Vison d'Europe

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Mustela lutreola

Le Vison d'Europe (Mustela lutreola) est une espèce de mammifères carnivores du genre Mustela. Petit mustélidés à la fourrure brun foncé marquée d'une à deux taches blanches sur le museau, le Vison d'Europe est inféodé aux écosystèmes aquatiques. Il vit dans les petites rivières, les marais et les ruisseaux où il se nourrit de petits mammifères, de poissons et d'amphibiens. La saison de reproduction se produit à la fin de l'hiver ; la femelle donne naissance à deux à sept petits dont elle s'occupe seule jusqu'à leur indépendance en automne. L'hybridation naturelle avec le putois (Mustela putorius) est bien documentée.

Autrefois présent du Golfe de Gascogne jusqu'à Moscou, l'aire de répartition du Vison d'Europe s'est réduite au cours des siècles, avec une accélération au XIXe siècle et XXe siècle. Dans les années 2010, l'espèce n'est plus présente qu'au nord de l'Espagne, au sud-ouest de la France, en Roumanie dans le delta du Danube, en Ukraine et en Russie. Avec une diminution de 90 % des populations depuis le début du XXe siècle, le Vison d'Europe est l'espèce de mammifère européen la plus menacée de disparaître. L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe l'espèce en « danger critique d'extinction ».

Les causes du déclin sont multiples. Le piégeage pour la fourrure est la principale cause de disparition au XIXe siècle. L'artificialisation des cours d'eau, qui s'est fortement accélérée au XXe siècle, participe fortement à la diminution des populations en détruisant l'habitat favorable au Vison d'Europe. L'introduction du Vison d'Amérique (Neovison vison), échappé de visonnières, a aggravé le déclin des populations.

Petit mustélidé des cours d'eau, le Vison d'Europe ne marque pas la culture européenne. Il est confondu avec le putois depuis au moins le XIXe siècle. Il apparaît sur des timbres et des pièces commémoratives.

Description[modifier | modifier le code]

Morphologie[modifier | modifier le code]

Tête de Vison d'Europe dépassant d'un nid de paille.
Portrait d'un Vison d'Europe.
"Vison debout de profil"
Le Vison d'Europe a une fourrure uniformément brune, plus foncée aux extrémités, avec un museau blanc pur.

La morphologie du Vison d'Europe est typique des mustélidés : corps souple et élancé, cou peu différencié, pattes courtes, tête légèrement aplatie aux oreilles peu saillantes[1]. Seules les pattes arrière sont semi-palmées[2],[3] ; la semi-palmure ne se distingue pas sur les empreintes[2]. Il a été constaté une faible variabilité de la couleur du pelage[3]. A l'exception de la tache blanc pur sur le museau, il est uniformément brun sur l'ensemble du corps, avec parfois des reflets roussâtres[3]. Les pattes et la queue du corps peuvent être légèrement plus foncées, presque noires[3]. Le Vison est adapté à une vie semi-aquatique : le sous-poil est dense et hydrofuge, ce qui permet de l'isoler de l'eau lorsqu'il nage et les pattes arrière sont palmées ; toutefois, la vue est imparfaitement adaptée à la perception sous l'eau et l'odorat reste prédominant afin de permettre la chasse d'animaux terrestres[4].

La tache blanche sur le museau, qui est visible sur les lèvres inférieures et supérieure, est toujours présente : la forme et l'étendue de cette marque varie sur l'aire de répartition[3]. En France, le blanc dépasse le haut du nez en de rares occasions, tandis qu'en Europe de l'Est, la truffe peut être entièrement entourée de blanc[3]. Sur le menton, le blanc s'étend rarement au-delà de la commissures des lèvres, mais certains individus ont des marques qui peuvent atteindre la gorge ou la poitrine[3]. Le poil de bourre est gris brun[5]. Le pelage est court, même en hiver[1].

Les jeunes ont une apparence similaire à celle des adultes[4].

Le mâle est généralement de plus grand gabarit que la femelle. La longueur de la tête et du corps est de 230 à 430 mm pour le mâle et de 320 à 400 mm pour la femelle[1]. La longueur de la queue est de 90 à 124 mm pour les mâles et de 80 à 120 mm pour les femelles[1]. Le poids est de 700 à 1 200 grammes pour les mâles (plus fréquemment de 800 à 900 grammes) et de 450 à 700 grammes pour les femelles (plus fréquemment de 500 à 600 grammes)[3].

Le Vison d'Europe possède 34 dents[3]. Le Vison d'Europe possède 38 paires de chromosomes[6].

Confusion possible[modifier | modifier le code]

Putois[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Putois.
Putois de couleur marron foncé avec le museau blanc
Le putois peut avoir un masque facial peu visible — comme ce spécimen brun — et peut alors être confondu avec le Vison d'Europe.

Le Vison d'Europe est confondu avec le putois, notamment les individus de couleur foncée qui ont un masque facial peu visible. Le putois a cependant une fourrure noire, avec des marques faciales blanches sur les oreilles, le front, les joues que le Vison d'Europe n'a pas. Certains putois très foncés peuvent ne pas avoir de marques faciales hormis sur le museau : le critère de distinction est alors la couleur du poil de bourre, jaunâtre chez le putois, et grise chez le Vison d'Europe[5]. La forme des oreilles est différente : celles du putois sont assez grandes et dépassent du pelage[3]. La taille et le poids ne sont pas un critère de différentiation suffisant, car les dimensions des deux espèces peuvent se recouvrir[3].

Vison d'Amérique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vison d'Amérique.
Vison d'Amérique en position debout
Le Vison d'Amérique peut avoir des marques faciales blanches ressemblant à celles de son cousin d'Europe.

Une autre confusion possible est celle avec le Vison d'Amérique (Neovison vison), espèce invasive en Europe. Le Vison d'Amérique est plus gros que le Vison d'Europe[5]. La tête du Vison d'Amérique est plus bombée que celle de son cousin d'Europe, avec un rhinarium plus large, généralement rose. La robe est souvent plus foncée, plus luisante et fournie[3].

La forme de la tache blanche sur le museau est également différente, le Vison d'Amérique n'ayant presque jamais la lèvre supérieure blanche[7]. Ce critère n'est pas suffisamment précis pour une identification sans le moindre doute : il a été démontré que des Visons d'Amérique peuvent avoir une tache blanche sur la lèvre supérieure. Ainsi, en Grande-Bretagne entre 16,8 et 45,7 % des Visons d'Amérique ont des marques blanches sur la lèvre supérieure[7]. Toutefois, les recherches menées sur des sujets capturés en France et en Estonie montrent une plus faible proportion de taches blanches (entre 0 et 2,3 %)[7]. La tache blanche sur la lèvre supérieure du Vison d'Amérique est cependant dissymétrique, ce qui n'est pas le cas chez le Vison d'Europe[3].

Afin de s'assurer de l'identification sur le terrain, d'autres paramètres doivent être mesurés comme la dentition (la première prémolaire supérieure du Vison d'Amérique possède deux racines, celle du Vison d'Europe, une seule[3]) ou les proportions du squelette[7] : la forme des bulles tympaniques (triangulaires chez le Vison d'Amérique, en forme d'amande étroite pour le Vison d'Europe)[3], la position du foramen carotide supérieur[3] ou le nombre de vertèbres caudales (19 vertèbres chez le Vison d'Amérique, 21 vertèbres chez le Vison d'Europe) sont des critères d'identification[3].

