Walid Phares

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Walid Phares
Naissance (61 ans)
Ghouma (Liban)
Nationalité Libanais et américain
Pays de résidence Etats-Unis
Diplôme
Maitrise en droit international à l’Université de Lyon
Activité principale

Chercheur

Analyste
Formation
Droit, sciences politiques et sociologie

Walid Phares (arabe : وليد فارس API : [waˈliːd ˈfaːres]), né le 24 décembre 1957 à Ghouma au Liban, est un chercheur américain d’origine libanaise maronite[1], et un soutien du Parti républicain. Il a pris position en faveur de l'intervention américaine en Irak sous l'administration de George Bush[2]. C'est un conseiller controversé de Donald Trump, du fait notamment de son appartenance passée à la milice des Forces libanaises pendant la guerre civile du Liban[3],[4]. Il est par ailleurs analyste du Proche-Orient auprès de médias, ou de diverses institutions.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie au Liban (1957-1990)[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Né le 24 décembre 1957 dans une famille chrétienne maronite à Ghouma dans le district de Batroun (Liban), Walid Phares y grandit ainsi qu’à Beyrouth. Il y étudie le droit, la science politique et la sociologie, suivant les cours de l’Université Saint-Joseph et de l’Université Libanaise, et obtient un diplôme de maitrise en droit international à l’Université Jean Moulin Lyon 3[1].

Activités intellectuelles et activisme politique[modifier | modifier le code]

Dès 1979, Phares obtient une certaine notoriété avec la publication d’un premier livre, al Taadudiya fi Lubnan, dans lequel il applique le concept du choc des civilisations[1] de Huntington au Liban, où coexistent culture chrétienne et culture islamique[5]. C’est ainsi qu’à peine devenu avocat, Phares est engagé comme analyste politique pour la revue Mashreq International dans laquelle il écrit en français, en arabe et en anglais de 1982 à 1987[1].

En 1981, peu après la fin de son master, il rejoint le Comité des Chrétiens du Moyen-Orient (MECHRIC)[6]. Trois ans plus tard, il adhère à l’Union Sociale Démocratique Chrétienne (USDC), un parti de centre-gauche[7]. Écrivain prolifique et contributeur habituel de la presse internationale[1], il débat à plusieurs reprises contre des musulmans fondamentalistes ou contre des intellectuels nationalistes arabes dans les années 1980[1] : ses principaux ouvrages sont alors Hiwar Dimucrati (le Dialogue démocratique, 1981) ou al Thawra al Islamiya al Khumaynia (la Révolution de Khomeiny, 1986).

En 1986, il rejoint le bureau politique des Forces libanaises en tant que représentant de l’USDC. En 1988, il est élu secrétaire général de l’UDSC, renommé à cette occasion le parti démocrate social-chrétien (PDSC). C’est à cette époque qu’il plaide[5] en faveur d’une séparation du Liban entre deux parties, l’une musulmane et l’autre chrétienne.

Cependant, il se heurte aux cadres des Forces libanaises en en demandant la démocratisation, ce qui l’amène à quitter le bureau politique en mars 1989[citation nécessaire].

Soutien du général Michel Aoun jusqu’à sa chute le 13 octobre 1990, il est dès lors placé sur une liste des opposants les plus recherchés et contraint de quitter le Liban. En 1990, il s’établit aux États-Unis et obtient la nationalité américaine.

Vie aux États-Unis (1990-)[modifier | modifier le code]

Exilé aux États-Unis, Phares devient maître de conférence (senior lecturer) en sciences politiques à l’Université Atlantique de Floride en 1993 jusqu’en 2004. Il travaille par ailleurs en lien avec le Centre Ariel de recherche politique (Jérusalem).

Il préside par ailleurs un cercle de pensée, le Global Policy Institute (Washington) et intervient à de nombreuses reprises auprès d’instances internationales : il a par exemple été l’un des acteurs de la résolution 1559 du conseil de sécurité des Nations-Unies, en faveur du respect de la souveraineté du Liban contre son occupation par les armées syrienne de Bachar El-Assad et israélienne. Soutien de la révolution du Cèdre et de l’alliance du 14-Mars, il dénonce l’hégémonie du Hezbollah.

En 2016, Donald Trump le choisit pour le conseiller sur les sujets touchant à la politique moyen-orientale et au terrorisme.

