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Aujourd’hui mardi 27 février 2024

L'Empire byzantin vers l'an 600.
L'Empire byzantin vers l'an 600.

L’Empire byzantin ou Empire romain d'Orient désigne l'État apparu vers le IVe siècle dans la partie orientale de l'Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. Il se caractérise par sa longévité : il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin Ier en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Plus dynamique qu’un monde romain occidental dont l'administration effective est de plus en plus réalisée par les élites barbares à la suite de leur arrivée progressive par traité ou par conquête, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. En 476, c'est la chute de l'Empire romain d'Occident, l'Empire byzantin devient alors l'unique successeur de l'Empire romain en place.

À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien Ier (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétraction. C’est à partir du VIIe siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l'Empire à se transformer à nouveau sous l'impulsion des Comnènes, avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s'emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans ni à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

Tout au long de son histoire millénaire, une continuité autant que des ruptures rythment l’existence de l’Empire byzantin, objet complexe à analyser dans sa diversité. Héritier d’une riche culture gréco-romaine, il la fait vivre et contribue à la transmettre à l’Occident au moment de la Renaissance. Il développe sa propre civilisation, profondément empreinte de religiosité. Pilier du monde chrétien, il est le défenseur d’un christianisme dit orthodoxe qui rayonne dans l’Europe centrale et orientale où son héritage est encore vivace aujourd’hui, tandis que la séparation des Églises d'Orient et d'Occident inaugure une rupture progressive avec le catholicisme romain.

Qualifié d’« archaïque » ou de « déclinant » dans l’historiographie ancienne, parfois empreinte de mishellénisme, l’Empire byzantin a fait preuve d’une remarquable capacité d’adaptation face aux évolutions du monde qui l’entoure et aux menaces qui l’assaillent constamment, souvent sur plusieurs fronts. Il parvient souvent habilement à user de la diplomatie autant que de la force pour contenir ses ennemis. Sa situation exceptionnelle, au carrefour entre l'Orient et l'Occident dont il contribue à brouiller les frontières, entre monde méditerranéen et bassin pontique, lui permet de développer une économie dynamique, symbolisée par sa monnaie, souvent utilisée bien au-delà de ses frontières. Cette même abondance suscite aussi les convoitises de voisins ambitieux qui se heurtent régulièrement aux puissantes murailles de Constantinople. Celle-ci, plus encore que Rome pour l’Empire romain antérieur, est le centre du monde byzantin. Même lors de son déclin à partir de 1204, il préserve une vivacité culturelle qui favorise l’émergence de la Renaissance européenne.

Les jugements sur l’Empire byzantin ont profondément varié en fonction des époques. Considéré comme un modèle à suivre par les régimes absolutistes du XVIIe siècle, il est, au XVIIIe siècle, vivement dénoncé pour cette même raison par les critiques de l’absolutisme, et décrit comme décadent. Ces interprétations ont laissé place à des perspectives historiques plus scientifiques. L’héritage du monde byzantin est cardinal dans la compréhension du monde slave, auquel il a laissé un alphabet et une religion. Au-delà, il a su rayonner, transmettant un droit romain codifié, des chefs-d’œuvre architecturaux, incarnés par la basilique Sainte-Sophie, et, plus largement, une culture originale.

Programme du mois

Jeudi 1er février 2024

Cosplay de Crash Bandicoot, le personnage principal du jeu, accompagné d'Aku Aku.
Cosplay de Crash Bandicoot, le personnage principal du jeu, accompagné d'Aku Aku.

Crash TwinSanity (Crash Bandicoot 5: Crash & Cortex no Yabō au Japon) est un jeu vidéo de plates-formes développé par Traveller's Tales et édité par Vivendi Universal Games le en Amérique du Nord, le et le de la même année, en Europe et au Japon, sur PlayStation 2 et Xbox. Il s'agit du cinquième opus de la série Crash Bandicoot, qui fait suite à Crash Bandicoot : La Vengeance de Cortex, sorti en .

Le scénario met en scène Crash Bandicoot et le Docteur Neo Cortex, qui doivent s'associer pour contrecarrer les plans des Jumeaux Maléfiques, Victor et Moritz, deux perroquets venus de la Dixième Dimension, désireux de détruire l'île de N. Sanity. Le système de jeu innove par rapport aux titres précédents de la série en permettant d'incarner deux nouveaux personnages jouables, Cortex et sa nièce Nina, et de contrôler Crash et Cortex ensemble.

Le développement de Crash TwinSanity, assuré par trente personnes, commence dès la sortie de Crash Bandicoot : La Vengeance de Cortex, sous le nom de Crash Bandicoot Evolution. Ce jeu, à l'ambiance plus sombre et plus sérieuse que le reste de la série, incorpore des éléments de science-fiction et de RPG, mais la sortie de Ratchet and Clank en , proposant un univers semblable, pousse Traveller's Tales à réorienter le développement de son projet.

Crash TwinSanity reçoit un accueil critique mitigé. La presse spécialisée apprécie les nouveautés du gameplay, l'humour et la performance vocale de Lex Lang, qui assure pour cet opus la voix du Docteur Neo Cortex, mais la bande-son, le contrôle de la caméra et des personnages lors des sections de plates-formes constituent des points négatifs. Deux versions mobiles du jeu sont également publiées.

Vendredi 2 février 2024

Portrait d'Aléxandros Schinás paru dans le quotidien américain The New York Times (13 avril 1913).
Portrait d'Aléxandros Schinás paru dans le quotidien américain The New York Times (13 avril 1913).

Aléxandros Schinás (en grec : Αλέξανδρος Σχινάς), souvent appelé Alékos Schinás (Αλέκος Σχινάς), né vers 1870 à Serrès ou Vólos, en Grèce ottomane, et mort le à Thessalonique, ville tout juste conquise par le royaume de Grèce, est connu pour avoir assassiné, le à Thessalonique, le roi Georges Ier de Grèce.

Les détails de la vie de Schinás avant l'assassinat ne sont pas clairs. Son lieu de naissance et sa profession ne sont pas confirmés. Selon ses propres dires, il aurait suivi des études de médecine puis pratiqué cette discipline sans autorisation parce qu'il n'avait pas les moyens de financer un diplôme. Certaines sources contemporaines rapportent qu'il prônait l'anarchisme ou le socialisme et qu'il dirigeait une école anarchiste qui a été fermée par le gouvernement grec. Plusieurs années avant l'assassinat, Schinás aurait quitté la Grèce pour New York, où il aurait travaillé dans deux hôtels, avant de rentrer dans son pays en .

Le , quelques mois après la prise de Thessalonique à l'Empire ottoman au cours de la première guerre balkanique, et alors que le roi Georges Ier séjourne dans la ville, il croise le souverain lors de sa promenade habituelle et l'abat d'une balle dans le dos, avec un revolver. Immédiatement arrêté puis torturé, Schinás déclare avoir agi seul, mettant son acte sur le compte d'un délire provoqué par la tuberculose. Après six semaines de détention, il meurt en se défenestrant, soit par suicide, soit par meurtre.

Diversement dépeint comme un malade mental sans motivation politique ou comme un anarchiste, Aléxandros Schinás se décrivait lui-même comme un « socialiste ». Des théories du complot, un temps relayées par les autorités grecques, ont affirmé qu'il avait agi en tant qu'agent étranger, mais aucune preuve n'est venue étayer ces théories.

Samedi 3 février 2024

Le fantastique dans Les Aventures de Tintin concerne l'ensemble des phénomènes étranges et paranormaux introduits par le dessinateur belge Hergé, créateur de la série, dans le scénario de ses albums. Lui-même intéressé par les phénomènes inexplicables, les savoirs déviants et les sciences occultes, un intérêt qui confine à l'obsession dans les dernières années de sa vie, l'auteur utilise le fantastique comme l'un des principaux moteurs de sa narration.

