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Violence dans le sport

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Bagarre lors d'un match de Rugby en Australie en 1935.

La violence dans le sport et autour des sports désigne l’ensemble des comportements agressifs (physiques, comportementaux ou verbaux), qui surgissent dans le cadre de pratiques sportives, qu’elles soient professionnelles, amateurs ou du fait de spectateurs. Ce phénomène recouvre des réalités variées : allant de la brutalité inhérente à certaines disciplines de contact (boxe thaïlandaise, hockey, MMA, football américain typiquement), aux hooliganismes, en passant par des débordements intentionnels visant à nuire à un adversaire, des violences liées aux tensions économiques et/ou symboliques des compétitions, mais aussi violences périphériques impliquant les encadrements ou institutions. Un cas particulier de violence simulée et mise en scène et faisant l’objet d’un marketing important est le catch. Souvent analysée comme un miroir des dynamiques sociales — rivalités identitaires, pressions de performance, culture de la virilité, logiques de groupe — cette violence interroge les limites entre engagement compétitif et transgression des règles et valeurs du sport (comme le plaisir de jouer, le fair-play, le respect des concurrents, l’antiracisme) même si la rivalité entre compétiteurs fait aussi partie de nombreuses pratiques sportives…

Les sciences sociales (sociologie du sport, psychologie du sport…) la médecine du sport, les fédérations sportives, les pouvoirs publics, et nombre de sportifs eux-mêmes s’y intéressent, pour en comprendre les causes, en mesurer les impacts sur la santé physique et mentale, la sécurité et l’éthique sportive, et développer des stratégies de prévention (à l’égard des enfants et personnes vulnérables notamment) visant à préserver la fonction éducative et fédératrice du sport.

Définitions, mesures et champs de la violence et des maltraitances dans le sport

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Il n’y a pas de définition scientifique et très précises de ces deux notions.

Pour faciliter la comparabilité et la duplication des Recherches et statistiques, des éléments de définition de la maltraitance dans le sport ont été proposés (et illustré par des exemples spécifiques aux pratiques sportives) en s’appuyant sur la littérature existante, avec des recommandations pour orienter les recherches futures.

Par ailleurs, un rapport[1] de la Commission européenne y inclut explicitement la violence sexuelle, « telle que le viol, les agressions sexuelles, les abus et le harcèlement », en distinguant plusieurs formes spécifiques :

  • « le harcèlement fondé sur le genre, défini comme un comportement non désiré lié au genre d’une personne et portant atteinte à sa dignité » ;
  • « l’abus sexuel, qui consiste à tromper, contraindre ou forcer une personne à une activité sexuelle non désirée ou pour laquelle elle n’a pas la maturité nécessaire pour consentir » ;
  • « le harcèlement sexuel, caractérisé par un comportement à connotation sexuelle non souhaité, exploitant, dégradant, coercitif, forcé ou violent ».

La sociologie et la psychologie du sport, ainsi que l’éthique du sport, ont mis en évidence une relation structurelle forte entre certains sports compétitifs et diverses formes de violence qui désignent ici généralement les violences inter-individuelles. Ce champ d’étude ne porte donc pas (ou peu) sur la violence qu’un individu s’applique à lui-même pour augmenter sa performance sportive (une situation qui peut toutefois relever de la violence sociale quand le sportif prend des risques excessifs (le mettant en danger) sous la pression sociale.
Une idée reçue est qu’il faut souvent « se faire violence » pour progresser dans les entrainements, au risque de perdre le plaisir de la pratique, de comportements de dopage et de troubles des comportements alimentaires (très influencés par les pressions socioculturelles et l’insatisfaction corporelle, avec des facteurs de risque différenciés selon le genre — estime de soi et régulation émotionnelle chez les filles, pression sportive liée au poids et humeur négative chez les garçons — impliquant d’adapter les programmes de prévention au genre)[2].

En 2018, une étude[3] a montré que l’adhésion excessive de sportifs universitaires aux normes valorisant le dépassement de soi, le sacrifice pour l’équipe et la tolérance à la douleur peut conduire à une surconformité déviante : l’« identité athlétique », alors surinvestie, pousse certains athlètes à franchir sans s’en rendre compte les seuils du risque physique et psychologique, au point que la pratique sportive devient néfaste pour la santé. Cette étude a confirmé des conclusions similaires antérieurs, et elle souligne, selon les auteurs, le besoin d’outils de mesure et d’interventions permettant de mieux comprendre et prévenir ces comportements dans divers contextes sportifs[3].

Trois chercheurs ont aussi montré que chez les jeunes les plus engagés dans leur sport, ceux qui adhèrent le plus fortement à la norme du refus d’accepter leurs limites déclarent — paradoxalement — recevoir moins de violence psychologique de la part de leur entraineur (cette norme qui pousse le « dépassement de soi » à un niveau dangereux pour eux ne les protège pas réellement, mais en se poussant eux mêmes très loin, ils correspondent déjà aux attentes de leur entraîneur, qui exerce alors moins de pression directe sur eux[4].

La dangerosité d’un sport correspond à un risque plus « mesurable », par exemple au moyen de calculs de taux de mortalité, taux de blessures catastrophiques et incidence globale des blessures. Chaque métrique peut être standardisée selon une unité d’exposition cohérente (par exemple par saut, par ascension au-dessus du camp de base, par exposition de l’athlète, ou par 1 000 heures…)[5]. Les sports les plus mortels ou gravement accidentogènes peuvent être individuels (ex. : ski et snowborn source de plus de 2 millions de blessures par an souvent graves, alpinisme et escalade extrême, saut libre pratiqué à basse altitude dit base jumping, surf sur grosses vagues, motocross, Bull riding…)[5].

