Vladimír Clementis

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Vladimír Clementis
Illustration.
Vladimír Clementis
Fonctions
Ministre des Affaires extérieures de Tchécoslovaquie (en)
En fonction depuis le
Prédécesseur Jan Masaryk
Successeur Viliam Široký
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Tisovec
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Date de décès
Lieu de décès Prague, Bohême
Drapeau de la Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie
Nature du décès Pendaison
Sépulture cendres dispersées
Nationalité tchécoslovaque
Parti politique Parti communiste tchécoslovaque
Profession avocat, journaliste

Vladimír "Vlado" Clementis (, Tisovec - , Prague) est un avocat, journaliste et homme politique communiste slovaque, membre éminent du Parti communiste tchécoslovaque. En 1952, il fait partie des dirigeants communistes accusés lors du procès de Prague à l'issue duquel il est exécuté.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès le début de ses études à la faculté de droit de l'Université Charles de Prague en 1921 , il s'implique dans le mouvement de l'académie de la jeunesse socialiste. En 1922, ces intellectuels de gauche fondent l'association des étudiants socialistes slovaques au sein de laquelle ils étudient la philosophie marxiste et l'art russe. En 1924, ils commencent à publier un trimestriel DAV, et pour cette raison, on les appelle les Davistes. Clémentis, grâce à sa manière forte et à la fois cultivée, devient leur chef non officiel. En 1924, il rejoint le Parti communiste de Tchécoslovaquie (KSČ).

De 1926 à 1930, il est avocat stagiaire et de 1931 à 1939, avocat à Bratislava. En 1933, Vladimír Clementis se marie avec Lída Clementis Patkova, fille du directeur d'une succursale de la Banque hypothécaire tchèque à Bratislava.

Deux ans plus tard, il devient membre communiste du parlement. En 1938, avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Clementis, suivant la directive du parti, émigre à Paris en passant par la Pologne et l'URSS. De là, il devait se rendre en Amérique du Nord pour développer des activités pour le Parti communiste dans les cercles de ses compatriotes américains et canadiens. Mais, sa critique concernant le pacte Molotov-Ribbentrop déclenche une enquête interne menée par Viliam Široký et il expulsé du parti, en tant qu'opposant à la politique de Moscou.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, en septembre 1939, connu pour être un communiste important, il est emprisonné, puis évacué vers un camp de concentration britannique. Après sa libération, il décide de passer les années de guerre à Londres, où il participe à des émissions radiophoniques lors desquelles il appelle tous les Slovaques à lutter contre les nazis. De retour dans son pays d'origine en 1945, Clementis est de nouveau admis au Parti communiste, puis nommé ministre adjoint des Affaires étrangères dans le premier gouvernement après la guerre. En tant que représentant de la Tchécoslovaquie, il signe la Charte des Nations unies le à San Francisco.

Après le coup d'Ětat communiste de 1948 (à l'organisation duquel il a participé), Clementis prend la place de Jan Masaryk comme ministre des Affaires étrangères. C'est à ce poste en 1948 qu'il joue un rôle important dans la participation de la Tchécoslovaquie à l'Opération Balak pour fournir une assistance à l'Armée de l'Air israélienne nouvellement fondée.

En 1950, cependant, il est contraint de démissionner pour « déviationisme ». Peu de temps après, il est arrêté et inculpé de tentative illégale de franchissement des frontières nationales. Cette année là, Clementis est également accusé d'un crime plus grave: être un « nationaliste bourgeois » et de participer à la conspiration trotskyste-titiste-sioniste.

Monument dans sa ville natale Tisovec

Le , après avoir été jugé et condamné dans le procès de Prague, il est pendu avec Rudolf Slánský. Ses cendres sont dispersées le long d'une route, près de Prague. Sa femme Lída n'a reçu que deux pipes et la blague à priser de son mari et a été libérée de prison.

Il est réhabilité en 1963 lors de la déstanilisation du pays avec d'autres accusés du procès de Prague[1]

Trucage photographique[modifier | modifier le code]

Le , le dirigeant communiste Klement Gottwald qui allait devenir président de Tchécoslovaquie, est intervenu sur le balcon d'un palais baroque à Prague pour s'adresser aux milliers de personnes qui remplissaient la Place de la Vieille Ville. Cela a été un moment essentiel dans l'histoire de la Bohême photographié par Karel Hájek (en).

Gottwald était entouré de ses camarades et était juste à côté Clementis. Gottwald était nu-tête dans le froid et la neige qui tombait. Clementis, toujours attentionné, a ôté sa toque de fourrure et l'a posée sur la tête de Gottwald.

Le département de la propagande a diffusé à des centaines de milliers d'exemplaires la photographie du balcon où l'on voit Gottwald, avec sa toque sur sa tête et ses camarades à ses côtés. Sur ce balcon a commencé l'histoire du communisme de Bohême. Tous les enfants connaissaient cette photo que l'on voyait dans les affiches de propagande, dans les manuels scolaires et dans les musées.

Quatre ans plus tard, Clementis a été accusé de trahison et pendu. Le département de la propagande a immédiatement effacé le nom de Clementis des livres d'histoire et, bien sûr, son portrait sur toutes les photographies. Depuis lors, Gottwald apparaît seul sur le balcon. À la place qu'occupait Clementis n'apparaît que le mur vide du palais. Tout ce qui restait de Clementis était la toque sur la tête de Gottwald[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Castellan, Histoire des peuples d'Europe centrale, Arthème Fayard, 1994, p.463
  2. Milan Kundera raconte cet épisode dans son roman Le Livre du rire et de l'oubli.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source de la traduction[modifier | modifier le code]