Paul Virilio

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Virilio)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Paul Virilio, né le 4 janvier 1932 à Paris et mort le dans la même ville[1], est un urbaniste et essayiste français.

Il est principalement connu pour ses écrits sur la technologie et la vitesse dont l'alliance constitue à ses yeux une « dromosphère ». Il a également étudié les risques inhérents aux nouvelles technologies et comment la technocratie tend à les cacher[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Virilio naît d'un père italien communiste et d'une mère bretonne catholique. Enfant, il vit les bombardements de Nantes pendant la Seconde Guerre mondiale et en garde un intérêt pour les choses de la guerre et une inquiétude pour la fragilité du monde urbain.

Il suit une formation de maître verrier à l'École des métiers d'art, à Paris, tout en suivant les cours de Vladimir Jankélévitch et de Raymond Aron à la Sorbonne. Puis, il collabore avec Henri Matisse à Saint-Paul-de-Vence et avec Georges Braque à Varengeville. Il se convertit au catholicisme en 1950. Il est appelé pendant la guerre d'Algérie.

En 1958, il entreprend une étude phénoménologique sur les territoires militaires, en particulier sur les bunkers du mur de l'Atlantique.

En 1963, il fonde avec Claude Parent, le groupe Architecture Principe, puis publie un premier manifeste pour une architecture oblique[3]. Tous deux professeurs à l'École spéciale d'architecture (ESA) à Paris, ils forment dans leur atelier plusieurs grands noms de l'architecture contemporaine française, comme Jean Nouvel.

L'enseignement de Virilio à l'École spéciale d'architecture évolue vers l'urbanisme et l'architecture, qu'il aborde en même temps comme un vaste système de réseaux dont il s'agit de catégoriser les objets, puis pondérer la hiérarchie par leurs vitesses[4]. Il a mis en évidence l'importance de l'espace concret dans la vie sociale[2], et plusieurs auteurs qui l'ont connu ont fait une œuvre remarquable sur ce sujet, comme Espèce d'espaces de Georges Perec (1974), Énergie et équité d'Ivan Illich (1973) ou L'Art de faire de Michel de Certeau (1980).

Ses analyses sont parfois critiquées. En 1997, Alan Sokal (professeur de physique à l'université de New York) et Jean Bricmont (professeur de physique à l'université de Louvain) consacrent le neuvième chapitre de leur ouvrage Impostures intellectuelles (p. 153-158) à Paul Virilio.

Dans les années 1980, aux côtés du père Patrick Giros il s'engage en faveur des sans logis et des exclus. En 1992, il fait ainsi partie du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées[5].

En 2011, il dénonce la tyrannie de l’instantanéité induite par les nouveaux réseaux de transmission[6].

Activités[modifier | modifier le code]

Réalisations[modifier | modifier le code]

Distinction[modifier | modifier le code]

