Violences au Gujarat en 2002

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Les violences au Gujarat de 2002 sont un ensemble d'émeutes visant les populations musulmanes du Gujarat, un état indien limitrophe du Pakistan. Ces émeutes font suite à l'incendie d'un train de pèlerins hindous ayant entrainés 58 morts. Ces émeutes auraient causé la mort de 800 à 2 000 personnes. Elles font parties des émeutes les plus violentes et meurtrières que l'Inde à connue depuis son indépendance[1].

L'incendie du train à Godhra[modifier | modifier le code]

Le , 59 personnes sont mortes dans l'incendie d'un train à Godhra, au Gujarat en Inde, principalement des femmes et des enfants[2]. Le Sabarmati Express transportait des pèlerins hindous retournant d'un site religieux contesté à Ayodhya[3]. Dix ans plus tôt, c'est dans cette ville que fut détruite la mosquée de Babri par des hindous car elle se trouvait sur le lieu d'un ancien temple en mémoire de Rāma détruit lors des conquêtes musulmanes, et aussi le lieu de sa naissance. Dans les premiers temps après l'incendie, une foule est accusée d'en avoir été responsable et la police estime qu'elle était composée de musulmans[3]. Mais un rapport de médecins légistes juge qu'il ne semble pas que l'incendie se soit déclaré à l'extérieur mais plutôt à l'intérieur du wagon concerné[2].

Il est généralement admis que l'incendie a déclenché les violences qui ont suivi. L'origine criminelle ou accidentelle du feu est un point crucial. En effet, pour les sympathisants hindous, ce sont les extrémistes musulmans qui ont déclenché l'incendie. Une commission d'enquête menée par le juge Justice Banerjee soutient dans un rapport intermédiaire la version d'un accident. L'impartialité de ce rapport est cependant sujette à caution.

Les émeutes qui ont suivi[modifier | modifier le code]

À la suite de l'incendie du train une violence d'une brutalité sans précédent visant la communauté musulmane s'est propagée dans l'État du Gujarat pendant les trois mois qui suivirent[1]. Les groupes nationalistes indiens sont accusés d'avoir eu un rôle de planification de ces violences.

Dans les jours et les semaines qui ont suivi, entre 800 et 2 000 personnes ont été tuées au Gujarat, ce qui représente l'une des violences intercommunautaires les plus meurtrières de l'Inde depuis son indépendance. La majorité des personnes qui ont été tuées, ou violées, sont musulmanes[1].

Le gouvernement, l'administration et la police d'État ont été également mis en cause pour n'avoir pas pris les mesures suffisantes pour protéger des civils et pour avoir activement participé aux violences dans certains cas[1]. À la suite des massacres, 140 000 à 200 000[4] personnes auraient quitté leurs maisons.

Après les violences, la police, accusée de liens avec les émeutiers, est soupçonnée d'avoir empêché le bon déroulement des enquêtes.

Conséquences électorales[modifier | modifier le code]

Arrestations et procès des accusés[modifier | modifier le code]

La responsabilité du gouvernement central de l'État du Gujarat dirigé par Narendra Modi - membre du BJP - est directement mise en cause par la Commission nationale des droits de l'homme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Jaffrelot Christophe, « Les violences entre hindous et musulmans au Gujarat (Inde) en 2002 : émeutes d'état, pogromes et réaction antijihadiste  », Revue Tiers Monde 2/2003 (n° 174) , p. 345-367
  2. a et b (en) BBC News, « Doubts over Gujarat train attack »,‎ (consulté le 2 janvier 2010)
  3. a et b (en) BBC News, « Scores killed in India train attack »,‎ (consulté le 2 janvier 2010)
  4. « Les musulmans en ligne de mire », Courrier international, no 1114,‎ , p. 36 (ISSN 1154-516X)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]