Villettes

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Villettes
Villettes
Vue aérienne de Villettes.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Eure
Arrondissement Bernay
Intercommunalité Communauté de communes du Pays du Neubourg
Maire
Mandat
Guy Raimbourg
2020-2026
Code postal 27110
Code commune 27692
Démographie
Population
municipale
166 hab. (2018 en diminution de 10,27 % par rapport à 2013)
Densité 24 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 08′ 59″ nord, 1° 02′ 45″ est
Altitude Min. 70 m
Max. 152 m
Superficie 6,87 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Louviers
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton du Neubourg
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Villettes

Villettes est une commune française située dans le département de l'Eure, en région Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Selon la terminologie définie par l'Insee et le zonage publié en 2020, Villettes est une commune rurale, car elle n'appartient à aucune unité urbaine[Note 1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Louviers, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 44 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[4],[5].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestée sous la forme Villetes[6] et Villettes en 1212[7], Veilleites en 1285, Viellectes en 1386, du nom de lieu Vieilles, situé à environ dix kilomètres[7].

Le nom de Villette vient du latin villetta diminutif de ville et désigne un « petit domaine », du pluriel de l'oïl « petite maison des champs » ou « très petite ville »[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le principal hameau de Villettes est nommé Criquetot : c'était un fief, quelquefois séparé, mais le plus souvent uni à la seigneurie de Villettes. Criquetot, dont l'étymologie est typiquement normande, signifie « masure située sur une éminence » (Kerch, en gaulois, signifie hauteur ; Tot, en norrois, signifie maison.) Criquetot voudrait donc dire "Maison de la hauteur" et son origine remonterait du fait de sa toponymie avant la conquête romaine[8].

L'histoire de la seigneurie de Villettes est racontée dans le Dictionnaire des communes du département de l'Eure[9] :

  • En 1204, après la conquête de la Normandie par Philippe II Auguste, la seigneurie de Villettes devint la propriété personnelle du roi.
  • En 1222, il l'offrit à son échanson, Thibaud de Chartres pour le récompenser de ses services.
  • Au mois d', Louis VIII le Lion donna à Thibaud de Chartres tout ce qu'il possédait à Ectot, Criquetot et Villettes.
  • Au XIIIe siècle, les successeurs immédiats de Thibaud de Chartres, furent Odin, Christian, Michel et Raoul de Villettes.
  • En 1309, l'abbaye Saint-Ouen de Rouen fut déchargée de l'hommage que le procureur du roi à Beaumont-le-Roger lui demandait à cause de son fief de Criquetot.
  • En 1374, la seigneurie de Villettes appartenait à Geoffroy de Bailleul.
  • Au début du XVe siècle, la seigneurie passa à la famille Le Roux ; Martin Le Roux, tué à la bataille de Verneuil en 1424, avait en effet épousé Guillemette de Bailleul, dame de Villettes. Leur fils Denis, seigneur de Becdal et de Villettes, devint capitaine de Louviers. Dès lors, la collation de l'église de Villettes revint à la famille Le Roux[9]
  • Par lettres royales du , il fut ordonné à une famille Godefroy de réparer les moulins et bâtiments des terres de Criquetot et Villettes qu'elle avait eus à vil prix pendant l'occupation anglaise, lesdites terres et réparation allant au profit de Louis de Fontaines, écuyer du dauphin Louis, qui avait dû quitter ce pays pour garder sa fidélité au roi.
  • Le , Guillaume Le Roux rendit aveu pour le fief de Villettes ; il épousa Alison du Fay, qui lui donna Guillaume Le Roux II, seigneur de Villettes, deuxième du nom. Ce dernier rendit aveu au roi Louis XI le . Cependant, Guillaume Le Roux II perdit la seigneurie de Villettes en 1493. Celle-ci fut attribuée à Guillaume de Fontaines, seigneur de Criquetot. La famille Le Roux conserva néanmoins la seigneurie.
  • En 1469, La monstre de la noblesse cite Louis de Fontaines, seigneur de Criquetot, « estant en la court du Roy ».
  • En 1493, il y eut contestation au sujet du droit de patronage entre Guillaume de Fontaines, écuyer, seigneur de Criquetot, et Guillaume Le Roux, écuyer, seigneur de Villettes. Ce fut le droit de Guillaume de Fontaines qui prévalut.
  • En 1547, Nicolas Le Roux, abbé du Val-Richer, était seigneur de Saint-Aubin et de Villettes.
  • Le , Robert Le Roux, fils de Claude le Roux et de Jeanne de Chalenge, seigneur de Becdal, de Villettes et de Tilly, conseiller au Parlement, épousa en secondes noces Barbe Guiffart, dame des Nonettes, dont il n'eut qu'un fils unique nommé également Robert.
  • Le , Robert Le Roux II rendit aveu au roi Henri IV du fief de Villettes. Il avait épousé le , Marie de Bellièvre ; il mourut conseiller au Parlement en 1638.
  • Robert Le Roux III, chevalier, vidame de Normandie, baron d'Esneval, seigneur de Tilly et de Villettes était en 1665 conseiller du roi Louis XIV en son grand conseil. Il était en 1708, président à mortier au Parlement.
  • La famille Le Roux[Note 3] conserva la seigneurie de Villettes jusqu'à la Révolution française. Pierre Robert Le Roux d'Esneval, président à mortier au Parlement de Normandie finança la construction et l'entretien d'une école de filles à Villettes ainsi que la reconstruction du chœur de l'église Saint-Germain.

