Vitrauphanie

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Vitrine d'un restaurant en Finlande.

Une vitrauphanie (on écrit aussi parfois vitrophanie, variante orthographique récente qui tend à remplacer l’orthographe originelle) est un autocollant destiné à être appliqué sur une vitre, une vitrine, et à être vu de l'extérieur. Le terme de vitrauphanie est un néologisme forgé au XIXe siècle avec vitre et la racine grecque phanos, « clair, lumineux, brillant ».

Technique[modifier | modifier le code]

La vitrauphanie est constituée d'un film support opaque ou transparent, imprimé, généralement en sérigraphie, mais aussi, de plus en plus, en impression numérique, sur la face visible. La face imprimée est ensuite recouverte éventuellement d'un vernis anti-UV, puis d'un adhésif transparent, enfin d'un papier de protection. Pour poser la vitrauphanie, on enlève le papier protecteur et on applique la vitrauphanie sur la vitre à l'endroit voulu.

La vitrauphanie peut être lisible des deux côtés (de l'extérieur, à travers la vitre, ou de l'intérieur, directement). Dans ce cas le dos est imprimé. Si on veut garder des parties transparentes, il faut utiliser un support transparent, et donc imprimer entre les deux visuels recto et verso une couche (généralement blanche) isolante, de manière que la transparence ne nuise pas à la lecture.

Les premières vitrauphanies, pour lesquelles le terme semble avoir été inventé, en concurrence avec ceux de « diaphanie », « vitrologie », ou « chromo-transparence », étaient imprimées en chromolithographie. La diaphanie ou imitation diaphane consistait à appliquer un vernis qui rendait transparent le support. Dans la vitrologie, le motif était imprimé directement sur une pellicule gélatineuse. Ces divers procédés avaient pour but de réaliser des vitraux à peu de frais en collant ces vitrauphanies sur des vitres transparentes, sans avoir à démonter les fenêtres. D'autre part, les vitrauphanies permettaient l'impression sur des supports souples pouvant être appliqués sur tous types d'objets.

Usages[modifier | modifier le code]

Barber shop, Arkansas

Faux vitraux[modifier | modifier le code]

L'usage initial de la vitrauphanie a donc été la réalisation de « faux vitraux ». De nombreux fabricants proposaient un grand nombre de modèles, qui furent surtout utilisés pour des appartements (des vestiges peuvent encore être vus sous forme, notamment, d'imitations de carreaux colorés) et relativement peu pour des églises[1]. La maison Rosey faisait imprimer ses décors par Engelmann, l'inventeur de la chromolithographie, et par M. Levens, inventeur du procédé de la « diaphanie ». En 1857, on installa un vitrail « en chromo-transparence » dans une des chapelles de l'église Saint-Roch de Paris, qui fut retiré par l'administration municipale en 1861.

Emballages[modifier | modifier le code]

L'impression sur supports transparents et souples a permis, dès le XIXe s., d'imprimer des emballages, des contenants divers (boîtes de sardines).

Signalétique, communication, PLV[modifier | modifier le code]

La vitrauphanie est largement utilisée pour les décorations des vitrines lors des fêtes de fin d'année.

Il existe aujourd'hui des vitrauphanies de grands formats qui adhèrent par effet statique, sans adhésif, ce qui permet de les enlever et de les repositionner à volonté. Néanmoins le terme technique actuel de vitrauphanie (utilisé dans l'imprimerie) correspond à une impression sur vinyle transparent adhésif. L'impression est réalisée du côté de la colle ainsi l'autocollant est collé à l'intérieur et se regarde à l'extérieur.

Son effet est donc légèrement translucide (puisque qu'imprimé nécessairement sur un vinyle transparent), mais peut devenir opaque grâce à l'application d'un blanc de soutien. Cet effet permet d'obtenir un contraste plus soutenu.

Il ne faut pas confondre cette technique avec le marquage adhésif ou le Total covering qui sont tous deux collés à l'extérieur comme un autocollant classique

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hervé Cabezas, Le décor des baies de Saint-Louis-des-Français à Rome : une alternative au vitrail au XIXe siècle, Mélanges de l’école française de Rome, année 1991, volume 103, numéro 103-2 pp. 681-706

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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