Wikipédia:Fautes de français

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Cette page dresse une liste de fautes courantes en français écrit, classées par ordre alphabétique.

Le français écrit, langue académique ayant puisé à diverses sources, notamment latines et grecques, comporte de nombreuses embûches. Ce problème est exacerbé par l'existence d'au moins deux niveaux de langue : la langue écrite, qui peut être parfois complexe, et la langue parlée, qui s'affranchit souvent des règles académiques. Un locuteur francophone peut ainsi commettre plusieurs sortes de fautes lorsqu'il s'exprime, tant à l'oral qu'à l'écrit : barbarismes, solécismes, lapsus... mais aussi des fautes de grammaire et de conjugaison. Par nature, certaines fautes ne sont possibles qu'à l'écrit : ce sont les fautes d'orthographe (cacographie), qui peuvent être le signe d'une dysorthographie.

L'objectif de cet article est d'aider toute personne écrivant en français à détecter et corriger certaines fautes courantes. En complément, l'atelier du français permet de discuter de toutes questions relatives à la langue française.

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Sommaire

Aborigène[modifier le code]

Le mot « aborigène », qui signifie « originaire du pays où il vit », ne prend pas de r avant et après le b.

Accentuation des majuscules[modifier le code]

Les majuscules en français sont toujours accentuées, y compris la préposition À comme le fait remarquer l'Académie française sur son site internet : « On veille donc, en bonne typographie, à utiliser systématiquement les capitales accentuées ».

Acceptation / Acception[modifier le code]

Lorsqu'il est question d'accepter, de consentir, on parle d'acceptation. Le mot « acception » signifie « sens » (« dans toute l'acception du terme »).

Accro / Accroc[modifier le code]

On écrit « être accro à quelque chose ». C'est le nom commun « accroc » qui prend un c final. [1] Mais accro, abréviation d'accroché (au sens imagé où l'on serait accroché par quelque chose) relève du vocabulaire familier, il vaut donc mieux ne pas l'écrire du tout.

Accueil / Acceuil[modifier le code]

Tout comme recueil ou cercueil, accueil s'écrit « ueil » et non « euil » car le u suit directement le c. On peut supposer que cette faute est favorisée par attraction de mots à l'orthographe très voisine, par exemple fauteuil, où le u suit la voyelle e.

Si le c était suivi du e, il faudrait prononcer « acseuil », car le c devant le e se prononce comme un s (exemple : ceci, cela, etc.) ; alors que devant le u, il se prononce comme un k. De plus ueil se prononce [œj] comme dans écueil, eil sans u précédent se prononce [εj] comme dans pareil.

Moyens mnémotechniques :

  • « C'est Une Erreur Impardonnable ».
  • « UEI - Un Elève Intelligent ne fait jamais la faute ».

Acquis / Acquit[modifier le code]

Dans l'expression « par acquit de conscience », le verbe concerné n'est pas le verbe acquérir, mais le verbe acquitter. Il ne faut donc pas l'écrire « acquis ». On écrit également : « bon pour acquit », mais « bien mal acquis ne profite jamais ».

Agressif (et non pas Aggressif)[modifier le code]

Le doublement de la consonne est probablement dû à l'influence de l'anglais « aggressive ». Il existe plusieurs cas similaires, comme « adresse » (« address ») et « abréviation » (« abbreviation »), ou trafic («traffic» en anglais). À l'inverse, il existe des cas où la consonne est doublée en français, alors qu'elle est simple en anglais, comme dans appartement (« apartment ») ou ressource (« resource »).

Aller : être allé  ou avoir été[modifier le code]

On ne doit pas employer « j'ai été » pour « je suis allé », car « être » n'indique qu'un état.

Allez[modifier le code]

Cette interjection ne se finit pas par « -er » ou « -é » mais bel et bien par « -ez ».

Apporter / Amener / Emporter / Emmener[modifier le code]

On apporte une chose et on amène un être (personne ou animal) qui se déplace par lui-même et qu'on ne porte donc pas. Exemples :

  • « Il amène la vache au taureau. »
  • « J'apporterai une bouteille de vin ce soir. »
  • « Elle amène son enfant à l'école. »

Moyen mnémotechnique : On mène quelqu'un par la main tandis qu'on porte un poids.

