Vivarte

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Vivarte (homonymie).
Vivarte
logo de Vivarte

Création 1896
Dates clés 2001, le groupe André devient Vivarte
Siège social Paris
Drapeau de France France
Activité Distribution de produits textiles et de chaussures
Filiales André,
La Halle,
Caroll,
Kookaï
Effectif ~ 15 000 (2011)[1]
Site web www.vivarte.fr

Chiffre d’affaires 3.1 milliards d'euros (Août 2013)

Vivarte est une entreprise française, dont l'activité est la distribution de prêt-à-porter et de chaussures qui emploie 17 000 personnes. Ce groupe est la propriété des fonds d'investissement Alcentra, Babson, Golden Tree et Oaktree depuis 2014[2].

Elle possède notamment les marques André, Caroll, Chevignon, Kookaï, La Halle, Minelli, Naf Naf et Pataugas.

Histoire[modifier | modifier le code]

1896 : Origines[modifier | modifier le code]

L'entreprise a ses origines à Nancy en 1896 lorsque Albert Lévy rachète la Manufacture nancéienne de chaussures qui fabrique des chaussures « bon marché », puis, en 1903, ouvre son premier magasin de vente à Paris, fondant ainsi le Groupe André[3]. En 1919, le siège social déménage au 28 rue de Flandres, l’actuelle adresse du groupe.

1960 - 2000 : Agrandissement et internationalisation[modifier | modifier le code]

Dès 1963, le groupe s'implante dans les centres commerciaux et les hypermarchés. En 1967, il s'internationalise avec la création d’André International, qui ouvre des succursales en Belgique, au Canada, en Italie, en Allemagne. Le 31 mai 1981, le 500e magasin du groupe ouvre ses portes. La même année, le premier magasin La Halle aux chaussures voit le jour. En 1984, le groupe se lance dans l'habillement avec l'ouverture de l'enseigne La Halle aux vêtements.

En 1991, le groupe acquiert Caroll, Creeks , Liberto, et Kookaï. Le groupe Vivarte prend aussi le contrôle des magasins Sport.

Années 2000 : Vivarte[modifier | modifier le code]

Lorsque Georges Plassat devient le président de l'entreprise, elle connaît une forte restructuration ; des centaines de magasins ferment et les coûts sont réduits drastiquement[4].

En 2001, le groupe André change de nom et devient Vivarte[1].

En 2004, le groupe Vivarte est racheté à hauteur de 55 % par le fonds d'investissement PAI Partners ; il est revendu en 2006 au fonds britannique Charterhouse par une opération d'achat à effet de levier [5],[4]. Vivarte possède plus de 5 000 magasins sous 24 enseignes différentes, dont certaines sont très connues : Andre, Beryl, Besson, Chaussland, CosmoParis, Fosco, la Halle aux chaussures, Pataugas, Merkal, Minelli, San Marina dans la vente de chaussures, et Caroll, Kookaï, la Halle aux vêtements, Naf Naf, Chevignon, Liberto et Parti Prix dans l'habillement.

En décembre 2007, le groupe Vivarte a racheté aux frères Dominique et Bernard Montel la chaîne Défi Mode et ses 191 magasins — 900 m2 en moyenne — implantés en France, alors que les murs de 112 des magasins ont été vendus au groupe immobilier Klépierre pour 153 millions d'euros.

En 2008, Défi mode et SuperSport rejoignent Vivarte. En 2009, Vivarte fait l’acquisition de la marque de mode éthique Les Fées de Bengale.

Années 2010 : Difficultés[modifier | modifier le code]

En janvier 2012, Georges Plassat quitte la présidence du groupe[6]².

En 2013, pâtissant du poids des charges de remboursement de la dette et ayant déjà fait face à plus de 1,2 milliard d'euros de frais financiers remboursés depuis 2007, Vivarte suspend l'intégralité des paiements sur sa dette et la renégocie avec ses créanciers. Le groupe entreprend alors une restructuration financière de plus de deux milliards d'euros d'effacement et d'une réinjection de liquidités de 500 millions d'euros obtenus en à peine huit mois[7].

Le , Vivarte trouve un accord avec douze prêteurs dont quatre entrent au conseil d'administration (Alcentra, Babson, Goldentree et Oacktree) pour restructurer sa dette à hauteur de 2,8 milliards d'euros[8],[4]. Marc Lelandais, à la tête du Groupe depuis 2012, est remplacé par Richard Simonin la même année.

