Vive la crise ! (émission de télévision)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Vive la crise !.

Vive la crise ! est une émission française de vulgarisation économique diffusée le sur Antenne 2 et présentée par l'acteur Yves Montand[1],[2],[3],[4].

Le but de l'émission était de montrer les bonnes astuces pour économiser de l'argent alors que le gouvernement socialiste avait décrété, suite à la crise économique, le tournant de la rigueur.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Christine Ockrent, alors présentatrice du journal télévisé, annonce la crise et des changements choisis par le gouvernement lors d'un conseil des ministres exceptionnels, ce sera un choc pour la population[1]. Elle énumère alors une liste de mesures que Max Gallo aurait annoncées, à commencer par la sécurité sociale (réduction du nombre de médicaments remboursés, augmentation de 300 % du forfait hospitalier à la charge des malades, suppression des allocations familiales pour les foyers touchant plus de 8000 Francs par mois). Les retraites seraient versées par la sécurité sociale, leur montant serait réduit de 20 à 70 % selon les catégories. L’indemnisation des chômeurs serait réduite de 20 %. Elle ajoutait que d'autres mesures devaient être annoncées le lendemain[5]. Après cette annonce, Yves Montant apparaît, ajoutant qu'il faut se rassurer, que cela n'est pas vrai[5], il rebondit alors sur le côté plausible des fausses mesures annoncées et dénonce l'égoïsme des français, vivant au-delà de ce qu'il disent, dépendant trop de l'Etat et devant consentir aux efforts de celui-ci[1]. Michel Albert, ancien commissaire au Plan et spécialiste des questions économiques européennes, principal invité de l'émission intervient ensuite. Il décrit une Europe « en train de rater la troisième révolution culturelle » (informatique et électronique), la voyant comme « commençant à glisser vers le sous-développement »[1].

Sont évoqués par des « Et si »[1] :

  • Un Mexique qui ferait faillite et annulerait unilatéralement sa dette, les problèmes que cela provoquerait pour les banques européennes et américaines ayant prêté aux pays en voie de développement.
  • Le renvoie des immigrés, qui entraînerait Paris submergé sous les déchets.
  • La fermeture des frontières, qui ferait devenir de la France une « Albanie mélancolique ».
  • Demander à un historien dans le futur, ce qu'a entraîné la crise des années 1980, la faillite du système de protection sociale, l’effondrement du système démocratique, et le retour au moyen-âge. Question à laquelle Henri Amouroux répond par les sinistres hypothétiques des années 1990, d'un hypothèse de guerre comme après la crise de 1929. Alain Minc, répond que la guerre n'est plus une chose plausible en raison de l'arme thermonucléaire, car il n'y aura pas de proportionnalité des destructions[1].

À la fin de l'émission, Michel Albert, compare la situation de la France à un accouchement, « ce qui est sale et ce qui fait peur »[1].

Impact sur le public[modifier | modifier le code]

L'émission fit 20 millions de téléspectateurs. Dès le lendemain, un cahier spécial par Libération fit la transcription de l'émission. Ce qui suscita moult critiques de plusieurs journalistes, car le journal situé à gauche faisait l'éloge de l'austérité et du libéralisme. Yves Montand fut également épinglé, l'acteur-chanteur était jusqu'aux années 1980 un très fort soutien communiste.

Vive la crise ! ne fut jamais rediffusé et n’eut aucune sortie en VHS ou DVD, seuls quelques extraits sont visibles sur Internet.

Le film ne peut être visionné que par les chercheurs[réf. nécessaire], à la BNF, sur le site François-Mitterrand de Tolbiac, à l'Inathèque[1].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]