Vireux-Molhain

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Vireux-Molhain
Vireux-Molhain
Le village et l'église Saint-Martin vue de la gare.
Blason de Vireux-Molhain
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Ardennes
Arrondissement Charleville-Mézières
Intercommunalité Communauté de communes Ardenne rives de Meuse
Maire
Mandat
Jean-Pol Devresse
2020-2026
Code postal 08320
Code commune 08486
Démographie
Gentilé Viroquois, Viroquoises [1]
Population
municipale
1 473 hab. (2018 en diminution de 7,3 % par rapport à 2013)
Densité 178 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 05′ 03″ nord, 4° 43′ 30″ est
Superficie 8,29 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Givet
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Givet
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Vireux-Molhain

Vireux-Molhain est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Grand Est. Vireux-Molhain suscite un intérêt touristique particulier lié à la présence de sites d'une grande valeur culturelle ou historique, mais également à la vallée de la Meuse, à la forêt d'Ardenne et au passé industriel de la région.

Géographie[modifier | modifier le code]

Pont sur la Meuse.
Mont Vireux.

C'est un village de la pointe des Ardennes (parfois nommée doigt, botte ou pointe de Givet), frontalier avec la Belgique. Posé sur la rive gauche de la Meuse au confluent du Viroin, dominé par le mont Vireux, Vireux-Molhain fait face à Vireux-Wallerand (rive droite de la Meuse). Les deux communes sont liées par un pont, mais également par le nom de leurs habitants, les Viroquois, et le nom du territoire, le Viroquois ou pays de Vireux.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Vireux-Molhain est une commune rurale[Note 1],[2]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[3],[4]. Elle appartient à l'unité urbaine de Vireux-Wallerand, une agglomération intra-départementale regroupant 2 communes[5] et 3 460 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue[6],[7].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Givet, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 11 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[8],[9].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (60,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (60,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (60,1 %), prairies (17,3 %), zones urbanisées (13,1 %), cultures permanentes (4,3 %), zones agricoles hétérogènes (3,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,3 %), eaux continentales[Note 3] (0,6 %)[10].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

Gaule romaine[modifier | modifier le code]

Des fourneaux, des crassiers (résidus de minerai fer fondu sur place), des vestiges témoignant d'une activité pérenne (cave, habitat), attestent de la présence d'un centre de métallurgie du fer au Ier siècle, sur les bords de la Meuse, peu avant la confluence avec le Viroin[12].

C'est probablement pour protéger cette activité économique et veiller sur le trafic fluvial que débute la fortification du mont Vireux au cours du IIIe siècle. Les premières incursions des peuples germaniques menacent l'Empire romain, incitant l'empereur Postume, et les Empereurs des Gaules qui lui succèdent, à renforcer les frontières[12].

Le site devient un castrum, les fouilles effectuées montrant une qualité remarquable de la construction[13]. Il abrite une garnison, et connaît une intense activité jusqu'au milieu du IVe siècle. Il perd ensuite de son importance militaire mais continue à être occupé jusqu'au milieu du Ve siècle. On y trouve les traces de l'incorporation de guerriers francs comme officiers dans l'armée romaine. Cela préfigure l'intégration des cultures qui favorisera l'avènement de la dynastie des Mérovingiens[12].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le mont Vireux est à nouveau fortifié au Moyen Âge. Un four à pain met en évidence le caractère féodal de la structure. Pendant cette période, trois hameaux se constituent : Molhain et Vireux-Saint-Martin occupent respectivement les rives du Viroin et de la Meuse, au pied des fortifications, alors que Vireux-le-Wallerand prend place sur la rive opposée de la Meuse.

L’église collégiale Notre-Dame-et-Saint-Ermel de Molhain existe depuis l’époque carolingienne: la crypte, partie la plus ancienne (VIIIe siècle), est de style préroman. Elle fut longtemps un lieu de pèlerinage où l'on vénérait les reliques de saint Ermel, évêque missionnaire du pagus aduinnensis (civitas leodiensis, devenue plus tard la Principauté de Liège), qu'elle abrita jusqu'en 1563.

Selon la légende, la collégiale aurait été fondée en 752 par Dame Ada, veuve du comte Wibert de Poitiers, dotée de fonds par son cousin Pépin le Bref qui vient alors d'être sacré roi des Francs[14].

Les traces d'un incendie attestent de la destruction du château au début du XIVe siècle. C'est la fin de l'occupation militaire du mont Vireux, mais les hameaux prospèrent sous l'autorité de la Principauté de Liège.

