Vol 1862 El Al

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Crash de Bijlmermeer
Image illustrative de l'article Vol 1862 El Al
Caractéristiques de l'accident
Date
Type Perte de moteurs
Site Drapeau : Pays-Bas Bijlmermeer
Coordonnées 52° 19′ 08″ N 4° 58′ 30″ E / 52.318889, 4.97552° 19′ 08″ Nord 4° 58′ 30″ Est / 52.318889, 4.975
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareil Boeing 747-258F (cargo)
Compagnie Drapeau : Israël El Al
No  d'identification 4X-AXG
Phase Décollage
Passagers 1
Équipage 3
Morts 43
Survivants 0 dans l'avion

Géolocalisation sur la carte : Pays-Bas

(Voir situation sur carte : Pays-Bas)
Crash de Bijlmermeer

Le , le vol 1862 de la compagnie aérienne nationale israélienne El Al s'écrase dans le quartier de Bijlmermeer à Amsterdam.

Le vol 1862, assuré par un Boeing 747 cargo d'un poids de 338 tonnes, décolle de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol à 18 heures. Quelques minutes après le décollage, l'avion fait un violent roulis sur la droite. Le commandant réussit à maintenir l'avion en vol pendant huit minutes. Il demande un retour d'urgence à l'aéroport. Quelques minutes avant d'atterrir, le roulis recommence et l'avion passe la barre des 90° et décroche. Il s'écrase sur un quartier résidentiel dans la banlieue d'Amsterdam, faisant 43 victimes dont 39 au sol.

Quatre ferrures d'attache assurent l'arrimage du moteur sous l'aile chacune d'elle est munie d'un goujon d'acier creux de 14 cm appelée axe fusible conçue pour céder dans des circonstances particulières.

La cause principale de l'accident est la fatigue du métal qui a fait céder la partie supérieure de l'une de ses attaches, faisant chuter ce moteur, et qui a entraîné l'autre moteur de la même aile dans sa chute et emportant un morceau de la partie avant de l'aile. En relevant le nez, la portance diminua sur l'aile endommagée, le faisant décrocher avant de s'écraser sur une barre d'immeubles de 10 étages.

L'enquête menée par le groupe d'experts, dirigé par Frans Erhart, a montré que l'avion n'aurait pas pu atterrir. La compagnie El Al est condamnée devant un tribunal néerlandais, les appartements reconstruits. Cet accident est considéré comme le plus grave de l'histoire aéronautique des Pays-Bas.

En sus de cela, le vol venait de l'aéroport de JFK de New York et faisait escale à Amsterdam. Alors que les Israéliens avaient déclaré transporter des fruits, il fut découvert sur le site du crash qu'étaient également présents en soutes des gaz composants des armes chimiques. Alors que la santé des habitants du quartier était menacée, cela créa de graves tensions entre Israël et le reste du monde.

Déroulement de la catastrophe[modifier | modifier le code]

Les dernières minutes avant le crash :
1. Les moteurs 3 et 4 se détachent de l'avion.
2. Endroits où se sont écrasés les moteurs 3 et 4.
3. Premier mayday (SOS) émis par le pilote.
4. Le pilote rapporte un feu moteur.
5. Le pilote rapporte des problèmes avec les volets.
6. L'avion devient totalement incontrôlable.
7. Crash de l'avion.
Image de synthèse de l'impact.

Récit des différents éléments du vol 1862 du dimanche 4 octobre 1992 :

14h40 : le Boeing 747 de la compagnie El Al arrive de New York JFK et se pose à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol. Il va faire le plein de carburant, effectuer un chargement, et repartir.

15h00 : le chargement de l'avion cargo commence sous la surveillance du responsable d'exploitation de la compagnie. La cargaison se compose de biens de consommation mais aussi de biens marqués produits dangereux. Le responsable pense à des équipements pour l'armée israélienne.

17h20 : le vol 1862 sort du contrôle de sécurité et l'équipage arrive pour l'inspection pré-vol.

18h00 : sur la piste 01, le commandant met en marche les quatre moteurs de l'appareil. Le décollage est effectué par le copilote, pour qu'il se familiarise avec ce type de gros porteurs.

18h27 : l'avion a atteint une altitude de 6 500 pieds, soit un peu moins de 2 000 mètres. Les moteurs tournent à plein régime. Tout se déroule comme prévu et l'équipage se prépare à relier Schiphol à l'aéroport international de Tel Aviv-David Ben Gourion. Ce vol dure un peu moins de cinq heures et devrait arriver à destination vers 23h45 (heure israélienne). Soudain, un choc terrible secoue l'avion, qui commence à perdre de l'altitude en s'inclinant fortement sur la droite. Le commandant reprend aussitôt les commandes. Il s'efforce de stabiliser le gros porteur.

