les plongeurs beaucoup plus libres de leurs mouvements.

Les fouilles du navire de Mahdia, avec celles de celui d'Anticythère, découvert en 1900, ont ainsi donné naissance à la discipline. En outre, le navire d'Anticythère, qui a sombré dans le second quart du Ier siècle av. J.-C. est assez similaire au navire de Mahdia, avec une cargaison constituée d'œuvres d'art anciennes mais aussi d'autres œuvres contemporaines du naufrage, l'ensemble attestant d'un changement dans les goûts du public.

Outre le fait qu'elles soient un « maillon de choix dans la longue chaîne des découvertes subaquatiques » selon Nayla Ouertani, les fouilles ont mis au jour une collection exceptionnelle d'œuvres d'art et posent aux spécialistes des questions tant techniques que liées à l'histoire de l'art avec le problème de la transition entre périodes artistiques ; le contenu du chargement évoque également la circulation de l'art.

L'essentiel des découvertes est exposé au musée national du Bardo dans la proche banlieue de Tunis ; le musée de la ville la plus proche du site n'accueille quant à lui que peu d'éléments.

Musée national du Bardo (Tunisie)

Photographie de la salle de Virgile montrant la mosaïque de Virgile et le plafond de stuc richement sculpté du palais.

Le musée national du Bardo (arabe : المتحف الوطني بباردو) est un musée de Tunis, capitale de la Tunisie, situé dans la banlieue du Bardo. C'est l'un des plus importants musées du bassin méditerranéen et le second musée du continent africain après le musée égyptien du Caire. Il retrace l'histoire de la Tunisie sur plusieurs millénaires et à travers plusieurs civilisations par le biais d'une large variété de pièces archéologiques. Abrité dans un ancien palais beylical depuis 1888, il offre un prestigieux et magnifique cadre à l'exposition de nombreuses œuvres majeures découvertes depuis les débuts des recherches archéologiques dans le pays. Initialement appelé musée Alaoui (المتحف العلوي), du nom du bey régnant à l'époque, il prend sa dénomination actuelle de musée du Bardo après l'indépendance du pays même si la dénomination est attestée avant cette date.

Le musée rassemble l'une des plus belles et des plus grandes collections de mosaïques romaines du monde grâce aux fouilles entreprises dès le début du XXe siècle sur les différents sites archéologiques du pays dont Carthage, Hadrumète, Dougga ou encore Utique. Certaines des œuvres exposées n'ont pas d'équivalent, telle la mosaïque « dite de Virgile ». Plus généralement, les mosaïques du Bardo représentent une source unique pour les recherches sur la vie quotidienne en Afrique romaine. De l'époque romaine, le musée renferme aussi une riche collection de statues en marbre représentant les divinités et les empereurs romains retrouvées sur les différents sites notamment ceux de Carthage et Thuburbo Majus.

Le musée possède aussi de riches pièces découvertes lors des fouilles de sites libyco-puniques dont principalement Carthage, même si le musée national de Carthage a la vocation d'être le musée de ce site archéologique majeur. Les pièces essentielles de ce département sont les masques grimaçants, les statues de terre cuite et les stèles d'un intérêt majeur pour l'épigraphie sémitique, la stèle du prêtre et l'enfant étant la plus célèbre. Le musée abrite également des œuvres grecques découvertes en particulier dans les fouilles du navire de Mahdia, dont la pièce emblématique reste le buste d'Aphrodite en marbre, rongé par la mer et pourtant toujours d'une beauté émouvante.

Le département islamique contient, outre des œuvres fameuses comme le Coran bleu de Kairouan, une collection de céramiques en provenance du Maghreb et d'Asie Mineure. Afin d'augmenter les capacités d'accueil et d'optimiser la présentation des collections, le musée fait l'objet d'une vaste opération qui devrait s'achever en 2011. Les travaux concernent l'augmentation des surfaces d'exposition par l'ajout de nouveaux bâtiments et un redéploiement des collections. Le projet tend à faire du musée un pôle majeur pour un développement culturel de qualité, afin que le visiteur puisse apprécier les pièces artistiques déposées.

Trésor de Hoxne

Présentation du trésor de Hoxne au British Museum.