Le château a probablement été détruit par le Prince-évêque de Liège alors souverain en ces terres (Thiébaut de Bar en 1307 ?)[réf. nécessaire].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1876 après 1877 Alexis Lavocat[15]    
1968 1989 Albert Galliot SFIO-PS Médecin, conseiller général du canton de Givet (1958-1964 et 1976-1982)
Suppléant du député André Lebon
1989 2001 Désiré Dekens PS  
mars 2001 mars 2008 André Majewski PCF Professeur d'histoire-géographie
mars 2008 En cours
(au 27 mai 2020)
Jean-Pol Devresse[16]
Réélu pour le mandat 2020-2026 [17]
DVG puis DVD Agriculteur, conseiller départemental depuis 2021
Les données manquantes sont à compléter.

Vireux-Molhain a adhéré à la charte du Parc naturel régional des Ardennes, à sa création en [18].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[19]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[20].

En 2018, la commune comptait 1 473 habitants[Note 4], en diminution de 7,3 % par rapport à 2013 (Ardennes : −3,23 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
468469469536570604645658657
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
9721 1261 2091 3301 5101 4101 3801 4221 497
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
2 1281 8712 0602 0341 8411 5141 8772 0171 939
1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008 2013 2018
2 0391 9361 9231 8351 7101 6921 6741 5891 473
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[21] puis Insee à partir de 2006[22].)
Histogramme de l'évolution démographique

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Vireux-Molhain

Les armes de Vireux-Molhain se blasonnent ainsi :

parti : au1) d’argent aux trois fasces de gueules, au 2) d’azur à la vierge d’argent couronné d’or, portant sur son bras senestre l’enfant aussi d’argent couronné aussi d’or et brandissant de sa dextre un sceptre du même[23].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Réserve naturelle de Vireux-Molhain[24]
Site géologique fossilifère communément appelé réserve du Mur des Douaniers.
Fortifications du mont Vireux
Vestiges d'un camp romain et de fortifications médiévales.
Église collégiale Saint-Ermel
Classée monument historique[25] ainsi que de nombreuses pièces. On y trouve notamment une crypte du VIIIe siècle, une Mise au tombeau et une collection de statues en bois polychromes des XVe et XVIe siècles, un ensemble de dalles mortuaires (à partir du XIIIe siècle). La structure actuelle et la décoration intérieure sont du XVIIIe siècle.
Bornes frontières
Une série de 19 bornes frontières en pierre qui délimitaient la Principauté de Liège et témoignent de l'histoire de la frontière franco-belge.
Église Saint-Martin
Le bâtiment du XVIIIe siècle abrite un tableau classé[26] du XVIIe siècle représentant une Vierge à l'Enfant Jésus remettant le rosaire à saint Dominique.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Antoine Joseph Bertrand (1767-1835), général des armées de la République et de l'Empire, né à Vireux-Molhain et décédé à Bertrange (Moselle).
  • Pierre Lareppe (1897 - 1972), ouvrier puis homme politique et député des Ardennes, né à Vireux-Molhain et décédé à Nouzonville.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.habitants.fr/ardennes-08
  2. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  3. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Unité urbaine 2020 de Vireux-Wallerand », sur https://www.insee.fr/ (consulté le ).
  6. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le ).
  7. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  8. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  9. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  10. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  11. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  12. a b et c Alain Patrolin, Traces, strates : archéologie en Champagne-Ardenne, Chassigny/Châlons-sur-Marne, Éditions Castor et Pollux, , 179 p. (ISBN 2-912756-33-2), p. 136
  13. « La fortification du Mont-Vireux, (IIe – XIVe siècle). », sur Mosa. Archéologie en Terre d'Ardenne
  14. sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos - Le guide du Patrimoine: Champagne-Ardenne - pp.226 - Hachette - Paris - 1995 - (ISBN 978-2-01-020987-1)
  15. Almanach historique administratif et commercial de la Marne de l'Aisne et des Ardennes, Matot-Braine, Reims, 1877, p239.
  16. Conseil général des Ardennes consulté le 23 juin 2008 (fichier au format PDF)
  17. https://reader.cafeyn.co/fr/1926593/21600291
  18. Création du PNR des Ardennes
  19. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  20. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  21. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  22. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  23. Banque du Blason
  24. Direction régionale de l'environnement Champagne-Ardenne
  25. Base Mérimée
  26. Base Palissy

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en celle d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]