Wallo-picard

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Le domaine wallo-picard, à l'ouest de la zone wallonne.

Le wallo-picard ou ouest-wallon ([WA] Walon do Coûtchant) est le nom donné à l'ensemble des dialectes parlés dans une zone de transition entre le picard et le wallon, en Belgique. C'est Louis Remacle qui proposa ce groupement en 1967, dans une étude fondée sur 32 traits (22 phonétiques et 10 morphologiques). À l'ouest, la limite entre le wallo-picard et le picard se situe, du nord au sud, aux alentours de Tubize, Seneffe, Anderlues, Thuin, Froidchapelle et Chimay. À l'est, la limite avec le wallon se situe aux alentours de Rixensart, Villers-la-Ville, Sambreville, Florennes. Nivelles, Charleroi, Philippeville et Couvin sont donc dans la zone wallo-picarde[1]. Le wallo-picard possède à la fois des traits du wallon et du picard[2].

Expression[modifier | modifier le code]

Expressions de Charleroi[modifier | modifier le code]

Les expressions carolos, employées couramment (en parlant le français), sont souvent issues de la variante occidentale du wallon. En effet, ces expression majoritairement francophones, se sont inspirées de la variante locale du wallon. Voici la liste non exhaustive des expressions[3],[4]:

  • Kediss ma biche ! Cela signifie "Bonjour comment vas-tu ?". Cette expression demeure très familière (mais non-grossière).
  • I'm chéné bé ! Cette phrase est la traduction littérale de "Il me semblait bien". Celle-ci est moins familière que la première. Cependant, il faut éviter de l'utiliser dans les conversations formelles. En effet, elle est issue du wallon, qui est une langue très mal considérée.
  • Vé rossi ! Traduction de "Viens ici !". "Vé rossi !" est souvent adressé à un enfant, de la part d'un de ses parents, quand l'enfant a fait une bêtise.
  • R'mets un betch à t'feum ! Traudction de "Remets le bonjour à ta femme !". Celle-ci est plus un mélange entre le wallon-picard et le français. La phrase en wallon-picard aurait donné plutôt ceci : Passes èl bondjoû å 't coumere ! ou Dine ène båjhe å 't coumere !
  • T'es co là t'même ! Cette phrase est aussi une transition entre le wallon-occidental et le français. Elle signifie "T'es encore là !". En wallon-occidental, la phrase serait : Vos estoz co la vs minme ! Pour des raisons de grammaire et de politesse, le tutoiement en wallon est à éviter.[5]
  • Ça n'te rwéte né ! La signification est "Ça ne te regarde pas !". Néanmoins, "ça n'te rwéte né !" peut sembler sémantiquement plus fort. Comme les deux dernières expressions, celle-ci aussi est une expression de "transition". En wallon, cela donnerait : Ça vs rwète nén !
  • Skèter l'baraque. Expression signifiant "Casser la baraque".
  • Une chope. Le mot "chope" signifie "bière", plus précisément une "pils".
  • Crasse Ce mot peut être utilisé en tant qu'adjectif (sale), ainsi qu'en tant que nom (saleté ; malbouffe). Il y a une expression : "Viens, on va manger une crasse." qui veut dire "Viens, on va manger une frite.".
  • Mô t'tiesse Un "mô t'tiesse" est une fièvre, un mal de tête. C'est encore une expression transitoire entre les deux langues, qui s'écrirait en wallon "Må d'tiesse". Parfois, "tiesse" est prononcé "tchiesse". Contrairement au français, il est autorisé de dire en wallon : "J'ai mal à ma tête" au lieu de "J'ai un mal de tête".
  • Biesse Ce mot wallon désigne "bête" et ce, dans tous les sens du terme et dans toutes les classes de mots (Stupide/Stupidité ; animal ; …).
  • Ké bia gamén Expression wallonne utilisée pour dire "Quel beau gamin". Cette expression est souvent utilisée par une mère/grand-mère/marraine/… envers un garçon. Elle est aussi fréquemment utilisée ironiquement.
  • Mandâye ! Expression vulgaire utilisée comme insulte. Mandâye est considéré comme la version carolo de "connard" et de "connasse" (dans la mesure, où ce quelqu'un est considéré comme "débile"). Mandåye désigne aussi, péjorativement, les gens qui vivent dans la misère.
  • Pia d'mes couilles ! Expression aussi vulgaire que la dernière pour désigner une personne qui est considéré plus comme "un moins que rien".
  • Mes couilles, ti ! Une exclamation grossière supplémentaire, qui cette fois, marque l'étonnement comme le fait "oufti !" ("Oufti !" est juste familier). Malgré que "oufti !" soit une expression liégeoise, elle est aussi fréquemment utilisée partout en Wallonie.
  • Maflé. Être maflé veut dire "être essoufflé", surtout après une activité physique (courir ou autre).
  • Stitcheux. Un "stitcheux" est un menteur. Parfois, les gens disent "stitcheux d'couilles", en parlant de quelqu'un qui ment tout le temps et qui ment particulièrement mal.
  • Shitard. Un "shitard" est quelqu'un qui est effrayé par quelque chose. Le mot "shitard" est grossier, il vient du terme anglais (repris en wallon) "shit" qui désigne "diarrhée".
  • Sinsi. Un "sinsi" est un paysan, ce terme peut être utilisé au sens figuré pour décrire quelqu'un de "débraillé" ou pour décrire quelqu'un qui a une allure et un comportement bizarre.
  • Stroner. Verbe désignant le fait que quelqu'un s'étrangle, surtout quand ce quelqu'un est en train de manger ou de boire. "Stroner" a une deuxième acception qui signifie "tout manger", de manière rapide.
  • Tchafiaud/Tchatcheur Ces deux mots désignent quelqu'un de bavard, surtout pour "Tchafiaud". En effet, "Tchatcheur" a la même défintion, mais un "tchatcheur" est aussi quelqu'un qui n'a pas de difficulté à parler avec les gens. Quand "quelqu'un a de la tchatche", cela signifie que ce quelqu'un sait transmettre ses idées aux gens.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Lechanteur, « Les dialectes », dans Le Français en Belgique, Duculot, 1997, p. 84-85.
  2. Jean Lechanteur,op. cit., p. 91.
  3. « 29 expressions que tu connais et utilises seulement si tu es un(e) vrai(e) Carolo », sur newsmonkey, (consulté le 21 juin 2019)
  4. « Parlez-vous carolo ? », sur www.levif.be, (consulté le 21 juin 2019)
  5. « Variation stylistique: la politesse en wallon », sur users.skynet.be (consulté le 21 juin 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Centre d'histoire de l'architecture et du bâtiment (Louvain-la-Neuve, Belgique), Ardenne centrale, Editions Mardaga, , 247 p. (lire en ligne).

Liens internes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]