Le trésor de Hoxne (prononcé /ˈhɒksən/, « hoxon ») est le plus grand trésor d'or et d'argent de l'Antiquité romaine tardive découvert en Grande-Bretagne et la plus grande collection de pièces de monnaie en or et en argent des IVe et Ve siècles découverte dans tout l'Empire romain. Il a été trouvé le 16 novembre 1992, dans le village de Hoxne, dans le Suffolk, à l'aide d'un détecteur de métaux. Le trésor consiste en 14 865 pièces de monnaie romaines de bronze, d'argent et d'or de la fin du IVe et du début du Ve siècles et environ 200 pièces de vaisselle en argent et bijoux en or. Ces objets sont conservés au British Museum, à Londres, où une partie du trésor est en exposition permanente. En 1993, le Treasure Valuation Committee a évalué le trésor à 1,75 million de livres sterling.

Le trésor a été enterré dans un coffret en chêne. Les objets en métal précieux étaient pour la plupart rangés par type dans des boîtes en bois plus petites, d'autres dans des sacs ou enveloppés dans du tissu. Des restes du coffret et de ferrures, telles que les charnières et les serrures, ont été découverts sur le lieu de fouilles. Les pièces de monnaie permettent de dater le trésor après l'an 407, qui coïncide avec la fin de la Bretagne en tant que province romaine. Le propriétaire du trésor et les raisons pour lesquelles il a été enfoui sont inconnus, mais il a été emballé avec soin et son contenu paraît conforme à ce qu'une famille très riche pourrait avoir possédé. Étant donnée l'absence de grandes pièces d'argenterie et de quelques-uns des types de joyaux les plus communs, il est probable que le trésor ne représentait qu'une partie de la richesse de son propriétaire.

Le trésor de Hoxne contient plusieurs objets rares et importants, dont une chaîne en or et des poivrières d'argent. Ce trésor revêt aussi une grande importance archéologique car il a été exhumé par des archéologues professionnels, les objets étant intacts et très peu déplacés. Cette découverte a permis de rapprocher les chercheurs de trésors munis de détecteurs de métaux et les archéologues, et provoqué un changement de la loi sur les découvertes de trésors en Angleterre.

Jardin archéologique de l'hôpital de Lisieux

Vue des éléments du præfurnium des thermes privés de la villa.

Le jardin archéologique de l'hôpital est un jardin public situé à proximité de l'hôpital Robert-Bisson, à Lisieux, dans le département du Calvados (en Basse-Normandie). Les vestiges gallo-romains exposés ont été dégagés lors des fouilles archéologiques effectuées de 1978 à 1985, et comprennent un édifice thermal et un édifice privé ; les archéologues ont pu retracer l'histoire de ce quartier du Ier siècle au IIIe siècle.

Lors des fouilles, fut découvert un décor peint riche et d'une grande qualité, « excellent témoignage sur la peinture romaine en Gaule au IIe siècle ». Les représentations figurées similaires à celles découvertes sur le site sont très exceptionnelles, moins de six ensembles de cette qualité étant connus pour la Gaule.

Byrsa

Piles de fondations romaines et vue sur le Djebel Boukornine.

Byrsa est une colline qui abrite de nos jours le site du musée national de Carthage et de la cathédrale Saint-Louis et appartient au site archéologique de Carthage.

La colline, présente dès les premiers jours de la cité punique selon les sources écrites et les récits de fondation dont l'héroïne est Elissa-Didon, a vraisemblablement été le lieu de la citadelle qui constitua le dernier réduit des Carthaginois lors de la troisième guerre punique. À l'époque romaine le lieu est occupé par de vastes constructions publiques après un réaménagement considérable de l'espace naturel qui est adapté au projet urbanistique de l'empereur Auguste. Après un long abandon, le site est réoccupé sur le plateau sommital par de nouvelles constructions à finalité religieuse, dans le contexte colonial du XIXe siècle, principalement une cathédrale et un séminaire des pères blancs, dont l'objectif est à la fois apostolique et archéologique. Ce séminaire abrite le produit des fouilles effectuées à Carthage et abrite toujours le musée national de Carthage. Une chapelle dédiée au roi français Louis IX, mort à Tunis en 1270, a occupé une partie du sommet durant un siècle (1850-1950)...

