Virginia Pésémapeo Bordeleau

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Virginia Pésémapéo Bordeleau
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Biographie
Activité

Virginia Pésémapeo Bordeleau (1951- ) est une peintre, poète et romancière autochtone d’origine métis et crie. Elle réside à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née d’un père québecois et métisse et d’une mère crie, Virginia Pésémapeo Bordeleau grandit à Rapide-des-Cèdres, près de Lebel-sur-Quévillon. Elle côtoie essentiellement ses pairs de la communauté autochtone au cours des premières années de sa vie[1],[2]. Pésémapéo signifie « arc-en-ciel » en langue crie. L’animal-totem de l’artiste est l’ours, animal qui lui tient compagnie dans son enfance[3].

Elle commence à peindre dès l’âge de 6 ans après que son père, troublé par un rêve qu’elle lui raconte, lui achète des peintures à numéro, des aquarelles et du papier[1] Elle s’engage sur le marché de l’art visuel dans les années 1980. Son travail a été présenté dans le cadre d’expositions individuelle et collective principalement au Québec et en France. Ses oeuvres font aujourd’hui partie de plusieurs collections au Canada. Au cours de sa carrière, elle a reçu plusieurs bourses et l’appui d’organismes gouvernementaux, dont le Conseil des arts et lettres du Québec qui lui décerne le prix d'excellence en création en 2006. Elle s’engage aussi dans des productions publiques, tels les 40 mâts totémiques pour la paix au Jardin botanique de Montréal [4],[5],[6]. En 2007, elle publie Ourse Bleue, son premier ouvrage littéraire. L'écriture de romans et de recueils de poésie lui sert d’exutoire et lui permet de conjurer des thèmes laissés en plan dans les arts visuels[7],[8],[9]. Elle reçoit en 2007, la mention Télé-Québec du prix littéraire de l'Abitibi-Témiscamingue pour son recueil de poésie De rouge et de blanc[10] .

Formation[modifier | modifier le code]

En 1988, Virginia Pésémapéo Bordeleau obtient un diplôme de Baccalauréat en arts plastiques de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue[11]. Elle réalise aussi des stages en gravure sur bois (Atelier Pierre-Léon Tétrault, 1993) et en gravure ( Atelier de l’Île de Val-David, 1994) et un séminaire d’écriture en 2009 au Centre d’art Banff.

Techniques et matériaux[modifier | modifier le code]

Au cours des premières années de sa pratique artistique, Pésémapéo Bordeleau utilise surtout des peintures acryliques et des encres pour réaliser des tableaux surréalistes aux couleurs éclatantes[12]. Elle dit utiliser des couleurs pures pour le « choc émotif » qu’elles provoquent. Comme matériaux, elle incorpore fréquemment l’écorce, le sable et les lichens pour faire travailler la texture à l’ensemble visuel[2],[1]. Elle crée aussi plusieurs œuvres sculpturales qui s’intègrent dans l’architecture et des verreries en collaboration avec d’autres artistes[13].

Thématiques[modifier | modifier le code]

L’œuvre de Pésémapéo Bordeleau témoigne d’une expérience culturelle autochtone qui s’ancre au coeur de sa culture mixte métisse, crie et québécoise[12]. Pour créer, elle s’inspire de ce que la vie lui offre au hasard, soit les rêves, les souvenirs, des lectures et des rencontres[2]. Son expérience de vie personnelle se reflète ainsi dans sa démarche artistique, notamment à travers les thèmes de l’amour et du deuil.Ses couleurs pures s’inspirent de son anthroponyme alors que la figure récurrente de l’ours, « grand-père des Cris », représente son totem[3],[12]. Ses tableaux de facture surréaliste, parfois humoristiques, témoignent d’un grand respect pour les éléments sacrés de la Terre-mère. Ils proposent diverses réfléxions sur les liens polysémiques entre les spiritualités autochtones et l’occupation humaine du territoire[14],[15],[16].

Prix et bourses[modifier | modifier le code]

  • 2020 : Lauréat Artiste de l'année, Prix d'excellence en arts et culture de l'Abitibi-Témiscamingue[17].
  • 2018 : Bourse Conseil des arts et lettres du Québec, Ville de Rouyn-Noranda.
  • 2016 : Prix Marquise Leblanc pour L’Ourse cosmique, Métiers d’art Bas St-Laurent.
  • 2012 : Lauréate du prix littéraire de l’Abitibi-Témiscamingue, prix des Libraires.
  • 2012 : Bourse Conseil des arts et lettres du Québec, Conférence régional des Élus A.-T.
  • 2008 : Bourse Conseil des arts et lettres du Québec, Conférence régionale des Élus A.-T.
  • 2006 : Prix d’excellence à la création, région A.-T., Conseil des Arts et Lettres du Québec.
  • 2006 : Mention Télé-Québec, prix littéraire de l’Abitibi-Témiscamingue.

