Vol 5390 British Airways

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Vol 5390 British Airways
Un BAC 1-11 semblable à celui de l'incident
Un BAC 1-11 semblable à celui de l'incident
Caractéristiques de l'accident
Date
Type décompression explosive à la suite de l'arrachage du pare-brise
Site Près de Didcot, Angleterre
Coordonnées 51° 36′ 21″ nord, 1° 14′ 27″ ouest
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareil BAC 1-11
Compagnie British Airways
No  d'identification G-BJRT
Phase Montée en croisière
Passagers 81
Équipage 6
Morts Aucun
Blessés 2 (blessures mineures)
Survivants 87

Géolocalisation sur la carte : Angleterre

(Voir situation sur carte : Angleterre)
Vol 5390 British Airways

Géolocalisation sur la carte : Royaume-Uni

(Voir situation sur carte : Royaume-Uni)
Vol 5390 British Airways

Le , le BAC 1-11 assurant le vol 5390 de British Airways, entre Birmingham et Malaga, a subi une décompression explosive à la suite de la perte du pare-brise du cockpit en plein vol, qui était due à une fixation défectueuse du pare-brise par des boulons de taille inadaptée. Le commandant de bord, dont le harnais était détaché, fut en partie éjecté hors du cockpit de l'avion, ses pieds s'étant coincés dans le manche ses jambes restant ainsi dans le cockpit, il ne put être ramené à bord malgré les efforts répétés des deux stewards, dont l'un fut sévèrement blessé. Le copilote put effectuer un atterrissage d'urgence à Southampton.

Aucune victime ne fut à déplorer parmi les passagers, tandis que le commandant de bord et un steward furent légerement blessés, sur les six membres de l'équipage.

Malgré le fait que le commandant de bord ait été partiellement éjecté du BAC 1-11, il ne fut que légèrement blessé avec quelques fractures au bras droit et des engelures.

Avion[modifier | modifier le code]

L'avion, un BAC 1-11-528FL construit en 1977 (numéro de série BAC 234) et immatriculé G-BJRT, totalisait 37 724 heures de vol au moment de l'accident.

Équipage[modifier | modifier le code]

  • Le commandant : Tim Lancaster, 42 ans, 11 050 heures de vol dont 1 075 sur BAC 1-11.
  • Le copilote : Alastair Atchison, 39 ans, 7 500 heures de vol dont 1 100 sur BAC 1-11.
  • Personnel de cabine : 4 personnes.

Circonstances de l'accident[modifier | modifier le code]

L'appareil décolle normalement à h 20, heure locale, avec le copilote aux commandes. À h 33, alors que l'avion se trouve à 17 300 pieds, une soudaine détonation se produit suivi de la formation d'un nuage de condensation dans toute la cabine.

Le pare-brise gauche situé en face du pilote vient d'être arraché du cockpit, (le copilote étant assis du côté droit). La perte du pare-brise ayant provoqué une décompression explosive, la violence du courant d'air arracha la porte de séparation entre le cockpit et le reste de l'appareil.

Le commandant de bord, qui avait détaché la ceinture de son siège juste quelques instants auparavant, n'avait plus aucune protection contre l'intensité de l'implosion. Il fut aspiré à l'extérieur à travers le trou béant devant lui, par chance, il ne fut pas complètement éjecté.

Ses pieds se sont pris dans les commandes de vol. La partie haute de son corps se retrouva néanmoins sur le fuselage du cockpit, à l'extérieur de l'appareil, à plus de 700 km/h et avec un air raréfié à −17 °C.

Ses jambes bloquèrent le manche de commande en position de piqué pendant de longues minutes. Le copilote fut choqué, assourdi par le bruit intense et rendu muet pour la même raison, aveuglé par le brouillard de condensation et l'air glacé rentrant à plus de 700 km/h dans le poste de pilotage, il tenta de reprendre seul le contrôle de l'avion en piqué.

L'un des stewards, Nigel Ogden, découvrit la scène et se précipita sur le commandant pour le retenir et tenter de le ramener à l'intérieur. La force du vent était telle que, même à deux, les stewards ne purent ramener le corps du commandant dans le cockpit.

Ils se relaieront jusqu'à la fin pour l'empêcher d'être aspiré. Le premier steward dégagea le manche tandis que l'autre steward entré dans la cabine eut le réflexe de dégager la porte brisée qui se trouvait sur une partie du tableau de bord.

Lorsque le copilote parvient à reprendre le contrôle de l'avion, il continua à descendre d'urgence vers le niveau de vol 110 (11 000 pieds, 3 350 m) pour éviter la circulation aérienne très dense au-dessus de ce niveau et retrouver un niveau d'oxygène acceptable puis il réenclencha le pilote automatique.

En raison du bruit occasionné par l'air s'engouffrant dans le cockpit depuis le début, le copilote ne pouvait rien entendre des réponses des contrôleurs. C'est seulement qu'après avoir réduit la vitesse de l'avion qui n'était plus en piqué et avait repris une assiette de vol normale qu'Alistair Atchison peut enfin dialoguer avec les aiguilleurs aériens et demander un atterrissage d'urgence.