Il existait à Villettes au Moyen Âge un château fort dont il reste aujourd'hui une ferme fortifiée nommée le Manoir ; celle-ci en possède encore une tour authentique[10].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1983 mars 2001 Albert Bréant    
mars 2001 En cours Guy Raimbourg DVD Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[12]. En 2018, la commune comptait 166 habitants[Note 4], en diminution de 10,27 % par rapport à 2013 (Eure : +0,83 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
341356348313306291265277270
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
245233220212193164162165162
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
151139140163145133144140118
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
1071018291124125167179175
2018 - - - - - - - -
166--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Germain

L'église de Villettes est dédiée à saint Germain. Sans parvis ni place arborée, l'église combine un extérieur austère et un intérieur typique par son architecture et son décor du style Louis XVI sans équivalent dans les églises du département de l'Eure hormis l'église Saint-Julien de Bois-Normand-près-Lyre. Le bâtiment succède à une ancienne église dont il ne reste rien.

L'ancienne église
  • Au XVIe siècle, l'ancienne église fit l'objet de nombreux travaux financés par les paroissiens et répertoriés dans les archives de la fabrique de Villettes[15] : achat en 1609 d'une image de sainte Anne faite à Évreux pour vingt-et-une livre tournois ; en 1611, achat d'une « aulne et demi de velours noir pour refaire et réparer les tuniques de l'église » ; en 1616, achat d'un nouveau calice et du missel diocésain ; en 1634, achat pour douze livres d'un tabernacle ; en 1635, construction du nouveau portail ; en 1636, reconstruction du beffroi et du clocher ; en 1637 et 1638, travaux de restauration de l'ensemble de l'édifice. Au-delà de l'entretien du bâtiment, c'est au soin des âmes qu'étaient destinées les dépenses, avec l'accroissement à partir de 1620 de l'appel à un prêtre extérieur pour des prédications exceptionnelles pendant le Carême, à l'Ascension, à la Trinité, à la Fête-Dieu ou lors de la fête patronale de l'église.
  • Au XVIIe siècle, l'entretien fut poursuivi[16] : en 1727, commande de deux nouvelles cloches ; en 1733, commande deux portes de fer pour clôturer le cimetière.
L'église actuelle
L'église Saint-Germain de Villettes.
  • À la fin du règne de Louis XVI, l'église fut entièrement reconstruite, sous l'égide de Pierre-Robert Le Roux d'Esneval (1714-1788), baron d'Acquigny, marquis de Grémonville et président à mortier au parlement de Rouen. Fervent catholique, disposant de son chapelain personnel, affilié à la réforme cistercienne de la Trappe de Soligny, ami intime de Pierre-Jules-César de Rochechouart, évêque d'Évreux, fondateur des petits collège de Pavilly et Grémonville en Seine-Maritime, bienfaiteur de l'école de filles de Villettes[Note 5],[17], celui qu'il est convenu d'appeler le « Président d'Acquigny » mena une vaste campagne de reconstruction et de décoration des églises dont il était le patron laïc comme celles de Pavilly, Grémonville, Bois-Normand-près-Lyre, Acquigny[18]. Pour financer la reconstruction de l'église, le curé Foulon engagea sa paroisse à participer à l'emprunt de trente millions de livres que le clergé de France avait lancé en 1780 au titre du don gratuit, en constituant une rente de mille livres[19]. Comme collateur du bénéfice curial, le « Président d'Acquigny » finança la reconstruction du chœur. La première pierre posée le , le grand archidiacre et vicaire général du diocèse d'Évreux vint le bénir les travaux de l'église nouvellement édifiée « sous les auspices et par les libéralités » du Président d'Acquigny. L'église fut consacrée le par Monseigneur Charles-François-Joseph Pisani de la Gaude, évêque de Vence[20].