Empreintes[modifier | modifier le code]

Les empreintes du Vison d'Europe et du putois sont relativement plus larges que celles du Vison d'Amérique[8]. La piste du Vison d'Europe est une succession de paires de pas, tandis que celle du Vison d'Amérique et du putois est formée de regroupements de trois ou quatre empreintes de pas[8]. L'écartement et la disposition des pattes sont différentes : le Vison d'Amérique aligne rarement ses pattes droite et gauche, qui forme une ligne oblique, tandis que Vison d'Europe et putois alignent systématiquement les pattes droite et gauche[8]. L'emplacement des empreintes donnent également des indices sur le mustélidé qui les a tracé : les visons marchent en faisant de nombreux détours tout en restant proche de la rive des plans d'eau — bien que le Vison d'Amérique aille plus souvent vers les marais ou à l'orée des forêts que le Vison d'Europe — tandis que le putois a une marche plus rectiligne[8].

Comportement[modifier | modifier le code]

Activité[modifier | modifier le code]

"Vison d'Europe debout devant un plan d'eau."
La Vison d'Europe est un mustélidé sédentaire vivant sur un territoire à proximité de l'eau.

Le Vison d'Europe exploite un domaine vital qui s'étend sur 2 à plus de 13 km de cours d'eau. Les femelles, relativement sédentaires, ont des territoires plus restreints que ceux des mâles dont certains ont été capturés deux fois à 44 km et à 72 km de distance, ayant changé de rivière et de bassin versant.

En période de repos, le Vison d'Europe utilise des gîtes situés à même le sol, à l'abri d'une végétation dense constituée le plus souvent de grosses touffes de carex ou de molinie, mais aussi de ronces. Le gîte peut aussi se trouver entre les racines d'un arbre, dans un terrier, sous une souche d'arbre recépée, sous un tas de bois… mais toujours à proximité d'une zone d'eau libre. Il ne creuse pratiquement pas de terrier lui-même et préfère utiliser toutes les cavités à sa disposition, y compris d'anciens terriers de Ragondins. La tanière peut être creusée par le Vison d'Europe, volée à un Grand campagnol (Arvicola amphibius), ou être naturellement créée par un entrelacs de racines ou une crevasse dans le sol[1]. Le Vison d'Europe est essentiellement actif la nuit et au crépuscule. En été, il évolue sur une aire de 15 à 20 hectares. Celle-ci peut s'agrandir de façon importante en automne et en hiver à la recherche d'eau non gelée[1].

Selon une étude réalisée en Espagne, le Vison d'Europe occupe un territoire concentré sur les abords de cours d'eau. Les mâles ont un territoires s'étendant sur 6,1 à 8 kilomètres de cours d'eau, sans recouvrement des territoires. La femelle étudiée a une territoire plus petit qui s'étend sur une longueur de 4,5 kilomètres[9]. L'activité est jugée élevée, avec des déplacements actifs le jour comme la nuit, bien que l'activité soit plus intense la nuit[9]. Une seconde étude espagnol confirme le faible recouvrement des domaines vitaux du Vison d'Europe[10].

Le Vison d'Europe est un prédateur peu farouche, qui utilise les mêmes chemins pour se déplacer et n'est pas très effrayé par l'être humain[9].

Alimentation[modifier | modifier le code]

"Grenouille verte sur une feuille de nénuphar"
La Grenouille verte fait partie du régime alimentaire du Vison d'Europe.

Il se nourrit de grenouilles, de petits mammifères (rats et campagnols amphibies), d'oiseaux, d'œufs et de poissons (cyprinidés surtout). Le Vison d'Europe chasse majoritairement le Grand campagnol. Il complète son régime alimentaire avec des amphibiens, des mollusques, des crabes, des insectes et d'autres petits rongeurs. Le stockage de la nourriture est fréquent[1].

Lors d'une étude menée sur la Lovat en Biélorussie dans les années 1990, le Vison d'Europe capture 22 espèces de proies différentes[11]. Les amphibiens — tels que la Grenouille des champs (Rana arvalis), la Grenouille rousse (Rana temporaria), la Grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus), la Grenouille verte (Pelophylax kl. esculentus) ou des Crapauds — et les petits mammifères — comme les souris du genre Murinae, le Grand campagnol (Arvicola amphibius) et les musaraignes de la famille des Soricidae — composaient l'essentiel de la biomasse ingérée[11]. Les poissons forment le troisième types de proies : Grands brochets (Esox lucius), Perches communes (Perca fluviatilis), Gardons (Rutilus rutilus), Loches d'étang (Misgurnus fossilis) et Épinoches complètent le régime alimentaire[11]. Les insectes, bien que capturés le plus souvent, ne représente que 1,5 % en masse - les dytiques forment la principale famille d'insectes capturés[11]. La composition du régime alimentaire varie en fonction des saisons, le Vison d'Europe chassant les proies les plus disponibles[11]. En été, les oiseaux et les insectes sont plus fréquemment chassés. En hiver, le Vison d'Europe s'attaque en premier lieu aux amphibiens, et notamment à la Grenouille rousse (Rana temporaria) qui hiverne dans les étangs[11].

Le Vison peut s'attaquer aux animaux domestiques, et notamment aux poulaillers[9].

Reproduction[modifier | modifier le code]

L'accouplement a lieu de février à mars et les naissances surviennent d'avril à mai[1]. La gestation dure de 35 à 72 jours, avec une ovo-implantation retardée pour certaines femelles, ce qui explique l'importante variation de la durée de gestation. La portée varie de deux à sept jeunes, avec une fréquence plus importante pour les portées de quatre à cinq visons[1]. Les petits naissent aveugles : ils ouvrent les yeux à partir de quatre semaines. Ils sont allaités environ dix semaines et se séparent de leur mère à l'automne. La maturité sexuelle est atteinte l'année suivante[1]. Il n'y a qu'une à deux portée par an[5]. La longévité est de sept à dix ans[1].

Vocalisations[modifier | modifier le code]

Le Vison d'Europe est plutôt silencieux. Ces cris d'alarme sont des sons aigus et brefs, émis en série : « yek yek yek »[3].

Hybridation[modifier | modifier le code]

Hybridation naturelle[modifier | modifier le code]

Des cas très occasionnels d'hybridation naturelle avec le Putois (Mustela putorius), proche parent génétique, sont documentés. L'hybridation est assymétrique : seuls les Putois mâles non hybrides se reproduisent avec les Visons d'Europe femelles non hybrides[12],[13]. La descendance femelle est fertile[14],[13]. Le putois ayant deux paires de chromosomes de plus que le Vison, l'hybride se distingue par un nombre de chromosomes impairs (2n = 39) et un nouvel organisateur nucléolaire, différent de celui de ses parents[13]. Les proportions crâniennes de l'hybride sont très proches de celle du putois et ne peuvent donc être utilisées comme un élément discriminant pour le différentier de ses parents[13]. La fourrure de l'hybride présente des caractéristiques intermédiaires entre les deux espèces[13].

