Vol 268 Pakistan International Airlines

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Vol 268 Pakistan International Airlines
L'avion impliqué dans l'accident observé à l'aéroport de Francfort en juillet 1986, alors qu'il opérait toujours pour Condor
L'avion impliqué dans l'accident observé à l'aéroport de Francfort en juillet 1986, alors qu'il opérait toujours pour Condor
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeControlled flight into terrain
CausesErreurs de pilotage, descente en dessous de l'altitude minimale de sécurité, cartes de navigation inadaptées
SiteKatmandou, Nepal
Coordonnées 27° 31′ 58″ nord, 85° 17′ 05″ est
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilAirbus A300
CompagniePakistan International Airlines
No  d'identificationAP-BCP
Lieu d'origineAéroport international Jinnah, Karachi, Pakistan
Lieu de destinationAéroport international Tribhuvan, Katmandou, Népal
PhaseApproche
Passagers155
Équipage12
Morts167
Survivants0

Géolocalisation sur la carte : Népal
(Voir situation sur carte : Népal)
localisation
Géolocalisation sur la carte : Asie
(Voir situation sur carte : Asie)
localisation

Le vol Pakistan International Airlines 268 était un vol reliant l'aéroport international Jinnah au Pakistan à l'aéroport international Tribhuvan à Katmandou, la capitale du Népal. Le 28 septembre 1992, l'Airbus A300, immatriculé AP-BCP, s'écrase lors de son approche sur l'aéroport de Katmandou, tuant les 167 personnes à bord [1],[2]. Il s’agit de l'accident aérien le plus meurtrier sur le sol népalais.

Avion et équipage[modifier | modifier le code]

L’appareil impliqué dans l'accident était un Airbus A300B4-203 âgé de 16 ans, enregistré sous le numéro AP-BCP (numéro de série 025). L’appareil a été construit en 1976 et a effectué son vol inaugural le 23 mars de la même année. Le 2 mai 1977, l'avion a été livré à la compagnie allemande Bavaria Germanair et a été enregistré sous le numéro D-AMAZ. Le 10 mai de la même année, l'avion a été loué à EgyptAir. En 1978, l'aéronef a été réenregistré sous le nom de SU-AZY. L'avion a ensuite été vendu à Hapag-Lloyd Flug (Hapagfly) après sa fusion avec Bavaria Germanair. L’avion a été ré-immatriculé sous le numéro D-AHLZ. L'avion a ensuite été loué aux compagnies aériennes suivantes (restant enregistré sous le nom D-AHLZ) :

Le 21 avril 1986, l'avion a été livré à Pakistan International Airlines et a été réenregistré sous le numéro AP-BCP. L’avion totalisait 39 045 heures de vol et 19 172 atterrissages au moment de l’accident [3].

Le commandant de bord était Iftikhar Janjua, 49 ans, qui avait comptabilisé 13 192 heures de vol, dont 6 260 heures sur Airbus A300. L'officier pilote de ligne était Hassan Akhtar, 38 ans, qui comptait 5 849 heures de vol, dont 1 469 sur Airbus A300. Il y avait deux officiers mécaniciens navigants à bord (au lieu d'un), l'un d'eux en fonctionnement et l'autre en observation. Le mécanicien navigant en fonction était un homme de 40 ans qui comptait 5 289 heures de vol, dont 2 516 sur Airbus A300. Le mécanicien navigant observateur, Muhammad Ashraf, 42 ans, avait effectué 8 220 heures de vol, dont 4 503 heures sur Airbus A300 [4].

Accident[modifier | modifier le code]

La queue de l'Airbus A300 au milieu des débris éparpillés sur le flanc de la montagne

Le vol 268 a décollé de Karachi à 11 h 13, heure locale du Pakistan. Après être entré en contact avec le contrôle de la circulation aérienne népalais, l'avion a été autorisé à effectuer une approche en provenance du sud appelé " approche Sierra ". En temps normal, un avion autorisé à utiliser cette approche devait à l'époque passer au-dessus d'un point de report appelé " Romeo " situé à 41 milles nautiques (NM) (76 kilomètres) au sud du VOR de Katmandou à une altitude de 15 000 pieds (4 572 mètres). L’appareil devait ensuite descendre en cinq étapes jusqu’à 5 800 pieds (1 768 mètres), en passant par un point de report appelé " Sierra " situé à 10 NM (18,5 kilomètres) à une altitude de 9 500 pieds (2 896 mètres), avant d’atterrir à Katmandou. Cette approche permettait aux aéronefs de survoler la chaîne du Mahabharat, située directement au sud de la capitale (dont la crête est située juste au nord du point Sierra) à une altitude sécuritaire [5].

