Villa Windsor

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La villa Windsor est un hôtel particulier français situé au 4, route du Champ-d'Entraînement dans le 16e arrondissement de Paris, à la bordure entre Neuilly-sur-Seine et le bois de Boulogne. La bâtisse datant de 1929 est une propriété de la ville de Paris et la demeure parisienne du duc et de la duchesse de Windsor, d'où elle tient son nom actuel, de 1952 à 1986.

En 2023, il est envisagé d'en faire un musée consacré au mobilier du XXe siècle[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1852, la propriété du bois de Boulogne est cédée par Napoléon III à la ville de Paris, qui est alors chargée d'aménager l'espace vert en quatre ans. C'est dans ce contexte qu'est ouverte la route du Champ-d'Entraînement, qui tient son nom du champ d'entraînement de l'hippodrome[2].

À la fin des années 1920, la ville de Paris décide de réunir les n°4 et 6 de cette voie, qui abritent la Maison du Conservateur des Promenades de Paris au n°4, Jean Claude Nicolas Forestier, ainsi que les bureaux de la conservation du bois au n°6[2]. Le , un bail de l'ensemble des propriétés des n°4 et 6 est attribué à Henri Lillaz, personnalité politique et homme d'affaires[2]. Un nouveau bâtiment est construit entre 1928 et 1929 par l'architecte Roger Bouvard. Le bâtiment principal compte 14 pièces et est entouré d'un grand jardin arboré. Henri Lillaz occupe la villa jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale. En janvier 1940, Mme Jane Myriam Félise Renaud, fille du ferronnier d'art et industriel de l'armement français Edgar Brandt, est titulaire du droit au bail de la villa. Charles de Gaulle l'occupe à la fin des années 1940[3].

Résidence du général de Gaulle à la Libération[modifier | modifier le code]

Le 19 août 1944, lors des combats de la Libération, les résistants Louis Brelet, Jean Chayet et Jean Fouqué sont arrêtés par des Allemands près de la villa, boulevard Richard-Wallace, alors qu'ils étaient allés en side-car à Suresnes chercher des armes. Ils sont fusillés dans le jardin de la villa. Leurs dépouilles sont ensuite transportées dans un garage situé 20 avenue Bugeaud (Paris), aménagé en poste de la Croix-Rouge[4],[5],[6].

La villa devient la résidence du général de Gaulle et de sa famille à la Libération[7]. Le 9 mai 1945, le capitaine Alain de Boissieu s'y présente au volant de la Mercedes d'Hitler[7]. La famille de Gaulle ne quittera la villa de Neuilly qu'en 1946[7].

Résidence du duc et de la duchesse de Windsor[modifier | modifier le code]

À la suite de son abdication en 1936, l'ex-roi Édouard VIII est nommé duc de Windsor par son successeur George VI en 1937[8].

La villa est louée aux Windsor par la ville de Paris à un loyer symbolique[9] de 1952 à 1986. Stéphane Boudin de la maison Jansen, entreprise parisienne de décoration, refait la maison sous la tutelle de la duchesse, Wallis Simpson. Le gouvernement français les exempte de payer l'impôt sur le revenu[10] et le couple est autorisé à acheter des biens détaxés à l'ambassade britannique et à l'intendance militaire[11].

Le duc et la duchesse meurent tous deux dans la maison, respectivement en 1972 et 1986[12].

Les Windsor habitent également le moulin de la Tuilerie[13] à Gif-sur-Yvette, en pleine campagne au sud-ouest de Paris, où ils passent la plupart des week-ends et des vacances d'été.

Le duc et la duchesse occupent également le château de la Croë au Cap d'Antibes sur la Côte d'Azur.

L'époque Al-Fayed[modifier | modifier le code]

Après la mort de Wallis Simpson en 1986, la maison est rendue à la ville de Paris. Plus tard, cette année-là, l'homme d'affaires égyptien Mohamed Al-Fayed, propriétaire du célèbre magasin britannique Harrods, signe un bail de cinquante ans sur la villa. Il est à l'origine de son renommage en « villa Windsor »[14].