Les taux d'hybridation et d'introgression sont respectivement de 3 % et de 0,9 %, ce qui est considéré comme faible par la communauté scientifique et ils sont par ailleurs détectés uniquement sur la génération F1[12]. Plusieurs hypothèses pour expliquer l'hybridation naturelle ont été émises, notamment une faible population, qui entraînerait des accouplements avec l'autre espèce par manque de partenaires interspécifiques[13],[15] ou encore par des préférences sexuelles individuelles dans le choix de ses partenaires[13].

Deux hybrides étudiés en Biélorussie montrent une utilisation de l'habitat proche de celle du putois pendant la saison chaude, en s'éloignant des écosystèmes aquatiques, tandis qu'à la saison froide, ils se rapprochent des cours d'eau[15]. L'alimentation est proche de celle du Vison d'Europe en été, avec la capture de nombreuses grenouilles et poissons, tandis qu'à la saison froide, les hybrides ont un régime alimentaire qui se rapprochent de celui du putois[15]. Les hybrides sont plus actifs la nuit et au crépuscule qu'en journée ; l'activité nocturne est en comparaison, plus intense que celle du putois, mais moins intense que celle du Vison d'Europe[15]. L'utilisation de l'habitat, la prédation et l'activité de l'hybride putois/Vison d'Europe se situe dans une position intermédiaire entre les deux espèces parentes[15].

Hybridation en captivité[modifier | modifier le code]

Des cas d'hybridation en captivité avec le Vison d'Amérique ont été documentés mais jamais validé. A Novossibirsk notamment, un accouplement s'est produit avec fécondation, mais les embryons ont été absorbés[16]. Toujours à Novossibirsk, le Vison d'Europe a été hybridé avec le Putois et le Vison de Sibérie (Mustela sibirica) dans l'optique d'un élevage pour la fourrure[6]. La génération issue de tels croisements est fertile[6].

Parasites[modifier | modifier le code]

Le Vison d'Europe est infecté par de nombreux vers parasites comme les trématodes, les cestodes, les nématodes et les acanthocéphales[17]. En Biélorussie, 93,7 % des Visons d'Europe testés sont infectés par une ou plusieurs espèces d'helminthes (plus souvent deux à trois espèces) sans différence entre les mâles et les femelles[17]. Les plus communs sont les nématodes puis les trématodes[17]. Parmi les nématodes, les vers les plus nombreux sont Aonchotheca putorii qui est présente dans un tiers des cas, puis Capillaria mucronata et Skrajabingylus nasicola[17]. Pour les trématodes, l'espèce la plus fréquente est Euparyphium melis (40 %) ; des espèces plus virulentes sont également répertoriées comme Metorchis albidus et Opisthorchis felineus. Le cestode le plus commun est Spirometra erinaceieuropaei[17],[18]. L'unique espèce d'acanthocéphale est Corynosoma stromosum, de faible incidence (5,8 %)[17].

Spirometra erinaceieuropaei est l'espèce d'helminthes la plus commune du Vison d'Europe. Lors d'une étude réalisée en Biélorussie, les larves de Spirometra erinaceieuropaei étaient présentes dans plus de 70 % des visons auscultés[18]. Entre un et quelques douzaines de vers peuvent infecter un unique hôte[18]. Son incidence varie selon la saison, l'automne étant plus propice à une infestation et le printemps la saison la plus défavorable à cet helminthe[18]. La présence de Spirometra erinaceieuropaei est liée à la sparganose, une maladie ayant déjà décimé des populations capturées pour des réintroductions[18].

En Biscaye, une étude menée sur les ectoparasites ont permis d'identifier deux espèces de tiques affectant le Vison d'Europe : Ixodes hexagonus et Ixodes acuminatus[19]. Une sangsue a également été répertoriée sur un spécimen[19]. En comparaison de la Genette commune (Genetta genetta) et du Vison d'Amérique également étudiés, le Vison d'Europe porte un plus grand nombre de parasites[19]. Les tiques sont situées autour ou à l'intérieur des oreilles, sur la tête ou entre les omoplates, des zones corporelles où l'animal ne peut retirer lui-même ses parasites : cela suggère que le toilettage social est faible chez cette espèce[19]. Les tiques portées par les deux espèces de visons sont les mêmes et des transmissions de maladies pourraient être possible[19].

Génétique[modifier | modifier le code]

La diversité génétique du Vison d'Europe est très faible pour les populations espagnoles et françaises, légèrement plus élevé pour les populations du Sud de l'Europe et encore plus élevée pour les populations de l'Est[12]. La faible diversité génétique des populations françaises et espagnoles ont conduits à l'idée que le Vison d'Europe n'est pas une espèce autochtone à ses régions et qu'elle y aurait été introduite par l'humain. Cette idée est rejetée par l'Union internationale de la nature, qui statue que la faible diversité génétique n'est pas une preuve suffisante pour expliquer une introduction d'origine non naturelle[12].

Habitat[modifier | modifier le code]

Le Vison d'Europe est le seul mustélidé autochtone européen, avec la loutre (Lutra lutra), adapté à la vie semi-aquatique[20]. Bien qu'il passe la plupart de son temps sur la terre ferme, le Vison d'Europe évolue presque exclusivement à proximité de l'eau[1]. On le trouve rarement au-delà de cent mètres d'un cours d'eau[1],[10]. Le Vison d'Europe est présent du niveau de la mer jusqu'à 1 120 mètres d'altitude[12]. Le Vison d'Europe préfère les petits cours d'eau de moins de cent kilomètres, souvent entre dix et cinquante kilomètres de long, aux courants de préférence rapides, avec des berges assez hautes et un lit majeur étroit et peu humide[21]. L'espèce s’accommode également des rivières larges, des petits ruisseaux et des lacs glaciaires[21].

Les statistiques de décès par collision routière et des témoignages montrent que des individus peuvent occuper une zone située à plus d'un kilomètre d'un cours d'eau[10] : il pourrait s'agir d'une population exilée de visons trop jeunes, âgés ou malades poussée loin des cours d'eau principaux par la population dominante[10]. Cette population pourrait être très mobile, à la recherche d'un territoire inoccupé[10].

Il se rencontre aux abords des berges, berges de forêt-galerie et ripisylves des rivières petites et moyennes, le long desquelles il exploite principalement les zones boisées, mais on peut le trouver dans tous types de zones humides, voire dans des agrosystèmes très artificialisés (zone de maraichage). Il utilise les cours d'eau forestiers, les boisements inondables, les marais, les prairies humides et les ruisseaux traversant les zones agricoles.

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Carte de l'Europe avec les aires de répartition du Vison d'Europe.
Aire de répartition du Vison d'Europe selon l'UICN[12].