Peu de temps après s'être signalé au point " Sierra " (à 10 NM du VOR de Katmandou), à 14 h 30, l’appareil s'écrase à environ 7 300 pieds (2 200 mètres) d'altitude sur le flanc de la montagne, qui s'élève à 2 524 mètres, à Bhattedanda, se désintégrant sous l’impact, tuant instantanément tout le monde à bord et séparant la queue de l'appareil, qui tombe dans une forêt au pied de la montagne.

Cet accident est survenu 59 jours seulement après le crash du vol 311 de Thai Airways International au nord de Katmandou.

Causes de l'accident[modifier | modifier le code]

Les enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), qui ont participé à l'enquête, n'ont pas retrouvé de conversations pertinentes pour l'avancée des recherches dans l'enregistreur de conversations du poste de pilotage (CVR) du vol 268, mais les données récupérées dans l'enregistreur de données de vol (FDR) ont montré que l'avion avait amorcé toutes les étapes de sa descente chaque fois trop tôt.

À 16 NM (30 kilomètres), l'avion se trouvait 1 000 pieds (300 mètres) en dessous de son altitude autorisée et à 10 NM (point de report Sierra), il se trouvait 1 300 pieds (396 mètres) en dessous de l'altitude minimale de descente. L'avion s'est approché de la chaîne du Mahabharat à une altitude insuffisante et s'est écrasé sur la pente sud de la montagne. Bien que les pilotes du vol 268 aient signalé l'altitude de leur aéronef au contrôle aérien, ces derniers n'ont rien fait pour les alerter de l'altitude inappropriée jusqu'à seulement quelques secondes avant l'accident. Du fait d'un plafond nuageux fréquemment élevé dans la région, les pilotes n'ont probablement vu la montagne qu'aux derniers instants, bien trop tard pour éviter l'impact.

Les enquêteurs ont déterminé que l'accident avait été causé principalement par des erreurs de la part des pilotes. La visibilité était mauvaise à cause du ciel couvert et l'avertissement de proximité avec le sol (GPWS) n'aurait pas été déclenché à temps en raison du terrain escarpé et pentu. Les cartes d’approche délivrées aux pilotes pour l'arrivée sur Katmandou ont également été jugées peu claires, et les contrôleurs aériens népalais ont été jugés timides et peu disposés à intervenir dans des domaines qu’ils considéraient comme du pilotage, tels que la séparation avec le relief. Le rapport final recommandait que l'OACI examine les cartes de navigation, encourage leur normalisation, et que l'approche de l'aéroport de Katmandou soit modifiée pour être moins complexe [6].

Mémorial[modifier | modifier le code]

Pakistan International Airlines a financé et entretient le parc commémoratif à Lele, au pied de la montagne où l’accident s’est produit [7],[8].

Le Wilkins Memorial Trust, une organisation caritative britannique qui fournit de l'aide au Népal, a été créé à la mémoire d'une famille tuée dans l'accident [9].

Médias[modifier | modifier le code]

L'accident a fait l'objet d'un épisode dans la série télévisée Air Crash nommé « Crash à Katmandou » (saison 20 - épisode 1).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Un Airbus pakistanais s'écrase à Katmandou », sur Les Echos, (consulté le 24 janvier 2020)
  2. (en-US) The Associated Press, « 167 Are Feared Dead in Crash of Airliner in Nepal », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 24 janvier 2020)
  3. (en) « ASN Aircraft accident Airbus A300B4-203 AP-BCP Kathmandu-Tribhuvan Airport (KTM) », sur aviation-safety.net (consulté le 17 septembre 2019)
  4. (en) « Human Factors: Pakistan International Airlines Flight Pk 268 », sur smhusain1's Blog, (consulté le 24 janvier 2020)
  5. (en) Tim McGirk, « Hunt goes on for black box in Airbus wreckage », sur Independant.co.uk, (consulté le 26 janvier 2020)
  6. (en) Tim McGirk, « Airbus crash blamed on pilot error », sur Independant.co.uk, (consulté le 26 janvier 2020)
  7. (en) Fazal Khaliq, « PIA memorial park in Nepal honours 1992 air crash victims », sur DAWN.COM, (consulté le 17 septembre 2019)
  8. (en) Tim McGirk, « Air crash relatives arrive in Nepal », sur Independant.co.uk, (consulté le 26 janvier 2020)
  9. (en-US) « Why We Started », sur Wilkins Memorial Trust (consulté le 17 septembre 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]