Violaine Vanoyeke

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Violaine Vanoyeke
Naissance
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Violaine Vanoyeke est une poétesse, romancière et femme de lettres française née en 1956 à Paris[1]. Auteur de quatre-vingts titres, elle a également cosigné plusieurs ouvrages avec son mari, l'économiste Philippe Engerer, aujourd’hui décédé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de Lettres classiques, Violaine Vanoyeke enseigne quelques années dans un lycée de Saint-Cloud. Elle est également chargée de cours à l’université de Nanterre pendant huit ans. Elle publie dans un premier temps des recueils de poèmes (L’art aux yeux pers, 1980), ainsi que des anthologies, comme Le Mythe en poésie (1986). Elle se présente comme l’initiatrice d’un nouveau courant littéraire qu’elle appelle le « naïvisme ».

 A la fin des années 80, Violaine Vanoyeke se tourne vers l’histoire ancienne qu’elle aborde sous l’angle romanesque : elle signe en 1988 un Messaline en collaboration avec Guy Rachet, puis publie Le Druide en 1989 et Les Louves du Capitole en 1990.

Cette même année, paraît aux Belles Lettres, importante maison d’édition spécialisée dans les études sur l’Antiquité classique, une monographie historique : La Prostitution en Grèce et à Rome. La critique universitaire est divisée. Dans la revue Latomus, Alain Touwaide signe un compte rendu positif : « vaste panorama compréhensif », « complément utile à une étude polyédrique de la réalité sociale antique, grecque ou romaine ».[2] La revue Topoï publie un article beaucoup plus sévère de François Picard (voir ci-dessous : « Controverses »). L’ouvrage connaît un certain succès et sera traduit en espagnol (1991), en grec (1996), en japonais (1997), en chinois (2007).

 1992 voit la parution, toujours aux Belles Lettres, de La naissance des Jeux Olympiques et le sport dans l’Antiquité. Guy Lacaze, professeur à l’université de Tours, dénonce une « érudition toujours maladroite », une « démarche confuse, parfois puérile ».[3] Lors d’une réédition à l’occasion des JO de 2004, Michel Debidour, professeur à l’université de Lyon, est plus que réservé : « Il manque à cette compilation une cohérence et une véritable analyse historique (…). On ne peut que s’étonner qu’une maison sérieuse comme les Belles Lettres ait jugé bon, après douze ans, de rééditer un tel ouvrage, sans y apporter ni changement ni correction. »[4] Ces critiques, au demeurant peu médiatisées, n’empêcheront pas une large diffusion du livre, régulièrement cité dans les études et les bibliographies sur le sport.

 Violaine Vanoyeke enchaînera avec la publication, chez d’autres éditeurs, d’ouvrages consacrés au monde gréco-romain ancien : Les Grandes Heures de la Grèce (Perrin, 1992), Les Sévères (Critérion, 1993), Hannibal (France Empire, 1995), Périclès, (Tallandier, 1997).

 Elle devient directrice de collection chez Critérion (1992), préside plusieurs salons du livre, dont le prestigieux salon de Cosne-sur-Loire (1994), tient une chronique littéraire régulière dans Le Quotidien de Paris (1990-1994).

 A partir de 1996, Violaine Vanoyeke se consacre essentiellement à l’Égypte ancienne. Après deux monographies problématiques, Ramsès III (1996) et Les Ptolémées, derniers pharaons d’Égypte (1998 - voir ci-dessous : « Controverses »), elle revient au roman historique et signe une abondante production, essentiellement publiée chez Michel Lafon.

 Elle est régulièrement invitée à la radio et à la télévision, en tant qu’experte en histoire ancienne et archéologue, en particulier lors des Jeux Olympiques dont elle est considérée comme une spécialiste. Depuis 1996 elle a été présente dans plus de 150 émissions.[5]  Elle a d’ailleurs mis en ligne sur le site YouTube, depuis février 2017, de nombreux extraits de ses apparitions télévisées. Elle participe également à plusieurs salons littéraires (comme récemment, en 2016, la Biennale du livre d’histoire à Pontivy) et donne de nombreuses conférences.