On distingue généralement les violences physiques des violences psychiques et les violences sexuelles qui peuvent être à la fois physiques et psychiques. Une forme aigüe de violence physique est par principe intrinsèque aux sports de combats (mais plus ou moins limitée ou cadrée par les règles propres à chaque discipline, mais néanmoins source de traumatismes crâniens, lésions cérébrales, commotions répétées et nombreux micro-traumatismes). Elle est intégrée dans certains sports collectifs (avec par exemple la charge autorisée en rugby où je joueur n’est pas protégé par des équipements comme dans le Hockey ou le football américain). Cette violence s’exprime du ring ou du terrain jusqu’au qu’au sein de la société, via les comportements des supporters, les représentations médiatiques et dans la culture populaire, ; selon Theresa Hu, de l’Université de Santa-Clara : « la violence dans le sport est devenue acceptée culturellement, socialement, et même légalement. Cette violence largement acceptée stimule non seulement l’agressivité parmi les athlètes, les fans et les spectateurs sur les terrains et les terrains, mais exerce aussi une influence pénétrante et de grande portée à travers des événements sportifs télévisés ainsi que la représentation de la culture pop et des médias, sur la construction de l’image de soi et des modes d’interaction sociale par les individus (en particulier les hommes) »[6]. Selon T. Hu, quelques disciplines à forte intensité physique — boxe, thaïlandaise notamment, MMA, hockey et football américain…— ont ainsi constitué des espaces où la violence est non seulement tolérée, mais fortement valorisée, principalement parmi les hommes blancs selon elle, tandis que les femmes et les athlètes issus de minorités y subissent diverses formes de marginalisation[6]. De nombreux travaux de recherche soulignent que la normalisation de l’agressivité sportive tend souvent à renforcer et accompagner certaines formes d’hypermasculinité, voire de masculinisme, associées notamment à des taux élevés de violences domestiques chez certains athlètes[6].

Violence dans le sport ; miroir de la violence sociale et culturelle ?

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La violence dans le sport est multiforme : elle recouvre un large ensemble de comportements agressifs qui ne se limitent pas aux atteintes physiques portées à l’intégrité physique des personnes.

Divers auteurs comme Julian Jappert, insistent sur le fait que le sport reflétant la société, il n’est pas surprenant d’y trouver diverses formes de violences sociales, et selon lui tous les sports sont concernés, professionnels comme amateurs[7]. La violence peut toucher toutes les disciplines (sports collectifs, de combat et sports individuels) mais avec des différences de fréquence et d’intensité[8]. Le sport peut mettre en avant le handicap, et pacifier certaines tensions sociales en les cadrant dans les règles du sport. Mais, sur le terrain, souvent, il reflète, reproduit, consolide et parfois exacerbe aussi les rapports de domination qui existent dans la société, y compris pour les normes de genre fondées sur la supériorité physique et sociale attribuée aux hommes (qui seraient « physiquement et donc socialement supérieurs aux femmes ») ; selon la sociologue américaine Teresa Hu (2023), le sport renforce aussi des hiérarchies raciales par une couverture médiatique moins valorisante des athlètes noirs, et accentue les divisions de classe en promouvant l’idéologie de la performance, de la réussite individuelle, et de l’« abléisme » (notion qui désigne l'ensemble des attitudes, pratiques et structures sociales qui discriminent ou défavorisent les personnes en situation de handicap). Le cinéma et la valorisation de certains événements sportifs par la télévision ont conforté ces logiques violentes en leur donnant une légitimité culturelle, sociale et parfois juridique et économique, façonnant durablement les représentations collectives du genre, de la race, du validisme et du statut social. Selon Teresa Hu, l’analyse sociologique de la violence dans le sport permet de dévoiler les idéologies sous-jacentes qui le structurent en partie, et de montrer comment la violence y est devenue un vecteur central de socialisation, d’exclusion et de reproduction des inégalités.

Une autre forme de violence évitable, est celle qui se produit incidemment comme lors du Drame du Heysel (où une bagarre généralisée et un mouvement de foule ont entrainé la mort de 39 personnes et 465 blessés). elle a aussi des formes verbales (insultes), comportementales (gestes obscènes et de mépris), symboliques et psychologiques (harcèlement), pouvant se manifester tant entre sportifs qu’entre sportifs et entraîneurs, dirigeants ou arbitres, que dans l’école et l’enseignement du sport, ainsi que dans les interactions impliquant les supporters.

Histoire de la violence dans le sport

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L'histoire du sport met souvent en avant le modèle des jeux antiques souvent perçus comme les ancêtres des sports modernes, et plus particulièrement celui des jeux olympiques (mise en spectacle du sport), qui durèrent plus de mille ans (de 776 av. J.-C. à 393)[9]. Selon Norbert Elias, la violence acceptée dans ces sports était très supérieure à la nôtre, et certains des jeux grecs n'obéissaient guère à l'esprit de loyauté (le pugilat, et la lutte olympique ou pancrace étaient conçus comme des prolongements de l’entraînement guerrier mis en avant par l’aristocratie combattante qui structurait socialement les cités grecques (marquée par un contrôle institutionnel faible et instable de la violence et de fréquentes guerres, ce qui éclaire aussi la tolérance envers les massacres guerriers et le culte de la force et de l’apparence physique)[9].

L’empire romain, avec les jeux du cirque, a ensuite exacerbé et presque industrialisé la mise en spectacle de de compétition physique, nettement plus violentes que la plupart des sports grecs, et sans commune mesure avec les pratiques modernes ou médiévales. Les combats de gladiateurs, les venationes (spectacles de lutte contre des animaux sauvages), les naumachies (batailles navales reconstituées) et d’autres épreuves du cirque impliquaient un niveau de brutalité extrême, souvent mortels, relevant plus du spectacle public (panem an circences) et d’une en scène politique du pouvoir impérial, bien que certains Romains aient aussi pratiqué des exercices athlétiques plus proches des modèles grecs.