Maximien Hercule


Marcus Aurelius Valerius Maximianus Herculius (vers 250 - juillet 310), communément appelé Maximien Hercule (ou simplement Maximien), est César (empereur romain adjoint) à partir de juillet 285 et Auguste à partir du jusqu'au . Il partage ce dernier titre avec son coempereur et supérieur, Dioclétien, dont l'esprit politique complète la force au combat de Maximien. Maximien établit sa résidence à Trèves mais passe la plupart de son temps en campagne. À la fin de l'été 285, il supprime la menace des rebelles bagaudes en Gaule. De 285 jusqu'en 288, il combat les tribus germaniques le long de la frontière rhénane. De concert avec Dioclétien, il conduit une importante politique de la terre brûlée à l'intérieur du territoire des tribus alémaniques en 288, soulageant temporairement les provinces rhénanes de la menace d'une invasion germanique.

L'homme qu'il nomme pour contrôler les rivages de la Manche, Carausius, se rebelle en 286, causant la sécession de la Bretagne et du Nord-Ouest de la Gaule. Maximien échoue à chasser Carausius, et sa flotte d'invasion est détruite par des tempêtes en 289 ou 290. Le subordonné de Maximien, Constance, dirige une campagne contre le successeur de Carausius, Allectus, pendant que Maximien se bat sur la frontière du Rhin. Le chef rebelle est évincé en 296, et Maximien descend vers le sud pour lutter contre les pirates maures en Hispanie et les incursions berbères en Maurétanie. Lorsque ces campagnes se terminent en 298, il part pour l'Italie, où il vit dans l'aisance jusqu'en 305. À la demande de Dioclétien, Maximien abdique le , confère le titre d'Auguste à Constance, et se retire dans le sud de l'Italie...

Stilicon

Diptyque de Stilicon, vers 395.

Stilicon (latin : Flavius Stilicho), né vers 360 près de Constantinople, et mort le à Ravenne, est un militaire et homme politique romain d'origine barbare.

Fils d'un Vandale et d'une Romaine, Stilicon entre tôt dans l'armée et devient rapidement un des principaux généraux de l'empereur Théodose, dont il épouse la nièce Serena en 384. Il participe aux guerres contre l'usurpateur Magnus Maxime en 388 puis contre l'usurpateur Eugène en 394. Nommé magister utriusque militiae, soit généralissime, la même année, il prétend avoir reçu, en 395, à la mort de Théodose, la régence de l'Empire et le devoir de protéger les deux héritiers du trône : Arcadius et Honorius. Stilicon échoue cependant à imposer son autorité sur l'Empire romain d'Orient d'Arcadius et à éviter la rupture entre les deux parties de l'Empire.

Il exerce donc la régence du seul Empire romain d'Occident, de 395 à 408, sous le règne de l'empereur Honorius, qui épouse sa fille Marie, en 398. Il mène à ce titre plusieurs campagnes contre les Alains et les Wisigoths, sur le Rhin, en Illyrie et en Grèce, et combat l'usurpateur Gildon en Afrique. En 401, il affronte les Wisigoths du roi Alaric qui ont envahi l'Italie et les repousse après deux ans de guerre, en 403. En 406, il combat de nouveau en Italie contre les Ostrogoths de Radagaise, qu'il défait la même année. Si Stilicon a sauvé par deux fois la péninsule, c'est au prix du rappel de troupes déployées en Gaule et en Bretagne, ce qui dégarnit les frontières de l'Empire d'Occident. Lorsque à l'hiver 406, des armées de Vandales et d'Alains franchissent le Rhin gelé, le régent Stilicon ne parvient plus à endiguer leur passage. Il échoue également à briser l'usurpation de Constantin III en Gaule et en Bretagne au printemps 407...

Galère (empereur romain)

Statue en porphyre de Galère.

Maximien Galère, dit Galère (Gaius Galerius Valerius Maximianus en latin), né vers 250 à Felix Romuliana et mort en avril 311 en Dardanie est un empereur romain du Bas-Empire ayant régné pendant la Tétrarchie.