Par extension, « emporter » signifie prendre avec soi et porter ailleurs un objet inanimé ou un objet animé qui ne peut se mouvoir. Exemple: « Emportez donc un peu de tarte ! »

De même, « emmener » signifie mener avec soi une personne, un animal du lieu où l’on est vers un autre lieu. Exemple : « Emmène-moi danser ce soir. »

Après que + indicatif ou conditionnel / Après que + subjonctif[modifier le code]

Traditionnellement, on ne dit pas « après que je me sois rendu compte » mais on dit bien « après que je me suis rendu compte » par exemple. Pour éviter ce problème (après que + indicatif / subjonctif), on préférera la tournure « après + infinitif passé » soit ici « après m'être rendu compte ».

Plusieurs arguments à propos de la construction du verbe qui suit « après que » sont avancés à la page http://www.langue-fr.net/spip.php?article175. Le dictionnaire en ligne de l'Académie française précise concernant cette conjonction : « Loc. conj. Après que, suivi de l'indicatif ou du conditionnel, mais non du subjonctif. »[2]

-atre / -âtre[modifier le code]

Les mots en « -âtre » (verdâtre, plâtre, théâtre, etc.) prennent un accent circonflexe, à l'exception de ceux en « -iatre » (psychiatre, etc.). Attention toutefois à « acariâtre » et « opiniâtre » qui prennent un accent circonflexe, malgré leur terminaison.

Au jour d'aujourd'hui[modifier le code]

Grammaticalement correcte, cette expression maladroite est à éviter. En vieux français, le terme « hui », dérivé du latin hodie, signifiait « aujourd'hui » comme en latin. En français moderne, il a donné « aujourd'hui » par répétition. Le pléonasme « au jour d'aujourd'hui » apparaît donc superfétatoire. Il vaut mieux utiliser « aujourd'hui » ou « à ce jour », qui sonnent mieux et sont moins redondants.

Au temps pour moi / Autant pour moi[modifier le code]

Cette expression, qui signifie simplement « Je me suis trompé », est issue du langage militaire. La forme « Au temps » est celle acceptée par l'Académie française. Cela vient du fait que dans une séquence d'ordres, comme à la parade (Garde à vous! Portez armes! Présentez armes! etc.), si on se trompe d'ordre, on revient « au temps précédent » et on assume son erreur.

Autrement[modifier le code]

Le mot « autrement » étant déjà un comparatif qui a le sens de « bien plus », on se gardera de dire « autrement plus », voire « autrement moins », qui serait un contresens.

  • Celui-ci est autrement travaillé que le précédent.

Aux dépens de / Aux dépends de[modifier le code]

Le verbe à l'origine de cette expression est « dépenser », et non « dépendre », d'où l'orthographe « aux dépens de » ; de la même manière, un tribunal peut condamner une partie « aux dépens », c'est-à-dire à rembourser les frais de justice engagés par la partie adverse.

Avoir affaire à / Avoir à faire[modifier le code]

La locution verbale « avoir affaire à » (variante : « avoir affaire avec ») signifie être confronté à quelqu'un ou quelque chose. La locution homonymique « avoir à faire à » est une faute de français[3]. La locution verbale « avoir à faire » signifie que l'on est occupé et qu'on doit faire autre chose.

Avoir envie de / à l'envi[modifier le code]

L'expression « à l'envi » ne prend pas d'e final.

Ayant(s) droit[modifier le code]

Dans les expressions « ayant droit » et « ayant cause » (qui ne prennent pas de trait d'union), « ayant » peut prendre la marque du pluriel. Il faut donc écrire « des ayants droit » et « des ayants cause ». En l'absence d'équivalent féminin, on doit dire « un ayant droit » et « un ayant cause », qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme.

Bailler / Bâiller / Bayer[modifier le code]

On écrit « la bailler belle à quelqu'un » (le tromper) et « bayer aux corneilles » (rêvasser). En dehors de ces cas, il faut toujours écrire « bâiller », en mettant l'accent sur le a, et non sur le i.

