Vincent Guillot

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Vincent Guillot est militant intersexe français, cofondateur et le porte-parole de l'Organisation internationale des intersexués (OII) et a créé le mouvement intersexe en francophonie[1],[2]. Vincent parle de lui au masculin et au féminin[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Vincent Guillot est assigné garçon à la naissance. A ses sept ans, ses parents sous influence médicale lui font croire qu'il faut l'opérer de l'appendicite pour justifier une opération chirurgicale destinée à valider son assignation sexuelle[4]. Cela l'amène à subir en tout une dizaine d'opérations pendant l'enfance. On lui administre ensuite de la testostérone à partir de ses onze ans, dans le but de le viriliser. Il interrompt ce traitement à quatorze ans[1],[4].

Vincent déclare réaliser qu'il n'est pas un « vrai » garçon à la naissance de son petit frère, en découvrant le corps de ce dernier. Il ignore quelle est l'exacte nature des chirurgies qu'il a subies car son dossier médical est vide sur le sujet[4].

Formation et vie adulte[modifier | modifier le code]

Vincent obtient son baccalauréat et poursuit deux années d'études universitaires[4], avant de devenir militant syndical pour la Confédération générale du travail (CGT)[4]. Il reprend un traitement hormonal à base de testostérone et occupe un emploi au Crédit lyonnais. Il devient père en 1990[4].

Il vit principalement de petits boulots[3], traverse une période dans la rue puis s'oriente ensuite vers l’insertion des personnes handicapés.

Vincent comprend qu'il est intersexe en regardant un reportage d'Arte sur le sujet en 2002[4]. Il s'installe alors à Paris et prend contact avec une association de personnes transgenres, avant de se tourner vers le militantisme intersexe et plaide auprès de différentes organisations. Il décide alors de s'installer en Bretagne, avec son mari, où il vit en 2017 du revenu de solidarité active (RSA) dans une ferme du Finistère[4]. Il souffre de lésions neurologiques liées aux opérations qu'il a subies plus jeune, qui le font souffrir « en permanence »[3].

Avec d'autres personnes intersexes, son portrait fait l'objet d'un reportage d'Arte sur le sujet de l'intersexuation en 2016[4],[5].

Militantisme pour les droits de personnes intersexes[modifier | modifier le code]

Vincent Guillot cofonde l'Organisation internationale des intersexués en 2004 avec Curtis Hinkle. Il organise également la première université d'été consacrée aux personnes intersexes en 2006, à Paris. Il fait du lobbying pour que le Conseil de l'Europe adopte une résolution en faveur des droits des enfants à l’intégrité physique[4]. Cela l'amène à témoigner également auprès de l'Organisation des Nations unies pour trois instances, dont le Comité contre la torture, à propos des mutilations subies par les enfants et personnes intersexes en France[3]. Selon le sociologue Éric Fassin, qui encadre son mémoire de master 2, Vincent Guillot « a une expertise de sa vie qui devient un savoir »[3].

Vincent Guillot se positionne en faveur de ce qu'il considère comme des droits fondamentaux : l'autodétermination des personnes intersexes, l'arrêt des mutilations effectuées sur des enfants intersexes, ainsi que pour l'accompagnement psychologique des parents, avec à terme l’abolition de la mention de sexe pour tous les citoyens[2].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Vincent Guillot, « Me dire simplement », dans Évelyne Peyre et Joëlle Wiels, Mon corps a-t-il un sexe?, Paris, La Découverte, , 360 p. (ISBN 9782707173584, lire en ligne)
  • Vincent Guillot, « Accompagner ou stigmatiser », L'information psychiatrique,‎ 2011, volume 87 (4), p. 283-286 (lire en ligne)
  • Vincent Guillot, « Émergence et activités de l’organisation internationale des intersexué·e·s », Nouvelles questions féministes, vol. 27, no 1,‎ , p. 144-150 (DOI 10.3917/nqf.271.0144, lire en ligne, consulté le 12 avril 2019).
  • Vincent Guillot, « Intersexes : ne pas avoir le droit de dire ce que l’on ne nous a pas dit que nous étions », Nouvelles questions féministes, vol. 27, no 1,‎ , p. 37-48 (DOI 10.3917/nqf.271.0037, lire en ligne, consulté le 12 avril 2019).

Télévision[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sophie Calais, « Nous, les intersexes, voulons qu’on laisse nos corps tranquilles », sur Rue89, (consulté le 12 avril 2019).
  2. a et b Jeanne Cavelier, « Vincent Guillot : « Il faut cesser les mutilations des enfants intersexes en France » », sur Le Monde, (consulté le 12 avril 2019).
  3. a b c d et e « Vincent Guillot, né intersexe, raconte sa vie "détruite" », (consulté le 12 avril 2019).
  4. a b c d e f g h i et j Catherine Mallaval, « Vincent Guillot, l’arrache-corps », (consulté le 12 avril 2019).
  5. Barbara Lohr, « Intersexe : Vincent Guillot, l'écorché vif », (consulté le 12 avril 2019).