Waterman (entreprise)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Waterman
logo de Waterman (entreprise)
Logo de Waterman
illustration de Waterman (entreprise)
Le Waterman Building en 1910 à Manhattan.

Création 1884
Dates clés 1954 — dépôt de bilan américain
2000 — rachetée par Newell Rubbermaid
Fondateurs Lewis Edson Waterman
Action Société cotée au NYSE
Slogan Ideal Waterman
Siège social Paris
Drapeau de France France
Actionnaires Newell BrandsVoir et modifier les données sur Wikidata
Produits Outils d'écritures, bijoux de luxe
Société mère Newell Rubbermaid
Sociétés sœurs Waterman S.A.
Filiales Parker (stylo)
Site web http://www.waterman.com/

Waterman est une entreprise basée à Paris qui fabrique des stylos-plume et qui appartient au groupe américain Newell Rubbermaid.

Histoire[modifier | modifier le code]

Publicité dans L'Illustration (Paris, 1923).

Waterman a été fondée à New York en 1884 par Lewis Waterman (en) (1837-1901) ; son premier fountain pen à réservoir d'encre est produit sous le nom de The Ideal Pen Company[1]. En 1888, elle est rebaptisée L. E. Waterman Company. C'est son fondateur qui réussit la commercialisation active du stylo-plume à réservoir sur le sol américain, procédé inventé en 1827 par Petrache Poenaru ; d'autres entreprises comme De La Rue mirent en même temps sur le marché de tels stylos[2]. Il y eût de nombreuses modifications apportées au mécanisme durant les décennies suivantes. Waterman a baptisé son premier modèle classique, The Regular.

Aux États-Unis, à la fin du XIXe siècle, d'autres sociétés concurrentes telles que Parker et Sheaffer voient le jour. Georges Parker ou encore Walter Sheaffer sont eux aussi des inventeurs qui amélioreront la technique du réservoir ou encore le système de remplissage du stylo-plume. On parle alors du conduit Lucky Curv de Parker en 1894 ou encore du premier remplissage à levier de Sheaffer en 1912.

Entre 1921 et 1926, Jules Isidore Fagard, ancien représentant de la marque et fondateur d'une entreprise en articles de bureau, la JIF (formé de ses initiales)[3], avait acheté une licence Waterman pour la France, d'abord pour l'importation puis pour la fabrication. Déjà propriétaire d'une usine à Paris quai de Javel, il inaugure une nouvelle chaîne de production d'encre à Issy-les-Moulineaux. L'entreprise JIF possède dès cette époque des filiales en Europe[4],[5],[6]. Ces stylos Waterman français étaient vendus sous la marque JIF-Waterman[7].

Le déclin de Waterman USA intervient peu après la guerre : en 1954, elle dépose le bilan et Marcel Bich, l'un de ses fournisseurs de conteneur à encre, la rachète, pour l'abandonner en 1957 et la remplacer par ses propres stylos[8].

JIF-Waterman France continue de son côté la fabrication après la fermeture de la société américaine. On lui doit l'invention du bloc plume et de la cartouche d'encre en verre (remplacée plus tard par du plastique) qui restera l'exclusivité de JIF-Waterman durant vingt ans et qui contribua à son succès. Au décès de Jules Isidore Fagard, la firme est gérée par son épouse à partir de 1938[9], puis, en 1963, par sa fille Elsa Le Foyer, et en 1970, par Francine Gomez, petite-fille de Jules Isidore Fagard. Elle rachète ensuite les droits de la marque Waterman originelle détenue par Marcel Bich. En 1971, la société JIF-Waterman devient Waterman S.A. et la marque « Waterman - Paris » est désormais gravée sur tous les stylos.

En 1986, Francine Gomez vend 52 % de ses parts qu'elle détenait avec sa mère et sa tante[10] à la société américaine Gillette, mais conserve la direction de la société. Deux ans plus tard, en désaccord avec la nouvelle stratégie de Gillette[11], elle quitte définitivement l'entreprise.

En 2000, Waterman est racheté par le groupe américain Newell Rubbermaid, lorsque ce dernier acquiert le secteur papeterie de Gillette, qui comprend les marques Parker, Waterman, Paper Mate et Liquid Paper[12].

Le site Parker de Newhaven (Royaume-Uni) a fermé en 2011, et la production transférée en France à Saint-Herblain, à côté de Nantes, tout comme les cartouches d'encre. En , Newell Rubbermaid annonce la suppression de 98 postes sur les sites de Valence, Saint-Herblain et Boulogne-Billancourt.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [Brevet enregistré] (en) U.S. Patent 293,545 - Fountain Pen, 12 février 1884.
  2. (en) « A Brief History of Onoto Pens », sur scribd.com.
  3. Publicité parue dans La Rampe, Paris, 14 octobre 1923, p. IV — sur Gallica.
  4. Michel Rachline, La Saga Waterman, Albin Michel, 1992 (ISBN 978-2226052186).
  5. Et aussi des crayons : écriture, papeterie et publicité par Claudine Chevrel, Béatrice Cornet, Thierry Devynck, [exposition], Bibliothèque Forney, 1996, p. 31 — sur Gallica.
  6. « Entretien avec Jules Fagard », in: Presse publicité, Paris, 2 mai 1937, p. 19 — sur Gallica.
  7. « Stylo-plume argenté », par Pierre-Alexandre Lugué, in: Hypothèses. Carnet de recherche en histoire et archéologie, février 2019, sur le site Université Bretagne Sud .
  8. Bernard C. Galey, De mémoire de marques : dictionnaire de l'origine des noms de marques, Tallandier, 1997, pp. 28extrait sur Gallica.
  9. « Nomination de Madame J. E. Fagard, administratrice-déléguée... », in: L'Indépendant des Basses-Pyrénées, Pau, 9 août 1938, sur Gallica.
  10. E. L. B., « Mme Francine Gomez cède Waterman à Gillette », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  11. « En désaccord avec Gillette Mme Francine Gomez quitte Waterman », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  12. « GILLETTE : vente de ses activités papeterie, en particulier les stylos Waterman, Parker et Paper Mate à son compatriote Newell Rubbermaid », sur lemonde.fr, (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]