Balade / Ballade[modifier le code]

Balade et ballade sont deux noms féminins paronymes[4]:

  • Une « balade » est une promenade en langage familier.
  • Une « ballade » est un poème à forme fixe ou une pièce musicale : une ballade de Villon, une ballade de Chopin.

Bien que / Malgré que[modifier le code]

Règle générale : « malgré » étant déjà une concession, on ne doit pas la faire suivre de « que ». Il faut dire « bien que » ou « quoique ».

Exception : « malgré que » reste correct dans l'expression « malgré que j'en aie », « malgré qu'il en ait », etc. Ne pas s'y laisser prendre : « malgré qu'il ait fait » restera incorrect, quoique « malgré que » soit suivi du verbe avoir, conjugué au subjonctif. [5].

Exemples :

  • correct : « malgré la fatigue, il continua son travail »
  • incorrect : « malgré qu'il soit fatigué »
  • correct : « bien qu'il soit fatigué »
  • correct : « malgré qu'il en ait » (qui signifie « en dépit de ses réticences ou de son opposition »).

Causer[modifier le code]

La tournure « causer à quelqu'un », répandue dans le langage familier, est fautive. Il faut dire « causer avec quelqu'un ».

Ceci / Cela[modifier le code]

« Cela » est relatif à ce qui vient d'être dit, établi, exposé. « Ceci » indique ce qui vient, ce que l'on va montrer ou expliquer. La règle est la même pour « voilà » et « voici ».

Exemples :

  • Je vous dis ceci : je suis fatigué.
  • Je suis fatigué, cela dit, je veux bien venir avec vous.

On ne peut donc pas dire ou écrire « ceci dit », il faut dire ou écrire « cela dit ». Le succès usurpé de « ceci dit » semble provenir de l’assonance entre « ceci » et « dit ». (Remarque : la distinction, autrefois préconisée, n'est plus guère suivie à l'usage. Dès lors, de nombreuses références considèrent comme correct l'usage de « ceci dit », « tout ceci », etc. Cf. à ce sujet le TLF / le centre national de ressources textuelles : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/ceci .)

Censé / Sensé[modifier le code]

« Censé » peut se substituer à « supposé », tandis que « sensé » signifie « qui a du sens ». Ainsi, on doit écrire « je n'étais pas censé le savoir », mais « une personne sensée ».

C'est la faute de[modifier le code]

« C'est de la faute de » appartient au langage familier, et il est préférable de dire « c'est la faute de », le premier « de » étant perçu comme une redondance. De la même manière, on ne dira pas « c'est de ma faute » mais « c'est ma faute ».

Chiffre d'affaires (et non pas chiffre d'affaire)[modifier le code]

On écrit toujours un chiffre d'affaires avec un « s » à affaires, car il s'agit du chiffre des affaires.

Complément de nom[modifier le code]

La formation de compléments de nom se fait avec « de » ou « des ».

Ainsi on ne dit pas « la voiture à Jean » mais « la voiture de Jean ». On dira en revanche : un sac à main, et une tête à claques. Le complément de nom n'indique pas une appartenance mais l'emploi qui en est fait.

Il n'est pas non plus permis de supprimer toute préposition dans le complément de nom. Cette faute s'appelle parataxe. L'actuelle tendance à la parataxe nous donne d'innombrables expressions fautives comme : « conseiller clientèle » au lieu de « conseiller de la clientèle » ; « taxe carbone » au lieu de « taxe carbonique » ou de « taxe sur le carbone » ; « foyer étudiant » au lieu de « foyer d'étudiants » ; « Ferme célébrités » au lieu de « Ferme des célébrités ».

Compte rendu / Procès-verbal[modifier le code]

À la différence de procès-verbal, compte rendu ne prend pas de trait d'union.

Conjecture / Conjoncture[modifier le code]

« Conjecture » signifie « hypothèse » et ne doit pas être confondu avec « conjoncture », qui signifie « situation ».

Contredisez / Contrefaites[modifier le code]

Le verbe « contrefaire » se conjugue comme « faire » mais le verbe « contredire » se conjugue comme « médire ». Ainsi, on dira : « vous contrefaites », mais « vous contredisez ».