Évolution européenne globale[modifier | modifier le code]

L'aire de répartition historique du Vison d'Europe était délimitée par la Finlande, l'est de l'Oural, le nord de l'Espagne et le Caucase. L'espèce est découverte récemment en France (en 1839) et en Espagne (1955[22],[23]), ce qui est peut-être un indice d'une progression tardive de l'espèce vers l'Ouest[12], alors qu'elle était en train de disparaître en Europe centrale[1]. Au XIXe siècle, l'espèce est absente de Suède, de Norvège, de Grande-Bretagne, d'Irlande, du Danemark, de la Belgique, du Portugal, de l'Italie et de Bulgarie[24]. Dès le milieu du XIXe siècle, le Vison d'Europe a disparu dans la majorité des territoires d'Autriche, d'Allemagne, de Suisse, de République tchèque, de Slovaquie et des Pays-Bas et est extirpée dans ces pays dès la fin du siècle[24].

Dans les années 1990, sa présence s'est déjà réduite à l'URSS, l'Espagne, la France, la Roumanie et peut-être la Finlande[20]. En 1993, la population sauvage est estimée à moins de 30 000 individus avec la répartition suivante : 1 000 Visons en Espagne, 2 000 en France, peut-être 200 en Roumanie, 150 à 200 en Estonie, 150 à 200 en Biélorussie et 25 000 dans les autres états de la communauté des États indépendants[25].

L'aire de répartition dans les années 2010 est très fragmentaire. Le Vison d'Europe occupe une petite zone du nord de l'Espagne, quelques départements français en Aquitaine, Poitou-Charentes et Loire-Atlantique, le delta du Danube en Roumanie (et peut-être dans les Carpates roumaines), en Ukraine et en Russie[12]. L'espèce est en fort déclin sur l'ensemble de son aire de répartition. Elle a été extirpée des pays suivants : Allemagne, Autriche, Biélorussie, Bulgarie, Croatie, Finlande, Géorgie, Hongrie, Kazakhstan, Lettonie, Lituanie, Moldavie, Monténégro, Pays-Bas, Pologne, Serbie, Slovaquie, Suisse et République tchèque[12].

Les populations du Vison d'Europe sont difficiles à estimer. En effet, sa grande aire de répartition amène une tendance à la surestimation. La présence du Vison d'Amérique sur la majorité des territoires occupés par le Vison d'Europe ne facilite pas le décompte des populations. Le déclin est cependant très important, l'UICN considérant que la population a diminué de 90 % par rapport au début du XXe siècle[12].

Déclin et disparition en Europe centrale[modifier | modifier le code]

En Europe centrale, au XVIIe siècle, l'espèce est déjà considérée comme rare[26].

En Allemagne, le Vison d'Europe est déjà mentionné dès le XVIe siècle[27]. Il est signalé jusqu'en 1948 dans l'Aller près de Wolfsburg[22].

En Pologne, deux zones de populations sont identifiées au XIXe siècle : le bassin versant de l'Oder au nord de la Pologne où l'espèce s'est probablement éteinte dès les années 1830[26] et la région des lacs de Mazurie à l'est où l'espèce a perduré jusqu'à la seconde guerre mondiale[26]. Le dernier spécimen capturé date de 1915[24]. L'espèce est présumée éteinte depuis la seconde guerre mondiale[22].

En Moldavie, l'espèce est commune en Bessarabie au début du XXe siècle. Les populations déclinent soudainement dans les années 1930. Dans les années 1940, seules quelques peaux isolées sont encore vendues dans les marchés aux fourrures. Dans les années 1960, quelques traces de présence sont encore présentes dans les bassins de la Dniestr et de la Prout[24]. Dans les années 1980, ces populations sont supposées éteintes[16].

En ex-Yougoslavie, seules deux captures sont rapportées en 1941 par un chasseur : l'une près de Žabalj en actuelle Serbie et la seconde dans une des iles de la Save[28]. Ces preuves peuvent indiquer qu'une population de Vison d'Europe existait dans la plaine de Pannonie au début du XXe siècle, sans qu'on sache si la population était réellement implantée ou simplement de passage[28].

Les derniers signalements datent de 1952 en Hongrie, près de lac Balaton, en 1951 en Bulgarie, dans les années 1950 en Tchécoslovaquie[22].

Déclin et disparition dans les pays baltes et nordiques[modifier | modifier le code]

En Lettonie et en Lithuanie, l'espèce n'est plus représentée depuis les années 1960[24].

Le Vison d'Europe est décrit comme présent en Lithuanie dans les publications de zoologie du XVIIIe siècle et XIXe siècle[29]. Toutefois, dès le milieu du XIXe siècle, l'espèce est considérée comme rare[29]. Du début du XXe siècle jusqu'à la Seconde guerre mondiale, l'espèce est présente en de nombreuses régions et notamment au sud-est du pays[29]. Entre 1949 et 1951, entre 5 et 17 Visons d'Europe sont enregistrés chaque année dans quatre régions du sud-est de la Lithuanie[29]. Les deux dernières observations de Vison d'Europe en Lithuanie remontent à 1978 près de la rivière Merkys et en 1979 pour un spécimen capturé dans un pièce à ressort près de la rivière Spengla, un affluent de la Merkys[29].

En Estonie, il reste une population sauvage au centre et au nord du pays dans les années 1980[30]. Le dernier individu sauvage a été piégé en 1996, toutefois, l'espèce a rétabli une petite population de moins de cent individus sur l'île Hiiumaa[12] : afin que l'opération réussisse, l'ensemble des Visons d'Amérique présents sur l'île ont été exterminés, puis quelques douzaines de Vison d'Europe ont été ré-introduites entre 2000 et 2001[31].

En Finlande, plusieurs populations sont signalées jusqu'en 1981, en 1987 l'espèce est considérée comme éteinte[22] jusqu'à la capture d'un nouvel individu en 1992[25].

Déclin et disparition en Biélorussie[modifier | modifier le code]

En Biélorussie, le Vison d'Europe est commun jusqu'à la fin des années 1940[32]. Un déclin continu commence au milieu des années 1950 jusqu'au milieu des années 1970, où l'espèce disparaît du sud-ouest du pays[32]. Au début des années 1980, deux petits noyaux de populations sont encore présents au sud-est et au nord de la Biélorussie[32]. L'espèce vit au nord-est du pays jusque dans les années 1990 dans les rivières de Drissa, Obol, Lovat, Luzesnienka, Ovsienka, Orsica et peut-être dans la Lucosa[32]. Cette petite population de 150 à 200 individus est alors déclinante[32]. Des études publiées en 1995 montrent que le Vison d'Europe est encore présent au centre du bassin versant de la Lovat, le Vison d'Amérique, pour la première fois signalé dans la région en 1989, progressant à l'aval et à l'amont[21]. L'espèce est considérée comme extirpée par l'UICN en 2014[12].

Espagne[modifier | modifier le code]

Le Vison d'Europe est signalé pour la première fois en Espagne en 1955 par Rodriguez de Ondarra qui décrit trois spécimens capturés en 1951 et 1952 dans l'est de Guipuscoa[33],[23]. Auparavant, aucun autre signalement n'est présent dans la rare littérature scientifique ou dans les collections muséologiques[33]. De même aucun témoignage de trappeurs ou de décès routiers n'est relevé avant les années 1950[33]. Le Vison d'Europe a colonisé l'Espagne depuis la France[33].