Au Moyen Âge, puis à la Renaissance, des jeux sportifs tels que le croquet (ou jeu de mail), le tir à l'arc sont pratiqués (l'une des premières compétitions se déroule en 1895, en Angleterre, avec plus de 300 000 participants), la soule (ancêtre du football)[10]. La compétition médiévale emblématique est le tournoi, un combat de chevaliers comportant diverses épreuves, dont des combats à pied, mais dont l'image la plus marquant, reste celle du chevalier avec une lance. Durant de la Renaissance le sport le plus pratiqué est sans doute le jeu de Paume (En 1657, 114 salles de jeu de paume sont recensées à Paris). Contrairement aux précédents ce n'est pas un sport violent, et les femmes le pratiquent. Dans la seconde moitié du XIXe siècle puis dans la première moitié du XXe siècle de nombreux sports sont inventés en Angleterre et se répandent rapidement dans le monde : courses hippiques, football, lutte, boxe, tennis, chasse au renard, aviron, le croquet, athlétisme ; il s'agit plutôt d'activités de loisirs aristocratiques ou mondains. Dans le football des violences sont dénoncées dans les stades dès la fin du XIXe siècle ; par exemple Tranter décrit l'émeute de Cappielow, du 8 avril 1899, lors de la demi-finale de coupe entre Greenock Morton et Port Glasgow Athetic Club, opposant 200 spectateurs ; Il décrit la répression policière, et la montée des violences dans le football anglo-saxon en cette fin de siècle[11] ; spontanées et du fait des supporters ; concernant tant le sport professionnel qu'amateur[12]. Pierre de Coubertin après avoir analysé la formation sociale et morale des établissements scolaires britanniques, commence, à partir de , une campagne de promotion du sport scolaire en France. Les Jeux de la première olympiade ont lieu en 1896 à Athènes, après la création du Comité international olympique. Le serment prononcé par un athlète et écrit par Pierre de Coubertin en 1920, est[13] « Nous jurons que nous nous présentons aux jeux Olympiques en concurrents loyaux, respectueux des règlements qui les régissent et désireux d’y participer dans un esprit chevaleresque, pour l’honneur de nos pays et pour la gloire du sport. » C'est à partir des années 1970 avec l'apparition des groupes de supporters que la violence est devenue une réalité sociale telle que juristes et institutions n'ont pu l'ignorer[14]. Dans l’Union européenne, une Convention européenne sur la violence et les débordements de spectateurs lors de manifestations sportives et notamment de matches de football (STE n° 120), a été ouverte à la signature le 19 août 1985 à Strasbourg (« Convention n° 120 »), puis une « Convention du Conseil de l’Europe sur une approche intégrée de la sécurité, de la sûreté et des services lors des matches de football et autres manifestations sportives » (STCE n° 218, aussi dites « Convention de Saint-Denis ») a été produite avec la FIFA par le Conseil de l’Europe (en 2026, 10 ans plus tard, 33 États-membres l’avaient ratifiée et 6 l'avaient signée ; elle vise notamment à « prévenir, de réduire le risque et/ou de faire face à tout acte de violence ou autre débordement ou activité criminelle à l’occasion d’un match de football ou d’une autre manifestation sportive, dans l’enceinte ou à l’extérieur du stade » ; elle demande aux Etats signataires d’encourager « leurs organismes compétents à souligner la nécessité pour les joueurs, les entraîneurs ou les autres représentants des équipes participantes d’agir conformément aux principes clés du sport, comme la tolérance, le respect et l’esprit sportif, et à reconnaître l’influence négative que des actes violents, racistes ou provocateurs peuvent avoir sur le comportement des spectateurs » ; son art.10 impose aux États siganaires de prévenir et sanctionner les comportements violents liés au sport en réduisant les risques de débordements, en appliquant des mesures d’exclusion adaptées, en coopérant pour que les auteurs d’infractions commises à l’étranger soient effectivement punis, et en permettant, lorsque nécessaire, que des sanctions ou restrictions de déplacement soient prononcées contre les personnes ayant provoqué ou contribué à des violences lors de manifestations footballistiques[15].

Récemment (années 2010-2020), le voile qui cachait les violences et abus sexuels dans le sport, a été levé par le porté à connaissance du public de cas très médiatisés d’abus sexuels dans la gymnastique américaine , puis par le mouvement me too qui a accru la sensibilisation au problème, qui a libéré la parole, ce qui a permis à des chercheurs de commencer à mieux évaluer la prévalence et le degré de différentes formes de ces violences ; les facteurs de risque personnels, organisationnels et culturels qui y sont associés ; ainsi que leurs conséquences sociopsychopathologiques, tout en identifiant les lacunes de la recherche. Ces chercheurs concluent tous à la nécessité de développer et régulièrement renouveler des programmes de prévention, d’intervention et de prise en charge fondés sur des données probantes et spécifiquement adaptés aux besoins des sportifs[16]. Une multiplication de plaintes et preuves a poussé le Comité international olympique, en 2016[17], et plusieurs groupes de scientifiques à lancer un appel à des études internationales sur la prévalence du phénomène (dont chez les enfants)[18], qui sont essentielles au développement de programmes de prévention et d’intervention.