Le , Vivarte présente un plan social portant sur plus de 1 300 employés (sur 4 256) à La Halle aux Vêtements, son enseigne phare plombée par la baisse de ses ventes (25 % en trois ans)[9] et de lourdes pertes : 23 M€ pour l'exercice se terminant en août 2012 sous la houlette de l'ancien PDG Georges Plassat, 72 M€ pour 2013 et 153 M€ pour 2014. Ces licenciements interviennent alors que sont évoquées des indemnités de deux millions d'euros du PDG de Vivarte pour son exercice entre 2012 et 2014[10], lui-même arguant que les fonds de pension souhaitent des jetons de présence et des dividendes impossible à verser[réf. nécessaire]. Richard Simonin, alors PDG du Groupe, souhaite à cette période recentrer La Halle dans des produits basiques et baisser les prix de 15 %. En effet, la conversion au début des années 2010 en enseigne multimarque avait fait fuir sa clientèle populaire[4]. En contrepartie, une cinquantaine de magasins Caroll et Minelli devraient ouvrir, sur des emplacements de Halle aux chaussures, de André et de Kookaï[4]. L'enseigne annonce également son lancement dans l'e-commerce[11]. Si les marques Caroll, Besson et Minelli affichent alors des bénéfices[12], les enseignes La Halle, la Halle aux Chaussures, Naf Naf, André, Kookai et San Marina restent déficitaires.

En mars 2016, Richard Simonin est remplacé par Stéphane Maquaire (ex-Monoprix)[13] à la tête du Groupe pour poursuivre son redressement[14].

En juin 2016, Vivarte met en vente Kookai, Chevignon et Pataugas[15],[16],[17]. Le , Stéphane Maquaire, après seulement six mois passé à sa tête, est débarqué par le conseil d'administration. Il est remplacé par Patrick Puy, spécialiste du retournement d'entreprise (Moulinex, Arc)[18]. En octobre 2016, l'entreprise supporte une dette de 1,5 milliard d'euros[19]. En novembre 2016 et janvier 2017, les salariés qui redoutent le démantèlement du groupe pour rembourser les fonds "vautours" manifestent devant le siège social[20],[21].

Début 2017, le constat lié à la stratégie du groupe, et plus généralement sur le secteur du textile et de l'habillement est négatif. La crise chez Vivarte semble liée à plusieurs facteurs internes mais aussi externes. La conjoncture économique et la concurrence en provenance de pays dont les coûts sont plus faibles font d'une part pression sur le développement du groupe Vivarte. Concernant les facteurs internes, le groupe identifie trois principaux points d'amélioration : le développement de la vente en ligne, une stratégie d'image de marque vieillissante et le développement à l'international[22]. La volonté des fonds d'investissement (qui avaient effacé deux milliards d’euros de dette mais qui en échange avaient pris le contrôle du groupe) de récupérer le maximum d'argent, vendant Vivarte « à la découpe », entité par entité, a également été critiquée, les salariés étant les victimes directes du plan de restructuration[23]. Le 24 janvier, la mise en vente d'André et de Naf Naf est annoncée. L'entreprise annonce également la fermeture de 147 Halle aux chaussures, pour environ 700 à 800 suppressions d'emplois[24]. En mai 2017, Vivarte annonce la vente de Pataugas et ses 5 magasins à Start'Hopps pour un montant non dévoilé[25].

Enseignes du groupe[modifier | modifier le code]

Président de l'entreprise[modifier | modifier le code]

  • Albert Lévy (de sa fondation en 1896 à sa mort en 1935)
  • Georges Lévy (fils d'Albert de 1935 à sa mort en 1960)
  • Jean-Louis Descours (de 1960 à 2000)
  • Georges Plassat (2000 à 2012)
  • Antoine Metzger (février-juillet 2012)
  • Marc Lelandais (de 2012 à 2014)
  • Richard Simonin (2014 à 2016)
  • Stéphane Maquaire (mars 2016 à octobre 2016)[28]
  • Patrick Puy (depuis 27 octobre 2016)[18]

Données économiques et financières[modifier | modifier le code]