Publications littéraires[modifier | modifier le code]

  • 2017 :  Winter Child, roman, traduction de L’enfant hiver, Éditions Freehand.
  • 2016  : Je te veux vivant, poésie, Éditions du Quartz.
  • 2016 : Amun, nouvelles, collectif, Éditions Stanké.
  • 2015 : Sur les pas de Champlain, roman collectif, Prise de Parole.
  • 2014 : L’enfant hiver, roman, Éditions Mémoire d’encrier.
  • 2013 : L’amant du lac, roman, Éditions Mémoire d’encrier.
  • 2013 : Confidences à Emma-Rose, Chroniques Revue Relations.
  • 2012 : De rouge et de blanc, poésie, Éditions Mémoire d’encrier.
  • 2007 : Ourse Bleue, roman, Éditions de la Pleine Lune

Expositions solo[modifier | modifier le code]

  • 2017 : Galerie d’art de l’Université de St-Boniface, Manitoba, Canada.
  • 2017 : Galerie Art Contemporain/Rock Lamothe, Rouyn-Noranda, Canada.
  • 2015 : Wâpou’och i’skwa’och/le’io:kas, (Maison de la culture Frontenac, Montréal, Québec, Canada)
  • 2015 : Le silence des aînés (Centre d’exposition de Rouyn-Noranda, Québec, Canada)
  • 2014 : Des Sioux aux oiseaux (Fontaine des arts, Rouyn-Noranda, Québec, Canada)
  • 2007 : L’espace nomade ( Hall d’exposition, Mayenne, France)
  • 2007 : Marcher avec l’Esprit (Musée des Hurons-Wendats, Wendake, Québec
  • 2003-2007 : L’Esprit dans la peau (exposition itinérante en France)
  • 2002 - 2004 : Animaux de pouvoir (exposition itinérante en France)
  • 1999-2003 : Tradition et modernité (exposition itinérante en France
  • 1999 : Mâts territoriaux», installation (Jardins des Tuileries, Paris, France)
  • 1997- 2001 : L’esprit animal (exposition itinérante en France)
  • 1998 : Corps en mouvement : doubles vues  installation (Musée d’art contemporain,Roskilde, Danemark)
  • 1993 : Année international des Autochtones, (Maison du Québec, St-Malo, France)
  • 1987 : Centre culturel, mairie Villeneuve-Tolosane, Haute-Garonne, France

Expositions collective[modifier | modifier le code]

  • 2017 : La sculpture dans tous ses états (Musée d’art, Rouyn-Noranda, Québec, Canada)
  • 2017 : Aki Odehi, Poésie en marche pour Sindy (Val-d’Or, Québec, Canada)
  • 2016-2017 : Microcosme, (Musée régional de Rimouski, Musée de Kamouraska, Musée de Masteuhiats, Musée de Wendake, Symposium Mamu, Sept-Îles, Québec, Canada)
  • 2014 : Nikiwin/Renaissance (Centre d’exposition de Val-d’Or, Québec, Canada)
  • 2014 : Dialogue (L’Écart, Centre d’art actuel, Rouyn-Noranda, Québec, Canada)
  • 2013 : Fabuleux dédoublements (Maison de la culture Frontenac, Montréal, Québec, Canada)

Collections[modifier | modifier le code]

  • Assemblée des Premières Nations du Québec.
  • Ministère des affaires étrangères et du commerce international du Canada.
  • Centre d’art des Premières Nations d’Ottawa.
  • Collection Loto-Québec.
  • Présidence de l’Irlande du Nord.