Controverses[modifier | modifier le code]

W. Pharès a suscité la controverse en raison de sa participation aux milices armées libanaises dans les années 1980 pendant la guerre civile libanaise[8],[9],[10],[4],[11]. Selon le Washington Post, Phares "était un conseiller politique des miliciens libanais pendant leur guerre contre les factions musulmanes dans les années 1980[12].". Pharès a affirmé qu'il n'avait été impliqué avec les miliciens qu'à titre politique et qu'il n'avait pas été impliqué directement dans des actes de violence[10],[4].

Abed Ayoub, directeur juridique et politique national du Comité américano-arabe contre la discrimination, déclare à ce sujet : "Si vous regardez son histoire, il était un belliciste et il ne devrait pas être admis à la Maison Blanche. Il faisait partie d'une milice qui a commis des crimes de guerre et, si nécessaire, il devrait être jugé pour crimes de guerre[13].".

Bien que Phares soit souvent décrit comme un spécialiste du terrorisme, Martha Crenshaw (en), experte en terrorisme de l'Université de Stanford, a déclaré que Phares n'était "pas un universitaire à part entière[14]"

Il est considéré comme un analyste politique d'extrême-droite[13]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Année Livre Editeur
1979 Pluralism in Lebanon Université saint-Esprit de Kaslik
1980 The Lebanese Thought and the Thesis of Arabization Dar el-Sharq Presse
1981 Democratic Dialogue Manshurat el-Tagammoh
1985 Thirteen Centuries of Struggle Machrek Éditions (Beyrouth)
1986 The Iranian Islamic Revolution Dar el-Sharq Presse
1995 Lebanese Christian Nationalism: The Rise and Fall of an Ethnic Resistance L. Rienner Publishers
1998, 2001 History of the Middle East: Trends and Benchmarks IRP de l'Université de Miami Presse
2005 Future Jihad: Terrorist Strategies Against America Palgrave Macmillan
2007 The War of Ideas: Jihadism against Democracy Palgrave Macmillan
2008 The Confrontation: Winning the War against Future Jihad Palgrave Macmillan
2010 The Coming Revolution: Struggle for Freedom in the Middle East

(édition française : Du printemps arabe à l'automne Islamiste ?, 2013)

Simon & Schuster
2014 The Lost Spring. U.S. Policy in the Middle East and Catastrophes to Avoid Palgrave Macmillan

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Radical Islam: Terror in Its Own Words.

Autres[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f « Biographie de Walid Phares » [PDF], sur United States House of Representatives Document Repository,
  2. https://www.yahoo.com/news/blogs/envoy/mitt-romney-announces-foreign-policy-team-171303969.html?guccounter=1
  3. https://www.yahoo.com/news/blogs/envoy/mitt-romney-announces-foreign-policy-team-171303969.html?guccounter=1
  4. a b et c « The dark, controversial past of Trump’s counterterrorism adviser », sur Washington Post (consulté le 24 mars 2017)
  5. a et b Youssef Mouawad, « Walid Pharès ou la revanche de l’isolationnisme », sur L’Orient Le Jour (consulté le 28 novembre 2016).
  6. Poste de veille (blogue).
  7. Robert Rabil, « Walid Phares Under Attack », sur American Thinker, (consulté le 28 novembre 2016).
  8. « Bashing Both Iran and Obama, Trump Scores Points at AIPAC », sur Foreign Policy (consulté le 24 mars 2017)
  9. « Peter King’s Witch Hunt », sur Foreign Policy (consulté le 24 mars 2017)
  10. a et b « Trump's foreign policy team baffles GOP experts », POLITICO, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  11. « One of Trump’s foreign policy advisers is a 2009 college grad who lists Model UN as a credential », sur Washington Post (consulté le 24 mars 2017)
  12. « GOP foreign policy elites don’t know whether they’ll serve if Trump is president », sur Washington Post (consulté le 24 mars 2017)
  13. a et b Lynfield, « Who is Walid Phares, Trump's Mideast adviser? », Jerusalem Post,‎ (lire en ligne)
  14. Jarad Vary, « Meet Mitt Romney's Radical, Right-wing, Sharia-phobe Foreign Policy Advisor », sur The New Republic, (consulté le 21 octobre 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]