Vivarte a un chiffre d'affaires de 2,6 milliards d'euros en 2014, ce qui représente une baisse de 10.3% sur l'année[29], et un excédent d'exploitation de 170 millions d'euros[30]. Le chiffre d'affaires de l'entreprise a chuté de 20 % en trois ans[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Marque française de chaussures créée en 1978 par Jean-Paul Barriol.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Acheter pour un monde meilleur, Editions Eyrolles, , p. 2011
  2. « Les nouveaux actionnaires débarquent le PDG de Vivarte », sur lesechos.fr, (consulté le 17 novembre 2016)
  3. http://www.distrijob.fr/enseignes/dictionnaire.asp?enseignes=vivarte
  4. a, b, c, d, e et f Lécluse 2015, p. 58.
  5. Les Echos: PAI Partners vend Vivarte pour 3,5 milliards d'euros à Charterhouse 15 décembre 2006
  6. Aurore Hennion, « Retour sur l'histoire de Vivarte », FashionUnited,‎ (lire en ligne).
  7. Vivarte renégocie sa dette colossale, Site lefigaro.fr, Restructuration.
  8. Accord avec 12 prêteurs pour restructurer la dette de Vivarte, challenges.fr, 5 juin 2014
  9. Nicole Vulser, Le Monde du 9 avril 2015 Suppl. Économie et Entreprise, p. 4
  10. « Marc Lelandais : « A mon arrivée, La Halle était déjà dans une situation désastreuse » », sur lesechos.fr, (consulté le 13 avril 2015)
  11. Lécluse 2015, p. 59.
  12. « Stéphane Maquaire sauvera-t-il Vivarte ? », sur lsa-conso.fr (consulté le 20 mai 2016)
  13. « Stéphane Maquaire : Tout savoir sur Stéphane Maquaire, Président du groupe Vivarte », sur www.lsa-conso.fr (consulté le 20 mai 2016)
  14. « Stéphane Maquaire sauvera-t-il Vivarte ? », sur lsa-conso.fr (consulté le 20 mai 2016).
  15. lefigaro.fr, « Vivarte veut céder Kookaï; Chevignon et Pataugas » (consulté le 1er juillet 2016)
  16. Prisma Media, « Vivarte : la vente par appartement commence », sur Capital.fr (consulté le 1er juillet 2016)
  17. « Kookaï, Chevignon et Pataugas pris dans la machine à lessiver » (consulté le 20 septembre 2016)
  18. a et b « Vivarte : ce que Oaktree reproche à Stéphane Maquaire », sur challenges.fr (consulté le 2 novembre 2016)
  19. « Vivarte : ce que Oaktree reproche à Stéphane Maquaire », sur challenges.fr,
  20. « Vivarte, une success story française qui vire au cauchemar et Poutine étend son influence en Europe : les experts d'Europe 1 vous informent », sur www.europe1.fr (consulté le 16 novembre 2016).
  21. « La Halle aux chaussures: «Depuis quatre mois, on ne sait pas où on va», raconte une gérante », 20minutes.fr,‎ (lire en ligne).
  22. « Crise chez Vivarte: Les sept raisons pour lesquelles des grandes marques de textile françaises vont mal », sur 20 Minutes,
  23. Perrine Dutreil, « Envoyé spécial déshabille le géant du textile Vivarte », telerama.fr, 13 avril 2017.
  24. « Le groupe Vivarte met en vente le chausseur André », sur Le Monde, .
  25. Vivarte cède Pataugas à un trio d'entrepreneurs, Le Figaro, 10 mai 2017
  26. Publication de l'annonce du rachat par Vivarte
  27. Nous découvrir, site officiel La Halle
  28. « Stéphane Maquaire sauvera-t-il Vivarte ? », sur lsa-conso.fr (consulté le 20 mai 2016)
  29. Angela Gonzalez-Rodriguez, « Vivarte ́s restructuring: the way back to discount » (consulté le 9 juin 2015)
  30. Lécluse 2015, p. 57.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Thiébault Dromard, « Vivarte desserre l'étreinte avant d'aiguiser ses griffes », Challenges, no 402,‎ , p. 62 à 63 (ISSN 0751-4417)
  • Sophie Lécluse, « Vivarte : La chute d'un géant de l'habillement », Capital, no 284,‎ , p. 57-59 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]