WASP-17 b

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WASP-17b
Tailles comparées de Jupiter et de WASP-17b.
Tailles comparées de Jupiter et de WASP-17b.
Étoile
Nom WASP-17
Constellation Scorpion
Ascension droite 15h 59m 51s
Déclinaison −28° 03′ 42″
Type spectral F6V

Localisation dans la constellation : Scorpion

(Voir situation dans la constellation : Scorpion)
Scorpius IAU.svg
Caractéristiques orbitales
Demi-grand axe (a) 0,0515 ± 0,00034  UA  [1]
Excentricité (e) 0,028+0,015
−0,018
 [1]
Période (P) 3,735438  d  [1]
Inclinaison (i) 86,83+0,68
−0,56
°  [1]
Argument du périastre (ω) -82,6+14,6
−2,6
°  [1]
Caractéristiques physiques
Masse (m) 0,486 ± 0,032 MJ [1] ?
Rayon (R) 1,991 ± 0,081  RJ  [1]
Masse volumique (ρ) ~ 0,082  g/cm3  [2]
Découverte
Découvreurs David Anderson et al.
Méthode Transit
Date 11 août 2009[3]
Statut Confirmée[4]

WASP-17b est une exoplanète de type Jupiter chaud en orbite autour de l'étoile WASP-17, située à environ 1 300 années-lumière[5] (400 pc) du Soleil dans la constellation du Scorpion, dont la découverte a été annoncée le [3]. Il s'agit de la première planète découverte dans l'Univers ayant peut-être une orbite rétrograde. Elle possède une masse inférieure à la moitié de celle de Jupiter, pour un rayon une fois et demie à deux fois plus élevé, ce qui en ferait la planète à la plus faible masse volumique connue à ce jour.

Découverte[modifier | modifier le code]

L'exoplanète WASP-17b est située à environ mille années lumière de la Terre. Elle a été découverte par une équipe dirigée par David Anderson de l'Université de Keele en Angleterre, qui a observé son transit devant l'étoile-hôte WASP-17. Ces observations photométriques ont également permis d'estimer la taille de la planète. Elles ont été réalisées avec un réseau de télescopes du South African Astronomical Observatory. La planète a été nommée d'après le projet SuperWASP (Wide Angle Search for Planets), dans le cadre duquel elle a été la 17e exoplanète découverte.

Les astronomes de l'Observatoire de Genève ont pu utiliser les caractéristiques du décalage spectrale de la lumière émise par l'étoile-hôte (spectroscopie Doppler) pour déterminer la masse de la planète et obtenir des indications sur son excentricité orbitale. Une étude attentive des variations du décalage spectrale durant la période de transit leur a également permis de déterminer la direction de rotation de la planète.

Propriétés particulières[modifier | modifier le code]

WASP-17b possède un rayon de 1.5 à 2 fois égal à celui de Jupiter, et environ la moitié de sa masse. Ainsi, sa densité moyenne est comprise entre 0,08 et 0,19 g/cm3 (à comparer avec Jupiter, 1,326 g/cm3; et avec la Terre, 5,515 g/cm3). Cette densité inhabituellement basse pourrait être la conséquence d'une orbite excentrique et très proche de l'étoile (moins d'un septième de la distance entre Mercure et le Soleil), provoquant d'importants effets de marée. Un mécanisme similaire est à l'origine de l'intense volcanisme d'Io, satellite galiléen de Jupiter.

Il est probable que WASP-17b suive une orbite rétrograde, bien que cette conclusion ne soit pas encore certaine. L'inclinaison du plan orbital de WASP-17b par rapport au plan équatorial de WASP-17 serait de l'ordre de 149°[6] — à ne pas confondre avec l'inclinaison sur la ligne de visée qui est, elle, de l'ordre de 87°. Ce serait alors la première planète observée à posséder cette caractéristique. Ceci a été estimé à partir de l'analyse de l'effet Rossiter-McLaughlin, qui rend compte des variations du décalage vers le rouge de la lumière émise par l'étoile-hôte dues au passage de la planète entre cette étoile et l'observateur[7]. Une orbite opposée à la direction de rotation de l'étoile-hôte pourrait être le signe d'une interaction gravitationnelle passée ou la conséquence d'un mécanisme de Kozai en cours avec un autre corps au voisinage de l'étoile[8].

Atmosphère[modifier | modifier le code]

Du sodium[9],[10], du carbone et de l'oxygène atomiques[11] ainsi que du potassium[12] ont été détectés dans l'atmosphère de cette planète.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g (en) Exoplanet.eu – 31 janvier 2011 « Planet: WASP-17 b ».
  2. Valeur calculée à partir des données retenues ici, qui sont assez variables selon les sources.
  3. a et b (en) D. R. Anderson, C. Hellier, M. Gillon, A. H. M. J. Triaud, B. Smalley, L. Hebb, A. Collier Cameron, P. F. L. Maxted, D. Queloz, R. G. West, S. J. Bentley, B. Enoch, K. Horne, T. A. Lister, M. Mayor, N. R. Parley, F. Pepe, D. Pollacco, D. Ségransan, S. Udry et D. M. Wilson, « WASP-17b: an ultra-low density planet in a probable retrograde orbit », The Astrophysical Journal, vol. 709, no 1,‎ , p. 159-167 (lire en ligne) DOI:10.1088/0004-637X/709/1/159
  4. WASP-17 b sur la base de données SIMBAD.
  5. (en) SuperWASP – Wide Angle Search for Planets « The Planets ».
  6. (en) Amaury H.M.J. Triaud, Andrew Collier Cameron, Didier Queloz, David R. Anderson, Michaël Gillon, Leslie Hebb, Coel Hellier, Benoît Loeillet, Pierre F. Maxted, Michel Mayor, Francesco Pepe, Don Pollacco, Damien Ségransan, Barry Smalley, Stéphane Udry, Richard G. West, Peter J. Wheatley, « Spin-orbit angle measurements for six southern transiting planets; New insights into the dynamical origins of hot Jupiters » accepté pour publication par Astronomy & Astrophysics le 11 août 2010.
  7. (en) Yasuhiro Ohta, Atsushi Taruya et Yasushi Suto, « The Rossiter-McLaughlin Effect and Analytic Radial Velocity Curves for Transiting Extrasolar Planetary Systems », The Astrophysical Journal, vol. 622, no 2,‎ , p. 1118–1135 (lire en ligne) DOI:10.1086/428344
  8. (en) New Scientist – 13 août 2009 « Planet found orbiting its star backwards for first time ».
  9. https://arxiv.org/abs/1011.4385
  10. https://arxiv.org/abs/1207.6895
  11. https://arxiv.org/abs/1504.07655
  12. http://adsabs.harvard.edu/abs/2016arXiv160903906S

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]