Présents dans dix des vingt-quatre albums de la série, les phénomènes paranormaux recouvrent différents domaines dans l'œuvre d'Hergé : rêves prémonitoires, hypnose, voyance, fakirisme, radiesthésie, lévitation, objets magiques ou encore vie extraterrestre. Le rôle assigné par l'auteur au fantastique connaît une certaine évolution : dans les premières aventures concernées, comme Les Cigares du pharaon, les phénomènes paranormaux sont démystifiés et trouvent finalement une explication rationnelle, mais à partir du diptyque inca, composé des Sept Boules de cristal et du Temple du Soleil, le fantastique est au cœur de l'intrigue et l'auteur n'apporte aucune explication du phénomène mystérieux à ses lecteurs, de sorte que l'intrigue conserve une part d'hésitation propre à ce genre de récit. L'atmosphère d'angoisse et le climat de terreur mis en place par l'intrusion du fantastique est aussi propice à l'initiation des jeunes lecteurs.

La récurrence des phénomènes paranormaux dans Les Aventures de Tintin explique le grand nombre de travaux que journalistes, écrivains et universitaires consacrent au sujet, certains auteurs prêtant néanmoins à Hergé des aspirations ésotéristes que ne reconnaissent pas ses biographes classiques.

Dimanche 4 février 2024

Circulation sur la rocade de Bordeaux au niveau de l'échangeur no 4.
Circulation sur la rocade de Bordeaux au niveau de l'échangeur no 4.

La rocade de Bordeaux est une ceinture périphérique d'une longueur de 45 km qui contourne le centre-ville de Bordeaux, en traversant sa métropole et une partie de son agglomération.

Elle comporte trois voies de circulation dans chaque sens sur presque la totalité de sa longueur. Les seules exceptions sont la section entre les sorties 12 et 13 à 2 × 4 voies comprenant un couloir de bus remplaçant la bande d'arrêt d'urgence, et celle entre les échangeurs no 1 et 2 réduite à 2 × 2 voies. La vitesse y est limitée à 90 km/h (depuis le ) pour les voitures et 80 km/h pour les poids lourds.

Sa mise en service s'étale de 1967 avec l'ouverture du pont d'Aquitaine, à 1993 avec celle du pont François-Mitterrand qui permet son bouclage. Sa section ouest, de l'échangeur no 1 au pont François-Mitterrand, est constituée de l'autoroute A630, tandis que sa section est, composée du reste, est constituée de la route nationale 230.

La rocade est l'un des principaux itinéraires des poids lourds en transit qui viennent ou se dirigent vers la péninsule Ibérique. Ses portions est et sud étant connectées à quatre autoroutes, certaines sections supportent un trafic supérieur à 130 000 véh./j en 2022. En comparaison la même année, la section ouest plutôt dédiée au trafic local, supporte un trafic d'environ 100 000 véh./j. Afin de fluidifier la circulation, des panneaux à messages variables installés sur l'ensemble de son tracé servent à informer les usagers sur l'état de la circulation et les éventuelles perturbations. Aussi, des feux bicolores présents à certains accès permettent de cadencer les entrées.

La rocade est source de nombreuses nuisances, dont en particulier le bruit et les rejets de gaz polluants ou de particules dans l'atmosphère. Pour remédier au bruit, des écrans acoustiques sont installés, notamment lors des travaux d'élargissement de la rocade ouest.

Pour limiter les rejets de polluants, des actions sur les véhicules et leur vitesse sont engagées. L'aménagement de franchissements au-dessus de la rocade contribue par ailleurs à créer une continuité et à diminuer l'effet de coupure.

Lundi 5 février 2024

Hongre Quarter Horse alezan, au Texas. L'arrière-main très développée est caractéristique.
Hongre Quarter Horse alezan, au Texas. L'arrière-main très développée est caractéristique.

Le Quarter Horse, ou American Quarter Horse (QH), est une race de chevaux originaire des États-Unis, qui tient son nom de courses de sprint d'un quart de mile. Ses origines remontent au XVIIe siècle. Les premiers colons américains réalisent des croisements entre les chevaux anglais importés et les chevaux déjà présents sur le territoire, issus de la colonisation espagnole de l'Amérique. La race se développe grâce à l'engouement des colons pour les courses sur courtes distances. À partir du milieu du XIXe siècle, les courses sur longues distances leur sont préférées. Le Pur-sang prend de l'importance et influence depuis lors le Quarter Horse. Avec la conquête de l'Ouest, le Quarter Horse américain trouve de nouveaux usages. Il est utilisé pour le transport, l'agriculture et surtout le gardiennage du bétail, qui fait sa renommée. L’American Quarter Horse Association (AQHA) est fondée en 1940 au Texas, et gère depuis le stud-book de la race dans tous les pays qui en pratiquent l'élevage.

Le Quarter Horse est un cheval puissant, de taille moyenne, caractérisé par une arrière-main très développée. Vif et énergique, il est très polyvalent et capable de redescendre rapidement en pression, ce qui en fait un compagnon idéal pour l'équitation western, mais aussi pour toutes formes d'équitation de loisir. Un sens du bétail lui est reconnu. Il est, de plus, souvent utilisé en croisement. En raison de son mode de sélection, le Quarter Horse est touché par différentes maladies génétiques dont l'HYPP.

C'est la race de chevaux la plus répandue dans le monde, avec environ 5 millions de sujets vivants et une présence dans plus de 80 pays dans les années 2010, pour 136 000 naissances chaque année. Son image est intimement liée à l'univers du western américain et des cow-boys.

Mardi 6 février 2024

Vue des villages du bas de la commune en été.
Vue des villages du bas de la commune en été.

Orelle est une commune rurale française située dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes. Son territoire s'étend en Moyenne Maurienne du massif et du parc national de la Vanoise au nord jusqu'au massif des Cerces-Thabor au sud.

Drainée par l'Arc qui coule d'est en ouest et divise le territoire en deux parties sensiblement égales, la commune présente un patrimoine naturel riche : deux sites Natura 2000 avec une frange du parc de la Vanoise au nord et l'environnement du mont Thabor au sud, ainsi que neuf zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.

L'implantation de communautés montagnardes sur le territoire est ancienne. Des documents attestent l'existence de familles vivant à Orelle dès le haut Moyen Âge. En 1730, Orelle compte plus de 1 000 habitants, répartis dans différents hameaux. L'absence de soleil dans le fond de la vallée (durant les trois mois d’hiver par endroits) ainsi que les crues destructrices de l’Arc expliquent le développement plus tardif des hameaux de la vallée (Francoz notamment). Au Moyen Âge, il n’y a pas de route dans le fond de la vallée, soumis aux crues. Les chemins empruntent plutôt le flanc de la montagne. La construction de l’usine électrochimique de Prémont en 1893 bouleverse le territoire. En 1911, 1 247 habitants sont recensés sur la commune et 1 143 en 1931. Le barrage de Bissorte, un complexe hydro-électrique construit de 1931 à 1938 à 2 100 m d'altitude, est aussi un aménagement majeur pour le développement économique de la commune. La fermeture de l'usine électrochimique en 1991 conduit toutefois à une désertification de la vallée. La construction de la liaison par télécabine entre la station de sports d'hiver d'Orelle et le domaine skiable de Val Thorens en 1996 entraîne un renouveau de l'activité de la commune qui devient une station de sports d'hiver intégrée aux Trois Vallées, le plus grand domaine skiable au monde. Cette nouvelle dynamique économique est renforcée au fil des ans par les venues des cyclotouristes et randonneurs de l'été.

Sur le plan culturel et historique, un important patrimoine religieux (comme les églises baroques et gothiques Saint-Maurice d'Orelle et Sainte-Marguerite d'Orelle) ainsi que des sites naturels (comme le lac de Bissorte, la falaise de Leschaux ou encore le plateau de Plan-Bouchet) riches en histoire ou attractifs touristiquement sont recensés sur le territoire de la commune.

Mercredi 7 février 2024

Portrait de Master Juba (1848).
Portrait de Master Juba (1848).