Originaire d'une famille illyrienne très modeste, Galère entre très tôt dans l'armée et progresse rapidement dans la hiérarchie militaire. Repéré par l'empereur Dioclétien, il épouse sa fille Valeria et devient son César, soit son vice-empereur, en charge de l'Illyrie, en 293. Galère devient ainsi l'un des quatre hommes qui dirigent collégialement l'Empire. À ce titre, il mène plusieurs campagnes sur le Danube contre les Sarmates, les Carpes et les Bastarnes de 294 à 296 puis remporte une grande victoire sur les Perses, en Orient, en 298. Très critique à l'égard de la religion chrétienne, il approuve, sinon encourage, la mise en place de la grande persécution décrétée en 303 par son supérieur, l'empereur Dioclétien, sur lequel il a de plus en plus d'influence. Affaibli par la maladie, Dioclétien prend en 304 la décision de se retirer du pouvoir. L'abdication conjointe des deux principaux tétrarques signe la promotion des deux vice-empereurs. Galère devient ainsi l'Auguste à la tête de la partie orientale de l'Empire, le .

Basile de Césarée

Icône de Basile le Grand.

Basile de Césarée, appelé également Basile le Grand, né en 329 et mort le à Césarée, est l'un des principaux Pères de l'Église.

Il est le fondateur d'un ordre religieux dans la région du Pont, sur la mer Noire, et l'auteur d'une règle qui est devenue la principale règle monastique de l'Église d’Orient et a inspiré la règle de saint Benoît. Il pratique l'ascèse toute sa vie.

En 370, il devient évêque de Césarée. Son engagement pendant la famine, les institutions qu’il crée et qui portent son nom, la Basiliade, en ont fait l'un des précurseurs du christianisme social.

Il défend la foi de Nicée contre l’arianisme et écrit des traités sur le Saint-Esprit, développant la théologie de la Trinité. Il cherche autant qu'il est possible à pacifier les divisions au sein de l’Église.

Il est reconnu Docteur de l'Église en 1568 par le pape Pie V. Il est vénéré en tant que saint par les orthodoxes comme par les catholiques : le 14 juin et le 2 janvier en Occident, et le 1er janvier, son dies natalis, en Orient. Il est également fêté lors de la « fête des trois docteurs œcuméniques » le 31 janvier, avec Jean Chrysostome et Grégoire de Nazianze.

Tigellin

Caius Ofonius Tigellinus, aussi connu sous le nom d'Ophonius Tigellinus, de Sophonius Tigellinus ou plus simplement de Tigellin, né vers 10 à Agrigentum et mort en 69 à Sinuessa, est le préfet du prétoire et principal conseiller de l'empereur Néron de 62 à 68.

Fils d'un citoyen d'ascendance grecque du Sud de l'Italie, Tigellin n'en parvient pas moins à se mêler rapidement à la bonne société romaine. Toutefois, ses relations avec les sœurs de l'empereur Caligula lui valent d'être exilé par ce dernier en Grèce dès 39. Rentré en Italie sous Claude, où il s'enrichit dans le commerce des chevaux, sa proximité avec Agrippine la Jeune lui permet de rentrer en contact avec son jeune fils Néron. Resté très proche de ce dernier après son accession au trône en 54, il est récompensé en étant mis à la tête de la préfecture des vigiles, puis de la prestigieuse préfecture du prétoire, en 62. Néron le contraint toutefois à partager cette fonction, d'abord avec Faenius Rufus, puis avec Nymphidius Sabinus.

L'influence de Tigellin grandit à mesure que tous les anciens conseillers du Prince, à l'image de Burrus et de Sénèque, disparaissent de la scène politique. Néron l'honore en le laissant organiser un somptueux banquet en 64, peu avant le grand incendie de Rome. En retour, en abattant la conjuration de Pison, Tigellin lui prouve sa loyauté. Dès lors, il veille à ce que tous les adversaires potentiels de Néron soient éliminés. À l'image de Sénèque, Pétrone ou Corbulo, nombreux sont les sénateurs qui tombent sans que leur participation à la conjuration soit clairement établie...

