Walter Lewino

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Walter Lewino
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Walter Lewino (né le , mort le [1]) est un journaliste français, ancien combattant et spécialiste de tests et de jeux pour journaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le , Walter Lewino est le petit-fils, par sa mère, de Léonce Tobo, le créateur des syndicats ouvriers de Boulogne-sur-Mer, et le fils d'un artiste peintre britannique de confession juive. Il passe une partie de son enfance dans un petit village du Lot avant d'être mis en pension à l'école primaire supérieure de Cahors.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Après la débâcle de 1940, âgé de 17 ans, il décide de rallier le général De Gaulle et rejoint l'Angleterre par l'Espagne et le Portugal. Après un an d'entraînement comme navigateur, il est muté au groupe Lorraine, la seule unité de bombardement française libre intégrée à la Royal Air Force. En son sein, il contribue, comme Pierre Mendès France ou Romain Gary, au succès du débarquement en Normandie et accomplit 65 missions de guerre.

Pour cela, il reçoit la légion d'honneur, la médaille militaire et la croix de guerre avec quatre citations. Démobilisé en 1946 il reprend des études de lettres à la Sorbonne où il milite à la fois à l'Unef – comme représentant des étudiants en Lettres – et au PCF dans la section de la rue Monge dirigée par Annie Kriegel. Mais rebuté par le culte de la personnalité stalinienne qui y règne, il quitte ce parti dès la fin de l'année. Ses premières expériences professionnelles, d'abord au sein d'une imprimerie parisienne (la Néogravure) puis, comme peintre dans le bâtiment, n'en renforcent pas moins son sentiment de solidarité avec la classe ouvrière et des sympathies électorales en faveur des communistes que le temps n'altérera pas.

France Observateur[modifier | modifier le code]

Correcteur, à partir du milieu des années 1950, au Journal officiel, à Combat puis à Arts-Spectacles et enfin à L'Équipe, il publie L'Heure (Denoël) en 1959 sans grand succès. En 1961, sa culture artistique lui permet d'écrire des critiques d'art pour le Nouveau Candide. Mais ses papiers déplaisent à son rédacteur en chef et il n'arrive pas à en faire publier plus de deux. Après quelques mois il préfère donc partir pour France Observateur où, arrivé dans les bagages de Philippe Viannay, il entre comme rewriter. En 1962, son second roman (La Terre des autres, Albin Michel) n'obtient pas non plus un large écho mais il succède à Louis Guéry comme secrétaire de rédaction de France Observateur.

Prenant aussi en main la technique et la maquette du journal, il est particulièrement proche de Jeanne Cabel, Jean-Noël Gurgand et Lucien Rioux. Il trouve de plus le temps d'écrire à l'époque des papiers en faveur de la bicyclette dont un: "Les Vélos Municipaux" préconisait dès 1962, soit 45 ans avant les Vélib', de mettre à la disposition des Parisiens plusieurs milliers de vélos gratuits. Il se voit ensuite offrir par Jean-François Revel l'occasion d'écrire quelques articles sur la photographie. Après le départ de ce dernier en 1963, il prend même la tête de la rubrique littéraire. Nommé rédacteur en chef adjoint, il s'efforce, après le départ d'Hector de Galard en mai 1964, de faire tourner le journal avec les quelques pigistes qui lui sont encore attachés. Mais il est vexé de ne pas être tenu au courant du contenu des négociations en cours avec Jean Daniel et Claude Perdriel[2]. De plus, il vit mal le fait, qu'avant même leur conclusion, Robert Namia se permette d'intervenir dans son domaine : la maquette.

À la fois sceptique sur la viabilité d'une nouvelle formule et désireux de changer d'équipe, il quitte donc le journal en septembre 1964 en empochant ses indemnités.

De L’Express au Point[modifier | modifier le code]

Mais son refus de participer au lancement du Nouvel Observateur s'explique aussi par sa difficulté à se « soumettre à l'autorité d'étrangers » qui ne prennent pas en compte le fait qu'il contribuait « à soutenir le journal à bout de bras depuis plusieurs mois »[3]. De plus, il ne se reconnaît pas dans le style des journalistes du magazine assez parisien, mondain et empli de références intellectuelles. Enfin, il y a la « crainte de devenir le dernier recours moral de la petite équipe de pigistes mal ou pas payés[4]» et sans espoir de conserver leurs rubriques. Il quitte donc L'Obs pour prendre, après un passage à Week-End, la direction de la rédaction de l'Almanach du Tiercé où il travaille avec Michèle Bernstein, l'ancienne épouse de Guy Debord et co-fondatrice de l'Internationale situationniste. Il en tira en 1968 un livre sur ce mouvement : L'imagination au pouvoir (éditions Le Terrain vague). Son roman de 1967, L'éclat et la blancheur, est également inspiré par les idées situationnistes[5]. En 1972, il entre à L'Express comme rédacteur en chef technique. Mais, à peine un an plus tard, il préfère rejoindre Le Point où on lui propose de diriger le “guide du Point”.