Cas particuliers

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Certaines pratiques dérivée de techniques martiales ont évolué vers des pratiques esthétiques ou philosophiques sans violence (capuera, chi qong) ou incluent des pratiques individuelles où l’adversaire est imaginé (katas…)

La violence psychologique dans le sport

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La violence dans le sport est un sujet populaire abondamment traité dans les œuvres littéraires et les médias. Cette violence est principalement en lien avec la violence physique subit par les sportifs. La violence psychologique n’est pas autant visible que la violence physique, mais elle serait autant et sinon plus néfaste pour un athlète[19]. Pour bien comprendre le concept de la violence psychologique dans un cadre sportif, voici une définition selon Kerr et Stirling (2012) :

Les comportements doivent survenir dans la relation entraîneur-athlète alors qu'ils ont le potentiel de nuire au bien-être émotionnel de l'athlète (repousser, terroriser, rabaisser, humilier, menacer, exploiter/corrompre), ces comportements se produisent à plusieurs reprises et sur une certaine période de temps, les actes surviennent dans une relation où l'agresseur a une influence significative sur le sens de sécurité et de confiance des besoins de l'autre[20].

Eteri Tutberidze, entraineuse connue pour ses techniques exigeantes.

La violence fondée sur le genre dans le sport

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Cette forme de violence a été définie par la Commission européenne comme suit dans un rapport[1] pour l’égalité de genre dans le sport :

« toute violence dirigée contre une personne en raison de son genre — y compris l’identité ou l’expression de genre — ou toute violence affectant de manière disproportionnée un genre particulier »

. Ce cadre inclut les abus et violence sexuelle et toutes les formes de harcèlement fondé sur le genre pratiquées dans le sport ou en lien avec le sport. La violence sexuelle en contexte sportif passe souvent par un continuum allant du harcèlement au viol ou aux abus sexuels, allant d’ actes ou sollicitations non désirés envers des pratiquants — souvent mineurs et vulnérables — dont la définition varie selon les législations, ce qui complique la recherche, la prévention et l’élaboration de politiques cohérente[21].

Selon ce rapport (p. 28), malgré la fréquence et l’importance de ce phénomène dans le milieu sportif, ce sujet a été longtemps invisibilisé et mal documenté (en raison de données rares, fragmentées et dispersées entre plusieurs secteurs). En l’absence d’un organisme clairement responsable de le traiter — du fait de l’intersection entre les politiques du sport, de la jeunesse, de l’égalité, du bien être et de la justice — ne fait pas l’objet d’un pilotage cohérent, même si certaines formes de violence commencent à être reconnues et étudiées de manière ciblée[1]. Pour l’ONU, l’éducation physique et le sport sont un droit fondamental, affirmé dans la Charte internationale de l’éducation physique, de l’activité physique et du sport[22] adoptée par l’UNESCO en 1978 (révisée en 2015), qui souligne le rôle du sport dans la prévention des violences fondées sur le genre, et insiste sur la nécessité d’éliminer toutes les pratiques discriminatoires ou violentes — homophobie, intimidation, exploitation ou violences sexuelles — pour de garantir la sécurité et l’intégrité des pratiquants, en particulier des enfants, des jeunes et des femmes.
En 1979, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes[23], puis, en 1995 la Déclaration et Plateforme d’action de Pékin[24], ont renforcé cet objectif, appelant les États à adopter des mesures de prévention, de protection et de poursuite, ainsi qu’une intégration systématique de la perspective de genre dans toutes les politiques, y compris celles relatives au sport[1].

Chez les enfants et adolescents

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Les recherches consacrées à la participation sportive des adolescentes montrent que, l’incitation faite aux jeunes de pratiquer un sport est justifiée par les bénéfices largement reconnus de l’activité physique pour le développement physique et psychique, et en particulier pour le schéma corporel, l’image corporelle, l’estime de soi, le sentiment d’agentivité (notamment chez les jeunes filles) et l’intégration sociale[25], mais que le milieu sportif peut aussi exposer les adolescents et les jeunes pratiquants à des niveaux importants et psychiquement délétères de violence psychique. Selon Willson et Kerr (2023)[26]. Les jeunes filles y sont encore plus exposées via les « violences fondée sur le genre », un sujet qui a fait l’objet d’un rapport commandé par la Commission européenne, publié en 2016[27].

Les travaux scientifiques soulignent que les jeunes pratiquantes et les jeunes athlètes féminines subissent davantage que les garçons des pratiques dévalorisantes telles que les commentaires humiliants (body shaming notamment), la couverture médiatique inéquitable, les inégalités de financement ou encore la surveillance et exposition constante de leur corps à travers des tenues sexualisées et des tests physiologiques. Ces mécanismes (notamment été mis en lumière en Amérique du Nord par des scandales institutionnels comme ceux de USA Gymnastics ou Hockey Canada), entraînent des conséquences développementales significatives pour les adolescentes et révèlent la persistance de normes discriminatoires dans les environnements sportifs[26]. Ils contribuent à expliquer l’abandon de pratiques sportives plus fréquent chez les fille que chez les garçons, un désengagement ou retrait total d’un sport, encore plus fréquent chez les filles et jeunes femmes racialisées d’origine amérindiennes ou aborigène au Canada ou en Australie[28],[29], les adolescentes évoquant notamment un moindre plaisir à faire du sport. L’analyse des causes et des effets de cette violence psychologique met en évidence la nécessité de stratégies de prévention et d’intervention visant à réduire les violences de genre dans le sport et à garantir des conditions de pratique sûres, équitables et émancipatrices pour les jeunes sportives, athlètes notamment[26]. Selon l’Institut national de Santé publique du Québec : « au Québec, une étude menée auprès de 1 055 jeunes athlètes âgés de 14 à 17 ans [relève] que 79,2 % de ceux-ci auraient fait l’expérience d’au moins une forme de violence psychologique au cours de leur carrière sportive »[19]. Cette violence psychologique peut avoir des conséquences sur le développement d’un jeune sportif. Des études sur le sujet témoignent d’impacts physiques, cognitifs, émotionnels, comportementaux et relationnels chez ces athlètes[30]. Par exemple, certains sportifs vont développer une problématique au niveau de l’assiduité à leurs entrainements ou abandonner leur pratique sportive. Au niveau des conséquences physiques, certains développeront des problèmes nutritionnels, de sommeils et de diverses dépendances (alcool, drogues et jeux). Sur le plan psychologique, une victime de violence psychologique dans le sport peut développer des problèmes d’anxiété, de dépression et d’isolement social, voire conduire au suicide[30]. Compte tenu de l’augmentation de la violence dans le sport, le gouvernement du Québec a mis en place « une Régie de la sécurité dans les sports. Cet organisme public indépendant s’est vu conféré des fonctions conseil, d’assistance, d’éducation, de contrôle, d’information ainsi que d’analyse et recherche »[31]. Selon Michelyne Routhier : « Les principales caractéristiques à développer par la pratique de ce sport se regroupe ainsi: honneur, respect, dignité, maitrise de soi, sens des responsabilités et esprit sportif »[32].