Davantage / D'avantage(s)[modifier le code]

« Davantage » peut être remplacé par « plus (de) » ou parfois « mieux », tandis que « d'avantage(s) » peut se substituer à « de bénéfice(s) ».

Debout[modifier le code]

Ce mot étant un adverbe, il ne prend pas la marque du pluriel. On écrit « ils sont debout.

Décade / Décennie[modifier le code]

Une décade est une période de dix jours, tandis qu'une décennie est une période de dix ans. La confusion entre les deux mots est favorisée par un anglicisme : en anglais, decade signifie décennie...

Dénoter / Détonner / Détoner[modifier le code]

« Ce câble, par rapport à la robustesse du casque, dénote par sa finesse. » : cette phrase ne signifie rien, du moins de probant. En effet, le verbe « dénoter » doit être suivi de la chose qu'il dénote ; il ne peut être employé seul. Dans ce cas, il aurait fallu dire « détonne », qui est hors du ton, hors tonalité, ou alors, « dénote une certaine fragilité ».

À voir également : « détoner », exploser ; « détonant », explosif.

(Depuis) quelque temps[modifier le code]

Cette expression s'écrit toujours au singulier.

De temps à autre[modifier le code]

C'est à tort que l'on ajoute parfois un s à autre dans l'expression « de temps à autre »[6].

Différent / Différend[modifier le code]

L'adjectif « différent » s'écrit avec un t. Le nom « différend » s'écrit avec un d.

Exemples :

  • Un malentendu est à l'origine du différend qui les oppose.
  • Nous étudierons les différents aspects de la question.
  • Tous ces différends sont très différents.

Attention à l'homophone « différant », qui est le participe présent du verbe différer.

Note : Pour vérifier, il faut mettre au féminin :

  • Tous ces différends sont très différents.
  • Toutes ces histoires sont très différentes.

Dites / Dîtes / Faites / Faîtes [modifier le code]

  • « Dites » ne prend pas d'accent au présent de l'indicatif ni au présent du subjonctif. Celui-ci est réservé au passé simple.
  • « Faîte » signifie « sommet, apogée ». On n'écrit jamais « faîtes » dans la conjugaison du verbe « faire » mais toujours « faites ».

Du / Dû[modifier le code]

Lorsque « du » n’est pas la contraction de de + le, il faut mettre un accent circonflexe, qui disparaît au féminin et au pluriel (due, dues). Prennent également un accent circonflexe au masculin pluriel le participe passé des verbes « croître » (« crû »), « recroître » (« recrû »), « redevoir » (« redû ») et mouvoir (« mû »).

Eh bien / Hé bien / Et bien / Eh oui / Etc.[modifier le code]

« Vous vouliez une liste des fautes les plus courantes, eh bien, la voici ! » On ne doit bien évidemment pas écrire « et bien ! ».

Comme dans « Eh oui » ou « Eh non », il ne s'agit pas de « Et puis », mais de l'expression d'une exclamation. « Hé oui » et « Hé non » sont corrects, mais « Et » ne peut introduire une interjection. Le remplacement de « Et » par « Eh » (ou « Hé ») est donc à faire chaque fois que le mot « Et » n'a pas son sens plein.

Attention, ces expressions sont toujours suivies d'un signe de ponctuation. S'il s'agit d'un point d'exclamation ou d'interrogation, on ne le fera pas suivre d'une majuscule, car il ne marquera pas la fin de la phrase.

Enjôler / Enjoliver[modifier le code]

Alors qu'« enjôler » prend un accent circonflexe, il n'y en a pas sur l’o d'« enjoliver ».

Ensemble[modifier le code]

Ce mot étant un adverbe, il ne prend pas la marque du pluriel. On écrit « ils sont ensemble ». Lorsque ensemble est à l'état de nom commun, il prend normalement la marque du pluriel (« des ensembles »).

En son for intérieur[modifier le code]

Le mot « for » ne subsiste plus que dans cette expression. Si tentant que ce soit, il ne faut pas lui donner l'orthographe de « fort ».