  • Grand prix national de la critique architecturale (1987) décerné par le ministère de l'Équipement, du Logement, de l'Aménagement du Territoire et des Transports.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le pourrissement des sociétés, collectif, Union générale d'éditions, 1975
  • Bunker Archéologie. étude sur l'espace militaire européen de la Seconde Guerre mondiale,  éd. CCI, 1975. Rééd. Galilée, 2008.
  • Essai sur l'insécurité du territoire : essai sur la géopolitique contemporaine,  éd. Stock, 1976, réédité en 1993 aux éditions Galilée
  • Vitesse et Politique : essai de dromologie,  éd. Galilée, 1977.
  • Nomades et vagabonds, collectif, Union générale d'éditions 1977.
  • Défense populaire et luttes écologiques,  éd. Galilée, 1978.
  • Esthétique de la disparition : essai sur le cinématisme, Éditions Balland, 1980.
  • Accident catastrophe, collectif, avec Jean Baudrillard et Georges Sebbag, Aubier, 1982.
  • La crise des dimensions : la représentation de l'espace et la notion de dimension, École spéciale d'architecture, 1983.
  • « Logistique de la perception », Cahiers du Cinéma,  éd. de l'Étoile, 1984.
  • L'espace critique : essai sur l'urbanisme et les nouvelles technologies,  éd. Christian Bourgois, 1984.
  • L'Horizon négatif : essai de dromoscopie,  éd. Galilée, 1984.
  • « L'inertie polaire », Reinhard Mucha : Glabeck : Musée national d'art moderne, Éditions du Centre Pompidou, 1986.
  • La Machine de vision : essai sur les nouvelles techniques de représentation,  éd. Galilée, 1988.
  • De l'instabilité, collectif, Centre national des arts plastiques, 1989.
  • L'Inertie polaire : essai sur le contrôle d'environnement,  éd. Christian Bourgois, 1990.
  • L'Écran du désert : chroniques de guerre,  éd. Galilée, 1991.
  • Guerre et cinéma 1. Logique de la perception., Cahiers du cinéma, 1991.
  • L'Art du moteur,  éd. Galilée, 1993.
  • La vitesse de libération,  éd. Galilée, 1995.
  • Architecture principe : 1966 et 1996, avec Claude Parent, les  éd. de l'Imprimeur, 1996.
  • Un paysage d'événements,  éd. Galilée, 1996.
  • Cybermonde, la politique du pire : entretien avec Philippe Petit, les  éd. Textuel, 1996.
  • Voyage d'hiver : entretiens,  éd. Parenthèses, 1997.
  • La Bombe informatique : essai sur les conséquences du développement de l'informatique,  éd. Galilée, 1998.
  • Portraits. Réel/Virtuel, collectif, avec Catherine Ikam, Louis Fléri, Jean-Paul Vargier, Maison Européenne de la Photographie, 1999.
  • Klasen : études d'impact, Expressions contemporaines, 1999.
  • Stratégie de la déception : à partir du conflit au Kosovo, réflexion sur la stratégie militaire du contrôle et de désinformation tous azimuts,  éd. Galilée, 2000.
  • La procédure silence,  éd. Galilée, 2000.
  • Ce qui arrive,  éd. Galilée, 2002.
  • Discours sur l’horreur de l’art, entretiens avec Enrico Baj, Atelier de création libertaire, 2003[7].
  • Ville panique : Ailleurs commence ici,  éd. Galilée, 2003, (ISBN 271860591X)
  • L'Art à perte de vue,  éd. Galilée, 2005.
  • L'accident originel,  éd. Galilée, 2005.
  • L'Université du Désastre,  éd. Galilée, 2007.
  • Le Futurisme de l’instant : stop-eject,  éd. Galilée, 2009.
  • Terre natale : ailleurs commence ici, collectif, Actes sud, 2009
  • « Accident de tempo » in Regards sur la crise. Réflexions pour comprendre la crise… et en sortir, ouvrage collectif dirigé par Antoine Mercier avec Alain Badiou, Miguel Benasayag, Rémi Brague, Dany-Robert Dufour, Alain Finkielkraut, Élisabeth de Fontenay…, Paris, Éditions Hermann, 2010.
  • Le Grand Accélérateur,  éd. Galilée, 2010.
  • L'administration de la peur, entretien avec Bertrand Richard,  éd. Textuel, 2010.
  • Regards sur le sport, collectif, dirigé par Benjamin Pichery et François L'Yvonnet, Le Pommier/INSEP 2010, 256 p. (ISBN 9782746504844)
  • La pensée exposée : textes et entretiens pour la Fondation Cartier pour l'art contemporain, Actes Sud, 2012.
  • Le littoral, la dernière frontière, entretien avec Jean-Louis Violeau, Sens & Tonka, 2013.

Expositions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Décès de l'urbaniste et philosophe Paul Virilio », sur lepoint.fr, 18 septembre 2018
  2. a et b (it) « è morto Paul Virilio, pensatore visionario della dromologia », sur Repubblica.it, Repubblica, (consulté le 18 septembre 2018).
  3. Vivre à l'oblique, avec Claude Parent, 1970, et Le Cœur de l'oblique, rééditions poche en 2004 et 2005, Jean-Michel Place, Paris.
  4. « Décès de Paul Virilio : le philosophe et urbaniste de notre époque », sur MSN (consulté le 18 septembre 2018).
  5. « Mort de l’urbaniste, philosophe et essayiste Paul Virilio », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 18 septembre 2018).
  6. Dominique Leglu et Carole Chatelain, « Paul Virilio : "Nous sommes dans le culte de la vitesse lumière" », sur Sciences et Avenir, (consulté le 18 septembre 2018).
  7. Discours sur l’horreur de l’art.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Films[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]