Elle fait l’objet d’articles louangeurs dans la presse nationale (Elle, Le Figaro, France Soir, La Vie) et régionale (La Voix du Nord, Le Populaire du Centre, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, Le Républicain Lorrain, Le Parisien, etc.) et dans divers magazines (Gala, Intimité, Version Femme…), à l’exception d’un compte rendu très négatif paru dans Le Monde en 1998 (voir ci-dessous : « Controverses »).

 Violaine Vanoyeke est membre du Comité d’Honneur de l’ « Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française » (ASSELAF).

 La musique

Depuis ses débuts, Violaine Vanoyeke se présente comme une pianiste virtuose, « concertiste de renommée internationale », information souvent reprise dans la presse. En 1994 et 1995, elle publie un diptyque romanesque sur son instrument de prédilection : Les Schuller et Le Serment des 4 rivières. Elle y aborde les origines du piano au travers d’une fiction mettant en scène le personnage de Peter Schuller, largement inspiré de Sébastien Erard. La réalité d’une carrière pianistique de Violaine Vanoyeke  et ses compétences en matière de musique sont cependant mises en doute par François Picard (voir ci-dessous : « Controverses »).

À la suite du décès de son mari en raison d'une succession d'erreurs médicales, Violaine Vanoyeke publie en 2009 un livre intitulé Homicide, même l'hôpital peut tuer[6].

En 2011, d'après Le Monde des livres, elle se porte candidate au fauteuil de Maurice Druon à l'Académie française[7],[8], mais n'obtient pas de voix : Danièle Sallenave est élue avec dix-huit voix au premier tour contre cinq voix à Jean-Louis Servan-Schreiber[9].

Controverses[modifier | modifier le code]

Valeur scientifique et crédibilité[modifier | modifier le code]

La revue Topoi a publié en 1992 un compte rendu de son ouvrage La Prostitution en Grèce et à Rome (1990), qui souligne de grossières erreurs historiques, des références approximatives ou douteuses et constate un « démarquage simplificateur » de passages du livre de Catherine Salles Les Bas-fonds de l’Antiquité (1982)[10], certaines erreurs pouvant constituer, selon l'auteur de la recension, une « maladresse dans le plagiat ».

Maurice Sartre, professeur à l'université de Tours, relève de très nombreuses erreurs, contresens et anachronismes dans une critique parue de l'ouvrage Les Ptolémées, derniers pharaons d'Égypte. Il conclut : « Cette « spécialiste » ne fait autorité qu'auprès de son éditeur; les historiens, quant à eux, sont partagés entre l'indignation et la franche rigolade »[11] ».

Dans la revue Archipel égéen (fascicule 2, daté de 1992 mais publié en 1995), Guy Lacaze consacre un vingtaine de pages très critiques à trois livres de Violaine Vanoyeke : l’étude sur la naissance des JO, citée ci-dessus, Les Grandes Heures de la Grèce et Les Sévères.

Dans La Cuisine de madame V.[12], François Picard étudie quelques-unes des productions de Violaine Vanoyeke. L’analyse de La prostitution en Grèce et à Rome, des Grandes Heures de la Grèce, des Sévères et d’Hannibal révèle de multiples emprunts parfois textuels à d’autres historiens (Catherine Salles, Robert Turcan, G.P. Baker), de graves erreurs et des maladresses méthodologiques.

Il montre que dans la saga des Schuller, Violaine Vanoyeke démarque en permanence, sans toujours la bien comprendre, l’étude qu’Adélaïde de Place a consacrée en 1987 au Piano-forte à Paris entre 1760 et 1822. Selon F. Picard, l’ouvrage fourmille d’erreurs factuelles, de contresens et d’approximations sur la facture des instruments à clavier, et sur la musique en général. Il repère également une multitude d’emprunts textuels (non signalés comme tels) à des auteurs du passé (Diderot, Chateaubriand, Mme Necker…) ou contemporains (G. Livet et F. Rapp, M. Antoine, L. Peillard, M. Brion, A. Velter…).

F. Picard constate par ailleurs qu’à part deux enregistrements de poèmes accompagnés de musique parus au début de sa carrière, il est impossible de trouver une trace des concerts ou des disques que Violaine Vanoyeke prétend avoir donnés ou publiés.

De même, elle n’a pas produit de rapport de fouille, d'article ou d'ouvrage scientifique pouvant lui conférer le titre d’archéologue (ou d'égyptologue).

