Voile de Sainte-Anne

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Voile de Sainte-Anne
Voile de Sainte-Anne à Apt.jpg

Un des médaillons du voile de Sainte-Anne

Artiste
Atelier de Damiette
Date
Technique
Voile en lin, orné de trois bandes de tapisseries rehaussées de broderies au fil d'or et à la soie rouge
Dimensions (H × L)
310 × 152 cm
Format
rectangulaire
Localisation
Trésor de la cathédrale, Apt (Drapeau de la France France)
Propriétaire
Coordonnées
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Le voile de Sainte-Anne, appelé aussi étendard arabe, est le manteau d'un calife égyptien du XIe siècle rapporté en Provence après la première croisade, et déposé dans le trésor de la cathédrale Sainte-Anne d'Apt. Longtemps considéré comme une relique chrétienne, il fait maintenant partie des chefs d'œuvre de l'art textile fatimide, et c'est à ce titre qu'il fut exposé à l'Institut du monde arabe au cours de l'année 1998.

Historique[modifier | modifier le code]

Selon une tradition légendaire, Charlemagne aurait redécouvert les reliques de sainte Anne dans la crypte inférieure de la cathédrale Sainte-Anne d'Apt en 801. Ces restes conservés dans l'église depuis le Ier siècle, auraient été abrités dans une châsse recouvert d'un tissu. Une tradition erronée a voulu y voir un vêtement de sainte Anne (la grand-mère de Jésus) vivante.

Les archéologues ont dans un premier temps considéré que ce tissu était un étendard pris au grand vizir Al-Afdhal vaincu à Ascalon en 1099. En réalité, il s'agit d'un tissu fatimide réalisé à Damiette en 1096-1097 et qui porte le nom du calife Al-Musta'li, ainsi que celui de son premier ministre. Ce voile est très probablement une « robe d'honneur » que le calife s'est fait confectionné.

C'est probablement lors de la première croisade qu'il fut rapporté par le seigneur et évêque d'Apt[1], et peut-être enveloppait-il alors quelques reliques[2].

Le tissu était conservé dans un récipient en verre et sorti, chaque année, pour être présenté en procession aux fidèles jusqu'au XVIIIe siècle[1]. Une présentation du voile, le jour de la sainte Anne, est rapportée en 1714 dans une Histoire du diocèse d'Apt[1],[2].

Description[modifier | modifier le code]

Détail du médaillon au nom d'al-Musta'li : « ‘Alî est l’ami de Dieu ; que Dieu lui accorde sa bénédiction. l'imâm Abu-l-Qâsim al-Musta'li billah, émir des croyants, que les bénédictions de Dieu soient sur lui, sur ces ancêtres purs et ses très honorables descendants »

Le voile de Sainte-Anne fait partie, avec le manteau du roi Roger II de Sicile, qui fut achevé dans les ateliers royaux de Palerme, des pièces majeures de l'art textile des Fatimides. Il est conservé dans le trésor de la cathédrale d'Apt[2].

Le voile en lin, de 310 × 152 centimètres, est composé de trois bandes de tapisseries. Il s'agit en réalité d'une abâ, un manteau brodé au devant de deux bandeaux de tapisserie, et au dos d'une large bande sur laquelle sont placés trois médaillions. Les bandes sont brodées de soie et d'or, tout comme les médaillions aux motifs figuratifs[2]. Une inscription, en lettres coufiques disposées en cercle dans un médaillon, célèbre la gloire d'Al-Musta'li, calife chiite qui régna à la fin de la dynastie fatimide. Il l'avait commandé à un atelier (tirâz) de Damiette en 1097[1].

Ce fut en 1851 qu'Étienne Marc Quatremère traduisit une partie du texte donnant ces indications et, en 1934, que Marçais et Wiet en finirent la traduction[1].

Exposition[modifier | modifier le code]

En 1998, dans le cadre de l'année de l'Égypte en France, le voile de Sainte-Anne fit partie des 250 pièces exposées à l'Institut du monde arabe de Paris. Ces pièces sont d'autant plus rares que Saladin, en 1171, détrôna les Fatimides et rattacha l'Égypte au sunnisme. Ce qui eut pour conséquence le pillage des trésors du palais au Caire et l'incendie des bibliothèques. Seules furent préservées trois portes d'enceinte ainsi que la salle de prière de la mosquée al-Azhar[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]