L'espèce a probablement colonisé naturellement l'Espagne en passant par la France au milieu des années 1940[23]. Des captures dans les provinces d'Alava, de Biscaye et en Navarre confirme l'implantation de l'espèce dans les années 1950 et 1960[23]. L'espèce est signalée pour la première fois en Biscaye en 1963[34], elle s'étend rapidement à l'est et au centre de cette province, jusqu'au Nervion[34]. Le Vison d'Europe est confiné dans les années 1980 au nord de l'Espagne, de la Navarre aux Asturies[22]. Un premier mâle est découvert en 1989 dans l'Èbre, près de la mer méditerranée[35]. Dans les années 1990, le Vison d'Europe colonise la Biscaye à l'ouest du Nervion et la majeure partie de la province est occupée dans les années 2000[34].

Au début des années 2000, l'espèce est présente au pays basque, en Navarre, à La Rioja et en Castille-et-León au nord des provinces de Burgos et de Soria[36]. Cela représente une aire de répartition de 22 500 km2, soit entre 4,5 et 5 % du territoire espagnol[36],[Note 1]. Entre 1 900 et 2 000 km de rivières sont occupés, avec une densité de population de 0,25 à 1,25 visons par kilomètre de rivière[36]. La population est alors estimée à 900 à 1 000 Visons d'Europe[36]. Toutefois, la disparition de l'espèce dans la province basque d'Alava est également confirmée, avec un remplacement par le Vison d'Amérique[36]. L'enquête espagnole montre que l'espèce invasive est déjà présente au centre du pays, au nord du pays basque et en Navarre[36].

La population principale est située dans le bassin versant de l'Èbre sur le bassin méditerranéen. Sur la côte atlantique, les populations sont particulièrement fragmentées sur l'ensemble des rivières cantabres. Grâce un politique intensive de contrôle du Vison d'Amérique depuis 2003, les populations du bassin méditerranéen étaient stables jusqu'en 2011. De 2011 à 2014, les populations de l'Èbre se sont fragmentées en raison de la recrudescence du Vison d'Amérique. Durant la même période, l'aire de répartition s'est étendue au sud et au sud-est dans l'Aragon. Le Vison d'Europe se distribue sur environ 2 000 km de rivières espagnoles pour une population estimée à cinq cents individus[12].

Estonie[modifier | modifier le code]

En Estonie, le Vison d'Europe a été réintroduit dans l'île de Hiiumaa en 2000. Moins de cent individus peuplent l'île[12].

France[modifier | modifier le code]

La « découverte » du Vison d'Europe en France est publié par Edmond de Sélys Longchamps en 1839[27]. L'espèce est confondue avec le putois jusqu'au début du XXe siècle. Les trappeurs et chasseurs le nommaient d'ailleurs « putois d'eau » ou « putois de rivière », en pensant que le Vison d'Europe est une variété semi-aquatique du putois[27].

Les premières études sont menées à partir du milieu du XIXe siècle au début du XXe siècle par Jacques Pucheran, Fernand Lataste, Édouard Louis Trouessart, Henri Gadeau de Kerville, Émile Anfrie, Georges Vacher de Lapouge et Xavier Raspail[27]. Les premières études, bien que parfois sujettes à caution, semblent montrer que le Vison d'Europe a une large aire de distribution en France[27]. De nouvelles études sont entreprises soixante ans plus tard par Marie-Charlotte Saint Girons, van Bree et Chanudet réduisant l'aire de distribution au front atlantique[27].

Un trappeur costarmoricain témoigne que l'espèce était très commune entre 1930 et 1950[27]. Trappeurs et chasseurs témoignent d'un déclin rapide des prises de la fin des années 1950 au début des années 1960[27]. Le dernier signalement dans le Morbihan date de 1971[22]. Dans les années 1980 en France, le Vison d'Europe est signalé dans le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, la Manche, la Charente, la Charente-maritime, la Mayenne, la Dordogne, la Gironde, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantique[22]. Toutefois, seuls le sud-ouest de la France et la Bretagne présentaient des populations importantes[22].

En Bretagne, les populations du nord-est, du sud et du centre du Morbihan, et notamment celles du marais de Noyalo sont alors considérées comme les plus conséquentes (une dizaine de signalements dans les années 1980)[22]. Dans le marais de la Brière en Loire-Atlantique, le dernier signalement date de 1984 lorsque deux à trois Visons d'Europe se sont noyés dans des pièges à anguilles[22]. Toujours en Loire-Atlantique, un individu mort est découvert près de Sévérac en 1992[37]. En Ille-et-Vilaine, un individu est noté près de Saint-Erblon en 1984, un autre est piégé en 1986[22]. En Vendée, un individu est piégé accidentellement en 1989[37]. La présence de l'espèce est signalée dans les années 1980 dans le parc naturel régional de Grande Brière, dans la réserve naturelle du lac de Grand lieu et dans la réserve naturelle du domaine de Chérine[16].

En France, la dernière estimation de population, réalisée en 2004, a comptabilisé une petite centaine d'individus. Selon l'UICN, l'espèce s'est peut-être éteinte[12].

Roumanie[modifier | modifier le code]

La Roumanie est l'exception qui confirme la règle : découverte relativement tardivement (année 1990), la population du delta du Danube est sans nul doute la plus viable dans le monde.

La population est estimée entre 1 000 et 1 500 individus en 2014. Deux zones d'occupation sont identifiées : le delta du Danube et les Carpates soumaines. Les 3 500 km de canaux et 450 km de lagons du delta du Danube représentent l'aire de répartition majeure de l'espèce dans le monde. Dans les Carpates, l'espèce est beaucoup moins fréquente avec 15 observations rapportées entre 1990 et 2014[12].

Russie[modifier | modifier le code]

En Russie, le déclin de l'espèce commence en 1950. En 1986, la population d'URSS est estimée à entre 40 000 à 45 000 individus sur la base d'un questionnaire transmis à des chasseurs, sans précision sur l'espèce de vison, ce qui présente un risque de mauvaise identification[22]. Dans les années 1980, les populations principales sont situées dans les rivières Wasuwa, Ugra, Sosh, Oster, Chmara, Wolga et Dwina[16]. Les populations du Caucase étaient sur le point de s'éteindre et celles à l'Ouest de la Sibérie et au nord du Kazakhstan sont supposées éteintes[16]. L'espèce est signalée dans le parc national de Lahemaa en Estonie et dans les réserves naturelles de la Forêt Centrale, le parc national des Carpates et de Dunaiskie Plavni en Ukraine, de Kanevskii et de Cemomora. En Géorgie, les réserves naturelles de Ritsa-Avakhar et de Adzhametsky ont également été habitées par le Vison d'Europe[16].

L'espèce était présente près de Moscou sur deux petites zones au moins jusqu'à 1994. Toutefois, des recherches par empreintes dans la neige n'ont pas permis de mettre en évidence la présence de l'espèce dans ces mêmes zones en 1997. De faibles populations sont présentes autour de Vologda et au nord-ouest de la région d'Arkhangelsk, toutefois, la présence du Vison d'Amérique y est également confirmée et les scientifiques sont peu optimistes sur la survie de ces populations russes[6]. En 1994, un décompte de populations réalisé à partir des empreintes donne des résultats alarmants pour les rivières de Tver, Pskov et Smolensk[38].