18h28 : au bout de quelques secondes, le commandant parvient à stabiliser son avion. Le mécanicien scrute son pupitre pour déterminer la cause du problème. Un autre incident s'ajoute à ce problème. Les indicateurs montrent que les deux moteurs droits sont en panne, et que l'un d'eux est en feu. L'OPL demande la piste la plus longue pour se poser d'urgence à Schiphol. Le contrôle aérien autorise l'avion à revenir. Le vol El Al 1862 continue rapidement de perdre de l'altitude.

18h30 : les pompiers de Schiphol sont alertés qu'un avion va avoir besoin d'une intervention. Ils prennent place au bord de la piste en moins de 2 minutes alors que l'avion doit arriver dans moins de 10 minutes. Le 747 doit faire une boucle au-dessus de la banlieue pour descendre et s'aligner avec la piste.

18h33 : l'avion a terminé sa boucle. Le contrôle aérien autorise le vol 1862 à se poser sur la piste 27. Le pilote relève le nez de l'appareil pour atterrir. À ce moment-là, le roulis sur la droite reprend. Le commandant braque à gauche, mais l'avion répond à peine. Le copilote prévient alors l'aéroport en lui signalant un problème de commandes.

18h34 30s : le commandant essaie toujours de compenser le roulis qui ne fait qu'empirer. L'avion perd rapidement de l'altitude. Il se trouve alors à quelques secondes du quartier de Bijlmermeer. Soudain, le roulis passe la barre des 90°, l'avion décroche et tombe. Le commandant ordonne de sortir les volets et le train. Le contrôle aérien perd le contact car le bruit des moteurs est trop fort.

18h35 42s : le vol EL AI 1862 percute le sixième étage d'un bâtiment qui en compte onze.

18h40 : moins de cinq minutes après le crash, le premier des 16 camions de pompiers est sur les lieux de la catastrophe.

Le lendemain, on découvre que l'avion a détruit 31 appartements sur onze étages. On dénombre 43 morts.

Enquête[modifier | modifier le code]

Mémorial devant l'« arbre qui a tout vu ».

La commission néerlandaise rassemble rapidement une équipe de huit enquêteurs, dirigée par Frans Erhart.

Ils commencent par analyser les enregistrements et découvrent que le copilote a annoncé avoir perdu les moteurs 3 et 4. Ils retrouvent les boîtes noires et les font analyser. C'est alors qu'un témoignage bouleverse le cours de l'enquête. Un policier, qui n'était pas en service ce jour là, affirme avoir vu le vol 1862. Il dit avoir vu deux moteurs se décrocher de l'avion et tomber dans le lac. Les enquêteurs font immédiatement fouiller le lac et trouvent un des deux moteurs. Quelques jours plus tard, le deuxième est retrouvé aussi au fond du lac. Ils trouvent la dernière pièce du puzzle. Les enquêteurs savent maintenant pourquoi cet appareil s'est écrasé.

Les attaches qui permettent de tenir les moteurs sont des fusibles, conçus pour céder en cas d'atterrissage sur le ventre. En effet, contrairement à Airbus, Boeing pense alors qu'il est préférable, en cas d'atterrissage sur le ventre, que les moteurs se détachent de la cellule. Mais si elles cassent pendant le vol, le moteur tombe vers le bas. Ici, une fragilité de ces attaches a été mise en cause. Une attache cède, mais à cause de l'usure, le moteur 3 vient percuter le moteur 4 et arrache une partie de l'aile. L'avion n'a plus ses moteurs droits. Le roulis commence. Le commandant réussit à redresser son appareil.

Membres d'équipage[modifier | modifier le code]

Commandant de bord :

Isaac Fooks, 59 ans, 25 000 heures de vol dont 9 500 sur Boeing 747.

Co-Pilote :

Aharon Gohann, 32 ans, 4 280 heures de vol dont 610 sur Boeing 747.

Mécanicien naviguant :

Guédaliah Hoffer, 61 ans, 26 000 heures de vol dont 15 000 sur Boeing 747.

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ingrid V. E. Carlier et Berthold P. R. Gersons, « Stress Reactions in Disaster Victims Following the Bijlmermeer Plane Crash », Journal of Traumatic Stress, vol. 10, no 2,‎ , p. 329–335 (ISSN 0894-9867 et 1573-6598, DOI 10.1023/A:1024842532117, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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