Vladimír Clementis

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Vladimír Clementis
Vladimír Clementis
Vladimír Clementis
Fonctions
Ministre des Affaires extérieures de Tchécoslovaquie (en)
En fonction depuis le
Prédécesseur Jan Masaryk
Successeur Viliam Široký
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Tisovec
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Date de décès
Lieu de décès Prague, Bohême
Drapeau de la Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie
Nature du décès Pendaison
Sépulture cendres dispersées
Nationalité tchécoslovaque
Parti politique Parti communiste tchécoslovaque
Profession avocat, journaliste


Vladimír "Vlado" Clementis (, Tisovec - , Prague) est un avocat, journaliste et homme politique communiste slovaque, membre éminent du Parti communiste tchécoslovaque. En 1950, cependant, il a été accusé de trahison en raison d'un manque perçu de stalinisme et donc a été condamné à mort par pendaison et son nom a été effacé des registres et de la mémoire collective.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1933, Vladimír Clementis s'est marié avec Lída Clementis Patkova, fille du directeur d'une succursale de la Banque hypothécaire tchèque à Bratislava. Deux ans plus tard, il est devenu membre du parlement communiste. En 1938, avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Clementis a émigré à Paris. Un an plus tard, sa critique concernant le pacte Molotov-Ribbentrop a déclenché une enquête interne menée par Viliam Široký, car il s'opposait à la politique de Moscou.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, en septembre 1939, connu pour être un communiste important, il a été emprisonné, puis évacué vers un camp de concentration britannique. Après sa libération, il a décidé de passer les années de guerre à Londres, où il participait à des émissions radiophoniques lors desquelles il appelait tous les Slovaques à lutter contre les nazis. De retour dans son pays d'origine en 1945, Clementis a été nommé ministre adjoint des Affaires étrangères dans le premier gouvernement après la guerre. En tant que représentant de la Tchécoslovaquie, il a signé la Charte des Nations unies le à San Francisco.

Après un coup d'état (à l'organisation duquel il a participé), Clementis a pris la place de Jan Masaryk comme ministre des Affaires étrangères. C'est à ce poste en 1948 qu'il a joué un rôle important dans la participation de la Tchécoslovaquie à l'Opération Balak pour fournir une assistance à l'Armée de l'Air israélienne nouvellement fondée. En 1950, cependant, il a été contraint de démissionner pour « déviationisme ». Peu de temps après, il a été arrêté et inculpé de tentative illégale de franchissement des frontières nationales. Cette année là, Clementis a également été accusé d'un crime plus grave: être un « nationaliste bourgeois » et de participer à la conspiration trotskyste-titiste-sioniste.

Monument dans sa ville natale Tisovec

Le , après avoir été jugé et condamné dans le procès de Prague, il a été pendu avec Rudolf Slánský. Ses cendres ont été dispersées le long d'une route, près de Prague. Sa femme Lída n'a reçu que deux pipes et la blague à priser de son mari et a été libérée de prison.

Trucage photographique[modifier | modifier le code]

Le , le dirigeant communiste Klement Gottwald qui allait devenir président de Tchécoslovaquie, est intervenu sur le balcon d'un palais baroque à Prague pour s'adresser aux milliers de personnes qui remplissaient la Place de la Vieille Ville. Cela a été un moment essentiel dans l'histoire de la Bohême photographié par Karel Hájek (en).

Gottwald était entouré de ses camarades et était juste à côté Clementis. Gottwald était nu-tête dans le froid et la neige qui tombait. Clementis, toujours attentionné, a ôté sa toque de fourrure et l'a posée sur la tête de Gottwald.

Le département de la propagande a diffusé à des centaines de milliers d'exemplaires la photographie du balcon où l'on voit Gottwald, avec sa toque sur sa tête et ses camarades à ses côtés. Sur ce balcon a commencé l'histoire du communisme de Bohême. Tous les enfants connaissaient cette photo que l'on voyait dans les affiches de propagande, dans les manuels scolaires et dans les musées.

Quatre ans plus tard, Clementis a été accusé de trahison et pendu. Le département de la propagande a immédiatement effacé le nom de Clementis des livres d'histoire et, bien sûr, son portrait sur toutes les photographies. Depuis lors, Gottwald apparaît seul sur le balcon. À la place qu'occupait Clementis n'apparaît que le mur vide du palais. Tout ce qui restait de Clementis était la toque sur la tête de Gottwald[1].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Milan Kundera raconte cet épisode dans son roman Le Livre du rire et de l'oubli.

Source de la traduction[modifier | modifier le code]