Violences entre sportifs

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Parmi les formes de violences visibles, le coup de tête de Zinédine Zidane porté à Marco Materazzi lors de la Coupe du monde de football en 2006, par la médiatisation qu’il a eu, est devenu momentanément le symbole d’actes d'agression qu’un sportif peut commettre à l’égard d’un autre sportif. La violence verbale raciste, est aussi très présente sur les terrains ; par exemple le Patrice Evra accuse un autre joueur, Luis Suarez d’avoir tenu des propos racistes à son égard en l'ayant qualifié de « negrito » à une dizaine de reprises durant la rencontre. La FIFA sanctionne Luis Suarez de 8 matchs de suspension, et à verser la somme de 40 000 livres à Patrice Évra[33].
Le football n’est pas seul concerné ; ainsi dès 1978 la fédération de basket consacre un article de sa revue[34] au déchaînement de la violence et écrit "Des actes de violence entre des joueurs opposés résultent généralement d'une escalade de la rudesse des contacts personnels. Cela peut commencer par des attouchements occasionnels, suivi par des mouvements de tenir l'adversaire plus intentionnellement ou par l'usage illégal des coudes, des épaules et hanches ou des genoux, ensuite par le fait de pousser et finalement de frapper l'adversaire ou lui donner des coups de poing. Tous ces contacts ne font naturellement pas partie de la rencontre et devraient être immédiatement pénalisés par les officiels du terrain. Mais le seuil des contacts personnels qui demandent une sanction n'est pas toujours facile à déterminer."

Les violences contre les arbitres

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Les arbitres et juges sont fréquemment pris à partie par les joueurs[35], insultes, des bousculades des agressions violentes dans certains cas. Ces actes ont pris une telle ampleur qu'en France, le parlement a voté une loi et modifié le Code du sport en 2006, investissant les arbitres d'une mission de service public[36], ce qui rend les peines encourues au pénal bien plus lourdes, jusqu'à 5 ans de prison et 150 000 euros d'amende[37].

Les violences genrées, et contre les minorités, sexuelles notamment

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L’histoire du sport est marquée par de nombreuses formes de violences exercées à l’encontre des femmes et des minorités, révélant que le champ sportif constitue l’un des terrains majeurs de la lutte des femmes et minorités pour la conquête d’un espace historiquement masculin. De nombreux travaux consacrés au rôle de l’école et de l’éducation physique montrent comment ces institutions ont longtemps participé à l’intériorisation de modèles de féminité et à la reproduction des normes de genre. Longtemps perçu comme un univers misogyne et vecteur d’oppression, le sport apparaît aujourd’hui aussi comme un espace potentiel d’émancipation, mis la plupart des analyses montrent que de nombreux sportifs masculins tendent encore à exclure les femmes au profit d’une domination masculine, notamment pour les pratiques les plus fortement associées à la virilité — telles que le base-ball, la boxe, le football américain ou le rugby — jusque dans l’institution scolaire et les médias parfois. Jim McKay, Michael Messner et Donald Sabo, notent que ces contextes valorisent souvent les dimensions « négatives » de la masculinité, telles que la douleur, les blessures, la misogynie, l’homophobie ou encore la violence à l’égard des femmes.

Violences sexuelles dans le sport

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Les violences sexuelles regroupent les agressions sexuelles, comportements basés sur l’utilisation de la force, menace, contrainte ou surprise de la part de l’agresseur mais également « [...] à travers la douceur et l’emprise que confèrent certains brouillages affectifs, tels que les manipulations, les mensonges, les promesses, les secrets, etc. »[38]. Les violences sexuelles peuvent être commise par divers acteurs du milieu sportif : pairs, entraîneurs, personnel médical voire spectateurs[21]. Elles sont parfois commises par un majeur sur un mineur de moins de 15 ans ; il s’agit souvent de harcèlement sexuel, de violence sans impact sur l’intégrité physique de la victime, qui peut prendre la forme de chantage, d’invectives et humiliations ; d’attitudes d’exhibitionnisme ou de voyeurisme ; le bizutage passe fréquemment par l’obligation d’accomplir des actes humiliants et dégradants par exemple en début de saison sportive[39]. Elles sont fréquentes, y compris chez les athlètes de haut-niveau ; Ohlert et ses collègues (2020) en ont interrogé 1665 venant d’Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas à propos de leurs expériences de violence vécues en sport : 30,6% disent avoir subi des violences sexuelles dans leur contexte sportif avant l’âge de 18 ans[40] ; et Kerr et al. (2019), parmi 1001 athlètes canadiens de niveau national actifs et retraités interrogés, trouvaient 21% des athlètes retraités et 19,7% des athlètes pratiquants disant avoir vécu de telles violences[41].