Entre 1981 et 1988[6], une introduction de 338 Visons d'Europe dans le sud des îles Kouriles (sur les îles d'Ouroup et de Kounachir[16],[6]) est tentée bien que l'espèce ne s'y soit jamais implantée naturellement : l'opération est un échec[12].

Au début des années 2000, les populations russes ont été estimées à environ 20 000, toutefois, aucun recensement de grande ampleur n'a été mené. En 2006, les données de prélèvements de chasse effectués dans les régions de Vologda et de Kostroma montrent que la proportion de peaux de Vison d'Europe par rapport à celles du Vison d'Amérique est passée de 50 à 70 % à entre 1 à 10 % en cinq à sept années. Pour l'ensemble de la Russie, les données récentes font état de la capture d'individus isolés ou de populations très localisées d'une dizaine d'individus. Le nombre de 20 000 Visons d'Europe paraît donc surestimé selon l'UICN. Le Vison d'Europe est éteint ou probablement éteint dans 66 % des régions de son aire de répartition historique. Les preuves de présence les plus récentes proviennent de Vologda en 2011, de la région de Tver en 2012, de Krasnodar et de Kostroma en 2013 et de l'Arkhangelsk en 2014. L'espèce survit peut-être dans la région d'Ivanovo, de Iaroslavl et de Stavropol. Le Vison d'Amérique est déjà devenu l'espèce la plus répandue dans la région d'Arkhangelsk et de Komi[12].

Ukraine[modifier | modifier le code]

En Ukraine, dans les années 1930-1940, le Vison d'Europe est répandu dans tout le pays, sauf en Crimée[24]. Un déclin très rapide commence dans les années 1950-1960 et l'espèce est considérée comme quasi-éteinte en 1999[24]. Toutefois, elle a été re-découverte dans les deltas du Danube et du Dniestr en 2007[12].

Populations captives[modifier | modifier le code]

Le zoologiste polonais Stanisław Konstanty Pietruski est probablement le premier à détenir un Vison d'Europe en captivité, ce dont il est très fier car « Linné et Buffon n'ont jamais pu en voir un vivant »[26].

Dans les années 1990, deux Visons d'Europe étaient détenus par le zoo de Saint-Pétersbourg[16].

Les premières tentatives d'élevage par le zoo de Talinn commence en 1983. Le projet « Lutreola », qui commence un an plus tard, a pour but d'accroître les connaissances sur le Vison d'Europe en Estonie. Entre 1984 et 1988, les enclos des Visons d'Europe sont construits. Une partie des fondateurs de l'élevage est prélevée directement dans la nature estonienne, les autres sujets étant originaires d'individus captifs d'Union soviétique[30]. En 1986, deux premières femelles donnent naissance à quatre petits[30]. En 1987, la population captive du zoo de Talinn atteint douze individus[16]. Trois jeunes naissent cette même année sans atteindre l'âge adulte. En 1988, aucune naissance n'est enregistrée, probablement en raison de la pollution sonore due à des constructions de bâtiments proches des enclos. En 1989, trois femelles donnent naissance à cinq petits dont quatre atteindront l'âge adulte. En 1990, la population captive du zoo de Talinn est de quinze individus, dont huit sont nés en captivité[30].

Dans un élevage de Novossibirsk, dix-sept portées sont nées à partir de deux mâles et deux femelles, ce qui a permis la naissance de 32 mâles et 28 femelles. En France, un éleveur privé détenait des Visons d'Europe en Brière[16].

Des Visons d'Europe ont été détenus à Lisbonne en 1958, à Berlin de 1931 à 1935 et à Francfort de 1953 à 1956[16].

En 1992, le premier Conservation and breeding Commitee (EMCC), qui a pour but principal de maintenir une population captive viable, est managé par le Zoo de Talinn[39]. Le premier studbook est publié en 1993[40].

Menaces[modifier | modifier le code]

Une modélisation avec un système d'information géographique montre que les menaces majeures de fragmentation de la population du Vison d'Europe en Biscaye sont la dégradation de l'habitat (par l'urbanisation et l'artificialisation des cours d'eau) et l'expansion du Vison d'Amérique[41].

Chasse et piégeage[modifier | modifier le code]

Article connexe : Piégeage animal.

Au début du XXe siècle, le piégeage pour la fourrure a joué un rôle majeur dans la régression du Vison d'Europe[42]. Des années 1930 à 1970, une cinquantaine de Visons d'Europe est tuée chaque année dans les Côtes d'Armor, qui était peut-être le département ayant la plus grande population bretonne[22]. A Rennes, un pelletier préparait une centaine de peaux chaque année à la fin du XIXe siècle[27]. Un trappeur costarmoricain a capturé plus de deux milles Vison d'Europe dans le département entre 1930 et 1970 : il témoigne que l'espèce était très commune entre 1930 et 1950[27]. Chassée avec des chiens, elle est un « produit dérivé » de la chasse à la loutre[27]. Trappeurs et chasseurs témoignent d'un déclin rapide des prises de la fin des années 1950 au début des années 1960[27]. La fourrure de vison, utilisée en garniture sur les habits de cérémonie, était une emblème répandu de royauté[42]. Les peaux de vison sont toujours l'un des produits les plus cher et luxueux de la mode européenne, toutefois, depuis l'arrivée de l'élevage, la majorité des peaux utilisées proviennent d'individus captifs, et notamment de Vison d'Amérique. Cela a également de faire baisser les prix[42]. En Union soviétique, 49 850 peaux de Visons d'Europe sont en moyenne vendues chaque année de 1922 à 1924[1]. En 1996, une peau de vison est vendue soixante dollars en Biélorussie, ce qui représente un une grande partie du revenu moyen biélorusse à cette époque selon Hans Kruuk[43].

Jusque dans les années 1970, la principale cause de disparition du Vison d'Europe en France est le piégeage pour sa fourrure[27].

Destruction de l'habitat[modifier | modifier le code]

La destruction ou le drainage des zones humides s'est considérablement accéléré dans la seconde moitié du XXe siècle. La construction de barrages hydroélectriques et la pollution de l'eau ont également fortement dégradé son habitat[1]. L'assèchement des zones humides est une cause majeure de perte de l'habitat du Vison d'Europe. Le drainage a fortement modifié les zones humides : en Bretagne, 40 % des zones humides côtières ont été modifiées dans les années 19970-1990 et 67 % des zones restantes ont été modifiées. La dégradation de nombreux milieux naturels s'est traduite par une baisse globale de la capacité d'accueil des espèces semi-aquatiques. De même, la modification des rivières, par la création de canaux ou la dé-végétalisation des berges a contribué à diminuer l'habitat favorable au Vison d'Europe[44]. Par exemple, les possibilités de tanières et d'abris nécessaires à la reproduction sont amoindries[45].

La modification des berges et rives a également un impact négatif sur le nombre de proies disponibles pour le Vison d'Europe, les insectes, amphibiens, rongeurs et oiseaux aquatiques diminuant en nombre après l'artificialisation des rivières[45]. Cet effet s'additionne à la disparition de certaines proies, comme les écrevisses décimées par une épidémie d'aphanomicose dans les années 1980[45].