En tant que / En temps que[modifier le code]

La locution conjonctive « en tant que » signifie « comme » en se référant à une fonction, un rôle[7]. La locution homonymique « en temps que » est une faute de français.

Espèce de[modifier le code]

On ne doit jamais dire « un espèce de ». En revanche, le participe passé qui suit s'accorde avec le complément. Exemple : « cette espèce d'ahuri s'est ridiculisé ».

Etc.[modifier le code]

  • « etc. » est la forme abrégée d'« et cetera » (ou « et cætera »), qui ne doit jamais être répétée, ni suivie ou précédée de points de suspension. On ne doit donc pas écrire « ... etc. », « etc... » ou « etc., etc. » mais tout simplement « etc. ».
  • Attention, « etc » étant une forme abrégée, elle doit toujours être suivie d'un point, même au milieu d'une phrase. Lorsque « etc. » se trouve en fin de phrase, le point final et celui d'« etc. » se confondent.
  • Une erreur de prononciation incite parfois à placer le c avant le t. On doit donc veiller à prononcer "et cétéra" et non "ek sétéra".
  • « etc. » doit être précédé d'une virgule.

Faire bonne chère[modifier le code]

L'expression « se régaler » s'écrit « faire bonne chère » (et non « faire bonne chair »). [8]

Faux bourdon / Faux-bourdon[modifier le code]

Attention à ne pas confondre le faux bourdon, qui est le mâle de l'abeille, avec le faux-bourdon, qui est un procédé d'improvisation chantée. Les autres noms composés commençant par faux ne prennent pas de trait d'union, à l'exception de faux-filet, faux-fuyant, faux-monnayeur et faux-semblant.

Foi / Foie / Fois / Foix[modifier le code]

Le foie est l'organe, tandis que la foi est la croyance, la fidélité (on écrit aussi « ma foi »). Dans tous les autres cas, il faut écrire « fois », sauf lorsqu'il s'agit de la ville de Foix.

Fomenter[modifier le code]

Ce verbe, qui signifie « tramer », ne prend pas de r après l’o.

Fort : se faire fort de[modifier le code]

Devant un infinitif, « se faire fort de » signifie « se prétendre capable de » et doit rester invariable.

Devant un nom, l'expression signifie « se rendre plus fort grâce à » et varie au féminin et au pluriel.

On écrira ainsi : « ils se font fort de réussir » mais « ils se font forts de votre soutien ».

Fruste / Frustre[modifier le code]

L'adjectif « frustre », né d'une confusion entre « rustre » et « frustré », n'existe pas. Il faut dire, par exemple, « un homme fruste ».

Gent féminine / Gente féminine[modifier le code]

  • La gent est un nom commun féminin qui signifie « la population » ou « le peuple »[9]. Il n'y a donc aucun besoin de lui ajouter un e final (qui est une faute). On écrit donc : la gent masculine et la gent féminine. Attention, le t final ne se prononce pas. Pluriel : « les gens ». Exemple : « Bonnes gens ! », « Les petites gens. »
  • Origine de la confusion : « gentes dames » est utilisé dans de nombreux textes anciens, gente étant ici un adjectif, simple synonyme de gentille (la racine en est identique) et désignant d'agréables interlocutrices. Exemple : « Gentes dames et gentils damoiseaux ». En toute rigueur, et bien que cela soit inélégant, on devrait pouvoir écrire "une gente gent" ce qui voudrait dire "un agréable groupe de personnes".
  • Attention : un adjectif ou un participe passé associé à gens peut être masculin ou féminin, selon sa place. S'il précède gens, il est féminin, s'il suit, il est masculin (exemple : « Ces bonnes gens ne s'y étaient pas accoutumés. »). Si gens est précédé d'un adjectif des deux genres se terminant par un e muet, ledit adjectif et tous ceux qui le précèdent se mettent au masculin (exemple : « de vrais honnêtes gens »). Enfin, les adjectifs précédant gens, mais n'appartenant pas à la même proposition seront également mis au masculin (exemple : « Arrivés à un âge avancé, ces bonnes gens n'ont plus rien pour vivre. »).

