Vinneuf

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Vinneuf
Vinneuf
Ancienne mairie-école.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Sens
Canton Thorigny-sur-Oreuse
Intercommunalité Communauté de communes Yonne Nord
Maire
Mandat
Sylvain Nezondet
2014-2020
Code postal 89140
Code commune 89480
Démographie
Population
municipale
1 498 hab. (2016 en augmentation de 9,99 % par rapport à 2011)
Densité 98 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 21′ 05″ nord, 3° 08′ 09″ est
Altitude Min. 54 m
Max. 121 m
Superficie 15,26 km2
Localisation

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Liens
Site web www.mairie-vinneuf.fr

Vinneuf est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est limitrophe de la Seine-et-Marne (commune de Misy-sur-Yonne).

Le village s'est principalement développé autour de sa rue principale et a les caractéristiques d'un village-rue.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Gravon
(Seine-et-Marne)
Balloy (Seine-et-Marne) Bazoches-lès-Bray
(Seine-et-Marne)
Rose des vents
Misy-sur-Yonne
(Seine-et-Marne)
N Courlon-sur-Yonne
O    Vinneuf    E
S
Villeblevin Chaumont Champigny

Hydrographie[modifier | modifier le code]

  • l’ Yonne, longue de 292,3 km[1], principal affluent gauche de la Seine.

Histoire[modifier | modifier le code]

La création de Vinneuf remonterait au IIe siècle, son nom vient de « vicus novus », le vicus étant un assemblage de plusieurs maisons, d’artisans, de commerçants, d'un lieu de culte. On retrouve cette construction toponymique dans les nombreuses « villeneuve » de France[2].

L’origine du village est donc ancestrale et remonte bien avant l’époque gauloise, comme le démontrent de grandes découvertes archéologiques qui ont eu lieu sur la commune depuis le XIXe siècle. Ceci atteste que des populations ont occupé ce territoire depuis des temps immémoriaux. Il est maintenant certain, qu’un ou même plusieurs villages antérieurs à Vicus Novus étaient situés en bordure de rivière. Les fouilles lors du percement du canal le confirment, ou bien ces toutes dernières découvertes faites lors de l’agrandissement d’une sablière au Chatelot. Voici les plus importantes fouilles et découvertes recensées à ce jour.

1867. La construction du canal de navigation entre Courlon et Vinneuf est en plein travaux. À l’écluse de Vinneuf, à plus de 6 mètres de profondeur sont découverts des restes d’habitations, notamment des pilotis, une hache polie en serpentine verte, un andouiller de cerf, une pointe d’andouiller de cerf, des os de cerf et de chevreuil tranchés, des ossements humains, des débris de poterie et des noisettes en grandes quantités[3].

En 1903, un cimetière gaulois est mis au jour par un employé de la commune, en creusant une carrière de sable non loin du pont du gain. Il est situé le long de l’ancien chemin reliant Agendicum (Sens) à Condate (Montereao). La bourgade gauloise était sans nul doute très importante, 18 sépultures furent découvertes dans les propriétés de M. Cornu et M.Cheneau. Chaque corps est recouvert d’un grès dur pesant jusqu’à 80 kg, à l’exception d’un, deux pierres recouvrent son corps, il s’agit peut-être là, d’un chef gaulois. Des objets en bronze, en fer, de poteries accompagnaient quelques-uns des squelettes, ainsi que des armes, notamment des fers de lances, des épées, dont une dans son fourreau. De par sa forme, cette dernière a été datée de l’époque de la Tène II, de l’Age du fer. De nombreux autres objets ont également été mis au jour proches des sépultures, comme des fibules, des anneaux, des épingles, des boucles en bronze, notamment une à tête de bélier recueillie dans le cimetière, répond avec ses décors, aux agrafes de ceinturon que portaient les guerriers de la Tène I. Dans les mêmes années, sur les hauteurs de Vinneuf, M. Louis-Laurent Cheneau a découvert des ateliers de taille de silex, prouvant, après examens, et selon Augusta Hure (archéologue) que des populations acheuléenne, moustérienne et robenhausienne de l’époque néolithique y était installées. Ces stations se situent aux lieux-dits la Mouchinelle, la Carlonnette, Grosseville, le bois de la borde. Haches, hachettes courtes, allongées, tantôt ébauchées tantôt polies, pointes de flèches, sont autant de découvertes d’une richesse incroyable et sans précèdent dans la commune. Notamment cette hache non polie aux dimensions peu communes 32 cm sur 9 cm et intacte, objet très rare en cet état. Prouvant que des échanges commerciaux entre peuplades ont existé, des hachettes en roches étrangères et lointaines au pays ont également été découvertes, notamment de la chloromélanite d’un noir brun[4].