Sa position de prédateur situé au sommet de la pyramide alimentaire l'expose plus que beaucoup d'autres espèces aux polluants bioaccumulés (métaux lourds, PCB, perturbateurs endocriniens…).

Dans les années 2000, plusieurs études ont montré que le déclin des populations de mustélidés en Europe, et tout particulièrement du Vison d'Europe dans l'ouest de la France est au moins pour partie induit par le morcellement des populations, même là où le milieu n'a apparemment pas changé, ou pas globalement changé.

Piégeage indifférencié des nuisibles[modifier | modifier le code]

L'espèce est protégée depuis 1976 mais des animaux sont encore détruits accidentellement par confusion avec le Putois, le Ragondin ou le Vison d'Amérique (Neovison vison). En Bretagne par exemple, les campagnes massives de destruction de Visons d'Amérique ont probablement joué un rôle important dans la disparition du Vison d'Europe. Dans les années 1990, la mort accidentelle dans un piège initialement destiné au Rat musqué (Ondatra zibethicus), au Ragondin (Myocastor coypus) et au Vison d'Amérique était une des principales menaces pour la survie du Vison d'Europe en France[46].

Dans les départements où le putois est classé nuisible, il existe également un risque d'erreur d'identification par les piégeurs, notamment avec le putois lorsqu'il est de couleur sombre (voir les travaux du Professeur Thierry Lodé).

Les campagnes d'empoisonnement de rongeurs déprédateurs, et notamment le Ragondins, constituent également une menace bien réelle. Le Vison d'Europe peut s'intoxiquer en consommant des rongeurs empoisonnés[44]. Dans les années 1980 et 1990, l'utilisation de pièges à dents pourtant interdite, est signalée comme un risque pour la survie du Vison d'Europe[44].

En France, certains départements, comme la Charente ont, d'une part interdit l'utilisation de carottes empoisonnées, d'autre part proposé aux piégeurs de munir gratuitement leurs pièges d'une trappe à vison d'Europe lui permettant de s'en échapper[47] alors que les ragondins et les visons d'Amérique sont trop gros pour passer.

Collisions routières[modifier | modifier le code]

De nombreuses infrastructures routières sont également meurtrières. Douze cas de mort par collision routière sont répertorié en Bretagne entre 1936 et 1986. Le Vison d'Europe traverse notamment les routes au niveau des ponts[44].

Introduction du Vison d'Amérique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Vison d'Amérique.

L'arrivée du Vison d'Amérique (Neovison vison) en Europe dans les années 1920 a été un facteur aggravant du déclin du Vison d'Europe[45]. Ce vison s'est échappé de visonnières implantées en Europe[3]. Ce vison est un prédateur plus opportuniste, moins dépendant des bordures de rivières et plus agressif[45]. La compétition interspécifique est forte car le Vison d'Amérique partage le même type d'habitat et la même nourriture[44]. Le Vison d'Amérique occupe un réseau trophique à 75,4 % similaire à celui du Vison d'Europe, tout en ayant une plus grande variabilité dans les proies chassées[11]. C'est un cas d'exclusion compétitive[21] : le Vison d'Amérique supplante l'espèce européenne et devient rapidement l'espèce de vison dominante[31].

Plus gros, il est suspecté qu'il puisse s'accoupler avec les femelles Visons d'Europe : si les naissances ne sont pas possibles en raison de l'éloignement génétique, l'accaparation des femelles baisse le taux de fertilité du Vison d'Europe[45].

La présence du Vison d'Amérique rend les recherches sur l'aire de distribution du Vison d'Europe plus ardues car les confusions entre les deux espèces sont fréquentes. Les sondages basés sur les témoignages de chasseurs et de trappeurs sont notamment plus complexes à mettre en œuvre[7].

En Biélorussie, l'arrivée du Vison d'Amérique est jugée comme la principale cause du déclin du Vison d'Europe[48],[49]. Un nombre important de Vison d'Amérique partageant les mêmes plans d'eau que le Vison d'Europe conduit à l'extinction de ce dernier en cinq à sept ans[48].

La présence du Vison d'Amérique pose la question sur les capacités de survivance du Vison d'Europe en Europe continentale. En Biélorussie, une étude a été menée pour limiter le nombre de Visons d'Amérique dans la Lovat par piégeage et élimination sélectifs[49]. Des campagnes d'éradication menées en 1993, puis 1998-2001 ont permis de diminuer la densité de population de l'espèce invasive[49]. Ces mesures ont été jugées comme assez efficaces, ayant permis la préservation d'une petite population de Vison d'Europe sur l'aire d'études et la recolonisation d'écosystème aquatique abandonné par l'espèce[49]. La chasse sélective au Vison d'Amérique est à privilégier à la fin de l'automne et au début du printemps, et, afin de maintenir une population viable de Vison d'Europe, l'effort de piégeage doit être soutenu[49].

Protection[modifier | modifier le code]

Le Vison d'Europe est listé comme « en danger critique d'extinction » (CR) par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) depuis 2011. L'espèce était précédemment listée comme « vulnérable » de 1988 à 1994, puis « en danger » (EN) entre 1994 et 2011. De 1995 à 2015, les populations ont décru de plus de la moitié et les prévisions restent au déclin des populations dû à la dégradation ou à la perte de son habitat ainsi qu'à l'arrivée d'espèces envahissantes, notamment le Vison d'Amérique[12]. L'espèce constitue possiblement la prochaine espèce de mammifères européens à disparaître[18].

En Union européenne, l'espèce est inscrite dès l’origine aux annexes II et IV de la Directive habitats, qui impose une protection de l'espèce dans son aire de répartition naturelle[2]. En 1992 et 1993, la Société française pour l'étude et la protection des mammifères (SFEPM) intervient pour que le Vison d'Europe devienne une espèce prioritaire de l'annexe II de la directive européenne et ce statut est obtenu en mai 2004[2].

Le Vison d'Europe est protégé en France depuis 1977[7]. En application du Code de l'Environnement, l'espèce est inscrite dans la liste des espèces de mammifères protégés par l'arrêté interministériel du 23 avril 2007, à ce titre, la destruction des sites de reproduction et des aires de repos, la destruction, la capture ou la vente du Vison d'Europe est interdite sur l'ensemble du territoire français[2].

En Espagne, dans les années 2000, les scientifiques pointent une protection légale insuffisante de l'espèce, avec un classement national comme espèce vulnérable alors que les populations sont très faibles[36]. Un plan d'action espagnol est engagé entre 1999 et 2000[36]. Trois fonds LIFE (2001-2004) de l'Union européenne sont allouées aux provinces d'Alava, de Castille-et-León et de La Rioja pour préserver l'espèce en limitant l'expansion du Vison d'Amérique dans le bassin de l'Ebre, en étudiant la biologie, l'écologie et l'aire de répartition du Vison d'Europe, en protégeant son habitat et en améliorant les connaissances des Espagnols sur cette espèce[36].

Le Vison d'Europe est l'un des mammifères les plus en danger en Europe et à ce titre jouit aujourd'hui théoriquement d'un statut de protection totale. Au niveau européen, plusieurs plans de sauvegarde ont été mis en place, notamment en Estonie (suivi par Tiit Maran), en France (suivi par Thierry Lodé) en Allemagne (suivi par R. Schroepfer).