Gril / Grill[modifier le code]

L'ustensile permettant de faire cuire à feu vif des aliments (gril) ne doit pas être confondu avec le restaurant où l'on mange principalement des grillades (grill). On écrit donc : « être sur le gril ».

Hiberner / Hiverner[modifier le code]

« Hiberner » a le sens que nous connaissons : l'animal hiberne pendant l'hiver, dort d'un sommeil prolongé. « Hiverner » signifie « passer la mauvaise saison à l'abri ».

Hormis / Parmi [modifier le code]

À la différence d'« hormis », qui est composé de la préposition « hors » et du participe passé « mis », « parmi » ne prend jamais de s.

Important / Conséquent[modifier le code]

Utiliser « conséquent » dans le sens des mots « important » ou « considérable » relève du langage familier (voir la définition dans le dictionnaire de l'ATILF).

Inclus(e) / Inclu(e)[modifier le code]

Le participe passé du verbe inclure est « inclus » et non « inclu » (contrairement à exclure : exclu) : « j'ai inclus », « une chose incluse ». À l'indicatif, c'est « j'inclus », « tu inclus » et « il inclut ». Les annonces publicitaires regorgent de fautes d'accord du participe passé...

La forme « inclue » existe cependant au subjonctif : « que j'inclue ».

Lune / lune[modifier le code]

« Lune » ne prend pas de majuscule dans les expressions figurées, ni quand il s'agit de l'astre lumineux visible dans le ciel. Celle-ci est réservée au satellite naturel de la Terre.

  • « Être dans la lune », « la pleine lune », mais « la Lune est située à 384 000 kilomètres de la Terre ».

Maligne / Maline[modifier le code]

Le féminin de malin n'est pas maline mais maligne. Le terme malines, employé au pluriel, désigne des grandes marées[10].

Martyr / Martyre[modifier le code]

Le supplice s'écrit « martyre ». L'être masculin est le « martyr » (le féminin étant la « martyre »).

Naviguant / Navigant[modifier le code]

On écrit « en naviguant » avec un u, mais « personnel navigant » et « les navigants » sans u.

Pour le verbe, la règle est commune à tous les verbes en -guer ou en -quer[11] : ils gardent le u de leur radical dans toutes les conjugaisons, même devant un a ou un o.

Pour l'adjectif et le substantif, en revanche, le u disparaît devant le a.

Notre / Nôtre / Votre / Vôtre[modifier le code]

Le déterminant ne prend pas d'accent. Ce dernier est réservé au cas où le mot n'est pas suivi d'un nom ou d'un groupe nominal. Quelques exemples :

  • C'est votre avis.
  • Le nôtre a plus de valeur.
  • Cet objet est nôtre.
  • Amicalement vôtre.

Occurrence[modifier le code]

Les deux premières consonnes redoublées ne doivent pas être omises.

Opprobre[modifier le code]

Ce mot, qu'on doit veiller à ne pas amputer de son second r, est masculin.

Pallier / Pallier à[modifier le code]

Le verbe pallier est transitif direct : il admet donc un complément d'objet direct, sans préposition. On écrit « pallier une difficulté, pallier des problèmes » et non « pallier à une difficulté, pallier à des problèmes ». Attention à ne pas le confondre avec son homonyme « palier », en général utilisé au sens de « niveau, étape, degré ».

Partisane / Partisante[modifier le code]

Le féminin de partisan n'est pas partisante mais partisane.

Pécunier / Pécunière / Pécuniaire[modifier le code]

Les adjectifs « pécunier » (masculin) et « pécunière » (féminin) sont des fautes de la langue française. Ces deux adjectifs sont une déformation de l'adjectif d'origine, « pécuniaire », qui s'emploie aussi bien au masculin qu'au féminin.

Petit déjeuner / Petit-déjeuner[modifier le code]

Attention, le nom « petit déjeuner » ne prend pas de trait d'union. Celui-ci est réservé au verbe familier mais correct « petit-déjeuner ».

Peut être / Peut-être[modifier le code]

On écrit « peut-être », avec un trait d'union, lorsqu'il s'agit de l'adverbe qui peut être remplacé par « éventuellement, possiblement ou probablement ». On écrira donc : « il peut être là » mais « il est peut-être là ».