Le loyer était d'un million de francs par an, à condition qu'il dépense trente millions de francs pour réhabiliter la maison.

Mohamed Al-Fayed, avec la participation de son décorateur, l'architecte d'intérieur Philippe Belloir, rénove et restaure largement la villa Windsor et, pour ses efforts, il est promu officier de la Légion d'honneur en 1989.

Le fils d'Al-Fayed, Dodi, et Diana, princesse de Galles, visitent la villa pendant une demi-heure le jour de leur mort en 1997[réf. souhaitée].

Mohamed Al-Fayed met fin au bail en 2018[3].

Vente de biens mobiliers des Windsor[modifier | modifier le code]

En juillet 1997, Al-Fayed annonce qu'une vente aux enchères des objets du duc et de la duchesse provenant de la villa Windsor aurait lieu plus tard dans l'année à New York. Il avait acheté ces biens pour l'équivalent de 4,5 millions de dollars au principal bénéficiaire de la succession de la duchesse, l'Institut Pasteur. Les objets mis en vente avaient une valeur personnelle pour la famille royale : y figuraient le bureau sur lequel Édouard avait abdiqué en 1936, une collection de quelque dix mille photographies et une poupée donnée à Édouard par sa mère, la reine Marie.

Après le décès de Dodi Al-Fayed et de Diana en août de la même année, la vente aux enchères est reportée. Elle a finalement lieu en février 1998 à Sotheby's New York, avec plus de 40 000 pièces à vendre, réparties en 3 200 lots. Les recettes sont versées à la Dodi Fayed International Charitable Foundation et à des causes associées à la défunte princesse de Galles. Les membres de la famille royale britannique auraient acheté certains objets[3].

La fondation Mansart[modifier | modifier le code]

En 2021 la ville de Paris lance un appel à manifestation d'intérêt. À la suite de cet appel, la fondation Mansart se voit confier l'exploitation de la villa Windsor en 2023 en vue de son ouverture au public. Elle envisage d'investir 8,7 millions d'euros dans des travaux de restauration menés par le cabinet d'architectes Perrot & Richard. La fondation a signé une convention d'occupation du domaine public de 32 ans pour un loyer de 25 000  au début. Puis un loyer de 50 000  plus 3 % du chiffre d'affaires sera appliqué. En contrepartie, la fondation s'est engagée à ouvrir au public la maison Windsor 274 jours par an[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Le Mitouard, « Paris : la sublime villa Windsor bientôt transformée en musée », Le Parisien, 11 avril 2023.
  2. a b et c « 4-6, route du Champ d’ Entraînement(16e arr.) », (consulté le ).
  3. a b c et d Stéphane Bern, « La villa Windsor, Buckingham miniature, pour la première fois dévoilée » Accès libre, Paris Match, (consulté le )
  4. « BRELET Louis, Maurice », sur maitron.fr, (consulté le ).
  5. « CHAYET Jean, Claude », sur maitron.fr, (consulté le ).
  6. « FOUQUÉ Jean, Amédée », sur maitron.fr, (consulté le ).
  7. a b et c Frédérique Neau-Dufour, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Paris, éditions du Cerf, , 368 p..
  8. Jean des Cars, op. cit..
  9. Jean-Michel Demetz, « Édouard VIII, un frère encombrant pour la famille royale », valeursactuelles.com, 4 avril 2021.
  10. Andrew Roberts, The House of Windsor, Londres, Cassell and Co, 2000.
  11. Sarah Bradford, King George VI, Londres, Weidenfeld and Nicolson, 1989, p. 446.
  12. « L'hôtel particulier du duc et de la duchesse de Windsor au bois de Boulogne », .
  13. « Le Moulin de la Tuilerie », .
  14. Colombe Pringle, « La légende Windsor aux enchères », L'Express, no 2427,‎ , p. 31.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]