  • L'église est bâtie en briques sur assises de pierres appareillées ; elle est précédée d'une façade néoclassique en briques et pierres. De part et d'autre du portail, deux pilastres à bossage plat soutiennent un attique cantonné de deux ailerons appareillés, et percé d'une fenêtre cintrée aujourd'hui obstruée et surmontée d'un fronton triangulaire de pierre. De 1877 à 1879, des travaux permirent la réfection du clocher et modifièrent le dessin primitif de la façade[21] ; la façade est aujourd'hui cantonnée à deux chapelles, l'une abritant traditionnellement les fonts baptismaux et l'autre un confessionnal. Le portail est précédé d'une tribune portée par trois arches monumentales légèrement surbaissées. Le chœur, de dimensions réduites, se compose de trois travées qui répondent à celles de la nef. Une sacristie, construite au chevet de la nef, est accessible à partir du chœur, grâce à un petit couloir longeant le mur gouttereau.
  • Dans le chœur se trouve la plate-tombe de Louis de Canouville[22], seigneur de Criquetot, chevalier de l'ordre de Saint-Louis, gentilhomme de la chambre du roi, mort en [20].
  • Les vitraux[23] furent réalisés par le maître-verrier ébroïcien Duhamel-Marette[24] qui projetait la réalisation de verrières pour les chapelles de la Vierge et de saint Sébastien ; ils représentent la Nativité, le martyre de sainte Barbe, saint Germain détruisant les idoles, l'Ascension, l'apparition de la Vierge à Lourdes à Bernadette Soubirous et rue du Bac à Catherine Labouré[25].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une commune rurale est une commune n'appartenant pas à une unité urbaine. Les autres communes sont dites urbaines.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Cette famille acquit de nombreux fiefs en Normandie. Parmi ses membres, on peut citer Pierre Robert Le Roux d'Esneval, président à mortier au Parlement de Normandie.
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.
  5. Fondée le 19 novembre 1782 par le curé de Villettes, l'abbé Foulon, cette école était dirigée par sœur Françoise Chemin, supérieure de la communauté des Écoles chrétiennes d’Évreux ; le Président d'Acquigny, dans un acte du 1er août 1782, déclarait vouloir assurer à perpétuité l'instruction des jeunes filles de Villettes ; de fait, il finança la réalisation des maison, cour et jardin de l'école, mettant ainsi en œuvre les volontés d'Anne-Marie-Magdeleine de Canouville, son aïeule, qui avait laissé des dispositions olographes en ce sens.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Géoportail (IGN), couche « Communes 2016 » activée ».
  2. « Base des unités urbaines 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 3 décembre 2020)
  3. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 3 décembre 2020)
  4. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 3 décembre 2020)
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc, Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 3 décembre 2020)
  6. a et b Ernest Nègre - Toponymie générale de la France, Page 1431.
  7. a et b François de Beaurepaire - Les noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Page 210.
  8. Auguste Le Prévost, Mémoires et notes pour servir à l'histoire du département de l'Eure, page 380.
  9. a et b Louis Étienne Charpillon et l'abbé Caresme, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l'Eure, t. II, p. 996.
  10. Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l'histoire du département de l'Eure, publiées par Léopold Delisle et Antoine Passy, 3 vol., A. Hérissey, Évreux, 1862-1869, tome III, page 380.
  11. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  15. Archives départementales de l'Eure, G 1487.
  16. Archives départementales de l'Eure, G 1488.
  17. Archives de la paroisse de Villettes, Archives départementales de l'Eure, 2 F 3152.
  18. Amis des monuments et des sites de l'Eure, Confluence 2013, p. 140.
  19. Archives départementales de l'Eure, G 1486.
  20. a et b Amis des monuments et sites de l'Eure, Confluence 2013, p. 141.
  21. Amis des monuments et sites de l'Eure, Confluence 2013, p. 143-144.
  22. Notice no IM27020293.
  23. Notice no IM27020290.
  24. Notice no IM27020291.
  25. Archives départementales de l'Eure, 5 O 6/Villettes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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