Accusations de plagiat[modifier | modifier le code]

Fin 1999 dans Visio, revue officielle de recherche de l'Association internationale de sémiotique visuelle, Michel Costantini, professeur à l'université Paris-VIII, mentionne Violaine Vanoyeke comme « un fascinant exemple d'auctoritas usurpée[13] ». L'un de ses ouvrages, intitulé Hannibal (1995), serait un plagiat du livre Annibal de George Philip Baker, paru chez Payot en 1952. Il cite Guy Lacaze qui estime : « Si j'avais le temps d'établir une démonstration en forme, je prouverais que, sur les 280 pages de son livre, 150 au minimum et certainement beaucoup plus, coulent de source, et sont textuellement reprises de Baker ».

En février 2011, elle se retrouve accusée de « plagiat et d'imposture scientifique » par Michelle Bergadaà, une universitaire franco-canadienne « dont les études sur le plagiat dans la recherche font référence », selon Le Point[14]. D'après Philippe Collombert, professeur d'égyptologie à l'université de Genève, dont Michelle Bergadaà publie l'article sur son site[15], la biographie de Violaine Vanoyeke Ramsès III (éditée en 1996 - ne pas confondre avec la trilogie romanesque de 2010) présente de très nombreuses similarités avec l'ouvrage de Pierre Grandet, Ramsès III. Histoire d’un règne, paru trois ans auparavant.

Violaine Vanoyeke n'a cependant jamais été judiciairement poursuivie pour plagiat.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • L'Art aux yeux pers, Le Cherche midi
  • Le Mythe en poésie
  • L'Harmonie et les Arts en poésie
  • Au bord du Douro (collectif)

Romans[modifier | modifier le code]

  • Le Trésor de la reine Cobra, Éditions de l'Archipel (réimpr. Le Masque-Lattès, 2008)
  • Messaline, Robert Laffont
  • Les Louves du Capitole, Robert Laffont
    prix littéraire de l'été
  • Clair de symphonie
  • Le Crottin du diable, Denoël
    Prix de l'assurance et des banques
  • La Passionnée, Michel Lafon
  • Le Druide, Sand
  • Les Schuller, Presses de la cité (2 vol.) :
    • Le Serment des quatre rivières
    • Les Schuller

Romans sur l'Égypte antique[modifier | modifier le code]

  • Nitocris, princesse d'Égypte, Éditions Albin Michel,
  • Le Secret du pharaon, L'Archipel
  • Une mystérieuse Égyptienne, L'Archipel (réimpr. Le Masque-Lattès, 2008)
  • Meurtre aux jeux olympiques, Le Masque-Lattès,
  • Histoires envoûtantes de l’Égypte ancienne, Grancher,

Série Les Histoires d'amour des pharaons[modifier | modifier le code]

Tous les titres sont parus aux éditions Michel Lafon (9 vol.) :
    • Néfertiti et Akhénaton, coll. « Le Chardon bleu »
    • Ramsès II et Néfertari
    • Tyi et Ramsès III
    • César et Cléopâtre
    • Antoine et Cléopâtre
    • Ahmès-Néfertari et Ahmosis
    • Aménophis II et Tiâa
    • Toutânkhamon et Ânkhsepaaton
    • Séthi II et Taousert

Série Les Pharaons du Soleil[modifier | modifier le code]

Tous les titres sont parus aux éditions Michel Lafon (24 vol.) :
    • 1 - La Pharaonne Hatchepsout (trilogie)
    • 2 - Thoutmôsis (trilogie)
      • Le Rival d'Hatchepsout, 2000
      • L'Ibis indomptable, 2000
      • Au royaume du sublime, 2000
    • 3 - Aménophis (trilogie)
      • Le Prince de lumière, 2001
      • Le Breuvage d'amertume, 2001
      • Vénérable Tiyi, 2002
    • 4 - Néfertiti et Akhénaton (trilogie)
      • La belle est venue, 2002
      • L'Horizon d'Aton, 2002
      • Le Faucon d'or, 2003
    • 5 - Toutânkhamon (trilogie)
      • L'Héritier, 2003
      • La Fille de Néfertiti, 2004
      • Le Pharaon assassiné, 2004
    • 6 - Aÿ, pharaon (trilogie)
      • Les Meurtriers de Toutânkhamon, 2004
      • La Disparition de la reine, 2005
      • L'Ennemi du Nil, 2005
    • 7 - Horemheb, roi d'Égypte (trilogie)
      • Les Complots
      • Le Justicier
      • La Vengeance
    • 8 - Ramsès Ier (trilogie)
      • Les Secrets du prince
      • Un étrange destin
      • Les Mystères du palais
    • 9 - Ramsès III (trilogie)
      • Complots contre Pharaon, 2010
      • La Reine lybienne, 2010

