Voie unique à signalisation simplifiée

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Une voie unique à signalisation simplifiée (VUSS) est un règlement d'exploitation régissant la circulation des trains du réseau ferré national français sur des lignes à faible trafic ne justifiant pas l'investissement d'un système de signalisation de cantonnement.

Comme son nom l'indique, ce régime n'est rencontré que sur des lignes équipées d'une seule voie empruntée par les trains circulant dans les deux sens.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vers 1930, une simplification de la signalisation de certaines lignes à voie unique parmi les moins chargées a été entreprise par le réseau de l'État. Cette réglementation économique permet d'homogénéiser l'équipement d'une section de ligne et abandonne la protection classique des gares par disques, que ce soient des gares de voie directe ou de voie de gauche. La signalisation est réduite au minimum avec de simples pancartes, et les leviers d'aiguilles, non verrouillées, voient les enclenchements remplacés par des cadenassements. Ce système, créé par le réseau de l'État vers 1930[réf. nécessaire], était alors dénommé « mode spécial d'exploitation - groupes régionaux »[1].

Signaux[modifier | modifier le code]

panneau "GARE" et pancarte "S" en ligne près de Plouharnel sur Auray - Quiberon.
Pancarte « GARE » sur la ligne d'Auray à Quiberon annonçant la gare de croisement de Plouharnel - Carnac située au milieu de la ligne. Elle est ici accompagnée d'une pancarte « S ».

Une ligne exploitée en VUSS ne comporte pas de signaux de cantonnement. Elle possède de simples panneaux « GARE » fixes en amont des gares de croisement ou terminus (à l'exception des gares d'embranchement se trouvant sur une ligne équipée d'un système automatique ou manuel de block) suivis par un repère d'entrée fixe (chevron pointe en bas). Il est généralement suivi par un signal d'arrêt à main (SAM, le plus souvent un « carré » imposant l'arrêt du train avant ce signal) implanté sur le quai par l'agent de la gare, chargé de la sécurité des circulations.

Le signal d'arrêt peut être implanté au pied du repère d'entrée (par exemple, pour protéger une manœuvre en gare). Dans les haltes (officiellement « établissement pleine ligne ») possédant des aiguilles non équipées de dispositif de verrouillage, le panneau « GARE » est remplacé par une pancarte mi-blanche mi-noire. Ce type de panneau est beaucoup plus rare. Il n'y a alors pas d'agent dans l'établissement. Toutes les gares sont d'arrêt général, statut qui impose à tout convoi ferroviaire d'y marquer l'arrêt (à ne pas confondre avec les établissements pleine ligne qui ne sont pas des « gares » et ne sont donc pas d'arrêt général). Le chevron pointe en bas peut aussi parfois être remplacé par un signal.

Conduite[modifier | modifier le code]

Pancarte mi-blanche mi-noire.
Pancarte mi blanche et mi noire vue le long d'une voie ferrée.
Annonce de l'établissement Pleine Ligne de Marsac en Livradois

Un conducteur rencontrant une pancarte « GARE » doit adapter sa vitesse afin de pouvoir s'arrêter au repère d'entrée qui suit si ce dernier est accompagné d'un signal d'arrêt. Sinon, le conducteur doit circuler en marche à vue à partir de ce point et marquer l'arrêt au plus tard au point d'arrêt des trains en gare (ou au signal d'arrêt s'il y en a un placé avant le point d'arrêt). Le conducteur ne peut repartir qu'après avoir reçu une autorisation de départ directement par l'agent de la gare, ou par l'agent d'accompagnement du train (le contrôleur), pour certains trains de voyageurs. Un conducteur rencontrant une pancarte mi-blanche mi-noire doit observer la vitesse limite de l'établissement pleine ligne à partir du repère d'entrée.

