White flight

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White flight (en français, la fuite des blancs) désigne la migration des personnes d'origine européenne hors des zones urbaines qui ont vu un taux d'immigration de populations allogènes augmenter significativement. Le terme est né aux États-Unis, où le phénomène, qui a commencé dans les années 1960, a été décrit de la manière la plus précise, mais il s'est aussi développé à Londres, ainsi que dans les quartiers populaires de la France métropolitaine [1].

Pour certains spécialistes, cela relève d'une insécurité culturelle, subie par les autochtones, qui n'ont plus l'impression d'être dans leur pays ou même dans leur continent.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Le phénomène a commencé aux États-Unis dans un contexte suivant l'abolition de la ségrégation raciale lorsque bien des Noirs ont quitté les États du sud-est pour s'installer dans des grandes agglomérations comme New York, Chicago et Los Angeles. Cela a entraîné un exode des populations blanches américaines, des quartiers populaires des grands agglomérations, vers des zones plus reculés ou la composition ethnique était la plus blanche que possible.

En France[modifier | modifier le code]

En France, les quartiers à forte concentration allogène étant traditionnellement situés hors des centres historiques ou dans des zonages urbains bien définis, le phénomène semble avoir épargné le centre des grandes agglomérations. Exception notable cependant : les centres-villes historiques de villes du sud de la France, y compris de villes qualifiées de moyenne ou de grande. Lorsqu'il n'y a pas eu remplacement de population à cause du déclin général, les maisons abandonnées par les populations originelles sont restées en friche. Castelnaudary, où le nombre de maisons abandonnées dans le centre-ville historique, dans la ville haute, est assez important, illustre cette fuite, motivée notamment par le mauvais état des logements anciens, la promiscuité et, à certains endroits, par le manque d'ensoleillement.

Toutefois on peut dresser un parallèle avec la France périphérique : pour certaines grandes villes, notamment Paris et sa petite couronne, les populations modestes blanches sont parties s'installer en lointaine banlieue voire dans la campagne, alimentant le phénomène de périurbanisation, tandis qu'elles ont été remplacées par des populations précaires d'origine immigrée ou par des populations plus riches. Parfois - c'est le cas notamment du quartier parisien de Belleville[2] ou encore de celui de Barbès[3] - la population d'origine, des classes moyennes blanches, est d'abord remplacée par des populations précaires d'origine immigrée, qui sont ensuite chassées vers la banlieue par la hausse des prix engendrée par la gentrification.

En France, en dépit des difficultés liées à de telles études dues au fait que les données sur l’ascendance (pays et nationalité de naissance des parents) ne sont collectées que dans les grandes enquêtes de l’Insee et ce uniquement depuis une dizaine d’années et non dans les recensements, on observe une augmentation des concentrations ethniques depuis la fin des années 1960. Alors que la « proportion de jeunes d’origine étrangère est restée relativement stable, en moyenne, dans les communes de moins de 10 000 habitants, elle s’est considérablement accrue dans les communes d’au moins 30 000 habitants où elle approche ou dépasse 35 %, en moyenne, en 2011. »[4] Elle est loin de ne toucher que les plus grandes métropoles. Ainsi, la ville de Blois, voit sa proportion de jeunes d’origine étrangère passer de 5 % en 1968 à 40 % en 2011[4].

À l'intérieur d'une même ville, la ségrégation peut être plus ou moins marquée selon les quartiers où les populations d’origine étrangère sont anormalement concentrées ou non dans certains quartiers. À Mantes-la-Jolie, la proportion de jeunes d’origine non européenne est de 61 % mais dépasse 85 % dans certains iris (unité territoriale de base du recensement) mais reste inférieure ou égale à 30 % dans d’autres[4]. La commune de Clichy-sous-Bois, est celle où la concentration ethnique est la plus élevée[4].

Au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Le phénomène a été également bien étudié au Royaume-Uni. Pour la démographe Michèle Tribalat, l'une des explications est que « les processus de concentration et de ségrégation sont très anxiogènes pour les autochtones lorsqu’ils deviennent minoritaires et voient se transformer leur environnement. »[4]. En 2016, à Blackburn a des quartiers 95 % dont des habitants sont originaires de minorités ethniques. À Slough, la population « blanche » est passée de 58,3 % en 2001 à 34,5 % en 2011. Dans le quartier de Savile Town de Dewsbury, le dernier recensement a dénombré que seules 48 des 4 033 personnes vivant dans la commune étaient des Blancs britanniques[5]. Plus généralement si ont observe la capitale Londres, les blancs britanniques de souche représentait 58 % de la population au début des années 2000, ils représentent 43% en 2011.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]