Western Union

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Western Union
logo de Western Union

Logo de Western union

Création 1851
Siège social Drapeau des États-Unis Meridian (États-Unis)
Effectif 6 800 (2010)
Chiffre d’affaires 5,2 milliards de dollars (2010)
Guichet, à la gare de Munich.

Western Union est une entreprise financière et de communication, spécialisée dans le transfert d'argent (cash to cash). Elle est basée aux États-Unis. Son siège social est situé à Englewood (Colorado).

Histoire[modifier | modifier le code]

Années 1830 et 1840[modifier | modifier le code]

En 1832, Samuel Morse s’inspira des travaux de ses prédécesseurs pour inventer un système électrique, modernisant le système du sémaphore. Six ans plus tard, il échoue à obtenir une subvention fédérale, et voyage en Europe, où il découvre que les Anglais Cooke et Wheatstone ont lancé une première ligne, de 2 kilomètres. Il écrit de Paris au New York Observer une lettre, reprise par toute la presse américaine, où il décrit ses projets. L'année suivante, en 1843, le congrès vote une subvention de 30 000 dollars à titre expérimental[1]. L’ingénieur Ezra Cornell se propose d’abord d'enterrer la ligne dans des tuyaux de plombs, puis l’aide à poser des poteaux entre Baltimore et Washington, permettant en 1844 à Morse d’envoyer son premier message sur une longue distance, puis de vendre son brevet par appartements. F.O.J. Smith, parlementaire du Maine, achève en 1846 deux lignes, reliant NY à Washington et à Boston. Une troisième, encore plus longue, suit le Canal Erié jusqu'à Buffalo, plaçant NY au cœur du réseau Morse.

Le New York Télégraph Act de 1848 a ensuite stimulé la concurrence. Des lignes télégraphiques utilisant la technologie du scientifique écossais Alexander Bain ou celles de Royal Earl House se créent le long de celles pratiquant la méthode Morse, mais aussi à l'Ouest, où domine la pratique du "premier arrivé, premier servi".

Hiram Sibley, qui avait participé en 1844 au déploiement de la ligne entre Baltimore et Washington, rencontre en 1849 le juge Samuel L. Selden. Ce dernier a acheté un droit d’utilisation du brevet pour la société House Telegraph. Tous deux créent la "New York State Printing Telegraph Company", face à la société rivale "New York, Albany, and Buffalo Telegraph Company". Plutôt que de lancer une ligne de plus, les deux hommes créent l’Association for the New York and Mississippi Valley Printing Telegraph Company (NYMVPTC), regroupant les lignes existantes à l’Ouest de Buffalo. Elle deviendra la Western Union Telegraph Company, un futur monopole qui émerge rapidement d'un marché au départ très morcelé.

Années 1850 et 1860[modifier | modifier le code]

En 1851, il existe encore plus de 50 sociétés concurrentes exploitant des télégraphes aux États-Unis, avec des technologies différentes, dont celle du scientifique écossais Alexander Bain. Hiram Sibley recapitalise la société en 1854 et impulse un programme de construction et d’acquisition, en particulier dans le Midwest. Il rachète, après une âpre bataille, les droits d'Ezra Cornell, qui fut le premier associé de Samuel Morse et qui venait de reprendre une de ses anciennes sociétés pour la rebaptiser "New York & Western Union Telegraph Company". En 1856, la société se renomme "Western Union"[2].

En 1857, le marché commence à s'organiser. Le 30 juin, Amos Kendall, détenteur d'un brevet Morse, invite à New York les représentants de quatre autres compagnies de télégraphe, parmi lesquelles la Western Union, pour négocier des relations d'affaires privilégiées. D'autres compagnies s'invitent à la réunion et le 7 juillet se forme ce que les historiens appelleront "le Traité des six nations". Six jeune compagnies de l'Ouest, menées par celle d'Hiram Sibley, se lient pour trente ans. Chacune n'entrera dans le territoire d'aucune autre. Et elles achèteront pour un total de 56 000 dollars d'équipements d'une quatrième technologie, qui a le vent en poupe essentiellement dans l'Ouestː le télégraphe imprimeur (téléscripteur), inventé en 1855 par David Edward Hughes. Parmi les six, il y a aussi l'American Telegraph Company fondée en 1855 par le millionnaire Cyrus Field, qui a racheté des petites compagnies de l'Est et prévoit un câble transatlantique. Il s'engage à lui seul à acheter 45̥ pour cent des équipement de David Edward Hughes[3]. ne société de Montréal s'ajoute au six autres peu après, en 1858[4].