Sécurité des circulations[modifier | modifier le code]

La circulation et l'espacement des trains sur une ligne à signalisation simplifiée sont assurés par le cantonnement téléphonique, assisté du CAPI pour les lignes à circulation avec voyageurs ou transportant des matières dangereuses. Ces systèmes sont utilisés par l'agent de chaque gare de la ligne « ouverte au service de la circulation »[2] (c'est-à-dire que la gare dispose d'un agent présent en gare et assurant les opérations de sécurité relatives à la circulation). Une gare peut être « fermée au service de la circulation » tout en permettant toujours aux trains de circuler : dans ce cas, la sécurité des circulations est assurée par les deux gares encadrantes ouvertes au service de la circulation.

Trafic[modifier | modifier le code]

Une ligne exploitée sous le régime de la VUSS ne peut recevoir que 14 circulations de trains, dont 9 de trains de voyageurs omnibus, deux sens cumulés[3]. Cette capacité limite peut être augmentée à 18 trains, dont 12 de voyageurs, pour les lignes accueillant des trafics marchandises et voyageurs, ou à 14 trains (soit, par exemple, 7 allers-retours) pour les lignes n'accueillant que des trains de voyageurs, sous quatre conditions[3]. Ces conditions sont les suivantes :

  • le CAPI et le dispositif d'arrêt automatique des trains (DAAT), dispositifs de sécurité qui équipent la ligne, doivent présenter moins d'un défaut mineur[pas clair] par mois en moyenne, avec un délai moyen de 12 heures pour la remise en état du système ; ces moyennes étant calculées sur un service annuel SNCF[3] (courant de décembre à décembre) ;
  • le Global Système for Mobil / Groupe Fermé d'Utilisateur (GSM/GFU)[4], système de radio permettant de mettre en relation le personnel SNCF présent dans un train avec les autres personnels SNCF, doit présenter moins d'un défaut mineur[pas clair] par mois en moyenne, avec un délai moyen de 24 heures pour la remise en état du système ; ces moyennes étant calculées sur un service annuel SNCF[3] ;
  • 90 % des trains de voyageurs doivent arriver à leur terminus avec un retard inférieur ou égal à 5 minutes sur un service annuel SNCF[3] ;
  • les ralentissements durables de la vitesse des trains dus à l'état de la voie doivent être pris en compte dans la construction des horaires[3].

Des dérogations sont possibles, sous certaines autres conditions, lorsque le trafic le nécessite, comme pour les trains régionaux TER Bretagne Tire-Bouchon circulant entre Auray et Quiberon, où le nombre d'allers-retours voyageurs est porté à dix[5],[6].

Lignes équipées[modifier | modifier le code]

En 2014, les lignes suivantes du RFN sont exploitées sous le régime de la VUSS[7] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Gernigon, Histoire de la signalisation ferroviaire française, éditions La Vie du Rail, Paris 1998, p. 197
  2. « Gare ouverte à la sécurité » est aussi une expression couramment utilisée par les cheminots.
  3. a b c d e et f RFF, « Capacité d’infrastructure des lignes à voie unique » [PDF], (consulté le 11 mai 2014), p. 8-9 (document de principe de RFF applicable à partir du ).
  4. [PDF] « Rapport d’enquête technique sur la collision entre un TER et un camion survenue le 27 septembre 2010 sur le PN n°76 à Gimont (32) », lexique page 9.
  5. [PDF] Fiche horaire du Tire-Bouchon valable pour l'été 2014 (consultée le 14 juillet 2014).
  6. RFF, « Normes de tracé horaire sur les lignes régionales pour le SA 2015 » [PDF], Document d'application, (consulté le 5 décembre 2015), p. 87-88.
  7. [PDF] « Normes de tracé horaire sur les lignes régionales », document d'application sur le site de RFF applicable à partir du 15 décembre 2013 (consulté le 13 juillet 2014).
  8. « La renaissance de Flamboin-Gouaix à Montereau », article de la revue Rail passion, no 175 de mai 2012, p. 7.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]