Wadia Sabra

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Wadia Sabra
Wadia Sabra Penseur.jpg
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata
Aïn al Jadidé
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
Beyrouth
Sépulture
Cimetière des Évangéliques de Sodeco Beyrouth
Nationalité
Formation
1er Libanais à étudier au Conservatoire de Paris
Activité
Fratrie
Edma (5/3/1898-6/7/1977)
Emilie
Louise
Nassib
Conjoint
Adèle Misk née le 4 novembre 1886, épousée le 22 Avril 1921
Enfant
Aucun
Autres informations
Instrument
piano / orgue
Maître
Albert Lavignac (1846-1916)
Genre artistique
Œuvres principales
Epitaphe sur la tombe de Wadia Sabra: "Ici repose dans la paix du Seigneur, Wadia Sabra, né le 23 février 1876, décédé le 11 avril 1952. Il fut sa vie durant, un exemple de modestie dans la grandeur et de droiture intransigeante dans sa foi en Dieu" photo Coll, Fady Jeanbart
Wadia Sabra + Badiha Achkar + Adèle Misk , Coll CPML
Couverture de la biographie de Wadia Sabra par Zeina Saleh Kayali parue chez Geuthner en 2018[1]

Wadia Sabra (en arabe : وديع صبرا Wadī' Ṣabrā), né le à Beyrouth et mort le à Beyrouth, était un compositeur libanais et fondateur du Conservatoire libanais national supérieur de musique en 1925[2].

Il est considéré comme étant le « père fondateur » de la musique savante libanaise. En tant que compositeur, sa musique se caractérise par un mélange de langage musical d'Ouest et d'Est, intégrant les forces et les charmes de ces deux traditions. Il est surtout connu aujourd'hui comme compositeur de l'hymne national libanais, populairement connu comme Kulluna lil Watan (paroles de Rachid Nakhlé), qui a été officiellement adopté par le Gouvernement libanais à travers un décret présidentiel le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir d'abord étudié à l'Université américaine de Beyrouth, part pour Paris en 1892, il y sera, pendant sept ans, sous l'égide du musicologue Albert Lavignac, un brillant élève du Conservatoire de Paris, avant de s'installer, comme titulaire, au banc d'orgue de l'église évangélique du Saint-Esprit. Puis c'est le retour momentané à Beyrouth, où il fonde, en 1910, la première École de Musique ( Dar ul Musical). Bien qu'attaché à l'étude des disciplines occidentales, Wadia Sabra s'était fait, lors de son premier séjour parisien, le précurseur d'un nouveau style en matière de musique orientale, et très particulièrement libanaise. Son goût prononcé pour les recherches le fait d'ailleurs retourner à Paris où il travaille, dans les studios Pleyel, à la mise au point d'une « nouvelle unité de mesure », dite la « gamme universelle », et qu'il allait tenter de faire connaître aux spécialiste ès musique, lors d'un Congrès prévu à Beyrouth, lorsque la mort vint le surprendre le .

Dans l'intervalle, le fondateur-administrateur de Dar ul Musica avait eu la satisfaction de voir cette école devenir « nationale » () ; puis en 1929, « Conservatoire national », qu'il était appelé à diriger jusqu'à sa mort. il laissait en héritage, non seulement un clavier aux intervalles en quarts de ton, mais encore un ouvrage apprécié - et discuté - sur La Musique arabe, base de l'art occidental, ainsi qu'un certain nombre d'œuvres diverses, dont l'hymne national libanais. L'École nationale de musique avait été dotée, d'une revue mensuelle, sorte de lien permanent entre cette institution, ses élèves, et les premiers mélomanes du Liban.

Malgré de nombreuses demandes de subvention restées sans suite auprès du gouvernement libanais, Sabra meurt ruiné et son épouse, Adèle Misk, se retrouve sans pension de retraite. Elle se réfugie alors chez son neveu, le Dr Robert Misk. Par ailleurs, le courant ne passant plus entre elle et leur fille adoptive, Mlle Badiha Ashkar, qui leur en avait fait voir de toutes les couleurs, Adèle décide et cache l'ensemble de son œuvre dans une grande malle bleue en fer qui ne refera surface qu'en 2016.