Amos Kendall et F.O.J. Smith, détenteurs de brevet Morse, sont alors obligés de contre-attaquer, en lançant des lignes à l'ouest, pour peser dans les négociations. Les discussions démarrent fin 1858[5], durent plus de dix mois, jusqu'à un accord général de non-concurrence du 12 octobre 1859, qui prévoit le rachat des lignes de F.O.J. Smith, et réserve à Amos Kendall certaines lignes à fort trafic. Un accord devait être trouvé dès août[5], mais la décision de Daniel H. Craig, directeur de la New York Associated Press, de couper les nouvelles européennes au Public Ledger de Philadelphie donne un prétexte pour faire traîner les choses. Finalement un accord du partage de territoire est trouvé et le même jour, l'American Telegraph Company récupère les lignes en dehors des "Six nations"[6].

En 1860, le président américain James Buchanan signe le Pacific Telegraph Act, qui lance un appel d’offre pour une ligne transatlantique, terminée dès l’année suivante. Et en 1864, seule la Western Union et l'American Telegraph Company ont survécu à la Guerre de Sécession, au sein des “Six Nations” [6]. Mais la United States Telegraph Company entre en scène et rachète des petites sociétés pour s'implanter sur le territoire de chacune de ses deux rivales. Les brevets sur l’invention de Morse expirent, l’industrie risque de se morceler à nouveau. Puis en 1866 la Western Union absorbe toutes les autres sociétés, y compris l’American Telegraph Company et l’U.S. Telegraph Company. Son monopole est en place[6].

Années 1870 et 1880[modifier | modifier le code]

Le groupe rachète en 1873 l’International Ocean Telegraph Company pour s’étendre à l’étranger et en 1872 un tiers de la nouvelle société de téléphone Gray and Barton qu’elle renomme Western Electric.

Western Union retrouve un premier rival avec l'Atlantic and Pacific Telegraph Company, créée par Jay Gould en 1874. Ce dernier tente de prendre le contrôle de la Western Union au détriment des Vanderbilts, et y parvient en 1881 lorsque les deux sociétés fusionnent[6]. Un autre rival apparait dans les années 1880 avec la Postal Telegraph Company de John Mackay, qui avait fait fortune sur le Comstock Lode. En fusionnant de multiples petites sociétés en faillite, il a réussi à contôler environ 10-20% du marché[6].

Pour se concentrer sur le télégraphe et ne pas s’épuiser en batailles juridiques avec le concurrent Bell, Western Union sort de cette activité téléphone dès 1881 en vendant Western Electric à l’autre société de téléphone nouvellement créé par Graham Bell, la Bell Telephone Co., ainsi qu’un stock de 56 000 téléphones et tous les droits sur l’invention du téléphone par Gray en échange de 20 % sur les recettes pendant 17 ans, soit la durée des brevets[7]. Cinq ans plus tôt, Western Union avait refusé l’offre de Bell qui lui proposait ses brevets en échange

Télégramme de la Western Union de Harry S. Truman envoyé à sa fiancée Bess Wallace en 1919.

En 1919, c’est l'ensemble de la société Western Union qui passe sous le contrôle de Bell devenu ATT. Le télégramme est alors téléphoné, pour profiter du réseau AT and T.

Durant toute cette période la Western Union est la plus importante société internationale de radiocommunication et joue un grand rôle dans les relations commerciales transcontinentales.