Première guerre punique

Carte des forces en présence avant la Première guerre punique.

La Première guerre punique ou Guerre de Sicile est la première de trois guerres qui opposent Rome et Carthage, deux puissances majeures en Méditerranée occidentale. L’adjectif punique vient du nom Poenici que les Romains donnent à leurs adversaires, assimilés aux Phéniciens (Phoenici). Ce conflit, engagé pour le contrôle de la Sicile et qui dure 23 ans de 264 av. J.-C. à 241 av. J.-C., est un des plus longs menés par Rome. Son déroulement est connu par les auteurs grecs et latins, principalement Polybe.

La guerre commence par un débarquement des Romains à Messine, qui soumettent ensuite la partie orientale de l’île, et construisent une flotte de guerre. Les premiers succès maritimes des Romains les incitent à débarquer près de Carthage pour forcer sa capitulation, expédition qui finit en désastre pour les Romains en 255 av. J.-C. La guerre s’éternise alors, les Carthaginois tiennent solidement la côte occidentale de Sicile, tandis que les Romains assiègent leurs positions et alternent succès et désastres en mer. En 241 av. J.-C., une ultime bataille navale aux îles Égates donne l’avantage à Rome, qui impose à Carthage épuisée l’abandon de la Sicile et un tribut élevé.

Rome devient une nouvelle puissance navale en Méditerranée, mais de l’avis des historiens, elle engendre un sentiment revanchard par ses empiètements sur les possessions carthaginoises de Sardaigne et de Corse.

Passage des Alpes par Hannibal

Traversée des Alpes par Heinrich Leutemann.

Le passage des Alpes par Hannibal est une étape majeure de la marche vers l'Italie de l'armée d'Hannibal Barca, réalisée à la fin de l'année 218 av. J.-C., au début de la deuxième guerre punique déclenchée contre Rome. La voie terrestre par le sud de la Gaule est la seule possible pour conduire plusieurs dizaines de milliers d'hommes d'Espagne en Italie. De surcroît, Hannibal espère trouver des alliés parmi les tribus gauloises de Gaule cisalpine, en arrivant dans un territoire mal contrôlé par les Romains. Après avoir traversé le Languedoc et passé le Rhône, Hannibal évite d'affronter l'armée de Scipion débarquée en Provence et conduit ses troupes à travers les Alpes en dix jours d'approche, neuf jours de montée au milieu de tribus hostiles, deux jours de regroupement au col et quatre jours de descente en se taillant un chemin dans le versant, pour parvenir enfin dans la plaine du Pô. Quoique difficile, le franchissement des Alpes par une armée n'est pas exceptionnel dans l'Antiquité. C'est la figure de son chef de guerre Hannibal et la présence des éléphants qui lui donnent un relief unique et ont contribué à sa célébrité.

L'itinéraire emprunté par Hannibal, déjà objet de thèses concurrentes dans l'Antiquité, reste toujours sujet à polémiques. Toutes les hypothèses avancées depuis l'époque de la Renaissance, souvent par des spécialistes mais aussi par des auteurs plus imaginatifs, sont fondées sur l'interprétation des textes de Polybe, volontairement vague, et de Tite-Live, qui tantôt s'appuie sur Polybe, tantôt en diverge, tandis que l'archéologie n'a pas apporté d'éléments probants. Près d'un millier d'ouvrages ont été déjà écrits sur le sujet. Encore actuellement, et quoique le passage par le Rhône et le col du Grand-Saint-Bernard ne soit plus envisagé, plusieurs théories s'affrontent, entre un passage par la Tarentaise et le col du Petit-Saint-Bernard, ou par les cols unissant la vallée de la Maurienne et le val de Suse (comme le col Clapier ou Savine-Coche), ou enfin des passages méridionaux empruntant la Durance ou l'Ubaye. Les reconstitutions réalisées au XXe siècle avec quelques éléphants sont davantage des exploits médiatiques et sportifs que des arguments en faveur d'un itinéraire. Pour Colette Jourdain-Annequin, « l'historien doit se résoudre au doute méthodique et reconnaître qu'il ne peut offrir aucune preuve donc aucune certitude ».