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Marcel Aubry, « La vie en cinq mâts : L'oeuvre de l'artiste Virginia Pésémapéo Bordeleau a été choisie pour orner le nouveau Musée des Abénakis », Le Nouvelliste, Actualités, jeudi , p. 10.
  • Marianne Bech (éd.), Territorier : Abitibi-Témiscamingue, Roskilde, Museet for Samtidskunst,1998.
  • Marie-Christine Blais, « Le rouge et le blanc », La Presse, Arts LECTURE, vendredi , p. ARTS SPECTACLES 4.
  • Martin Hébert, « Du territoire au texte : récit d'une quête de vision dans "Ourse bleue" de Virginia Pésémapéo Bordeleau », Québec français, no. 162, été 2011, p. 35-37.
  • Michel Noël, « Prendre la parole : Nibimatisiwin : artistes amérindiens du Québec », Montréal, Roussan, 1993, 52-58.
  • Céline Mayrand, « Portrait : Virginia Pésémapéo Bordeleau », in Parcours arts visuels, automne 1993, p.12.
  • Marie Claude Mirandette, La rencontre des 40 totems : Chaque mât représente un nation amérindienne ou la couronne de France », Le Devoir, Cahier spécial, samedi , p. E3.
  • Parole d'auteur : Virginia Pésémapéo Bordeleau (s.d.). [En ligne], Réalisateur: Télé-Québec Régions, 1 min 18 s, son, coul., http://www.youtube.com/watch?v=Lvh_TCrktSc. Consulté le .
  • Virginia Pésémapéo Bordeleau, « Virginia Pésémapéo Bordeleau », in Nouveaux territoire 350-500 ans après : exposition d’art aborigène contemporain du Québec et du Mexique, 1992.
  • Virginia Pésémapéo Bordeleau, « La mémoire de la terre et des eaux », Relations, 2003 no. 685, p. 16.
  • Virginia Pésémapéo Bordeleau, « La voix des ancêtres », Relations, no. 758, juillet-, p. 23.
  • Virginia Pésémapéo Bordeleau, « Nos ancêtres », Relations, no. 760, , p. 30-31.
  • Virginia Pésémapéo Bordeleau, « Toi, comme la Vie », Relations, no. 759, , p. 30-31.
  • Virginia Pésémapéo Bordeleau, « L’étoile du matin », Relations, no. 765, , p. 28.
  • Québec, Ministère de la Culture et des Communications (2014). Arts visuels, architecture et métiers d’art, [En ligne], http://www.mcc.gouv.qc.ca /index.php?id=2052. Consulté le .
  • Gilles Rioux, « Virginia Bordeleau : le jeu avec le feu », Vie des Arts, vol. 38, n° 152, 1993 p. 48-49.
  • André Séleanu, « Danse sacrée », 2003-2004, Vie des arts, no. 193, p. 77-78.
  • Guy Sioui Durand, « L’Esprit circulaire des pierres (Virginia Pésémapéo Bordeleau) », in 3e Symposium en arts visuels de l’Abitibi-Témiscamingue, 1997, Amos, p.49.
  • Guy Sioui Durand, « Art/Nature : L'été d'art de tous les jardins », Inter : Art actuel, 2012, n° 81, p. 62-64.
  • Guy Sioui Durand, « Animalité. L'oeil amérindien », Inter : Art actuel, 2013, n° 113, p. 42-47.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Gilles Rioux, « Virginia Bordeleau : le jeu avec le feu », Vie des Arts, vol. 38, no 152,‎ , p.48-49
  2. a b et c Virginia Pesemapeo Bordeleau, Virginia Pésémapéo Bordeleau dans Nouveaux territoire 350-500 ans après : exposition d’art aborigène contemporain du Québec et du Mexique., Montréal, Vision planétaire, , 104 p. (ISBN 2980304425)
  3. a et b Danielle Laurin, « Un côté rouge, un côté blanc », Le Devoir,‎ , f3
  4. Marcel Aubry, « La vie en cinq mâts : L'oeuvre de l'artiste Virginia Pésémapéo Bordeleau a été choisie pour orner le nouveau Musée des Abénakis », Le Nouvelliste,‎ , p.10
  5. André Seleanu, « Danse sacrée », Vies des arts, no 193,‎ 2003-2004, p.77-78 (ISSN 0042-5435)
  6. Marie Claude Mirandette, « La rencontre des 40 totems : Chaque mât représente une nation amérindienne ou la couronne de France », Le Devoir,‎ , p. E3
  7. Martin Hébert, « Du territoire au texte : récit d'une quête de vision dans "Ourse bleue" de Virginia Pésémapéo Bordeleau », Québec français, no 162,‎ , p. 35-37
  8. Virginia Pésémapéo Bordeleau, « La mémoire de la terre et des eaux », Relations, no 685,‎ , p.16
  9. Virginia Pésémapéo Bordeleau, « L'étoile du matin », Relations, no 759,‎ , p.28
  10. Marie-Christine Blais, « Le rouge et le blanc », Le Devoir,‎ , p.4
  11. (en-US) « PESEMAPEO BORDELEAU, Virginia (1951) », sur Dictionnaire historique de la sculpture québécoise au XXe siècle (consulté le 28 novembre 2018)
  12. a b et c Céline Mayrand, « Portrait : Virginia Pésémapéo Bordeleau », Parcours arts visuels,‎ , p.12
  13. Québec, Ministère de la Culture et des Communications (2014). Arts visuels, architecture et métiers d’art, [En ligne], http://www.mcc.gouv.qc.ca /index.php?id=2052. Consulté le 4 décembre 2014.
  14. Guy Sioui Durand, L’Esprit circulaire des pierres (Virginia Pésémapéo Bordeleau) dans le catalogue du 3e Symposium en arts visuels de l’Abitibi-Témiscamingue, Amos, , p.49
  15. Guy Sioui Durand, « Art/Nature : L'été d'art de tous les jardins », Inter : Art actuel, no 81,‎ , p.62-64
  16. Guy Sioui Durand, « Animalité. L'oeil amérindien », Inter : Art actuel, no 113,‎ , p. 42-47.
  17. « Prix d'excellence en arts et culture de l'Abitibi-Témiscamingue 2020 », (consulté le 23 mai 2020)