Ces quantités sont sous-estimées car sous-déclarées ; l’identification des victimes d’abus sexuels en contexte sportif est compliquée par le fait que les athlètes « groomés » présentent souvent des symptômes fluctuants et atypiques — oscillant entre assurance et détresse — en raison des stratégies de manipulation qui les maintiennent sous l’emprise de l’entraineur et/ou du groupe (certains utilisant davantage la manipulation émotionnelle et la séduction, d’autres l’autorité et la violence physique). Leurs réactions et symptômes peuvent relever aussi bien d’un trouble de stress post-traumatique simple que d’un PTSD complexe marqué par la honte, la dissociation ou des difficultés relationnelles. Pour une meilleure résilience et un traitement des séquelles psychiques, l’intervention de cliniciens formés au trauma et à la culture sportive (capables de repérer ces manifestations parfois incohérentes et d’orienter rapidement les victimes vers une prise en charge spécialisée) semble nécessaire[42]. Les recherches montrent que la prévalence des inconduites et des éducateurs et des abus et violences sexuelles en contexte sportif est aux Etats-Unis comparable à celle observée dans d’institutions religieuses et scolaire[43],[44]. Selon Leahy et al. (2004), quand l’auteur est une personne en position d’autorité dans le sport (champion, entraîneurs ou responsables sportifs…), les conséquences psychologiques à long terme pour la victime tendent à être plus sévères. Et si l’auteur a eu recours à la manipulation émotionnelle plutôt qu’à la menace ou à la violence physique pour instaurer et maintenir l’abus, cela conduit à des symptômes post traumatiques et dissociatifs chez les victimes (Leahy et al., 2004; Vertommen et al., 2017). Sans méconnaitre l’importance du « toucher positif » dans le sport — qu’il s’agisse de félicitations physiques, d’ajustements corporels techniques ou de gestes de soutien comme les accolades ou les high fives — comme une composante importante, parfois nécessaire, de la relation entraîneur athlète, utilisée pour des raisons affectives, pédagogiques, sécuritaires et médicale ou culturelles, et dont l’acceptabilité (consentement) dépend du contexte et de l’individualisation du geste (Gretchen et ses collègues, en 2015 rappelaient que les politiques visant à éliminer tout contact dans les environnements fréquentés par des enfants méconnaissent les bénéfices du toucher pour la santé, l’apprentissage et le développement)[45]. Depuis le milieu des années 1980, la question des abus sexuels subis par les athlètes (et parfois issues de pairs - athlètes) oblige les grandes institutions sportives à se questionner[46]. Plusieurs programmes de recherches onr porté sur la fréquence de ces agissements (souvent banalisés ou cachés)[46]. En France, selon une étude épidémiologique de l’INSERM sur les agressions sexuelles dans le milieu sportif, les adolescents pratiquant un sport sont plus à risques d’être victime d’agressions sexuelles que les adolescents non sportifs[46]. Le taux d’expositions aux violences sexuelles des filles sportives est de 7% au lieu de 5% pour les filles non sportives ainsi que 3% contre 2% pour les garçons[46]. Au Canada, peu d’études ont porté sur ce sujet, mais une enquête, faite par une experte du domaine, mentionne que 21,8% des participants affirment avoir eu des relations sexuelles avec une personne ayant une position d’autorité dans son milieu sportif[47]. Une autre étude, sur la violence interpersonnelle envers les jeunes athlètes canadiens a aussi conclu à une prévalence élevée : près de 80 % rapportant une violence psychologique, suivie de violences physique, de négligence et d’abus sexuels, avec plusieurs facteurs augmentant le risque d’être victime (âge, genre, orientation sexuelle, spécialisation précoce, volume d’entraînement et niveau compétitif)[48].

Le mouvement #MeToo a aussi touché le monde du sport (sport universitaire notamment), y favorisant la dénonciation du « grooming », et une libération massive de la parole des victimes et une prise de conscience accrue des violences sexuelles, comme en témoignent l’émergence du hashtag #SportToo [42], avec la révélation de cas emblématiques illustrant la persistance de violences sexuelles commises par des athlètes de haut niveau (ex. : affaire Larry Nassar en gymnastique, ou affaires Jameis Winston, Darren Sharper, Brock Turner ou Sandusky, de Barry Bennell (coach au football) ou encore de l’entraîneur de ski Bertrand Charest au Canada)[49],[50],[51] et la médiatisation de témoignages de nombreux athlètes victimes de telles violences. Mais l’efficacité du hashtag #SportToo semble avoir été inégale : certaines fédérations ont bien mis en place des dispositifs de signalement, et ont commencé à briser l’omerta, mais les enquêtes montrent que les violences demeurent largement répandues, et que dans les années 2020 des défaillances persistent dans les institutions sportives et judiciaires, qui protègent encore mal les athlètes et les sportifs amateurs[52].

Un documentaire de Pierre–Emmanuel Luneau-Daurignac diffusé sur Arte en (Prix média ENFANCE majuscule 2021[53], Catégorie Documentaire tourné à l'étranger) indique que toutes les études concordent et que, fille ou garçon, avant ses 18 ans, un sportif sur sept subit des agressions sexuelles ou des viols[54]. Le sujet a pris une grande ampleur médiatique après la publication du témoignage de l’ancienne patineuse Sarah Abitbol, dans son livre Un si long silence[55] dans lequel elle affirme avoir été violée par son entraîneur alors qu’elle était mineure[56].