Ouvrages sur l'Histoire[modifier | modifier le code]

  • Les Sévères, Critérion ;
  • Les Origines des sports olympiques dès les Chinois et les Égyptiens, éd. du Rocher,  ;
  • Les Véritables Inventions des Égyptiens, éd. du Rocher,  ;
  • collectif universitaire, De la prostitution en Alsace, Le Verger ;
  • Les Bonaparte, Critérion ;
  • Zénobie, l'héritière de Cléopâtre, Michel Lafon ;
  • Les Voluptueuses de l'Égypte à Rome, Michel Lafon ;
  • La Prostitution en Grèce et à Rome, éd. Belles Lettres ;
  • Les Grandes Heures de la Grèce, Perrin ;
  • La Naissance des jeux olympiques et le Sport dans l'Antiquité, éd. Belles Lettres ;
  • Périclès, Tallandier ;
  • Les Ptolémées, derniers pharaons d'Égypte, Tallandier ;
  • Apprenez les hiéroglyphes avec Hatchepsout, Michel Lafon,  ;
  • Hannibal, France Empire, coll. « Les grands conquérants »,  ;
  • Éluard, poète de la liberté, Julliard ;
  • Quand les athlètes étaient des dieux, Fleurus
    ouvrage illustré pour la jeunesse.

Autobiographie[modifier | modifier le code]

  • Les pharaons mènent à la vie éternelle, Michel Lafon
  • Homicide, même l'hôpital peut tuer !, éd. Alphée

En collaboration avec Philippe Engerer[modifier | modifier le code]

  • Amoureusement drôle, Hors collection,
  • Le Sottisier des politiques, Hors collection,
  • Jeux de main, jeux de vilain : L'Histoire des expressions du sport et des jeux olympiques, Bartillat,
  • Leurs derniers mots... avant leur dernier souffle, Grancher,

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Torrent, textes de Violaine Vanoyeke dits par Lucien Plaissy, avec V. Vanoyeke au piano, REM éditions
  • Chœur chromatique, textes de Violaine Vanoyeke interprétés par Dominique Paturel avec V. Vanoyeke au piano, REM éditions

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie
  2. « La prostitution... », Latomus,‎ t. 51, fasc. 1 (janvier-mars 1992), pp. 250-252. (lire en ligne)
  3. « Tristes topiques », Archipel égéen,‎ fasc 2, 1992
  4. « Une réédition utile? », sur parutions.com,
  5. « Inathèque, fonds audio-visuels, catalogue du dépôt légal »
  6. Site des éditions Alphée
  7. « L'Académie française recrute », Le Monde des livres,‎ (lire en ligne).
  8. « Candidatures au fauteuil de M. Maurice Druon (F30) », sur academie-francaise.fr, (consulté le 25 mai 2016)
  9. « Élection de Mme Danièle Sallenave (F30) », sur academie-francaise.fr, (consulté le 25 mai 2016)
  10. F. Picard, « Compte rendu : Violaine Vanoyeke, La prostitution en Grèce et à Rome, collection Realia, 1990 », Topoi, vol. 2, no 2,‎ , p. 285-289 (lire en ligne)
  11. Le Monde, 17 juillet 1998
  12. François Picard, La Cuisine de madame V., éditions du liège, (ISBN 978-2-9554857-0-5)
  13. Visio, vol. 4, no 3
  14. Marion Cocquet, « 2011 : Une année de copiés-collés », Le Point.fr, 22 décembre 2011
  15. « Plagiat et imposture scientifique. L’exemple de Violaine Vanoyeke, “éminente spécialiste de l’Antiquité” » sur responsable.unige.ch.