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Villa d'Este

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Villa d'Este *
Image illustrative de l’article Villa d'Este
Coordonnées 41° 57′ 45″ nord, 12° 47′ 46″ est
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Subdivision Tivoli, province de Rome, Latium
Numéro
d’identification
1025
Année d’inscription (25e session)
Type Culturel
Critères (i) (ii) (iii) (iv) (vi)
Superficie 4,5 ha
Zone tampon 7 ha
Région Europe et Amérique du Nord **
Géolocalisation sur la carte : Latium
(Voir situation sur carte : Latium)
Villa d'Este
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Villa d'Este
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO

La villa d'Este (se prononce «Villa d'èste»), située dans la ville de Tivoli, près de Rome, est un chef-d'œuvre de l'architecture italienne et de l'aménagement de jardins. Par sa conception novatrice et l'ingéniosité des ouvrages architecturaux de son jardin (fontaines, bassins, etc.), c'est un exemple incomparable de jardin italien du XVIe siècle – un des premiers « giardini delle meraviglie » (jardin des merveilles) –, qui a exercé par la suite une très grande influence sur les créations paysagères en Europe. Elle fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2002.

Construction

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Plan historique de la villa par Étienne Dupérac (ca. 1570) qui constitue un des deux seuls documents d'époque.

La Villa d'Este est commandée par le cardinal Hippolyte d'Este, nommé gouverneur de Tivoli par le pape Jules III. N'ayant pu devenir pape lui-même, il fait construire la villa pour montrer sa magnificence et son pouvoir. Du [1] à sa mort en 1572, il conçoit, à la place de l'ancien couvent de Sainte-Marie Majeure, une résidence entourée de jardins en terrasses, dans le plus pur style maniériste. Le peintre des décorations intérieures est Livio Agresti de Forlì.

Le cardinal s'inspire de la villa d'Hadrien toute proche – l'un des palais de l'empereur Hadrien –, pillant une grande quantité du marbre qui s'y trouvait pour les besoins de la construction de la villa d'Este. Il reprend les techniques d'approvisionnement en eau des anciens Romains pour alimenter les multiples fontaines des jardins.

Période baroque

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Durant la Première Guerre mondiale, l'Italie, qui combat contre l'Empire austro-hongrois, réquisitionne, par l'intermédiaire de la municipalité le , la villa qui appartient à la suite des successions de la maison d'Este vers la famille Hohenlohe-Schillingsfürst à la couronne d'Autriche et la transforme en lieu de garnison pour ses troupes[2]. La villa sera dès lors propriété nationale.

Architecture

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La villa d'Este est construite au sommet d'une colline. Une partie de la résidence de même que ses jardins sont donc situés plus bas que le niveau de la Piazza Trento, où se situe l'entrée (au numéro 5).

La villa d'Este est accessible par une porte, semblable à celle de n'importe quel couvent du XVe siècle. Cette modeste entrée donne sur une vaste cour intérieure qui permet d'accéder, à droite, à la chapelle et, au fond, à un palais non visible depuis la voie publique.

Les salles d'apparat sont entièrement peintes à fresque, sur des thèmes iconographiques liés à la nature, à l'eau (salle de Vénus), à la mythologie (salle d'Hercule célébrant ses douze travaux) ou encore à l'histoire religieuse (salle de Noé)[3].

En 1983, un chantier de restauration a permis de découvrir des vestiges romains et médiévaux de la villa[3].

Jardin de fontaines

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L'architecte Pirro Ligorio conçoit les jardins de la villa, secondé par Tommaso Chiruchi de Bologne, un des plus éminents ingénieurs hydrauliciens du XVIe siècle (ayant travaillé sur les fontaines de la villa Lante). À la villa d'Este, il est assisté, pour la conception technique des fontaines, par un Français, Claude Venard, un constructeur expérimenté d'orgues hydrauliques[4].

Dans ce jardin à l’italienne, dont la topographie est très pentue, l’organisation géométrique de l’espace est essentielle. L'aménagement est inhabituel pour l'époque avec un axe central reliant l'ancienne entrée au palais et cinq axes transversaux ornés de fontaines monumentales[3].

Les références à l'antiquité sont nombreuses, ainsi que des décors baroques.

Ce jardin de rocailles, de fontaines, et de grottes compte une cinquantaine de fontaines et nymphées, près de 400 jets, plus de 300 gerbes d’eau, une soixantaine de cascades, une multitude de bassins, vasques et coupes, des chaînes d’eau et des canaux, sans compter le réseau impressionnant de galeries et tuyauteries[5].

Le réseau hydraulique de toutes ces fontaines ne fonctionne que par gravité, aucun mécanisme à proprement parler n'étant présent.

Parmi les éléments remarquables des jeux visuels et acoustiques de l'eau[3], il y a :

  • la Fontana Del Bicchierone, dans l'axe central au pied du palais, attribuée à Bernin ;
  • l'Allée aux Cent Fontaines (plus de 300 en réalité) reliant la Rometta, une allégorie du Tibre et la Fontana di Tivoli représentant l'Aniene dont les eaux sont captées ici ;
  • la Fontana dell'Ovato, un des premiers théâtres d'eau du monde (et qui constitue un point de départ de distribution de l'eau pour alimenter d'autres fontaines) ;
  • la Fontana dell'Organo, orgue hydraulique (1568) des français Luc Leclerc et Claude Venard ;
  • la Fontana della Madre Natura du flamand Gillis van den Vliete ;
  • et la Fontana di Nettuno, dédiée à Neptune.

Les soubassements de la villa d'Este accueillent le musée didactique du livre ancien, consacré à l'étude et à la conservation des livres anciens.

Postérité

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Divers arts ont célébré la villa d'Este.

Franz Liszt, la visite avec Sainte-Beuve[6]. Il fut l'invité du cardinal Gustav Hohenlohe, la prit pour thème de ses pièces pour piano Les Jeux d'eaux à la Villa d'Este ou Les Cyprès à la Villa d'Este.

Une scène du film Le Corniaud y fut tournée[7].

Classement au patrimoine de l'UNESCO

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En 2001, la villa d'Este et ses jardins ont été inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. L'organisme donne quatre raisons pour justifier cette décision[8] :

  • « La Villa d'Este est l'une des illustrations les plus exceptionnelles de la culture de la Renaissance à son apogée. »
  • « Les jardins de la Villa d'Este ont eu une profonde influence sur le développement du paysagisme dans toute l'Europe. »
  • « Les jardins de la Villa d'Este reflètent de façon remarquable les principes de la Renaissance en matière de conception et d'esthétique. »
  • Les jardins de la Villa d'Este figurent parmi les premiers et les plus beaux des giardini delle meraviglie et symbolisent l'épanouissement de la culture de la renaissance.»

Notes et références

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Bibliographie

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  • « La Villa d'Este, Tivoli », dans Caroline Holmes, Folies et fantaisies architecturales d'Europe (trad. de l'anglais par Odile Menegaux, photogr. Nic Barlow, introduction par Tim Knox), Paris, Citadelles & Mazenod, (ISBN 978-2-85088-261-6), p. 28-33. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Gérard Desnoyers, La Villa d'Este à Tivoli ou le Songe d'Hippolyte, éditions Myrobolan, , 378 p. (ISBN 978-2-9517850-0-7). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

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Liens externes

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