1967, la grande sablière de Misy/Yonne s’étend à présent dans le département de l’Yonne sur ce qui deviendra plus tard « Les forestières du lac » M. Henri Carré entreprend alors des fouilles archéologiques préventives, et y découvre deux villages néolithiques. Ses découvertes comprennent pour résumer, plusieurs groupes de sépultures, avec pour certaines divers objets trouvés à côté des squelettes : vases, silex taillé, colliers de perles. Un cimetière de la même période, mais situé à 500 mètres des autres sépultures, et comprenant pas moins de 16 fosses, confirme par la position des squelettes qu’il date du Rubané (entre 5500 et 4700 ans av J-C) Parmi les monuments funéraires, les enceintes circulaires et les deux villages, une hache plate en jadéite a été découverte (238mm de longueur sur 88mm de largeur). Pièce rares dans la région car elle appartiennent à un milieu inattendu, les haches plates de Bretagne, mais aussi 61 outils d’une industrie lithique omniprésente. (Grattoirs, racloirs, burins, nucléus, percuteur, flèche tranchante triangulaire)[5].


En 2013, un groupe d’archéologues fouille préventivement l’extension de la carrière de sable Lafarge au lieu-dit le Chatelot. À environ 50 mètres du bord de la rivière sont mises au jour plusieurs stations occupées allant du Mésolithique à l’époque moderne, avec tout d’abord la découverte de deux tombes datées au radiocarbone de 7600 av J-C. Ces individus appartiendraient à une population nomade, de rares éléments lithiques sont ramassés sur place. D’autres découvertes de tombes et de fosses attestent l’appartenance d’une population datant du Néolithique moyen II et Néolithique final. Puis deux autres inhumations témoignent d’une occupation de l’âge de bronze. Avec des vestiges de bâtiments, des traces de fosses dédiées à l’extraction ou au stockage. L’activité agricole est attestée par la présence de grain d’orge et de blé amidonnier. La découverte d’ornières laissées par un véhicule constitue une trouvaille exceptionnelle, elle détermine la dimension des chariots utilisés à l’époque. Deux occupations de la Tène (250 à 150 av J-C) ont également été découvertes. Des restes de bâtiments voués à la métallurgie et aux tissages en témoignent. Dans le même secteur la découverte des fondations d’un corps de ferme moderne, composé de plusieurs bâtiments, avec cour intérieure confirme les archives documentaires, occupée au XVIe siècle, et abandonnée au XVIIIe siècle à cause d’une inondation, par son propriétaire Charles Gallois, laboureur[6].


En remontant la rivière jusqu’au pont qui traverse l’Yonne, il aurait existé un village appartenant à Vinneuf. Un manuscrit en latin de 1657 nous fait part qu’au Xe siècle il existait 36 maisons situées à « Noerolium super Icaunam » dont la traduction est Noérolles sur Yonne, un hameau aujourd’hui détruit, la seule trace qui subsiste, est la déclinaison du nom Nicherolles sur la carte IGN.[7],[8]

Économie[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790   Étienne Dory   premier maire
         
    Louis Chéreau    
1892 1900 Armand Pottemain[9]    
1900 1924 Eugène Gaudaire[9]    
1924 1925 Arsène Devinat[9]    
1925 1929 Jean Dutheil[9]    
1929 1931 Emile Chariot[9]    
1931 1932 Albert Loyer[9]    
1932 1935 Emile Chariot[9]    
1935 1945 Albert Frot[9]    
1945 1947 Louis Chariot[9]    
1947 1951 Henri Rondeau[9]    
1951 1959 Gaston Drouin[9]    
1959 1966 Henri Farquet[9]    
1966 1971 Maurice Favry[9]    
1971 1995 Paul Denis[9]    
1995 2008 Alain Dumaire[9]    
2008 2014 Gérard Viault[10]    
2014   Sylvain Nezondet[11]    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[13].

En 2016, la commune comptait 1 498 habitants[Note 1], en augmentation de 9,99 % par rapport à 2011 (Yonne : -0,56 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1211 2491 2161 3481 4011 3731 4101 4941 534
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4981 4641 4451 4141 3341 3321 2971 1561 109
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 046963913800882872881848805
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
7607408239001 0781 2031 2841 2951 387
2016 - - - - - - - -
1 498--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Nom des habitants (gentilé)[modifier | modifier le code]

  • Le nom des habitants de Vinneuf (gentilé) est Vinneutiers pour les hommes et les garçons, ainsi que Vinneutières pour les femmes et les filles. On trouve souvent sur internet le nom de Vinnotiers, Vinnotières qui est une erreur souvent commise.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sandre, « L’Yonne »
  2. Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Dictionnaire topographique de la France, consulté le 15 février 2015.
  3. Henry Carré, Le néolithique et le bronze à Vinneuf H.Carré Bulletin de la société préhistorique française.
  4. Bulletin de la société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne. 80e volume. Tome X de la 5e série. 1926., Page 121.
  5. « Le néolithique et le bronze à Vinneuf », sur www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_1967_hos_64_2_4124 (consulté le 13 mars 2018)
  6. « Vinneuf - Le Chatelot » (consulté le 13 mars 2018)
  7. Cramoisy Sebastien, Nova Bibliotheca Manuscript Librorum, Tome 1, Historias, Chronica, sanctorum, sanctarumque vitas, 1657
  8. Bulletin de la société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne. 57e volume. 6e de la 4e série. 1903, Page 316.
  9. a b c d e f g h i j k l m n et o Vinneuf.com, Les maires de Vinneuf au XXème siècle, consulté le 14 février 2014.
  10. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 3 janvier 2014.
  11. Préfecture de l’Yonne, Liste des maires de l'Yonne, consulté le 14 février 2015.
  12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.