En tant que service financier[modifier | modifier le code]

Depuis 1995, la Banque Postale offre le service Western Union en France[8].

En novembre 2015, Western Union acquiert OzForex pour 888 millions de dollars australiens soit l'équivalent de 632 millions de dollars[9].

Services[modifier | modifier le code]

Les virements de particulier à particulier sont le service le plus utilisé de Western Union. Aux États-Unis et dans certaines régions du Canada, de l'Argentine et d'autres pays, les consommateurs peuvent régler les échéances de remboursement de leurs prêts ou leurs factures. En France, il n'y a pas d'agences Western Union, mais des points de vente situés dans n'importe quel commerce public de proximité (marchands de journaux, bijouteries, agences de voyages, bar-tabacs, cyber-cafés, fleuristes...)[10]. La seule banque française qui offre Western Union est La Banque postale[11].

Chiffres-clés[modifier | modifier le code]

En 2010, The Western Union Company a publié les chiffres suivants :

  • 76 milliards USD de virements transfrontaliers.
  • Un cash flow opérationnel de 1 milliard USD.
  • Entre 2001 et 2014, la Fondation Western Union a donné 45 millions USD aux organisations à but non lucratif dans plus de 70 pays et territoires à travers le monde pour financer des projets humanitaires.
  • Environ 455 000 agences à travers le monde (y compris les emplacements Western Union, Vigo et Orlandi Valuta).
  • 200 pays et territoires.
  • Plus de 1 200 au siège.

Direction[modifier | modifier le code]

  • Hikmet Ersek, président-directeur général.
  • Robin Heller, DGA, directeur des opérations et des systèmes d'information.
  • Scott Scheirman, DGA, directeur financier.
  • Stewart A. Stockdale, DGA, président États-Unis et Canada.
  • Grover Wray, DGA, directeur des ressources humaines.
  • David Yates, DGA, président, développement des activités et innovation.

Principaux actionnaires[modifier | modifier le code]

En janvier 2012 [12]:

Escroquerie[modifier | modifier le code]

Western Union est parfois utilisé par des gens malhonnêtes pour se livrer à la fraude en ligne. Western Union recommande à ses clients de ne pas envoyer d'argent à des gens qu'ils n'ont pas rencontrés en personne. Par ailleurs, en raison des nouvelles formes d'escroquerie, le groupe conseille également aux personnes qui pensent connaître le destinataire de vérifier l'identité de la personne avant d'envoyer des fonds. Le code secret transmis au destinataire peut suffire à retirer les fonds. Certains agents se contentant de la présentation d'une copie d'une pièce d’identité, bien que contraire aux restrictions de Western Union. L'escroquerie la plus connue est la demande d'envoi d'argent à un destinataire inconnu (sollicitation par email ou téléphone) qui vous demande une aide financière en échange d'une grosse somme.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en)Richard Schwarzlose, The Nation's Newsbrokers: The formative years, from pretelegraph to 1865, Volume 1, Northwestern University Press, .  (AP).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lemelson Center: Archives: Western Union Collection
  2. Site de la Western Union [1]
  3. Schwarzlose 1989, p. 213
  4. Schwarzlose 1989, p. 214
  5. a et b Schwarzlose 1989, p. 215
  6. a, b, c, d et e "History of the U.S. Telegraph Industry", par l'Economic History Association [2]
  7. Telephone History
  8. https://www.labanquepostale.fr/particuliers/au_quotidien/transferts_argent/Transferts_d_argent_internationaux/Western_Union.infos.html
  9. Western Union makes $630 million proposal for smaller Australian online rival, Byron Kaye et Swati Pandey, Reuters, 18 novembre 2015
  10. http://www.westernunion.fr/fr/faq-become-agent#Q8
  11. https://www.labanquepostale.fr/particuliers/au_quotidien/transferts_argent/Transferts_d_argent_internationaux/Western_Union.Mode_emploi.html
  12. http://investors.morningstar.com/ownership/shareholders-major.html?t=WU Morningstar, Inc.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]