Prémices / Prémisses[modifier le code]

Ces deux mots sont des homophones, c’est-à-dire de même prononciation. Ils sont tous les deux féminins et ont un sens très proche, mais ne sont pas synonymes.

  1. Les prémices – avec un c – sont un signe avant-coureur, l’annonce ou le tout début d’un évènement ou d’un processus.
  2. Une prémisse – avec deux s – ne s’utilise qu’en rhétorique et est donc rare.

La plupart du temps, c’est donc « prémices » qu’il faut écrire. Exemple : « les prémices habituelles de l'hiver nous ont vraiment surpris ».

Profiter à / Bénéficier à quelqu'un[modifier le code]

Quelqu'un bénéficie de quelque chose, mais quelque chose ne bénéficie pas à quelqu'un. Dans ce sens, il faut écrire : quelque chose profite à quelqu'un.

Quelque / Quel que[modifier le code]

Lorsque le son « quel que / quelque » n'est pas suivi du verbe être, on écrit « quelque ».

Ainsi, on n’écrit pas « quelques soient les raisons » mais « quelles que soient les raisons ». De même, on n’écrit pas « quelque soit le sujet » mais « quel que soit le sujet ».

Exemples :

  • Quelque bonne que soit votre excuse, vous ne serez pas admis si tard en cours.
  • Quelque admirable que soit votre talent, nous n'avons pas de place à vous offrir.
  • Quelles que soient tes notes du dernier trimestre, tu devras faire des devoirs de vacances cet été.
  • Quelques personnes étaient présentes.
  • Quelque 10 000 personnes assistaient à ce concert.

Quoi que / Quoique[modifier le code]

« Quoique » signifie « bien que », tandis que « quoi que » (qui ne se prononce pas exactement de la même manière) signifie « quelle que soit la chose que ».

Re-[modifier le code]

Lorsque l'on ajoute le préfixe « re- » à un mot commençant par un s suivi d'une voyelle, on double le s. C'est ainsi que l'on doit écrire « ressemer », « ressortir », « ressouder », etc. Il y a toutefois quelques exceptions : « resaler », « resalir », « resituer », « resonner ». On a le choix d'écrire le verbe « res(s)urgir » avec un ou deux s.

Rémunérer[modifier le code]

Attention à ne pas dire "rénumérer", qui est un barbarisme. Dites-vous que les deux lettres qui posent problème sont placées dans l'ordre alphabétique.

Repaire / Repère[modifier le code]

Le repère est une marque permettant de se repérer, tandis que le repaire est une habitation assez modeste où l'on se réfugie.

Résiné / Raisiné[modifier le code]

Le mot « résiné », de la même famille que la résine, ne doit pas être confondu avec « raisiné », de la même famille que le raisin.

Réveille-matin[modifier le code]

« Réveil » n'est que l'abréviation de ce mot, qui désigne tout simplement ce qui nous réveille, le matin. On ne doit donc pas écrire « réveil-matin ».[12]

Rez-de-chaussée / Raz de marée[modifier le code]

À la différence de rez-de-chaussée, raz de marée ne prend pas de traits d'union.

Rien moins que / Rien de moins que[modifier le code]

Attention à ne pas confondre ces deux expressions qui sont antonymes. Rien de moins que a le sens de tout à fait, alors que rien moins que signifie aucunement.

Roder / Rôder[modifier le code]

« Rôder » signifie « errer de manière suspecte ». Dans tous les autres cas, on écrit « roder », sans accent.

Satire / Satyre[modifier le code]

Une satire est une œuvre qui s'attaque généralement à quelqu'un en s'en moquant, un satyre est un demi-dieu de la mythologie grecque, et parfois un être lubrique.

Savoir gré[modifier le code]

On ne doit pas dire ni écrire « je vous en serais gré », mais « je vous en saurais gré ». Le verbe concerné n'est pas le verbe « être », mais le verbe « savoir ».

Saynète / Scénette[modifier le code]

Ce mot appartient bel et bien au vocabulaire du théâtre, mais ne dérive pas de « scène ». On ne doit donc pas l'écrire « scénette », car ce mot n'existe pas.