L'installation d'écoducs spéciaux dits « passages à visons » sous les ponts est à l'étude dans plusieurs secteurs (zone Natura 2000 Vallée de l'Antenne par exemple).

En France, le plus grand projet autoroutier de 2008 (autoroute A65 Pau-Langon qui sur 150 km, des Pyrénées-Atlantiques à la Gironde traverse une des dernières zones de survie du Vison d'Europe) a été bloqué le 20 mars 2008 par un avis défavorable du comité permanent du Conseil national de protection de la nature qui a jugé insuffisantes les mesures compensatoires proposées par l'aménageur-concessionnaire[50]. Cependant l'autoroute a tout de même été construite et inaugurée en 2010.

Gestion des risques de piégeage accidentel[modifier | modifier le code]

La chasse et le piégeage du Vison d'Amérique peuvent contribuer à la préservation du Vison d'Europe, s'ils sont bien ciblés. Le Vison d'Amérique est en effet une espèce invasive non autochtone, qui entre en concurrence directe avec l'espèce européenne.

Piège à ragondin

Le Vison d'Europe est protégé en France tandis que le Vison d'Amérique est sur la liste des espèces susceptibles d'être classées nuisibles par arrêté ministériel du 30 septembre 1988. Le vison européen (comme le castor d'Europe et la loutre qui partagent le même habitat) peut être accidentellement tué par des pièges destinés à des espèces dites nuisibles (telles que le rat musqué ou le ragondin). Pour éviter ceci un arrêté du 8 juillet 2013, abrogé et remplacé par un nouvel arrêté du 24 mars 2014 (J.O. du 2 avril 2014, pour une entrée en vigueur le 1er juillet[51]) interdit les pièges tuant de catégories 2 et 5, dans les zones de présence de ces espèces (ces zones sont définies par arrêté préfectoral mis à jour annuellement).

Taxinomie[modifier | modifier le code]

La classification systématique du Vison d'Europe a subi de nombreux changements, l'espèce ayant été rangée dans une dizaine de genres différents, incluant un rapprochement avec le putois, les loutres et même les genettes[52]. Carl von Linné place définitivement l'espèce dans le genre Mustela dans la douzième édition de Systema naturae (1766)[52]. L'espèce est placée dans la sous-famille des Mustelinae par George Gaylord Simpson en 1945[53],[54]. Les fossiles de mustélidés montrent que cette famille de carnivores est marquée par de nombreuses dispersions intercontinentales[54]. Le fossile le plus ancien de mustélidés a été découvert en Allemagne et date de l'Oligocène[55],[54].

Des études génétiques ont permis de comprendre que les mustélinés forment un clade comprenant les genres Mustela et Neovison[54]. Les sous-familles des mustélinés et des loutres ont divergé il y a 8,7 à 9 millions d'années, durant la première explosion de diversité des mustélidés entre le milieu et la fin du Miocène[54]. Les différentes espèces de Mustela ont commencé à diverger durant la seconde explosion de diversité qui s'est déroulée durant le Pliocène, majoritairement en Eurasie[54]. Les explosions de diversité coïncident avec des glaciations, ayant fortement modifié l'environnement des mustélidés[54]. Parmi les membres du genre Mustela, le Vison d'Europe diverge il y a 1,2 à 1,3 million d'années[54]. Ces plus proches cousins sont le Putois des steppes (Mustela eversmanni), le putois (Mustela putorius), le Putois à pieds noirs (Mustela nigripes) et le Vison de Sibérie (Mustela sibirica)[54]. Le Vison d'Amérique, très proche physiquement, est très éloigné phylogénétiquement : leur ressemblance est le résultat d'une convergence évolutive[52].

Les populations françaises et espagnoles sont très proches génétiquement et partagent le même haplotype mitochondrial[52]. En 1974, cinq sous-espèces sont listées, réparties en Union soviétique et dans les pays voisins (M. l. lutreola, M. l. novikovi, M. l. turovi, M. l. cyclipena et M. l. transsylvania), toutefois, les deux dernières étaient considérées comme de validité douteuse par les auteurs de la proposition. En 1982, Youngman considère que l'espèce ne peut être subdivisée en aucune sous-espèce[20]. Les populations françaises ont été parfois découpées en deux sous-espèces en 1912 — M. l. biedermanni et M. l. aremorica —, mais celles-ci ont été invalidées[27]. Mammal Species of the World liste sept sous-espèces : M. l. lutreola, M. l. biedermanni, M. l. binominata, M. l. cylipena, M. l. novikovi, M. l. transsylvanica et M. l. turovi[56].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Efforts de recherche[modifier | modifier le code]

La première réunion d'un groupe d'experts européens sur le Vison d'Europe a eu lieu les 4 et 5 avril 1991 à Strasbourg, sous l'organisation du conseil de l'Europe[45]. La situation précaire de l'espèce conduit dès 1993 a se prononcer en faveur de l'élevage conservatoire en captivité[57]. En 1993, la Société française pour l'étude et la protection des mammifères (SFEPM) consacre son meeting annuel à l'état de la recherche sur la Loutre d'Europe et le Vison d'Europe[58].

Dénomination[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, Armand de Montlezun note que les chasseurs, peu habitués à voir le Vison d'Europe, le confondent avec le putois (Mustela putorius putorius)[3]. Le Vison d'Europe a été nommé jusqu'au début du XXe siècle par des termes reflétant une certaine méconnaissance de l'espèce et sa confusion avec le putois ou la loutre : « lutreola », « petite loutre », « putois à tête de loutre », « putois d'eau », « putois des marais » ou encore « putois à pieds palmés »[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette aire est cependant fortement surestimée car le Vison d'Europe n'est présent qu'à proximité immédiate des cours d'eau.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p (en) Ronal M. Nowak, Walker's Carnivores of the World, The Johns Hopkin University Press, , 313 p. (ISBN 0-8018-8032-7), p. 146.
  2. a, b, c, d, e et f Deuxième plan national de restauration du vison d’Europe
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s et t Bellefroid et Roscoux 2005, p. 15-25
  4. a et b Référence Fonds documentaire ARKive : Mustela lutreola (en)
  5. a, b, c et d « Le Vison d'Europe une espèce menacée de disparition », sur www.sfepm.org, Société française pour l'étude et la protection des mammifères, (consulté le 11 mars 2018)
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vison infos, DIREN Aquitaine (ISSN 1631-2597)
  • (en) A. Schreiber, R. Wirth, M. Riffel et H. van Rompaey, Weasels, Civets, Mongooses and their Relatives : An Action Plan for the Conservation of Mustelids and Viverrids, IUCN/SSC Mustelid and Viverrid Specialist Group, , 99 p. (lire en ligne). 
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  • Marie-des-neiges de Bellefroid et René Roscoux (préf. Eladio Fernández-Galiano), Le Vison d'Europe, Belin Éveil nature, coll. « Approche », (ISBN 2-7011-4147-8, ISSN 1763-2935, notice BnF no FRBNF40055742). 
  • GEREA et DIREN Aquitaine, Deuxième plan national de restauration du vison d’Europe (Mustela lutreola), 2007-2011, (lire en ligne)