Walfroy le Stylite

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Walfroy le Stylite (né vers 565 - mort vers 600), l'un des Saint-Walfroy, est considéré comme l'apôtre des Ardennes. Le culte, qu'on lui rendait localement, très important au XIXe siècle, était l'occasion d'un grand pèlerinage qui perdure.

Histoire[modifier | modifier le code]

Né vers 565, aux temps troublés des rois mérovingiens, Vulfilaic devient le diacre Walfroy, disciple de Saint Martin. Venu de Lombardie, il s'établit définitivement dans le pays d'Yvois, vers 585, sur une hauteur dédiée au culte de la déesse Arduinna, colline qui domine actuellement les villages environnants de Margut, La Ferté-sur-Chiers, Bièvres et Signy-Montlibert, dans les Ardennes.

Là, raconte Grégoire de Tours, cet ermite dresse une colonne, sur laquelle il s'installe, afin d'y rester jour et nuit pour prier et convertir les païens par ce sacrifice.

Ayant réussi à faire tomber l'immense statue de la déesse chasseresse qu'on y vénérait, Walfroy construit, sur cette hauteur où il a implanté son ermitage, un monastère qui devient un foyer de vie religieuse. Depuis son passage sur cette «colline inspirée» des Ardennes, Walfroy a laissé son nom à ce mont.

Il meurt vers l'an 600, puis est inhumé dans l'église qu'il a construite, où l'emplacement de son tombeau est toujours visible. Par la suite, à l'époque carolingienne, ses reliques sont transportées dans la collégiale d'Yvois, le 7 juillet 979. Il est fêté le 21 octobre[1].

Ermitage Saint-Walfroy, près de Margut

Le témoignage de Grégoire de Tours[modifier | modifier le code]

Au début du Livre huitième, Grégoire de Tours écoute et retranscrit le témoignage de Walfroy, racontant comment il avait évangélisé la région :

" Dans notre route, nous arrivâmes au château d’Ivois. Là, nous trouvâmes le diacre Vulfilaïc qui nous conduisit à son monastère, où nous fûmes reçus avec beaucoup de bienveillance. Ce monastère est à environ huit railles du château de Conflans, et situé sur la cime d’un mont. Vulfilaïc y a bâti une grande basilique qu’il a illustrée par les reliques de saint Martin et de plusieurs autres Saints.

Pendant notre séjour dans ce lieu, nous commençâmes à le prier d’avoir la bonté de nous raconter quelque chose de son entrée en religion, et comment il était arrivé aux fonctions ecclésiastiques, car il était Lombard de naissance ; mais il ne se souciait pas de nous faire connaître ce que nous lui demandions, voulant de tout son cœur éviter la vaine gloire.

Mais moi, l’en conjurant au nom des choses les plus redoutables, et lui promettant de ne rien divulguer de ce qu’il nous raconterait, je le priai de ne me rien cacher des choses sur lesquelles je l’interrogeais. Après s’y être refusé longtemps, vaincu tant par mes prières que par mes adjurations, il me dit :

'... De là, je me rendis dans le territoire de Trèves, et j’y construisis de mes propres mains, sur cette montagne, la petite demeure que vous voyez. J’y trouvai une statue de Diane que les gens du lieu, encore infidèles, adoraient comme une divinité. J’y élevai une colonne, sur laquelle je me tenais avec de grandes souffrances, sans aucune espèce de chaussure ; et lorsque arrivait le temps de l’hiver, j’étais tellement brûlé des rigueurs de la gelée que très souvent elles ont fait tomber les ongles de mes pieds, et l’eau glacée pendait à ma barbe en forme de chandelles ; car cette contrée passe pour avoir souvent des hivers très froids.

Ma nourriture était un peu de pain et d’herbe et une petite quantité d’eau. Mais il commença à accourir vers moi une grande quantité de gens des villages voisins. Je leur prêchais continuellement que Diane n’existait pas, que la statue et les autres objets auxquels ils pensaient devoir adresser un culte, n’étaient absolument rien. Je leur répétais aussi que ces cantiques qu’ils avaient coutume de chanter en buvant, et au milieu de leurs débauches, étaient indignes de la divinité, et qu’il valait bien mieux offrir le sacrifice de leurs louanges au Dieu tout-puissant qui a fait le ciel et la terre.

Je priais aussi bien souvent le Seigneur qu’il daignât renverser la statue, et arracher ces peuples à leurs erreurs. La Miséricorde du Seigneur fléchit ces esprits grossiers, et les disposa, prêtant l’oreille à mes paroles, à quitter leurs idoles, et à suivre le Seigneur. J’assemblai quelques-uns d’entre eux, afin de pouvoir, avec leur secours, renverser cette statue immense que je ne pouvais détruire par ma seule force. J’avais déjà brisé les autres idoles, ce qui était plus facile. Beaucoup se rassemblèrent autour de la statue de Diane ; ils y jetèrent des cordes, et commencèrent à la tirer ; mais tous leurs efforts ne pouvaient parvenir à l’ébranler.

Alors je me rendis à la basilique, me prosternai à terre, et je suppliai avec larmes la Miséricorde divine de détruire, par la Puissance du ciel, ce que l’effort terrestre ne pouvait suffire à renverser. Après mon oraison, je sortis de la basilique, et vins retrouver les ouvriers ; je pris la corde, et aussitôt que nous recommençâmes à tirer, dès le premier coup, l’idole tomba à terre ; on la brisa ensuite, et avec des maillets de fer, on la réduisit en poudre.

