Wiener Werkstätte

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Wiener Werkstätte GmbH
logo de Wiener Werkstätte

Création 1903
Disparition 1932
Fondateurs Josef Hoffmann, Koloman Moser
Forme juridique Société à responsabilité limitée (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Drapeau : Autriche Vienne
Activité Art
Produits Design, meuble, bijoux, verre, orfèvrerie, poterie, architecture, mode, typographie, peinture...
Site web Wiener Werkstätte.at

Créée en 1903, la Wiener Werkstätte (« Atelier viennois ») est une association d'artistes et d'artisans dont le but fut de produire en toute indépendance des objets décoratifs, des bâtiments, du textile. Issu de la Sécession viennoise (Sezessionsstil), cet atelier réunissait des architectes, des artistes et des designers, dont l’engagement premier consistait à mettre l’esthétique de la modernité à la portée de chacun, en conciliant l’artisanat et les arts majeurs. L’une des œuvres les plus représentatives de la Wiener Werkstätte est le palais Stoclet, à Bruxelles. Devenu une véritable entreprise avec des ramifications internationales, elle disparaît en 1932.

Contexte[modifier | modifier le code]

Vitrine de la Wiener Werkstätte (Vienne, 1920).

Un souffle moderniste sans précédent gagne l'Europe continentale au cours des années 1885-1890 : venu d'Angleterre et d'Écosse, le courant Arts and Crafts fait des émules[1]. L’Art nouveau fait son apparition, en se distinguant toutefois en Autriche avec la Sécession viennoise (1897). Ce mouvement affirme, en effet, sa différence à travers une esthétique reposant sur un idéal géométrique, et non sur la courbe et les formes naturelles. C’est dans cet esprit que Josef Hoffmann et Koloman Moser, qui enseignèrent à la Kunstgewerbeschule, l'école des arts appliqués de Vienne, fondent la Wiener Werkstätte, largement inspiré des néo-guildes d'artisans promues par William Morris. Le financement de départ est assuré par l'industriel et mécène viennois, Fritz Waerndorfer[2].

« WW »[modifier | modifier le code]

La Stitsmachine (1905), chaise à dossier ajustable, bois et métal, conçue par Hoffmann et la WW pour Jacob & Josef Kohn.

Josef Hoffmann et ses condisciples ont pour objectif d’associer les arts appliqués et les beaux-arts dans une conception esthétique globale, accessible par tous. Architecture, mobilier, textile, céramique, joaillerie, orfèvrerie, ébénisterie, poterie, beaux-arts… Tout est exécuté par les artisans de l’atelier.

Facilement reconnaissable par son logo aux deux « W », l’atelier commercialise ses productions de manière collective, en incluant la signature de chaque membre associé. Outre Hoffmann, Moser et Carl Otto Czeschka, la WW compta entre autres parmi ses collaborateurs : Leopold Bauer, Emilie Louise Flöge, Gustav Klimt, Oskar Kokoschka, Max Lenz, Wilhelm List, Richard Luksch, Emanuel Margold, Franz Metzner, Carl Moll, Emil Orlik, Dagobert Peche, Hans Ofner, Michael Powolny, Otto Prutscher, Alfred Roller, Egon Schiele, Vally Wieselthier, Eduard Wimmer Wisgrill...

En octobre 1903, est inauguré le siège viennois, au 32-34 de la Neustiftgasse, sur trois étages avec boutique et vitrine ouverte sur la rue. La première exposition des productions de la WW se tient en 1904 au Kunstgewerbehaus de Berlin, pour laquelle la revue Deutsche Kunst und Dekoration écrit un article très élogieux. Cette année-là, l'Imprimerie impériale et royale de Vienne passe commande au WW pour un prestigieux catalogue commémoratif : c'est le début d'une longue série de clients fortunés, tels que Karl Wittgenstein, Adolphe Stoclet, des membres de la bourgeoisie viennoise, puis internationale, ou des administrations comme la Caisse d'épargne viennoise, le sanatorium de Purkersdorf, la villa Primavesi (mobilier et décoration intérieure), les vitraux de l'église Saint-Léopold am Steinhof, le Cabaret Fledermaus... En 1905, l'entreprise compte 100 employés à plein-temps, dont 37 maîtres artisans, et fusionne, un temps, avec les ateliers d'Hoffmann. En 1907, la WW devient créateur et distributeur attitré de la Wiener Keramik, fondée par Berthold Loffler et Michael Powolny, puis pour les nouvelles lignes de textiles de Backhausen[3] et pour le fabriquant de meubles Jacob & Josef Kohn.