William Henry Lane, dit Master Juba, est un danseur de claquettes afro-américain des années 1840, né vers 1825 à Providence et mort entre 1852 et 1857 à Dublin, Liverpool ou Philadelphie. C'est l'un des premiers Noirs des États-Unis à se produire devant un public blanc durant la période qui précède la ségrégation raciale, et le seul de sa génération à partir en tournée avec un minstrel show composé de blancs. « Master Juba » est un dérivé du nom de scène avec lequel il se produit, Boz's Juba, d'après la description imagée de Dickens dans Notes américaines.

Adolescent, il commence sa carrière dans les salons et les dancings du quartier Five Points de Manhattan, avant de se lancer dans des minstrel shows au milieu des années 1840. Master Juba défie et bat fréquemment les meilleurs danseurs blancs, y compris le favori de l'époque, John Diamond. Au sommet de sa carrière américaine, le numéro de Juba comporte une séquence dans laquelle il imite une série de danseurs célèbres de l'époque et termine en se produisant dans son propre style. Il apparaît dans des troupes de minstrels dans lesquelles il imite des danseurs de minstrels blancs caricaturant la danse noire au travers du style blackface. Bien qu'il soit noir, il reprend au départ les codes du genre en appliquant un maquillage qui efface son ethnie sous-jacente, puis abandonne le maquillage après avoir été dévoilé par Dickens.

En 1848, Boz's Juba se rend à Londres avec les Ethiopian Serenaders, une troupe de minstrels blancs. Il fait sensation en Grande-Bretagne grâce à son style de danse. Il est l'un des favoris des critiques et l'interprète le plus médiatisé de la saison 1848. Néanmoins, les caricatures raciales le suivent à travers les îles britanniques et les écrivains le traitent comme un phénomène de foire. Il continue sa tournée en solo en Grande-Bretagne dans les années 1850 mais quitte Manchester en , faisant face à des discours racistes. De retour à New York, les critiques américaines sont moins aimables et Juba disparaît progressivement de la scène. Il meurt en 1852 ou 1853, probablement de surmenage et de malnutrition. Il est largement oublié par les historiens jusqu'à ce qu'un article de Marian Hannah Winter, paru en 1947, fasse connaître à nouveau son histoire.

Les documents existants offrent des récits confus du style de danse de Juba, mais certains thèmes émergent : il est percussif, varié dans son tempo, expressif et différent de tout ce qui est vu auparavant. Son style de danse incorpore probablement à la fois de la danse folklorique européenne, tels que la jig irlandaise, et des pas d'origine africaine utilisés par les esclaves des plantations du sud des États-Unis, comme le walkaround ou le clogging. Jusqu'alors, la danse de type blackface imite des pas et éléments de la culture noire, mais la carrière de Juba et son style influencent l'authenticité des mouvements et la reconnaissance du genre. En ayant un effet sur les performances de blackface, Juba a une grande influence sur le développement de styles de danse américains tels que les claquettes, le jazz, le stepping et de nombreuses autres danses de type step dance. Il est reconnu par les historiens et danseurs comme le premier artiste afro-américain à briser la barrière raciale, ce qui ouvre la porte aux collaborations mixtes dans les arts de la scène à l'aube de la ségrégation raciale.

Jeudi 8 février 2024

Portrait de Vassili Mate (1902) par Boris Koustodiev, huile sur toile, 125 × 151 cm, musée Russe de Saint-Pétersbourg.
Portrait de Vassili Mate (1902) par Boris Koustodiev, huile sur toile, 125 × 151 cm, musée Russe de Saint-Pétersbourg.

Vassili Vassilievitch Mate (en russe : Васи́лий Васи́льевич Матэ́) est un graveur, peintre et dessinateur russe né le 23 février 1856 ( dans le calendrier grégorien) à Virbalis et mort le à Petrograd.

Formé auprès notamment de Lavrenti Seriakov et à l'Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, puis en France auprès de François Pannemaker, c'est un maître de la gravure sur bois ; il s'est également tourné, à partir de 1896, vers l'eau-forte.

Pédagogue, il a enseigné à l'Académie d'art et d'industrie Stieglitz, à l'école de dessin de la Société impériale d'encouragement des beaux-arts et à l'Académie impériale. Il a eu au rang de ses élèves Valentin Serov et Anna Ostroumova-Lebedeva.

Il a collaboré avec de grands peintres russes et traduit en gravures leurs œuvres, contribuant ainsi à populariser l'art russe. Il est considéré comme l'un des principaux graveurs russes de la fin du XIXe siècle.

Vendredi 9 février 2024

Timbre de 1947 commémorant la création de la citoyenneté canadienne.
Timbre de 1947 commémorant la création de la citoyenneté canadienne.

La citoyenneté canadienne, également désignée comme la nationalité canadienne, est un statut juridique conférant à une personne physique des droits et des responsabilités particuliers au Canada. Sa création en 1947, avec l’entrée en vigueur de la première Loi sur la citoyenneté canadienne, est un jalon important du processus d’indépendance du Canada par rapport au Royaume-Uni. La nationalité canadienne est désormais régie par la Loi sur la citoyenneté de 1977, qui a subi plusieurs amendements importants depuis son entrée en vigueur. Les tribunaux fédéraux ont également contribué, par leur jurisprudence, à préciser la définition légale de la citoyenneté canadienne.

La citoyenneté canadienne s’obtient en général en naissant sur le territoire canadien (droit du sol) ou en naissant à l’étranger d’au moins un parent de nationalité canadienne (droit du sang), avec certaines exceptions. Elle peut également être octroyée à un enfant étranger adopté par des Canadiens, ou encore attribuée par naturalisation à un résident permanent qui a séjourné au Canada pendant une durée suffisante et qui respecte un certain nombre de critères.

Le ministère du gouvernement fédéral responsable des procédures liées à la citoyenneté, telles que la vérification, l’octroi, la répudiation ou la révocation de la citoyenneté, ainsi que la réintégration dans celle-ci est dénommé Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

Samedi 10 février 2024

Vue du versant sud-ouest du mont Blanc en hiver depuis Valmorel en Tarentaise.
Vue du versant sud-ouest du mont Blanc en hiver depuis Valmorel en Tarentaise.

Le mont Blanc (en italien : Monte Bianco), dans le massif du Mont-Blanc, est le point culminant de la chaîne des Alpes. Avec une altitude de 4 806 mètres, il est le plus haut sommet d'Europe occidentale et de l'Union européenne ainsi que le sixième sur le plan continental en prenant en compte les montagnes du Caucase, dont l'Elbrouz (5 643 mètres) est le plus haut sommet. Il se situe sur la frontière franco-italienne, entre le département de la Haute-Savoie (en France) et la région autonome de la Vallée d'Aoste (en Italie) ; cette frontière est l'objet d'un litige historique entre les deux pays.

Le sommet, objet de fascination dans de nombreuses œuvres culturelles, a depuis plusieurs siècles représenté un objectif pour toutes sortes d'aventuriers, depuis sa première ascension en 1786. De nombreux itinéraires fréquentés permettent désormais de le gravir avec une préparation sérieuse. Afin de déterminer son altitude précise et quantifier l'évolution de celle-ci, des géomètres experts font l'ascension périodiquement. La dernière mesure connue, en 2023, est de 4 805,59 mètres.

Dimanche 11 février 2024

Aigle de Bonelli.
Aigle de Bonelli.

L'Aigle de Bonelli (Aquila fasciata, anciennement Hieraaetus fasciatus) est une espèce d'oiseaux de proie de la famille des Accipitridae, et ses pattes garnies de plumes le désignent comme membre de la sous-famille des Aquilinae. Son nom vernaculaire provient du naturaliste italien Franco Andrea Bonelli qui en a prélevé le spécimen-type, probablement lors d'une exploration en Sardaigne.