Aujourd'hui, l'ensemble du fonds Sabra est mise en dépôt par la famille Misk au Centre du patrimoine musical libanais (CPML)[3].

Ce qui permit à Zeina Saleh Kayali[4] d'écrire sa biographie complète en 2018 dans la collection "Figures musicales du Liban"[5] aux éditions Geuthner (ISBN 978-2-7053-4002-5)

Certaines partitions se trouvent également à la BNF (Bibliothèque nationale de France)[6].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Opéras[modifier | modifier le code]

  • Les Bergers de Canaan , opéra biblique en langue turque, livret de Halide Edib Hanoum, 1917, version française de Mme J.Ph de Barjeau
  • Les Deux Rois, 1er opéra en langue arabe sur un livret de père Maroun Ghosn, 1928
  • L'Émigré, opérette en langue française sur un livret de Robert Chamboulan, 1931

Oratorio[modifier | modifier le code]

  • Les Voix de Noël, Oratorio pour solistes (Baryton, Mezzo, ténor et chœur), paroles d'Auguste Fisch 1896
  • Nous prêchons ton amour, cantique pour l'Assemblée Annuelle de la Mission Populaire Evangélique pour solo et chœur, paroles d'Edward Monod 1896
  • Venez à moi, cantique pour solo (Mezzo ou Baryton)et chœur, paroles d'Auguste Fisch 1896
  • La gloire du Liban, cantique pour solo et chœur, paroles du père Maroun Ghosn (1880-1940)

Mélodies[modifier | modifier le code]

  • Quoi? tout est fini?, paroles de Saïd Akl
  • Souvenir d'une mère, paroles de Shibli Mallat (1876-1961)
  • Notre mère la Terre, paroles de Rushdi Ma'louf (1915-1980)
  • Moi, c'est le Liban, pour soliste et chœur
  • Le desert, pour soliste et chœur
  • Ya Misrou, Chant Patriotique en l'honneur du héros national Saad Zaghloul Pacha, paroles d'Alexandra d'Avierino
  • L'Hymne de la Gaule, paroles de E.Creissel

Piano[modifier | modifier le code]

  • Valse de Concert
  • Valse Caprice
  • Valse Orientale
  • La Rozana, 12 variations sur l'air populaire
  • El Dabké, le véritable quadrille orientale
  • Gavotte en ré mineur
  • Hawed min hona, 12 variations
  • Plusieurs pièces sans titre, essentiellement des danses et des marches
  • Recueil d'airs Orientaux :
    1. Ahwal-Ghazal
    2. Ouaskinir-Rah
    3. Kaddoukal Mayyass
    4. Raieh feine
    5. Antal Moumannah
    6. Marche Orientale
    7. Kom Ouastameh
    8. Ya Gazâli
    9. Padishahem
    10. Al Djazayer
    11. Polka Orientale
    12. Ya Safal Azman
    13. Binteche Chalabyya
    14. Owmi Tkhaddari
    15. Tafta Hindi
    16. Madad-Madad
    17. La Constitutionnelle
    18. Hymne Constitutionnel
    19. 2e Marche Orientale
    20. 3e Marche Orientale

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « CPML - Centre du Patrimoine Musical Libanais », sur www.patrimoinemusicallibanais.com (consulté le 18 août 2020)
  2. « Wadih Sabra : biographie », sur www.symphozik.info (consulté le 27 mars 2020)
  3. « CPML - Centre du Patrimoine Musical Libanais », sur www.patrimoinemusicallibanais.com (consulté le 8 août 2020)
  4. « La passion de Zeina Saleh Kayali », sur AgendaCulturel, (consulté le 8 août 2020)
  5. « Éditions Geuthner », sur geuthner.com (consulté le 8 août 2020)
  6. « Wadia Sabra (1876-1952) », sur data.bnf.fr (consulté le 8 août 2020)

« Figures Musicales du Liban » Wadia Sabra par Zeina Saleh Kayali, ed Geuthner. 2018 Éditions Geuthner (ISBN 978-2-7053-4002-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]