Voie d'essai de l'aérotrain d'Orléans

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Voie d'essai de l'aérotrain d'Orléans
Image illustrative de l'article Voie d'essai de l'aérotrain d'Orléans
Géographie
Pays France
Région Centre-Val de Loire
Département Loiret
Commune de Saran à Ruan
Coordonnées géographiques 48° 01′ 42″ N, 1° 53′ 02″ E
Fonction
Fonction voie d'aérotrain
Caractéristiques techniques
Type Monorail
Longueur 18 000 m
Portée principale 20 m
Hauteur 10 m
Matériau(x) béton armé
Construction
Construction 1969
Ingénieur(s) Jean Bertin
Maître(s) d'œuvre Bertin & Cie
Entreprise(s) GTM construction

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Voie d'essai de l'aérotrain d'Orléans

La voie d'essai de l'aérotrain d'Orléans est une ligne expérimentale de transport guidé de type monorail, construite en 1968, située entre Saran et Ruan dans le département du Loiret en région Centre-Val de Loire en France. Les essais ont eu lieu de 1969 à 1974. La ligne est désaffectée depuis 1977.

Le monorail est conçu pour faire circuler les aérotrains réalisés par l'ingénieur français Jean Bertin. Elle a essentiellement servi aux essais des prototypes I80-250 et I80-HV. C'est sur cette voie d'essai que le I80-HV établit le record mondial de vitesse d'un transport guidé avec 430,4 km/h le 5 mars 1974[1].

Lors de sa construction, la voie doit s'inscrire dans un futur axe Paris-Orléans. Elle est aujourd'hui désaffectée.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le viaduc dans la forêt d'Orléans.

La ligne, entièrement conçue en viaduc, est située dans le nord-ouest du département du Loiret. Elle commence son parcours au nord de l'agglomération orléanaise, dans la commune de Saran, le long de la route forestière des fossés Guillaume, à 124 mètres d'altitude, puis traverse les communes de Cercottes, Chevilly, Artenay et Ruan.

Elle traverse les régions naturelles de la forêt d'Orléans et de la Beauce et longe la route nationale 20 et la ligne de chemin de fer Paris - Bordeaux ; elle franchit, du sud au nord, les routes départementales 102, 125, 5, 861 et 355.

Description[modifier | modifier le code]

Vue en coupe du monorail de l'Aérotrain.

La voie en béton, en forme de T inversé, est longue de 18 kilomètres et est visible depuis la route départementale 2020 jusqu'à Chevilly. Elle est constituée d'environ 900 poteaux, espacés chacun d'une vingtaine de mètres et portant des tronçons monoblocs de 120 mètres de long à une dizaine de mètres de hauteur.

La voie est équipée de deux plates-formes aux extrémités permettant le retournement de l'aérotrain, et d'une plate-forme centrale, à Chevilly, permettant de le garer dans un hangar.

La voie d'essai était pourvue d'une cabine d'inspection, suspendue par un filin d'acier parallèle à la voie, située entre la plate-forme de Chevilly et la forêt de Chevilly. La cabine permettait de vérifier l'impact des essais sur l'ouvrage[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Le 18 décembre 1967, le ministre des transports charge la Société de l'Aérotrain de réaliser une voie d'essai de 18 km au nord d'Orléans pour un prix de 24 586 790 F.H.T[3]. La construction du viaduc débute en juillet 1967[4] par la société Grands travaux de Marseille. C'est une voie en béton précontraint comportant un garage central et deux plateformes aux extrémités. Au niveau du garage central, le rail de guidage vertical est rétractable pour permettre de placer et de sortir l'aérotrain de la voie. Dans les plateformes d'extrémité, le changement de sens de circulation de l'aérotrain est possible grâce à un rail de guidage vertical pouvant pivoter. Les poutres préfabriquées de la voie, correspondant à une longueur égale à la portée d'une travée, ont été préfabriquées dans une usine de préfabrication située à côté de la plateforme du garage central. Le béton était étuvé pour avoir une cadence de fabrication rapide.