Dès l'été 1973, il réussit, malgré les réticences de Claude Imbert et de Georges Suffert, à introduire des “Jeux de l'été” (8 pages sur 6 numéros). Ces jeux (notamment les tests de QI) contribuent de manière non négligeable au maintien de ventes dont le niveau trop bas en période estivale aurait pu coûter la vie au journal. Tout en assurant cette rubrique, il publie son premier succès, Fucking Fernand (Balland, 1976) dont Gérard Mordillat tirera un film avec Jean Yanne et Thierry Lhermitte. Mais l'affaire Henri Curiel (mai 1978) vient dégrader ses rapports avec Georges Suffert. Indigné devant le refus de Chevrillon de reconnaître les erreurs d'appréciation de ce dernier, il quitte un journal qui « était quand même assez éloigné de [sa] propre sensibilité[6]».

Au Nouvel Observateur[modifier | modifier le code]

En effet, politiquement, il avait, en 1974, hésité entre Arlette Laguiller et René Dumont avant de voter sans enthousiasme pour François Mitterrand. Il se sent donc plus à l'aise au sein d'un Nouvel Observateur qu'il intègre à l'été 1978 grâce à Hector de Galard.

Responsable du guide culturel du journal, les “Rendez-vous de l'Obs”, il réalise cet été-là des tests politiques à base de portraits chinois dont les réponses se veulent révélatrices des tendances politiques du sujet. L'été suivant, il crée les premiers tests psychanalytiquo-canularesques. Ses tests “Êtes-vous de droite ou de gauche ?” font même éructer Jean Daniel jusqu'à ce que lui-même s'y soumette et en ressorte comme proche de cette “gauche rationnelle tendance Michel Rocard” qui tente « le difficile mariage de l'humanisme et de l'efficacité”[7]. L'été suivant, son test “Calculez votre véritable sexualité” (8 août 1979) obtient aussi un certain succès.

Au sein de la rédaction, il est particulièrement proche de Lucien Rioux, un des rares journalistes à être resté en contact avec lui après son départ. Il partage d'ailleurs les positions de ce dernier en faveur du soutien au Matin de Paris même si lui-même ne se mêle pas des débats internes sur la question. Mais il est aussi l'ami de Katia D. Kaupp et c'est lui qui, en octobre 1982, conseille à Jean Daniel de penser à Françoise Giroud pour s'occuper de la rubrique télé. En décembre 1983, il sort de sa rubrique pour un article sur la campagne municipale dans son village (“Mon village à l'heure du panachage”) qui lui vaut d'être pris à partie par la presse locale.

Élaborant des tests pour d'autres journaux dont un pour Elle (« Êtes-vous une salope ? ») qui provoque une vague de protestations, il collabore à France 2 au début des années 1990. Progressivement à la retraite, il cesse toute collaboration au Nouvel Observateur après l'été 1994 et se consacre à l'écriture de scénarios pour le cinéma. Il est par ailleurs le créateur de l'Autopsie du Tiercé, une cotation mathématique des chevaux de course, qui depuis 1966 sert de base à de nombreux turfistes dits méthodistes. Mais sa plus grande invention demeure le Shootball, un jeu de société et de stratégie qui est celui qui depuis les Echecs offre le plus de solutions possibles[C'est-à-dire ?].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'Heure, Paris, Denoël, collection Le Champ libre, 1959.
  • La Terre des autres, Paris, Albin Michel, 1962.
  • L'Éclat et la blancheur, Paris, Albin Michel, 1967.
  • L'Imagination au pouvoir, Paris, Le Terrain Vague, 1968.
  • Fucking Fernand, Balland, 1976.
  • Une femme par jour, Albin Michel, 1978.
  • Notre-Dame des ordinateurs, Paris, Balland, 1979.
  • Dis, Paris, Balland, 1984.
  • La Folle de Bagnolet, Paris, Le Castor Astral, 1994.
  • Longtemps je me suis couché de travers, Paris, Maurice Nadeau, 1994.
  • Châteaunoir, Paris, Plon, 1998.
  • Pardon, pardon, mon père, Paris, Grasset, 2001.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Marminiac. L'écrivain et chroniqueur Walter Lewino est décédé »
  2. Entretien de Walter Lewino avec Cathy Pas le 21 mai 1990 in Cathy Pas, De France Observateur au Nouvel Observateur, changement de formule ou véritable naissance en 1964, mémoire de maîtrise, Lille III, p. 164.
  3. Walter Lewino, Pardon, pardon mon père, Paris, Grasset, 1er chapitre.
  4. Walter Lewino, idem.
  5. Raoul Vaneigem et Gérard Berréby, Rien n'est fini, tout commence, Allia, 2014.
  6. Walter Lewino, op. cit., p. 32.
  7. Walter Lewino, op. cit., p. 36.

Liens externes[modifier | modifier le code]