L'aire de répartition de cette espèce comprend le bassin méditerranéen — dont l'Europe du Sud, l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient —, l'essentiel de l'Asie dont le sous-continent indien et l'Asie de l'Est, et s'étend au sud-est jusqu'en Indonésie. En Eurasie, elle peut être observée du Portugal au sud-est de la Chine et jusqu'en Thaïlande. L'Aigle de Bonelli vit généralement dans les zones de collines ou de montagnes, avec des parois ou des falaises rocheuses, entre le niveau de la mer et 1 500 m d'altitude. Son habitat inclut les zones boisées, et peut être aride comme semi-humide. Cet aigle, bien que considéré comme un prédateur partiellement opportuniste, est spécialisé dans la chasse de certains oiseaux et petits mammifères, notamment les lapins, les galliformes et les pigeons. Lorsque les populations de ses proies habituelles déclinent ou se raréfient, l'Aigle de Bonelli devient un prédateur opportuniste qui s'attaque à une plus grande variété d'oiseaux.

Malgré sa répartition très large et son statut de préoccupation mineure attribué par l'UICN, l'Aigle de Bonelli a vu sa population décliner à plusieurs endroits, en particulier partout en Europe, et pourrait s'éteindre localement. Le déclin de l'espèce est dû à la destruction de son habitat, aux électrocutions sur les pylônes électriques et à une persécution persistante de la part des humains.

Lundi 12 février 2024

Femelle.
Femelle.

Le Pic vert (Picus viridis), aussi connu sous le nom vernaculaire de Pivert, est une espèce d'Oiseaux de l'ordre des Piciformes et de la famille des Picidae. Il est commun à très commun dans son aire de répartition, qui couvre l'ensemble de l'Europe de l'Ouest (excepté l'Irlande), de l'océan Atlantique jusqu'à la Volga, en Russie.

Comme son nom l'indique, il est majoritairement vert, avec un croupion jaune bien visible en vol. Il porte une calotte rouge, avec une face noire striée de blanc, ainsi qu'une moustache rouge cernée de noir chez le mâle ou toute noire chez la femelle. Il se reconnaît à son vol ondulant et à son cri, un long ricanement sonore. Il ne se confond guère qu'avec le Pic de Sharpe (Picus sharpei), parfois considéré comme une sous-espèce, qui le remplace dans la péninsule Ibérique, en Languedoc-Roussillon et au Pays basque, ainsi qu'avec le Pic cendré (Picus canus), un peu plus petit.

Le Pic vert affectionne les milieux semi-ouverts : forêts claires, bocages, mais aussi parcs et jardins. On le trouve du littoral jusqu'à la forêt subalpine. Il niche dans des feuillus (chêne, hêtre, marronnier, etc.) où le mâle creuse une loge en hauteur. La femelle pond quatre à six œufs blancs, couvés par les deux parents alternativement.

Le Pic vert se trouve souvent au sol, où il cherche sa nourriture, essentiellement des fourmis qu'il capture grâce à sa langue longue et collante. Il complète son alimentation avec d'autres invertébrés. L'hiver, il peut également se nourrir de fruits ou de graines. Certains individus s'attaquent aussi aux ruches pour manger leurs abeilles.

Comme tous les pics, le Pic vert ne bâtit pas de nid, mais creuse une cavité, qualifiée de « loge », dans le tronc d'un grand arbre. Les deux sexes participent aux travaux, qui ont lieu en mars-avril. La ponte démarre dès la fin du chantier et compte 5 à 7 œufs. Les jeunes sont des nidicoles typiques et doivent être couverts par leurs parents les premiers jours. Ils sont d'abord ravitaillés toutes les une à deux heures par leurs parents, qui espacent progressivement leurs visites, pour inciter les jeunes à sortir de la loge. Une fois ces derniers dehors, les parents se les répartissent et s'occupent chacun d'un groupe pendant une durée qui va jusqu'à sept semaines.

Les reprises de bagues montrent qu'un Pic vert peut vivre une dizaine d'années. La prédation par des rapaces diurnes ou nocturnes, ou par des mammifères, et les activités humaines (collision avec des voitures, des vitres ou des lignes électriques) sont des causes de mortalité. La cause la plus fréquente reste la faim, lors d'hivers rigoureux où la couverture neigeuse empêche le Pic vert de trouver des fourmis.

Oiseau commun mais discret, le Pic vert apparaît dans les mythologies grecque et romaine comme un oiseau magique et porteur de présages. Dans le folklore européen, il est également associé à la pluie, qu'il est réputé annoncer, voire faire venir.

Mardi 13 février 2024

Portrait de S.A.R. le prince consort, réalisé par le peintre allemand Franz Xaver Winterhalter en 1842.
Portrait de S.A.R. le prince consort, réalisé par le peintre allemand Franz Xaver Winterhalter en 1842.

Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, né le au château de Rosenau près de Cobourg et mort le au château de Windsor, est prince consort du Royaume-Uni en tant qu'époux de la reine Victoria à partir de leur mariage le jusqu'à sa mort en 1861.

Né dans le duché allemand de Saxe-Cobourg-Saalfeld dans une maison souveraine apparentée à plusieurs maisons régnantes européennes, il épouse à l'âge de 20 ans sa cousine germaine, la reine Victoria du Royaume-Uni, avec laquelle il a neuf enfants. S'il doit attendre quinze ans avant d'être officiellement prince consort, ce qui n'apporte pas de pouvoir particulier, il soutient rapidement plusieurs causes telles que la réforme de l'éducation ou l'abolition de l'esclavage et prend la responsabilité de la gestion des propriétés de la reine. Il est également très investi dans l'organisation de l'Exposition universelle de 1851 qui a lieu au Royaume-Uni.

Victoria dépend de plus en plus du soutien et des conseils d'Albert. Il contribue ainsi au développement de la monarchie constitutionnelle britannique en persuadant sa femme d'être moins partisane dans ses relations avec le Parlement, bien qu'il soit activement en désaccord avec la politique étrangère interventionniste menée pendant le mandat de Lord Palmerston en tant que ministre des Affaires étrangères.

La mort d'Albert en 1861, à l'âge de 42 ans, dévaste Victoria, tant et si bien qu'elle entre dans un état de deuil profond et porte du noir pour le reste de sa vie. À la mort de Victoria en 1901, trente-neuf ans plus tard, leur fils aîné Édouard VII, lui succède, devenant le premier monarque du Royaume-Uni issu de la maison de Saxe-Cobourg et Gotha.

Mercredi 14 février 2024

Opoku Fofie, né vers 1775 et mort en , est le sixième asantehene (monarque) de l'Empire ashanti, appartenant à la maison dynastique d'Opoku Ware du clan Oyoko. Fils cadet de l'asantehemaa (reine-mère) Konadu Yaadom et d'Adu Twum Kaakyire, il accède au trône conformément au principe d'alternance dynastique en vigueur depuis la fondation de l'empire, après la crise qui oppose sa mère à son prédécesseur Osei Kwame de 1797 à 1803.

La destitution d'Osei Kwame, puis la bataille de Barnabou contre ses soutiens armés musulmans des États tributaires de Gyaman et de Kong ouvrent la voie de son accession au trône. Débuté en , son règne coïncide avec le suicide rituel de son prédécesseur et ne dure pas plus de soixante jours. Cette situation donne naissance au mythe de l'esprit vengeur (saman) d'Osei Kwame. Osei Bonsu lui succède en 1804.

Les versions officielles de la généalogie ashanti diffèrent fortement des recherches historiques en raison des nombreuses modifications généalogiques visant à effacer l'existence d'Akyaama dans la lignée. En effet, les asantehemaa sont garantes des traditions, de la généalogie officielle ainsi que des successions au trône de l'asantehene. Ce conflit est à l'origine de ces nombreuses divergences.

Jeudi 15 février 2024

Tigre de la schwere SS Panzer-Abteilung 101 dans le Nord de la France en mars 1944.
Tigre de la schwere SS Panzer-Abteilung 101 dans le Nord de la France en mars 1944.