Un décret d'utilité publique parait le 22 janvier 1968 pendant les travaux de construction[3]. Le 31 décembre 1968, 10 km de voie sont construits[3].

L'Aérotrain en 1974.

L'ouvrage est mis en service en septembre 1969[5]. Le premier essai du prototype I80-250 se déroule le .

Le dernier essai est effectué par le prototype I80-HV le . L'Association des Amis de Jean Bertin continue de financer des vols de démonstration du prototype I80-HV jusqu'en 1977, afin d'attirer l'attention des investisseurs et clients potentiels[3],[6].

Le viaduc demeure dans la campagne de Beauce, puisque le coût de sa destruction, estimé à 13 millions €, et constituant une dépense sèche, est jugé prohibitif au regard du peu de désagrément que sa présence au milieu des champs occasionne[7].

Le viaduc est partiellement démantelé par le concessionnaire autoroutier Arcour en février et mars 2007, sur une longueur de 120 mètres, pour permettre le passage de l'autoroute A19 sur le territoire de la commune de Chevilly. Le tronçon supprimé est situé entre le point géographique 48° 02′ 46″ N, 1° 53′ 03″ E (côté nord) et 48° 02′ 42″ N, 1° 53′ 03″ E (côté sud). Selon une entreprise chargée de la démolition du tronçon, le béton de la voie est devenu friable avec le temps[8].

Le viaduc reçoit en 2015 une plaque patrimoine du XXe siècle[7].

Un pipeline venant de la ville Le Havre et un réseau de fibre optique venant de Tours suivent le tracé de la voie, qui est ainsi devenue un corridor de transport[7].

Une étude est réalisée en 2016, qui estime que l'ouvrage peut être valorisé comme musée ou comme attraction. Toujours selon cette étude, la voie et ses piles sont bien conservées, grâce à la qualité du béton employé, et seules les trois plateformes se sont dégradées[7].

Culture[modifier | modifier le code]

Le court-métrage du réalisateur orléanais Joseph David intitulé Pump est tourné sur le viaduc de l'aérotrain entre Artenay et Cercottes en septembre 2015[9].

Le film Les Premiers, les Derniers du réalisateur belge Bouli Lanners, sorti en France en janvier 2016, a été tourné en partie le long de la voie de l'aérotrain[10].

Certains passages du clip Persona Non Grata (sorti en mai 2016) du chanteur Tété ont été tournés au pied et sur la voie de l'Aérotrain.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Olivier Constant, « L'aérotrain, 15 ans après », Voies ferrées, no 52,‎ septembre-octobre 1989 (lire en ligne).
  2. Stéphane Bastien, « Photographie d'une cabine d'inspection du rail sur un site personnel », sur aernav.free.fr (consulté le 25 février 2010).
  3. a, b, c et d Jean Bertin et Raymond Marchal, L'aérotrain ou les difficultés de l'innovation, Aviation Magazine International, .
  4. J-M.Flonneau, « Il était une fois l'aérotrain », sur loiret.com, .
  5. Aérotrain sur Structurae.
  6. Au bout du rail, documentaire de Bruno Le Roux et Fabrice Richard, Candela Productions.
  7. a, b, c et d « Quel devenir pour les infrastructures de l'Aérotrain ? (Loiret) – Inverser le regard », sur La Documentation Française,
  8. Mourad Guichard, « L'élan brisé de l'aérotrain », Libération,‎ (lire en ligne).
  9. « Un road-movie expérimental tourné sur le rail de l'aérotrain entre Artenay et Cercottes », sur La République du Centre, .
  10. « Les Premiers, les Derniers de Bouli Lanners : « Un film crépusculaire » », sur Le Bien public, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Artenay ; voie expérimentale de l'aérotrain. Bulletin annuel de l'association française des ponts et charpentes. 1969-1970 ; pages 128-129.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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