À cette heure même, comme j’allais prendre mon repas, tout mon corps, depuis le sommet de la tête jusqu’à la plante des pieds, fût couvert de pustules malignes, en telle sorte que je n’y pouvais trouver un espace vide de la largeur de mon doigt. Alors j’entrai seul dans la basilique, et me dépouillai devant le saint autel. J’avais une bouteille pleine d’huile que j’avais apportée de la basilique Saint-Martin ; j’en oignis moi-même tous mes membres, puis je me livrai incontinent au sommeil. En me réveillant vers le milieu de la nuit, comme je me levais pour réciter les offices ordinaires, je trouvai tout mon corps parfaitement sain, et comme si je n’avais jamais eu sur moi le moindre ulcère, et je reconnus que cette plaie n’avait pu m’être envoyée que par la haine de l’Ennemi des hommes et, comment, rempli d’envie, il s’efforce toujours de nuire à ceux qui cherchent Dieu !'

[Les évêques de la région lui demandent alors de descendre de sa colonne et de mener une vie plus normale en ayant une piété moins farouche. Walfroy leur obéit]

' Un jour l’évêque, m’ayant fait venir loin du village, y envoya des ouvriers avec des haches, des ciseaux et des marteaux, et fit renverser la colonne sur laquelle j’avais coutume de me tenir. Quand je revins le lendemain, je trouvai tout détruit ; je pleurai amèrement ; mais je ne voulus pas rétablir ce qu’on avait détruit, de peur qu’on ne m’accusât d’aller contre les ordres des évêques ; et, depuis ce temps, je demeure ici, et me contente d’habiter avec mes frères.'

Cultes et Croyances[modifier | modifier le code]

À l'époque de Walfroy, coexistaient donc encore sur la colline, 2 sanctuaires : l'église de l'ascète dédiée à Saint Martin, et le lieu de culte païen, avec l'immense Diane-Arduinna, où venait prier et chanter la population des campagnes, encore fidèle aux coutumes et croyances gauloises. Malheureusement, le texte de Grégoire de Tours ne renseigne ni sur les « autres idoles », ni sur les « autres Saints ».

  • Saint Martin
    En missionnaire intelligent et instruit, Walfroy propose à ceux qu'il veut convertir l'image d'un saint (souvent représenté en soldat à cheval, flanqué d'un mendiant infirme et béquillard) qui ressemble fort au cavalier à l'anguipède, du familier panthéon gallo-romain gaulois... quitte à y ajouter un message de partage et de charité chrétienne ! De plus, la fête de la Saint-Martin, le 11 novembre, tombait juste au moment des célébrations et des banquets qui marquaient l'année nouvelle celte. De plus le prénom Martin est associé à l'ours. Il est donc proche d'Arduina, déesse souvent représentée chevauchant un ours.
  • Diane-Arduinna
    La vierge noire de la Forêt d'Ardenne, chevauchant son sanglier sauvage, a disparu, victime du vandalisme chrétien.
    Seule subsiste une grande statue de la Vierge, installée en 1880 au sommet d'une chapelle, veillant toujours sur la vallée.
  • La fontaine Saint-Walfroy
    Walfroy s'était retrouvé soudain couvert de pustules mais l'intervention divine l'en avait aussitôt débarrassé. Aussi n'est-il pas étonnant qu'au flanc de la colline, la source ait été considérée comme une « fontaine miraculeuse », ses eaux ayant la vertu -croyait-on- de guérir verrues, ulcères et autres maladies de la peau.

La colonne du stylite[modifier | modifier le code]

Le dernier ermite[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rédaction L’Union, « Des centaines de fidèles à Saint-Walfroy », L’Union,‎ (lire en ligne).
  • Jacques Théret, Les Hauts-Buttés, Neuvizy, Saint-Walfroy. Trois Hauts-Lieux des Ardennes. Chemins de mémoire, page d'histoire religieuse, Éditions Terres Ardennaises, , 240 p. (ISBN 2-905339-74-8).
  • Hubert Collin, Grégoire de Tours, Saint Walfroy le Stylite et la "Dea arduinna": un épisode de la christianisation des confins des diocèses de Reims et de Trêves au VIe siècle, Bibliothèque nationale, 1977, 14 p.
  • Stéphane Gaber, « A l'occasion du 14e centenaire de sa mort, saint Walfroy en son temps », Terres Ardennaises, no 51,‎ .
  • Grégoire de Tours, Histoire des Francs, t. 2, Paris, édition et traduction de R. Latouche, Les Belles Lettres, coll. « Classiques de l'Histoire de France au Moyen Âge », [détail des éditions], p. Livre VIII notes 17-20.
  • Jean Leflon, Un haut-lieu d'Ardenne, le Mont Saint-Walfroy, Nouvelles Éditions latines, , 96 p..
  • Abbé Lucien Paulot, Vie de Saint Walfroy : Notice historique sur la montagne et le pèlerinage de saint Walfroy, Balan-Sedan : Imprimerie des jeunes apprentis, 1893, 81 p. (2e éd. 1924)
  • Jean-François-Louis Jeantin, Saint Walfroy, apôtre des Wäels Ardennais : Précis historique sur son monastère, son pèlerinage, et sur les événements accomplis sur la montagne qui conserve sa tombe, sa mémoire, et son nom , Nancy : Grimblot, veuve Raybois & Cie, 1858 [1]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]