Le Panzerkampfwagen VI, surnommé Tiger (en français « Tigre »), est un char lourd développé par l’Allemagne nazie. Il est en service de 1942 à 1945 dans la Wehrmacht et la Waffen-SS, mais est également utilisé en quantités moindres par l’armée hongroise en 1944 et par l’armée française entre 1944 et 1946.

Le développement du Tigre est une affaire longue et complexe, marquée par de nombreuses hésitations sur les caractéristiques attendues et une concurrence féroce entre Porsche et Henschel. Alors que le développement commence en 1937, ce n’est qu’en que les spécifications définitives sont fixées et en que la production commence. Elle se poursuit jusqu’en , avec l’introduction progressive d’améliorations, qui ne font toutefois pas l’objet de versions clairement identifiées. Au total, 1 295 exemplaires ont été produits, auxquels il faut ajouter trois châssis expérimentaux.

L’aspect général du Tigre se caractérise par des formes anguleuses évoquant un Panzerkampfwagen IV agrandi. La conception du blindage est de ce fait axée essentiellement sur son épaisseur et non sur son inclinaison, à la différence de celui du T-34 soviétique. Cette épaisseur le rend résistant à la plupart des armes en service en 1942, au prix toutefois d’une masse considérable. Celle-ci affecte la fiabilité du véhicule lors des longs trajets et sa capacité à franchir les ponts. En revanche, la capacité du Tigre à se mouvoir efficacement sur le champ de bataille est plutôt bonne et supérieure par exemple à celle du M4 Sherman. Sa puissance est en grande partie liée à son armement principal, le canon de 8,8cm KwK 36 L/56. Dérivé du canon de 88 mm, celui-ci est capable de détruire les chars moyens alliés et soviétiques comme le M4 et le T-34 à plus de 3 000 m. Le Tigre peut ainsi attaquer et éliminer ses opposants bien avant que ceux-ci ne puissent lui causer des dégâts.

Formant des unités indépendantes au sein des Panzerdivisionen, les schwere Panzer-Abteilungen, le Tigre parvient à acquérir à ses débuts une réputation d’invincibilité en raison du manque d’armes permettant de le contrer efficacement. Cet avantage s’effrite toutefois peu à peu alors qu’Alliés et Soviétiques développent de nouvelles armes et de nouvelles tactiques. En outre, les Tigre sont souvent mal employés, ce qui a pour conséquence des pertes inutiles alors même que le nombre d’exemplaires disponibles est trop faible pour leur permettre d’être réellement efficaces à l’échelle stratégique. Ainsi, bien qu’ils aient remporté des succès locaux face à des forces parfois très supérieures en nombre, les Tigre ne jouent qu’un rôle limité dans le déroulement des opérations à l’échelle du conflit.

Vendredi 16 février 2024

Une Caravelle III de la compagnie aérienne Air France se posant à l'aéroport de Londres-Heathrow.
Une Caravelle III de la compagnie aérienne Air France se posant à l'aéroport de Londres-Heathrow.

Le Sud-Aviation SE 210 Caravelle, souvent raccourci en Caravelle, est un avion de ligne biréacteur, destiné aux itinéraires court et moyen-courriers, produit entre 1958 et 1973 par la société française Sud-Aviation, qui devient Aérospatiale en 1970. Premier avion à réaction court-courrier au monde, il présente la caractéristique, innovante pour l'époque, d'avoir les moteurs placés à l'arrière du fuselage et non dans les ailes comme pour le Comet, ou dans des nacelles subalaires comme c'est le cas pour le Boeing 707. La Caravelle peut emporter, selon les versions, de 80 à plus de 130 passagers sur une distance maximale comprise entre 1 650 et 3 400 km. Le premier prototype réalise son premier vol à Toulouse le et Air France met en service le premier appareil de production, baptisé « Alsace », le .

La première génération de caravelle, équipée du moteur Avon, à simple flux, du motoriste britannique Rolls-Royce Limited, rencontre un petit succès commercial, mais sort peu des marchés européen et africain. Au début des années 1960 apparaît une deuxième génération de l'avion. Elle est équipée de moteurs Pratt & Whitney JT8D à double flux et offre une capacité accrue. Les ventes sont néanmoins décevantes, car le marché est désormais bien plus concurrentiel, la Caravelle devant composer avec des avions plus récents (Douglas DC-9 et Boeing 727 en tête). La production s'arrête en 1973 après la production de 279 exemplaires.

Après avoir été un avion de ligne emblématique des années 1960, notamment chez Air France et Scandinavian Airlines System, la Caravelle est aussi utilisée pour des vols charters, comme avion cargo, et par plusieurs gouvernements, ainsi que comme avion zéro-g et comme banc d'essai volant. Quelques exemplaires volent en Afrique jusqu'aux années 1990. L'avion est aujourd'hui reconnu comme un programme précurseur pour l'aéronautique civile française et européenne, et considéré comme un « ancêtre » d'avions à réaction fabriqués par Airbus.

Samedi 17 février 2024

Un moine tibétain similaire à ceux représentés dans l'album.
Un moine tibétain similaire à ceux représentés dans l'album.

Tintin au Tibet est le vingtième album de la série de bande dessinée Les Aventures de Tintin, créée par le dessinateur belge Hergé. L'histoire est d'abord prépubliée du au dans les pages du journal Tintin avant d'être éditée en album de soixante-deux planches aux éditions Casterman.

Il est généralement considéré comme l'album le plus personnel d'Hergé, qui, de son propre aveu, le jugeait comme son travail le plus réussi. S'il évoque l'Himalaya et ses dangers, les traditions tibétaines en matière de religion ou l'existence du yéti, Tintin au Tibet est avant tout marqué par une dimension philosophique et spirituelle inégalée dans la série. Album apolitique, il est aussi la première aventure de Tintin dans laquelle les armes à feu sont absentes. Habitué aux enquêtes policières, le héros est cette fois plongé dans une aventure désespérée qui prend des allures de quête du Bien. Alors que l'avion qui transporte son ami Tchang s'écrase dans le massif du Gosainthan, Tintin est le seul à le croire vivant en dépit des apparences, et se montre prêt à risquer sa propre vie pour sauver celle de son ami, entraînant avec lui le capitaine Haddock, d'abord réticent. L'appel de Tchang, que Tintin reçoit en rêve, est ressenti comme un irrépressible appel au devoir qui permet au héros de s'accomplir lui-même en faisant le bien.

Au moment de la naissance de cette nouvelle aventure, Hergé est plongé dans une profonde dépression doublée d'une crise morale qui affecte son travail et inhibe son énergie créatrice. L'achèvement du récit agit sur lui comme une thérapie et fait figure d'« instantané autobiographique du créateur au tournant de son existence », selon les mots de son biographe Pierre Assouline.

La présence de nombreux phénomènes paranormaux dans cet album témoigne de l'intérêt profond de l'auteur pour ce domaine. Développé de manière progressive tout au long du récit, le paranormal s'affirme à la fin de l'album à travers les épisodes de lévitation d'un moine tibétain, et plus encore par la rencontre du yéti. Cette insertion progressive confère à l'album les caractéristiques du récit initiatique : à l'image du capitaine Haddock, foncièrement rationnel et sceptique, mais qui finit par reconnaître l'existence de ces phénomènes, le lecteur est invité à ajuster sa conception de la réalité. Par son isolement et son inaccessibilité, le Tibet revêt l'apparence d'un lieu mystique, propre à l'initiation.

Tout en faisant de son album une œuvre teintée de spiritualité, Hergé ne lui conserve pas moins son caractère humoristique, essentiellement porté par le capitaine Haddock qui, par son impulsivité et sa propension à s'exposer au danger, est une source inépuisable d'effets comiques. L'album se démarque enfin par la figure du yéti, qu'Hergé s'attache à présenter comme un être sensible, suivant en cela les conseils de son ami cryptozoologue Bernard Heuvelmans et s'inscrivant à contre-courant de la pensée de son époque.