Bien que tous pensaient que le pilote était déjà mort, les stewards, sur ordre du copilote[1], continuaient à le maintenir par les jambes, ce qui a d'ailleurs a vraisemblablement évité des problèmes encore plus graves, puisque l'éjection de son corps aurait pu endommager les réacteurs de queue ou la dérive.

Les contrôleurs aiguillèrent le copilote vers Southampton, l'aéroport le plus proche, que le copilote ne connaissait pas et sur lequel il ne s'était encore jamais posé. Ce qui ne l'empêcha pas de réaliser un superbe atterrissage à vue sur la piste 02 à h 55, malgré une piste courte de 1 800 m (au lieu des 2 500 m requis normalement, étant donné le surpoids en kérozène très important, l'avion venait à peine de décoller.

Les services d'urgence firent débarquer les passagers et récupèrent le corps du commandant, qui, à la surprise générale, était toujours en vie, mais inconscient, il reprit conscience à l'hôpital.

Il souffrait d'une importante hypothermie, de gelures, de contusions, de fractures au bras droit, au pouce gauche et au poignet droit. L'un des stewards, Nigel Ogden, fut blessé au bras gauche. Aucun autre passager ou membre d'équipage n'est blessé dans l'avion. Le commandant de bord recommencera à piloter cinq mois après cet incident.

Enquête[modifier | modifier le code]

L'enquête est menée par l'Air Accidents Investigation Branch (AAIB). Elle constate que le pare-brise a bien été arraché de son support. Visiblement, la différence de pression entre l'extérieur et l'intérieur de l'avion a été suffisante à 17 300 pieds pour le faire sauter « comme un bouchon de champagne », le BAC 1-11, comme certains avions d'anciennes générations, ayant un pare-brise posé et vissé de l'extérieur.

En consultant le registre de maintenance de l'appareil, les enquêteurs s'aperçoivent que ce pare-brise avait été remplacé 27 heures auparavant et que la procédure avait été approuvée par le responsable de l'atelier de British Airways à Birmingham. Pourtant, il apparait que le diamètre de 84 des 90 boulons de fixation du pare-brise fait 0,7 mm de moins que la normale et que les 6 autres sont moins grands de 2,5 mm.

En récupérant les anciens boulons dans une poubelle de l'atelier de maintenance, les enquêteurs ont la surprise de constater que 78 des 90 boulons, bien que du bon diamètre, ne sont pas ceux recommandés par le constructeur et sont plus courts de 2,5 mm. Ils avaient été fixés quatre ans plus tôt alors que l'avion n'appartenait pas encore à British Airways.

L'enquête blâme le responsable de la maintenance pour ne pas s'être assuré que les boulons qu'il était allé chercher au magasin de l'atelier étaient bien ceux spécifiés par le constructeur (et ce, malgré la mise en garde du magasinier qui lui avait donné la référence exacte des boulons à employer). Il avait simplement fait une comparaison visuelle entre les boulons qu'il avait enlevés (bon diamètre, mais trop courts) et les boulons disponibles au magasin. Non seulement il n'avait pas un bon élément de comparaison, mais il se trompa et prit une majorité de boulons d'un diamètre inférieur. British Airways est également blâmée pour ne pas avoir inclus une procédure de vérification par une deuxième personne.

Enfin, la direction locale de l'aéroport de Birmingham est également blâmée pour ne pas avoir directement contrôlé les pratiques de travail du chef de la maintenance. Les enquêteurs établissent une liste de 13 anomalies qui expliquent la non-conformité constatée, dont la conjonction a permis l'incident : il aurait suffi d'une seule anomalie de moins pour que cet incident ne soit pas possible.

L'enquête a été réalisée d'une manière non standard, l'enquêteur faisant appel à un psychologue comportemental, ce qui a permis d'éclairer d'un jour complémentaire ce qui s'était passé et l'écart aux procédures : le personnel de maintenance était soumis à une forte pression (peu de temps pour effectuer ses tâches), et il est hautement probable que sans cette pression l'ingénieur chargé du remplacement des boulons n'aurait pas autant cherché à gagner du temps. Mais à cette époque ce recours à un psychologue n'était pas prévu dans les procédures légales d'enquête, et les éléments correspondants durent être retirés du rapport d'investigation.

Divers[modifier | modifier le code]

Le copilote Alastair Stuart Atchison et l'hôtesse de l'air Susan Gibbins ont reçu la Queen's Commendation for Valuable Service (en) en 1991[2]. Alastair Atchinson a aussi reçu le Polaris Award (en) en 1992.

L'incident du vol 5390 a fait l'objet d'un épisode de la série télévisée documentaire sur les accidents d'avions Dangers dans le Ciel (Air Crash Investigation), Une erreur de taille (Blow Out) en 2004.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mayday : Alerte maximum, Une Erreur de taille.
  2. (en) London Gazette: (Supplement) no. 52767. p. 27. 30 December 1991. Retrieved 25 mars 2015.

Liens externes[modifier | modifier le code]