Virosome

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Un virosome est une vésicule constituée d'une membrane phospholipidique simple, mono- ou bicouche, incorporant des protéines dérivées de certains virus destinées à permettre la fusion de cette vésicule avec la membrane plasmique de cellules cibles. Cette technique a été publiée pour la première fois en 1975 à partir de virus de la grippe[1] (influenza). Dépourvus de matériel génétique, les virosomes sont incapables de se reproduire, et sont simplement en mesure de pénétrer dans les cellules de la même façon que les virus dont sont issues les protéines incluses dans leur membrane[2]. Ces propriétés permettent d'envisager de les utiliser comme transporteurs de médicaments, à l'instar des liposomes.

Des virosomes peuvent être produits en laboratoire en séparant l'enveloppe virale, constituée de lipides et de protéines, du reste du virus, constitué d'acides nucléiques et d'autres protéines. Cette opération est indispensable pour détruire la capacité de reproduction du virus, et donc sa nature pathogène, ainsi que pour permettre de placer le contenu désiré dans le virosome, par exemple un médicament, un gène[3], ou pour recevoir les antigènes souhaités. Les virosomes sont essentiellement produits à partir d'Orthomyxoviridae (virus de la grippe).

Virosome d'influenza[modifier | modifier le code]

Contrairement aux liposomes, ces virosomes contiennent des glycoprotéines fonctionnelles de l'enveloppe virale de virus de la grippe (Orthomyxoviridae), hémagglutinine (HA), neuraminidase (NA) et canal à protons (en) (M2), incluses dans la bicouche lipidique de leur membrane phospholipidique[4]. Leur diamètre est typiquement de l'ordre de 150 nm. Ce sont des enveloppes vides reconstituées de virus de la grippe dépourvues de la nucléocapside contenant le matériel génétique du virus et conférant à ce dernier sa capacité à se reproduire[5]. Les propriétés particulières de ces virosomes sont dues à la présence de l'hémagglutinine active dans leur membrane. Cette protéine virale ne confère pas seulement leur stabilité structurelle et leur homogénéité aux formulations à base de virosomes, elle contribue également à leurs propriétés immunologiques, ce qui les différencie nettement des liposomes et des autres systèmes de transport à base de protéoliposomes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) June D. Almeida, D. Caird Edwards, Colin M. Brand et Timothy D. Heath, « Formation of virosomes from influenza subunits and liposomes », The Lancet, vol. 306, no 7941,‎ , p. 899-901 (PMID 53375, DOI 10.1016/S0140-6736(75)92130-3, lire en ligne)
  2. (en) Laura Bungener, Jacqueline Idema, Wouter ter Veer, Anke Huckriede, Toos Daemen et Jan Wilschut, « Virosomes in vaccine development: induction of cytotoxic T lymphocyte activity with virosome-encapsulated protein antigens », Journal of Liposome Research, vol. 12, nos 1-2,‎ , p. 155-163 (PMID 12604050, DOI 10.1081/LPR-120004789, lire en ligne)
  3. (en) M. Khoshnejad, P. R. Young, I. Toth et R. F. Minchin, « Modified Influenza Virosomes: Recent Advances and Potential in Gene Delivery », Current Medicinal Chemistry, vol. 14, no 29,‎ , p. 3152-3156 (PMID 18220748, DOI 10.2174/092986707782793989, lire en ligne)
  4. (en) Sang-Moo Kang, Jae-Min Song, Fu-Shi Quan et Richard W. Compans, « Influenza vaccines based on virus-like particles », Virus Research, vol. 143, no 2,‎ , p. 140-146 (PMID 19374929, DOI 10.1016/j.virusres.2009.04.005, lire en ligne)
  5. (en) Anke Huckriede, Laura Bungener, Toon Stegmann, Toos Daemen, Jeroen Medema, Abraham M. Palache et Jan Wilschut, « The virosome concept for influenza vaccines », Vaccine, vol. 23, no 1,‎ , S26-S38 (PMID 16026906, DOI 10.1016/j.vaccine.2005.04.026, lire en ligne)