Malgré l'absence d'allusion au contexte politique dans le récit, Tintin au Tibet devient un emblème de la cause tibétaine au tournant des années 1990, dans la mesure où il contribue à faire connaître ce territoire et ses traditions au grand public. À ce titre, le dalaï-lama décerne le prix Lumière de la vérité à la fondation Hergé en 2006.

Dimanche 18 février 2024

La rivière Romaine, près de Havre-Saint-Pierre.
La rivière Romaine, près de Havre-Saint-Pierre.

La rivière Romaine est une rivière qui coule sur la Côte-Nord, au Québec (Canada) avant de se jeter dans le golfe du Saint-Laurent à l'ouest de la municipalité de Havre-Saint-Pierre.

D'une longueur de 451 km, la rivière Romaine fait partie d'un groupe de grandes rivières de la moyenne Côte-Nord qui s'écoulent dans une direction nord-sud pour se jeter dans le golfe du Saint-Laurent. Ces rivières ont en commun de couler dans des vallées encaissées dans les roches archéennes du plateau laurentien. Le débit moyen annuel de la Romaine à la station hydrométrique située à 18 km de l'embouchure est de 292 m3/s.

La rivière prend sa source dans la région du lac Long, à la frontière du Québec et de la province de Terre-Neuve-et-Labrador. Elle en longe le tracé jusqu'au 52e parallèle puis la rivière suit un cours nord-sud relativement rectiligne pendant environ 150 km, avant de bifurquer vers l'ouest pour se jeter dans le golfe. Le territoire est particulièrement accidenté à partir d'un secteur situé à environ 200 km de l'embouchure. Historiquement, les missionnaires et les explorateurs ont choisi de terminer leur descente vers le Saint-Laurent par la rivière Saint-Jean, suivant le conseil de leurs guides autochtones.

Elle est fréquentée depuis des milliers d'années par des groupes de chasseurs nomades qui exploitaient la rivière pour subvenir à leurs besoins. Après l'arrivée des marchands et missionnaires euro-canadiens, les Innus ont pratiqué la traite des fourrures et adopté la religion catholique, tout en résistant longtemps à la sédentarisation. Aujourd'hui, les Innus d'Ekuanitshit habitent la réserve indienne de Mingan à l'ouest. Située à une quinzaine de kilomètres à l'est de l'embouchure de la Romaine, la ville de Havre-Saint-Pierre a été fondée en 1857.

La Romaine est surtout connue au XXIe siècle pour le complexe hydroélectrique qu'y a construit Hydro-Québec entre 2009 et 2023. Les quatre centrales hydroélectriques du complexe ont une puissance installée de 1 550 mégawatts.

Lundi 19 février 2024

Vue de Parfenievo.
Vue de Parfenievo.

Parfenievo (en russe : Парфе́ньево, en russe pré-1918 : Парфентьевъ, Parfentiev) est un village russe qui fait partie du raïon de Parfenievo, dont il est le centre administratif, dans le centre-nord de l'oblast de Kostroma. Situé sur le plateau de Galitch, il est entouré de forêts de taïga russe. Ce village a une vocation agricole et forestière. Avec une population de 2 697 habitants, Parfenievo est le village le plus peuplé de son raïon. Le village possède plusieurs industries, dont des usines d'exploitation du bois, faisant de la localité le centre économique du raïon.

La région de Parfenievo est habitée depuis l'Antiquité par les tribus finnos-ougriennes, puis à partir du IXe siècle par les Slaves venant de l'ouest. Prospérant de sa situation stratégique pour la Grande-principauté de Moscou, qui la fonde en faisant une forteresse au début des années 1520, elle permet alors de protéger la région, et particulièrement Galitch, contre le khanat de Kazan. Malgré l'expansion du pays et sa perte de situation stratégique, elle continue de se développer grâce aux commerces, se situant au carrefour de plusieurs axes commerciaux.

Bien qu’elle perde en 1778 le statut de ville pour devenir une possad, ce développement se poursuit lentement. Les premiers édifices en pierre sont érigés, comme l'église de la Résurrection-du-Christ en 1790. Au siècle suivant, les services publics font leur apparition, école, hôpital, routes, poste, télégraphes. Les bâtiments en pierre couvrent alors le centre-ville, dans un style néoclassique russe encore préservé aujourd'hui. La période soviétique affecte négativement le village, mais le développement reprend après la fin de l'Union soviétique. Les églises et autres bâtiments qui avaient été laissés à l'abandon sont restaurés et protégés. Aujourd'hui, Parfenievo est un village typique de l'arrière-pays russe.

Mardi 20 février 2024

Buste dit de Flavius Josèphe, toutefois la critique est sceptique (Glyptothèque Ny Carlsberg).
Buste dit de Flavius Josèphe, toutefois la critique est sceptique (Glyptothèque Ny Carlsberg).

L'Autobiographie de Flavius Josèphe (en grec Ἰωσήπου βίος / Iôsèpou Bios), souvent simplement appelée sa Vita (en latin Vie), est le dernier des textes que Flavius Josèphe a publiés à Rome vers la fin du Ier siècle. Il y fournit la plupart des éléments biographiques que nous connaissons à son sujet, mais 85 % du texte sont consacrés aux six à huit mois de sa vie où, pendant la Grande révolte juive, il a été le gouverneur de la Galilée désigné par les révoltés de Jérusalem (de la fin 66 - c. juin/juillet 67). Il est admis par la critique que cette Autobiographie est écrite dans le but de répondre aux assertions que Justus de Tibériade venait de faire dans son Histoire de la guerre juive. Selon Josèphe, celui-ci a attendu que le roi Agrippa II soit mort pour publier son ouvrage, qui pourtant était prêt depuis vingt ans. La date de la publication de cette Autobiographie dépend donc de la date de la mort d'Agrippa II. Un débat existe chez les historiens pour savoir si ce roi est mort sous l'empereur Domitien (mort en 96) ou, selon une note de lecture de l'évêque Photios de Constantinople datant du IXe siècle, la troisième année de Trajan (100).

Le livre de Justus de Tibériade est perdu et aucun auteur païen ne le mentionne. Seul Josèphe semble répondre à ce qui y était écrit mais sans jamais en citer le moindre extrait. L'Autobiographie de Flavius Josèphe fait donc l'objet d'études dans le but de savoir ce que disait Justus. Comme dans cette Autobiographie, Flavius Josèphe donne une version complètement différente des faits qu'il avait racontés dans sa Guerre des Juifs, il s'agit aussi de tenter de déterminer ce qu'il s'est effectivement passé sur ces quelques points controversés et plus globalement en Galilée en 66-67, Flavius Josèphe étant notre seule source au sujet de ces événements. Enfin, se trouve également interrogée la fiabilité globale des écrits de Josèphe et notamment sa description des « sectes » juives.

Mercredi 21 février 2024

La Durolle près de l'usine du May à Thiers.
La Durolle près de l'usine du May à Thiers.

La Durolle (anciennement Dorole) est une rivière française, longue de 32 kilomètres, située dans les départements de la Loire et du Puy-de-Dôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Affluent en rive droite de la Dore qu'elle rejoint en aval de Thiers, elle est un sous-affluent de la Loire par l'Allier.

La rivière prend sa source dans les monts du Forez où la quantité de précipitations est élevée tout au long de l'année. Après avoir longé le bourg de Noirétable, la Durolle s'enfonce dans de profondes gorges — jusqu'à sa sortie de la vallée des Rouets et de la vallée des Usines — réputées pour détenir un important patrimoine naturel et industriel. Connue depuis le Moyen Âge pour permettre d'abord aux papeteries de fabriquer du papier, elle doit sa renommée à sa force motrice qui permettait aux coutelleries d'aiguiser des couteaux. Aujourd'hui, la rivière laisse un passé industriel important qui est utilisé comme atout touristique.