Une étude (canadienne, publiée en 2022) a montré que les entraîneurs auteurs d’abus sexuels en contexte sportif utilisent des stratégies spécifiques pour gagner la confiance, isoler et exploiter progressivement leurs victimes, en instaurant le silence, dont par une loyauté au club et à l’égard de l’entraineur ; et que ces modes opératoires varient selon le sexe de la victime, le niveau sportif et l’époque des faits[21]. L’omerta (culture du silence)[57] est un élément récurrent du maintient de ces situations, avec à la fois le silence obtenu de la part la victime d’agressions sexuelles, mais aussi celui de l’entourage de l’agresseur (coéquipiers, administration du club, famille parfois). Les témoins peuvent craindre de dénoncer les faits ou l’agresseur, par peur d’être rejetées de cette communauté, d’être une prochaine victime, de subir des mesures de rétorsion, ou par crainte d’être entrainées dans un long processus de dénonciation[21]. Au Québec, la violence sexuelle toucherait de 0,3 % à 30,6 % des athlètes, selon les définitions retenues ; ces taux varient fortement entre recherches rétrospectives et enquêtes auprès de mineurs, car les données disponibles sont souvent hétérogènes, parfois limitées à des athlètes d’élite et/ou marquées par des biais de mémoire, la honte ou l’omerta qui rendent difficile une mesure représentative et précise du phénomène[21].

Une partie du monde sportif se mobilise de plus en plus dans la lutte contre le harcèlement et les abus sexuels dans le sport[58] et plusieurs instruments juridiques internationaux ont été mis en place pour cela[58]. Par exemple, « En droit international, la convention de 1989 est l’instrument juridique principal permettant d’assurer la protection des enfants au niveau de l’État. »[58]. Regroupant un grand nombre d’experts qui ont traité le sujet des agressions sexuelles, cette convention représente un outil juridique ayant eu une importance dans le monde sportif qui a pour initiative de protéger les athlètes mineurs contre les agressions sexuelles[58].

Les violences des supporters

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Depuis les années 1980 et surtout 1990, les comportements déviants des supporters, à cause du traumatisme causé par le drame du Heysel, sont étudié (par exemple en France par Eric Dunning et Norbert Elias dans le cas du football ou par Bromberger, Dominique Bodin etc. Il est traité comme une menace pour l’ordre public[59] mais sont connus et étudiés depuis longtemps. La fréquence des violences dans les rencontres sportives internationales conduit à des actions et à des conventions internationales. Le Conseil de l'Europe, dès 1985, adopte une Convention européenne sur la violence et les débordements de spectateurs lors de manifestations sportives et notamment de matches de football dont le préambule précise que « Considérant que la violence est un phénomène social actuel de vaste envergure, dont les origines sont essentiellement extérieures au sport, et que le sport est souvent le terrain d'explosions de violence ; Résolus à coopérer et à entreprendre des actions communes afin de prévenir et de maîtriser la violence et les débordements de spectateurs lors de manifestations sportives... Article 1 : les Parties, en vue de prévenir et de maîtriser la violence et les débordements de spectateurs lors de matches de football, s'engagent à prendre, dans les limites de leurs dispositions constitutionnelles respectives, les mesures nécessaires pour donner effet aux dispositions de la présente Convention »[60].

Une enquête conduite en 2024 auprès de 2 250 athlètes français de 14 à 45 ans a confirmé l’ampleur d’une violence largement invisibilisée dans les clubs sportifs (59 % des répondants déclaraient avoir subi au moins une forme d’agression depuis leur arrivée dans leur structure). Ces violences venaient aussi bien des entraîneurs, de bénévoles et de parents et - majoritairement - des autres pratiquants ; elles sont souvent normalisées au nom de l’exigence de performance, se cumulent fréquemment ; elles s’inscrivent dans un continuum d’abus qui brouille la frontière entre encadrement sportif et maltraitances. Les violences psychologiques étaient les plus fréquentes (47 %), devant la négligence (25 %), les violences physiques (23 %) et les violences sexuelles (21 %), ces chiffres étant probablement sous‑estimés, en raison de la difficulté des victimes à témoigner. Selon l'enquête, le risque était maximal dans les sports collectifs et de combat et moindre dans les disciplines artistiques ou de précision, mais dans tous les cas, il augmente nettement avec le niveau de pratique (les athlètes nationaux et internationaux, soumis à une forte pression de résultats, rapportaient en moyenne davantage de violences psychologiques, sexuelles et de négligence. Les jeunes sportifs de haut niveau y étaient parmi les plus vulnérables. Les auteurs de cette étude invitent à une transformation profonde des environnements sportifs au profit de la prévention des violences, d'une meilleure formation des encadrants et d'une mise en visibilité de pratiques encore largement tues. Le droit promeut déjà théoriquement la répression et la prévention des violences[61], avec notamment la loi du qui organise et promeut les activités physiques et sportives, et avec un premier texte consacré à la sécurité dans les manifestations sportives (loi du 6 décembre 1993, ensuite modifiée et complétée). La Loi du 5 juillet 2006 précise la prévention des violences lors des manifestations sportives[62]. La loi du d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure[63], dans son article 60, ajoute au code des sports un article L. 332-16-1. prévoyant que le ministre de l'intérieur peut, par arrêté, interdire le déplacement individuel ou collectif de personnes se prévalant de la qualité de supporter d'une équipe ou se comportant comme tel sur les lieux d'une manifestation sportive et dont la présence est susceptible d'occasionner des troubles graves pour l'ordre public. La loi du tend à renforcer le dialogue avec les supporters et la lutte contre le hooliganisme[64].

Organismes et institutions créés pour lutter contre la violence dans le sport.

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Concernant les enfants ou adultes, en France, le 119 est le numéro national gratuit et confidentiel dédié au signalement et à la protection des enfants en danger ou en risque de l’être, accessible 24h/24 et 7j/7[65].