En 1914, la WW est transformée en société privée grâce à un nouvel investisseur, le banquier Otto Primavesi. Des boutiques de prestige, des showrooms dédiés au textile et à la mode, sont ouverts à Marienbad et Zurich (1916), New York (en 1921, au 581 Fifth Avenue), Velden (1922), Berlin (1929). En 1925, c'est le WW qui s'occupe du pavillon autrichien lors de l'exposition internationale des Arts décoratifs de Paris[3].

En 1926, la WW connaît une première tentative de redressement judiciaire après la faillite de la banque Primavesi. Les conséquences de la crise de 1929 mettent un terme définitif à cette entreprise en septembre 1932[3].

Le palais Stoclet[modifier | modifier le code]

Le palais Stoclet marque l’apogée de la Wiener Werkstätte. En lui offrant un budget illimité, Adolphe Stoclet, un riche banquier belge sensible à la modernité et à l'avant-garde, permet à Hoffmann d’aller jusqu’au bout de ses idées. Le palais Stoclet devient ainsi une « œuvre totale ». Des boutons de portes aux jouets des enfants, le moindre détail est pensé dans son ensemble par Hoffmann et exécuté par les membres de la WW. La construction du palais Stoclet est aussi l’occasion de renflouer les caisses de l'atelier, structure indépendante dont la santé économique reste fragile[4].

Le legs[modifier | modifier le code]

Si la WW reste la première « marque » moderne de décoration, ou du moins la plus pérenne, elle fait toutefois faillite en 1932. Elle manque surtout son projet initial : créer une ligne d'objets esthétiques pour tous, ce que l'on appelera des objets design. La production de ceux-ci est si coûteuse qu’ils ne pouvaient s’adresser qu'à une clientèle aisée. Le mobilier et les objets d’ameublement restent reconnaissables ; la plupart sont encore réédités aujourd'hui. La typographie, la mode et les arts graphiques demeurent l’un des aspects les plus inventifs de leur activité.

Conservation[modifier | modifier le code]

Musée Wiener Werkstätte dans le sous-sol de la société Backhausen à Vienne.

Le Musée des arts appliqués (MAK) maintient une des plus vastes collections des œuvres d'art et archives de la Wiener Werkstätte, il est le dépositaire légal des archives de l'ancien atelier. En 1955, les derniers propriétaires ont légué au musée 16 000 esquisses, 20 000 échantillons d'étoffes, des albums photo, des catalogues de modèles… L'exposition dédiée au MAK a été conçue par l'artiste Heimo Zobernig[1].

Le Leopold Museum de Vienne possède également une collection d'objets exposée en permanence[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Architecture et décoration[modifier | modifier le code]

Mobilier[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La Wiener Werkstätte, Wien.info.
  2. La Wiener Werkstätte, Wien Info.
  3. a, b et c (en) « The Wiener Werkstätte Movement », sur The Art Story.
  4. Jean-David Jumeau-Lafond, « Le désir de la beauté : la Wiener Werkstätte et le palais Stoclet », La Tribune de l'Art, 22 février 2006.
  5. Catalogue en ligne, Leopold Museum.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Christian Branstätter, Wiener Werkstätte. Les ateliers viennois, 1903-1932, éd. Hazan, 2004, 400 p. (ISBN 978-2850259579).
  • Angela Völker, Textiles de la Wiener Werkstätte, 1910-1932, Flammarion, 1994, 221 p. (ISBN 978-2080121622).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]