Jeudi 22 février 2024

Donna Williams, femme autiste décédée le 22 avril 2017 des suites d'un cancer, à 53 ans.
Donna Williams, femme autiste décédée le 22 avril 2017 des suites d'un cancer, à 53 ans.

La mortalité des personnes autistes est caractérisée par une espérance de vie réduite d'environ dix-sept ans par rapport à la moyenne. Le taux de mortalité pendant l'enfance et les débuts de l'âge adulte est significativement plus élevé que celui de la population générale. Les personnes autistes sont sujettes à de nombreux problèmes de santé, avec une forte fréquence de l'épilepsie. Les maladies et attaques cardiaques, ainsi que le suicide, jusqu'à neuf fois supérieur à la moyenne, concernent particulièrement les personnes diagnostiquées avec un autisme à haut niveau de fonctionnement. Les autres causes de mortalité sont similaires à celles de la population générale, incluant des maladies respiratoires, infectieuses et digestives, combinées à des prises de médicaments neuroleptiques qui entraînent effets secondaires et perte substantielle de santé tout au long de la vie. Des facteurs socio-économiques augmentent aussi cette mortalité. Victime d'une grande proportion d'accidents, et en particulier de noyades, la communauté autiste est, enfin, frappée d'infanticides depuis des temps très anciens. Les femmes avec difficulté d'apprentissage ont l'espérance de vie la plus écourtée.

Cette mortalité précoce fait l'objet d'études et de théories diverses depuis les années 1990, concernant ses causes et les façons de la réduire, essentiellement dans les pays anglo-saxons et scandinaves. Qualifiée en 2016 de « crise cachée », elle est principalement due aux comorbidités des troubles du spectre de l'autisme, combinées à un défaut d'accès aux soins somatiques et de prise en compte de la douleur, touchant principalement les autistes non-verbaux. Une faiblesse d'ordre génétique pourrait s'y ajouter, avec de nombreuses influences environnementales. L'exclusion sociale est susceptible de mener au suicide, et une « culture du meurtre » favorise les infanticides. Une meilleure prévention de l'épilepsie, des noyades accidentelles, des maladies subites et du suicide, ainsi qu'une amélioration de la communication entre personnes autistes et personnel médical, la pratique d'un exercice physique régulier, représentent autant de pistes pour réduire cette mortalité précoce.

Vendredi 23 février 2024

Tracts appelant à des manifestations de ménagères distribués à Valenciennes.
Tracts appelant à des manifestations de ménagères distribués à Valenciennes.

Les manifestations de ménagères sont des mouvements de protestation contre la pénurie et les restrictions pendant la Seconde Guerre mondiale dans la France occupée, réunissant essentiellement des femmes, alors que les rassemblements dans les rues sont interdits par l'Allemagne et le régime de Vichy.

Manifestant pacifiquement, souvent avec leurs enfants, elles réclament plus de nourriture ou de produits essentiels devant les préfectures ou les mairies. Ces mouvements ont surtout lieu de à puis de à , dans différents départements, principalement dans la région parisienne, le Nord-Pas-de-Calais et le Midi méditerranéen, notamment là où le Parti communiste français est bien implanté.

En effet, si ces mouvements sont en partie une réaction spontanée face à une situation dramatique, ils sont aussi le résultat de l'activité mobilisatrice du Parti communiste. Ils doivent être compris comme une forme de résistance, spécifiquement féminine et liée au rôle de ménagère qui définit alors en grande partie les femmes.

Samedi 24 février 2024

L'affaire Cécile Bloch est une affaire criminelle qui commence à Paris, en France, le . Ce jour-là, Cécile Bloch, 11 ans (née le 27 janvier 1975), est violée puis tuée, alors qu'elle quitte le domicile familial pour se rendre à l'école. La brigade criminelle du 36, quai des Orfèvres ouvre, le jour-même, une enquête de police. Les policiers déterminent les circonstances de cet homicide, élaborent et diffusent un portrait-robot du meurtrier présumé de la fillette.

Par la suite, des investigations policières approfondies démontrent l'implication de celui-ci dans d'autres agressions, viols, et meurtres, retraçant le parcours sanglant d'un criminel multirécidiviste. L'expertise de psychocriminologues est sollicitée. L'application de techniques d'identification génétique, introduites en France dans les années 1990, valide les recoupements établis par les enquêteurs avec d'autres affaires criminelles, et révèle de nouvelles pistes. La famille de la fillette, qui n'est pas informée des développements de l'instruction judiciaire, a recours au service d'une enquêtrice privée.

Pendant plus de 35 ans, le meurtrier de Cécile Bloch, surnommé « le Grêlé » par la police et les médias du fait de sa peau supposément abîmée, reste introuvable. Le , une identification ADN permet à la brigade criminelle de Paris de confondre François Vérove, un ancien gendarme et policier français de 59 ans. Celui-ci s'est suicidé la veille dans un logement du Grau-du-Roi, près de Montpellier, laissant derrière lui une lettre d'aveux dans laquelle il reconnaît plusieurs crimes.

Dimanche 25 février 2024

Thomas Tupa, dit Tom Tupa, est un joueur américain de football américain, né le à Cleveland.

Après avoir joué au poste de quarterback dans les rangs universitaires américains pour les Buckeyes d'Ohio State, il est sélectionné au troisième tour de la draft 1988 de la NFL par les Cardinals de Phoenix et commence sa carrière en NFL comme quarterback. Dans sa deuxième année professionnelle, il commence à taper des coups de pied et devient un membre actif des équipes spéciales. Parti pour les Colts d'Indianapolis en 1992, Tupa devient exclusivement punter. Non conservé à la veille du début de la saison 1993, il traverse un passage difficile dans sa carrière avant de trouver un nouveau club quelques semaines plus tard pour obtenir la place de titulaire comme punter des Browns de Cleveland. En 1994, Tupa inscrit la première transformation de deux points de l'histoire de la NFL. Sa carrière est relancée et il effectue de bonnes saisons avec les Patriots de la Nouvelle-Angleterre puis les Jets de New York.

Au terme de la saison 1999, dans laquelle il rejoue une fois quarterback pour les Jets dans des circonstances particulières, Tupa est sélectionné pour la première et unique fois de sa carrière au Pro Bowl et dans l'équipe All-Pro. Après avoir remporté le Super Bowl XXXVII avec les Buccaneers de Tampa Bay lors de la saison 2002, il termine sa carrière avec les Redskins de Washington sur une grave blessure qui lui ouvre droit à une pension après une bataille juridique contre la ligue.

Lundi 26 février 2024

Le Grand Luberon, depuis le nord-ouest, avec en premier plan les vignes puis un hameau de la vallée du Calavon.
Le Grand Luberon, depuis le nord-ouest, avec en premier plan les vignes puis un hameau de la vallée du Calavon.

Le massif du Luberon est un massif montagneux peu élevé qui s'étend d'est en ouest entre les départements français des Alpes-de-Haute-Provence et de Vaucluse. La première mention du massif est antérieure au début de l'ère chrétienne (Louerionos). La forme moderne Luberon (ou Lubéron selon une graphie actuellement contestée) est attestée à partir du XVIIIe siècle.

Le massif, comprenant notamment les montagnes du Grand et du Petit Luberon, mesure plus de 60 kilomètres de long pour une largeur de cinq kilomètres environ, et son point culminant est le Mourre Nègre, sommet arrondi qui s'élève à 1 125 mètres d'altitude, dans le Grand Luberon. L'hydrologie du relief comprend plusieurs rivières et sources et un seul plan d'eau, l'étang de la Bonde. Composé de roches de l'ère secondaire comme de l'ère tertiaire, majoritairement calcaire, le massif est riche en fossiles de la fin du secondaire, et comprend de nombreuses carrières.

