Whip (politique)
Dans les pays appliquant le système de Westminster ainsi qu'aux États-Unis, le whip est le parlementaire ou représentant chargé de veiller à ce que les élus de son parti soient présents et votent en fonction des consignes du parti.
Origine et fonction
[modifier | modifier le code]Origine
[modifier | modifier le code]Le terme vient de l'anglais whip qui veut dire « fouet »[1].
Dans le système de Westminster
[modifier | modifier le code]Un parti politique peut désigner un whip en chef et plusieurs whips adjoints. En fonction des parlements et des partis politiques, le whip peut être élu par les parlementaires du parti ou nommé par sa direction. Dans certains pays, notamment au Royaume-Uni, le whip en chef (chief whip) du parti qui forme le gouvernement assiste aux réunions du cabinet.
Dans d'autres pays
[modifier | modifier le code]Des fonctions similaires peuvent exister dans des pays n'appliquant pas le système de Westminster, comme le parlamentarischer Geschäftsführer en Allemagne ou le coordinateur de groupe en France[2]. En France, cette fonction, usuelle sous la Cinquième République, devient médiatisée sous la XVe législature au sein du groupe La République en marche, étant devenue plus stratégique en raison de l'inexpérience de la nouvelle majorité[3]. L'Express souligne que :
« la fonction de whip ne bénéficie d'aucune reconnaissance officielle à l'Assemblée. Ni de moyens supplémentaires pour travailler. Les dizaines d'heures passées à encadrer leurs collègues ne sont pas comptabilisées sur le site Nosdéputés.fr, au risque de les faire passer pour des cancres quand la presse publie des classements sur l'activité des parlementaires[3]. »
Critiques
[modifier | modifier le code]Le rôle des whips, bien qu'essentiel à la cohésion des partis, fait l'objet de nombreuses critiques, portant principalement sur son impact sur la démocratie représentative et l'indépendance des élus.
- Conflit avec le mandat représentatif : La critique la plus fondamentale est que le système des whips force les élus à privilégier la loyauté au parti plutôt que les intérêts de leurs électeurs ou leur conscience personnelle. Un parlementaire peut être contraint de voter en faveur d'une loi qu'il sait impopulaire ou néfaste pour sa circonscription, simplement pour suivre la "ligne du parti" (consigne de vote)[4].
- Érosion de l'indépendance parlementaire : Le système des whips est accusé de réduire les parlementaires (en particulier ceux sans poste à responsabilité, ou backbenchers) à de simples "soldats" (lobby fodder en anglais) dont la fonction n'est plus de débattre et d'amender la loi, mais d'enregistrer leur vote comme demandé. Cela affaiblit la fonction de délibération du Parlement[5].
- Méthodes de coercition et de pression : Les whips sont souvent critiqués pour les méthodes utilisées pour assurer la discipline. Celles-ci vont de la simple persuasion à un système de "carottes et de bâtons" :
- Les "carottes" (incitations) : Promesses de promotion future (un poste de ministre, une présidence de commission), soutien du parti pour des projets locaux, etc.
- Les "bâtons" (punitions) : Menaces de rétrogradation, retrait de responsabilités, refus de l'investiture du parti pour les prochaines élections, ou encore l'assignation à des commissions parlementaires jugées ingrates[6].
- Les "Arts Sombres" (Dark Arts) : Dans les cultures politiques britannique et américaine, les whips ont la réputation d'utiliser des méthodes plus controversées, relevant parfois du harcèlement psychologique, de l'intimidation, voire de l'exploitation d'informations personnelles compromettantes (chantage) pour forcer un vote. Bien que souvent matière à rumeurs ou à récits d'anciens politiciens (comme dans le livre ou la série House of Cards), cette réputation entache la fonction[7].
- Renforcement excessif du pouvoir exécutif : Dans les systèmes de Westminster, un contrôle efficace des whips par le parti au pouvoir renforce massivement le pouvoir de l'exécutif (le gouvernement, dirigé par le Premier ministre) sur le pouvoir législatif (le Parlement). Si le gouvernement peut garantir que ses lois seront votées sans amendement majeur grâce à la discipline de parti, le Parlement perd son rôle de contre-pouvoir.
Culture populaire
[modifier | modifier le code]Le rôle du chief whip est mis en scène dans la série télévisée britannique Château de cartes (1990), où le personnage principal Francis Urquhart (incarné par Ian Richardson) occupe ce poste avant de devenir Premier ministre[8]. Cette mise en scène, transposée au Congrès américain, est reprise dans le remake américain de la série en 2013 (avec Kevin Spacey dans le rôle de Frank Underwood)[9].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Whip (politics) » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Whips et whips adjoints, sur le site de l'Assemblée nationale du Québec.
- ↑ Samuel Le Goff, « Redémarrage des commissions », sur blogs.lexpress.fr/cuisines-assemblee, (consulté le ).
- Jean-Baptiste Daoulas, « Députés macronistes, En Marche au fouet », L'Express, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) « Whips: What is their role? », sur Institute for Government, (consulté le )
- ↑ (en-GB) Mendora Ogbogbo, « Stifling Democracy - is it time to abolish the whip? », sur Parli-Training, (consulté le )
- ↑ (en-GB) Patrick Wintour, « The discreet art of whipping: what are the limits for parliament’s enforcers? », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
- ↑ CRACKING THE WHIP: THE UK’S PARTY CONTROL SYSTEM (lire en ligne)
- ↑ (en) "The man who cracked the chief whip", The Guardian, .
- ↑ "House of Cards, la politique américaine expliquée à travers la série", Huffington Post, .