Sceptique / Septique[modifier le code]

Le mot sceptique peut se substituer à incrédule (on écrira « ils sont sceptiques », par exemple), tandis qu'on emploie septique lorsqu'il est question de microbes (on rencontre principalement ce mot dans la « fosse septique ».[13]

Se rappeler / Se souvenir[modifier le code]

Contrairement à « se souvenir » dont le sens est proche, « se rappeler » est un verbe transitif direct : on se rappelle quelque chose ou quelqu'un, alors qu'on se souvient de quelque chose ou de quelqu'un. Exemples :

  • « Je me rappelle les belles vacances que j'ai passées à Venise ».
  • « J'espère que tu te rappelles que tu m'as promis de finir tes devoirs avant de regarder la télévision ».
  • « Je me souviens encore de son sourire ».

De même, « je m'en rappelle » est incorrect, mais « je me le rappelle » est correct.

S’il / Si il[modifier le code]

Le « si » ne s’élide qu’avec « il » ou « ils ». On écrit donc toujours « s’il » et « s’ils » mais ce sont les seuls cas ; avec « elle », on écrira « si elle » en entier.

Suite[modifier le code]

  • « De suite » signifie « d'affilée » (« deux jours de suite par exemple). On ne doit donc jamais l'employer au sens de « tout de suite ».
  • « Suite à » est une tournure familière, qu'on retrouve notamment dans le langage commercial, qui est à éviter. On dira plutôt « en réponse à » ou « à la suite de », selon le cas.

Sujétion / suggestion[modifier le code]

La sujétion est un assujettissement, formé par une servitude ou une obligation contractuelle ; une suggestion est une idée que l'on propose à autrui.

Suspens / suspense / suspend[modifier le code]

Ces mots tendent un piège :

  • L’Assemblée suspend Untel de ses fonctions.
  • Un film à suspense.
  • La question reste en suspens et non suspend (d'où l'origine des mots « suspensatoire » et « suspensif »).

Dans le registre ecclésiastique, il y a :

  • Un prêtre frappé de suspense. Ce prêtre est suspens.

Compte tenu de ce piège, il faut tout inspecter.

Symptôme / Syndrome[modifier le code]

À la différence du mot « symptôme », le mot « syndrome » ne prend pas d'accent circonflexe.

Tache / Tâche[modifier le code]

Peut-être favorisée par les correcteurs orthographiques des logiciels bureautiques, la confusion entre les deux mots tend à se généraliser. La différence devrait toutefois s'entendre à l'oral.

Effacer une tache peut être une dure tâche.

Tort / Tord[modifier le code]

On a bien tort d'écrire ce nom commun avec un d plutôt qu'un t (mais « ce tuyau, il le tord »). Il faut écrire « il a tort », « c'est bien à tort qu'il fait cela », etc.

Moyen mnémotechnique : le tort tue les tordus.

Tout autre / Toute autre[modifier le code]

Au sens de « complètement », « tout » est invariable devant un adjectif commençant par une voyelle ou un h muet. Voici quelques exemples pour illustrer cette règle :

  • Elle est tout étonnée, toute surprise.
  • C'est une tout autre affaire.

Quand « tout » a le sens de « n’importe quelle », il est adjectif et variable :

  • Toute autre utilisation de ce C.D. est interdite.

Vinyle[modifier le code]

Veillez à ne pas oublier l’e final de ce mot.

Voir / Voire[modifier le code]

Lorsqu'il s'agit de l'adverbe qui peut être remplacé par « et même », il faut écrire « voire ». Ainsi, on écrira :

  • Je suis allé le voir.

mais

  • Dix, voire quinze.

La tournure « voire même » recèle donc un pléonasme à éviter.

1,5 kilomètre(s)[modifier le code]

Le pluriel commence à deux. On écrit donc, au singulier : « 1,5 kilomètre ». Mais on devrait surtout écrire : un kilomètre et demi.

9 h (0)5 / 10 h (0)3 / etc.[modifier le code]

Contrairement à ce que l'on pense souvent, il faut écrire « 9 h 5 », « 10 h 3 », etc.

Notes[modifier le code]

Références externes[modifier le code]