Son climat de type méditerranéen lui apporte une saisonnalité très marquée des pluies et des températures qui favorise une grande variété d'écosystèmes, et par là une économie variée. Soumise à une émigration marquée sur le dernier quart du XXe siècle, la population connait un habitat hétéroclite, dû principalement aux contraintes de l'activité agricole. Si ses flancs sont peuplés dès le Paléolithique et que ses ressources naturelles permettent aux populations périphériques de se développer, sa situation géographique ne prend une importance stratégique qu'au Moyen Âge et décline à l'époque moderne. Le massif se trouve désormais au cœur du parc naturel régional du Luberon et devient au fil du temps un lieu emblématique de la haute Provence, réputé au-delà des frontières de l'Hexagone.

Le massif connaît depuis son peuplement une forte activité agricole, notamment grâce à son vignoble, couvert par deux appellations d'origine contrôlée. Le tourisme s'est développé depuis l'époque contemporaine, alors que le commerce des marchés de Provence date de l'époque médiévale ; ces deux activités influent fortement sur l'économie de la région.

Mardi 27 février 2024

L'Empire byzantin vers l'an 600.
L'Empire byzantin vers l'an 600.

L’Empire byzantin ou Empire romain d'Orient désigne l'État apparu vers le IVe siècle dans la partie orientale de l'Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. Il se caractérise par sa longévité : il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin Ier en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Plus dynamique qu’un monde romain occidental dont l'administration effective est de plus en plus réalisée par les élites barbares à la suite de leur arrivée progressive par traité ou par conquête, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. En 476, c'est la chute de l'Empire romain d'Occident, l'Empire byzantin devient alors l'unique successeur de l'Empire romain en place.

À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien Ier (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétraction. C’est à partir du VIIe siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l'Empire à se transformer à nouveau sous l'impulsion des Comnènes, avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s'emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans ni à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

Tout au long de son histoire millénaire, une continuité autant que des ruptures rythment l’existence de l’Empire byzantin, objet complexe à analyser dans sa diversité. Héritier d’une riche culture gréco-romaine, il la fait vivre et contribue à la transmettre à l’Occident au moment de la Renaissance. Il développe sa propre civilisation, profondément empreinte de religiosité. Pilier du monde chrétien, il est le défenseur d’un christianisme dit orthodoxe qui rayonne dans l’Europe centrale et orientale où son héritage est encore vivace aujourd’hui, tandis que la séparation des Églises d'Orient et d'Occident inaugure une rupture progressive avec le catholicisme romain.

Qualifié d’« archaïque » ou de « déclinant » dans l’historiographie ancienne, parfois empreinte de mishellénisme, l’Empire byzantin a fait preuve d’une remarquable capacité d’adaptation face aux évolutions du monde qui l’entoure et aux menaces qui l’assaillent constamment, souvent sur plusieurs fronts. Il parvient souvent habilement à user de la diplomatie autant que de la force pour contenir ses ennemis. Sa situation exceptionnelle, au carrefour entre l'Orient et l'Occident dont il contribue à brouiller les frontières, entre monde méditerranéen et bassin pontique, lui permet de développer une économie dynamique, symbolisée par sa monnaie, souvent utilisée bien au-delà de ses frontières. Cette même abondance suscite aussi les convoitises de voisins ambitieux qui se heurtent régulièrement aux puissantes murailles de Constantinople. Celle-ci, plus encore que Rome pour l’Empire romain antérieur, est le centre du monde byzantin. Même lors de son déclin à partir de 1204, il préserve une vivacité culturelle qui favorise l’émergence de la Renaissance européenne.

Les jugements sur l’Empire byzantin ont profondément varié en fonction des époques. Considéré comme un modèle à suivre par les régimes absolutistes du XVIIe siècle, il est, au XVIIIe siècle, vivement dénoncé pour cette même raison par les critiques de l’absolutisme, et décrit comme décadent. Ces interprétations ont laissé place à des perspectives historiques plus scientifiques. L’héritage du monde byzantin est cardinal dans la compréhension du monde slave, auquel il a laissé un alphabet et une religion. Au-delà, il a su rayonner, transmettant un droit romain codifié, des chefs-d’œuvre architecturaux, incarnés par la basilique Sainte-Sophie, et, plus largement, une culture originale.

Mercredi 28 février 2024

Place Georges-Lhermitte.
Place Georges-Lhermitte.

Esvres, appelée également Esvres-sur-Indre, est une commune française située dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.

Le territoire d'Esvres porte des traces d'occupation humaine depuis le Paléolithique. C'est surtout au IIe siècle av. J.-C. que les indices s'accumulent (nécropoles, établissements ruraux, habitat groupé) pour suggérer l'existence d'une agglomération protohistorique dont l'importance et les contours restent cependant à définir, mais qui semble rester active jusqu'au Bas-Empire. Esvres, que cite déjà Grégoire de Tours, devient au VIIIe siècle le siège d'une viguerie, puis celui d'une seigneurie au Moyen Âge central. Au XIXe siècle, la commune ne connaît qu'une faible baisse de sa population, et le nombre de ses habitants augmente sans cesse depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, épisode par ailleurs marqué sur le plan local par plusieurs figures de la Résistance. Aux XXe et XXIe siècles, outre sa forte croissance démographique — la commune compte 6 208 habitants en 2021 et le nombre de ses résidences principales a presque quintuplé depuis 1945 —, Esvres connaît un important développement économique avec notamment la création d'une zone industrielle très active le long de la D 943, principal axe routier entre Tours et Loches. La vocation agricole d'Esvres se maintient pourtant ; la céréaliculture domine largement mais les vignes de l'appellation touraine-noble-joué sont bien présentes et la surface qui leur est consacrée augmente même légèrement.

L'église d'Esvres, dédiée à saint Médard, semble construite à partir du XIIe siècle mais elle garde des vestiges d'édifices plus anciens, comme une partie de sa façade et de ses fondations. Le château de Montchenin est, du XVIe siècle à la Révolution, la villégiature des abbés de Saint-Paul de Cormery. Plusieurs châteaux ou manoirs, souvent médiévaux à l'origine mais reconstruits à la Renaissance et remaniés après la Révolution, constituent une part importante du patrimoine bâti d'Esvres. L'un d'eux, le château de la Dorée, qui a appartenu au XVIIIe siècle à Alexandre-Pierre Odart, maire d'Esvres et savant ampélographe, accueille le troisième plus grand site français du groupe AG2R La Mondiale ; l'entreprise y emploie en 2016 plus de 500 personnes. Le patrimoine naturel est constitué de quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) liées aux vallées de l'Indre ou de ses affluents, ou aux massifs boisés encore très présents dans le nord du territoire communal.

Jeudi 29 février 2024

Antonio Montanari, Portrait de Hugo de Carpi (XVIIe siècle), Carpi, musée du Castello dei Pio1 (Hugo de Carpi, à la droite, peint avec le doigt).
Antonio Montanari, Portrait de Hugo de Carpi (XVIIe siècle), Carpi, musée du Castello dei Pio1 (Hugo de Carpi, à la droite, peint avec le doigt).

Hugo de Carpi (en italien : Ugo da Carpi) est un graveur sur bois et peintre italien de la Haute Renaissance, né vers 1480 à Carpi, dans la province de Modène et mort au plus tard en 1532 à Rome. Il est actif entre 1502 et 1532 à Venise, Rome et Bologne.

C'est l'un des premiers Italiens à pratiquer la gravure sur bois en clair-obscur, et à revendiquer être l'inventeur de ce procédé, en en déposant le brevet. Il contribue à le développer avec un style puissant, mettant l'accent sur l'idée et l'interprétation qu'il apporte à l'œuvre.

N'ayant que peu gravé d'estampes originales, il a reproduit des œuvres de maîtres italiens, notamment Raphaël, Baldassarre Peruzzi, et Parmigianino. Une de ses gravures les plus fameuses est un Diogène. Il est aussi l'auteur d'un « livre d'écritures », et d'au moins une peinture, pour l'autel de Sainte Véronique, dans la basilique Saint-Pierre, à Rome.