Délégué ministériel chargé de la lutte contre les violences dans le sport

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Un délégué ministériel, nommé par décret, auprès du ministre chargé des sports, est chargé de participer à la conception et à la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre les violences dans le sport[66]. Ses missions sont de contribuer à renforcer le dispositif de traitement des signalements dans un cadre interministériel, d'apporter des éclairages pour la mise en œuvre de la stratégie nationale en faveur de la prévention des violences sexuelles. Par décret du Fabienne Bourdais, inspectrice générale de l'éducation, du sport et de la recherche, est nommée déléguée ministérielle[67].

Commission éthique et valeurs du sport au sein du Conseil National du Sport (CNS)

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Au sein du Conseil national des sports[68] existe une commission éthique et valeurs du sport dont la mission est entre autres de « procéder à l'analyse des évolutions des pratiques et à l'évaluation des actions entreprises par les collectivités publiques, les fédérations sportives et les autres parties prenantes dans la lutte contre les discriminations et violences de toute nature dans le champ des activités physiques et sportives ».

Fédérations sportives

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Les fédérations sportives délégataires ont l’obligation depuis la loi du d’adopter une Charte éthique et de déontologie déclinant la Charte du Comité national olympique et sportif français (CNOSF)[69]. Certaines fédérations créent en leur sein des groupes de travail ou commission spécialisés afin de lutter contre les violences sportives[70],[71].

Commission nationale consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives

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La Commission nationale consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives a la possibilité de prononcer la suspension ou la dissolution de toute association dont des membres ont commis en réunion, en relation ou à l'occasion d'une manifestation sportive, des actes répétés ou un acte d'une particulière gravité et qui sont constitutifs de dégradations de biens, de violence sur des personnes ou d'incitation à la haine ou à la discrimination contre des personnes à raison de leur origine, de leur orientation ou identité sexuelle, de leur sexe ou de leur appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée[72].

Responsabilité de l'auteur d'une violence

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La responsabilité de l’auteur d’un comportement répréhensible dans le sport peut être disciplinaire, civile et pénale. Les modalités concernant les sanctions disciplinaires sont élaborées par chaque fédération agréée (dans le respect d’un règlement type élaboré par les autorités de l’État). La responsabilité civile concerne toute personne victime d’un dommage : sportifs, des dirigeants, des éducateurs, des entraîneurs, des arbitres, des stadiers, supporters et associations de supporters, clubs. Elle permet à une victime, la victime même en l'absence de sanctions pénales, d'obtenir réparation en application des règles du droit civil. Les règles de responsabilité pénale sont définies par le code pénal et visent certaines incivilités, les violences physiques, les violences verbales et psychologiques, les violences sexuelles et les discriminations. Les infractions, délits ou crimes visés sont communs à toute infraction mais il existe aussi des dispositions propres au sport. Ainsi , les peines encourues passent de 3 à 5 ans d’emprisonnement et de 45 000 à 75 000 euros d’amende lorsque les violences sont exercées sur un arbitre et qu’elles ont entraîné une incapacité totale de travail supérieure à 8 jours. Les articles L. 332-3 à L. 332-10 du code du sport répriment les troubles causés par les supporters.

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  55. Sarah Abitbol, Emmanuelle Anizon, Un si long silence, Plon, 2020, 198 p.
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  57. Kirby, S., Greaves, L., & Hankinsky, O. (2000). The dome of silence: Sexual harassment and abuse in sport. Zed Books.
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  59. Nicolas Hourcade, « Principes et problèmes de la politique de lutte contre le hooliganisme en Fance », Archives de politique criminelle, vol. 32, no 1,‎ , p. 123–139 (ISSN 0242-5637, DOI 10.3917/apc.032.0123, lire en ligne, consulté le ).
  60. Série des traités européens - n° 120, « Convention européenne sur la violence et les débordements de spectateurs lors de manifestations sportives et notamment de matches de football », sur rm.coe.int, .
  61. Gérald Simon, « Le régime de prévention et de répression des violences des supporters », dans L'éthique en matière sportive, Presses de l’Université Toulouse Capitole, coll. « Travaux de l’IFR », , 63–76 p. (ISBN 978-2-37928-059-7, lire en ligne).
  62. Loi n° 2006-784 du 5 juillet 2006 relative à la prévention des violences lors des manifestations sportives.
  63. Loi n° 2011-267 du 14 mars 2011 d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure.
  64. Loi n° 2016-564 du 10 mai 2016 renforçant le dialogue avec les supporters et la lutte contre le hooliganisme.
  65. [vidéo] « Enfants, ados, adultes victimes de violences dans le sport : des professionnels peuvent t'aider. », , 3:38 min (consulté le ).
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  67. Décret du 10 juin 2020 portant nomination de la déléguée ministérielle en charge de la lutte contre les violences dans le sport.
  68. Décret n° 2013-289 du 4 avril 2013 portant création du Conseil national du sport.
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  70. « Comment les fédérations luttent pour éviter les violences sexuelles dans le sport », sur rmcsport.bfmtv.com, .
  71. « Préventions violences. Incivilité, violences et discriminations », sur ffhockey.org, .
  72. Article L. 332-18 du code des sports

Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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  • Comeron, M. (2002). La prévention de la violence dans le sport (Vol. 1). Council of Europe.
  • Norbert Elias, « Sport et violence », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, vol. 2, no 6,‎ , p. 2–21 (DOI 10.3406/arss.1976.3481, lire en ligne, consulté le ).
  • Ministère de la ville, de la jeunesse et des sports, Guide juridique sur la prévention et la lutte contre les incivilités, les violences et les discriminations dans le sport, , 250 p..
  • Ministère de la ville, de la jeunesse et des sports, Fiche récapitulative sur les outils disponibles, , 6 p..

Vidéographie

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[1]

  1. [vidéo] « Court-métrage LILIA | Lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport (Ministère chargé de l'Égalité femmes-hommes) », , 13:31 min (consulté le )