Villa Majorelle

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Villa Majorelle
Villa Majorelle extérieur 02 by Line1.jpg
La villa Majorelle à Nancy.
Présentation
Type
Maison de maître
Style
Architecte
Construction
Propriétaire
Ville de Nancy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Coordonnées

La villa Majorelle est une maison de maître, construite de 1901 à 1902, située dans le quartier Saurupt à Nancy, dans le style École de Nancy. C'est une pièce maîtresse de l'architecture, typique de l'Art nouveau français.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Jacques Majorelle et sa grand-mère dans la villa Majorelle, 1908. Collection du musée de l'école de Nancy

En 1898, l'ébéniste Louis Majorelle employa Henri Sauvage, un jeune architecte parisien influencé par Hector Guimard, pour une collaboration avec Lucien Weissenburger sur la construction de sa propre maison, connue comme la « villa Jika » (d'après l'acronyme du nom de jeune fille de la femme de Majorelle, Marie Léonie Jane Kretz), mais plus communément appelée villa Majorelle, à Nancy. Majorelle, comme de nombreux industriels de Nancy, a placé sa villa sur la rue de son entreprise, mais dans une zone relativement nouvelle de la ville, sur une grande parcelle de terre dont l'agencement la fait ressembler à une vraie ville. Cette maison et cette entreprise étaient situées sur la terre qui leur fut donnée par sa belle-mère, madame Kretz.

Architecture[modifier | modifier le code]

Entrée

La conception de la villa aux trois étages, par Sauvage et Weissenburger, représente l'exemple du déploiement de l'architecture Art nouveau dans Nancy, avec plusieurs fenêtres en demi-cercles et des motifs floraux couvrant les extérieurs. Majorelle produisit lui-même les ferronneries ainsi que le mobilier intérieur, les lambris ou encore le majestueux escalier.

Louis Majorelle choisit d'installer son atelier au dernier étage de la villa, sous le toit à pignons, avec une somptueuse baie vitrée arquée aux formes évoquant les branches d'un arbre, et un balcon belvédère. Le rez-de-chaussée sert aux pièces de réception et de service (cuisine, salle à manger...) ainsi que de salle d'exposition pour les productions de Majorelle. Le premier étage accueille les chambres. Les combles sont dévolus à l’hébergement des domestiques et à l'atelier de Majorelle.

L'architecture se veut légère, lumineuse et asymétrique. Elle cherche délibérément à rompre avec le conformisme. L'intérieur présente, aux milieux de vastes volumes ornés de motifs floraux évoquant par exemple la monnaie-du-pape, si chère à l'École de Nancy, thème repris sur certains vitraux de la villa, dessinés par Jacques Gruber. Les peintures de la salle à manger sont l'œuvre de Francis Jourdain, et d'Henri Royer pour le reste des frises. Une monumentale cheminée en céramique, créée par Alexandre Bigot, trône au centre de la salle à manger et évoque les flammes et la lave en fusion.

L'architecte parisien adopte ici une démarche analytique nouvelle, faisant éclater la structure classique cubique. Les matériaux utilisés traduisent une grande originalité. Des poutrelles de fer, profilées en I et brutes de fabrication, soutiennent le balcon de l'atelier. Dessinées par Sauvage, leur galbe rappelle celui des montants de l'oriel du magasin Génin-Louis. L'architecte a visiblement joué sur le jeu de lignes verticales et courbes offert par ce support ductile.

Le métal employé aussi dans la ferronnerie architecturale de Majorelle prend une importance considérable. Les éléments fonctionnels, habituellement négligés, participent à l'identité de l'ensemble. Ainsi, les tuyaux de descente des eaux pluviales, en fonte, sont maintenus par des attaches de métal forgé et plié, imitant des feuilles de plantes aquatiques. La porte d'entrée principale, vitrée, à armature de fer, porte des monnaies-du-pape en tôle découpée à cru. Ce motif végétal dominant se retrouve sur les grilles des fenêtres du rez-de-chaussée. Au-dessus de la porte, de frêles branches d'orme en fer forgé supportent une marquise de verre. Une terrasse située sur la façade nord de la villa s'ouvre par un [2]grand arc surbaissé.Le portail et la porte de clôture utilisent la même technique de fabrication que celle employée pour la clôture de l'immeuble Biet.

La superficie de la ville est de 17,40 m de profondeur × 24,50 m de largeur.

Postérité[modifier | modifier le code]

La villa est détruite partiellement par un bombardement allemand en 1916. À la mort de Louis Majorelle, la famille vend le jardin et la villa au Ministère des Ponts-et-Chaussées en 1931 qui en fera des bureaux pour l'administration avant d'être racheté par la ville de Nancy en 2003.

Son mobilier est dispersé, mais celui de la chambre à coucher est conservé au musée de l'École de Nancy[3] avant de réintégrer la villa en 2020.

La villa Majorelle se visite sur réservation en partenariat avec le musée de l'École de Nancy.

Cette villa remarquable, considérée à sa construction comme un véritable événement architectural, n'influencera pas le milieu nancéien. Mais elle prouve que la ferronnerie peut contribuer activement à l'unité architecturale d'un édifice.

Protection[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps, la villa Majorelle a fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques, par arrêté du . Elle a ensuite été classée (y compris le mur de clôture et le portail), par arrêté du , ce dernier arrêté annulant le précédent[4]. Elle est donc automatiquement labellisée « patrimoine du XXe siècle ». Finalement, après une discussion au conseil historique d'Europe, la villa Majorelle conservera son statut de patrimoine. Elle obtient en 2011 le label de « Maison des illustres » de la part du Ministère de la Culture[5].

Elle fait l’objet de travaux de rénovation extérieurs, en 2016 et 2017, puis de rénovation intérieure en 2018 et 2019[6]. Elle rouvre en [7]. La Villa retrouve ses décors, son ameublement d’origine, et s’est enrichie d’espaces d’accueil et d’outils de médiation[8]. La salle de bain et la penderie seront rénovées lors d'une dernière phase de travaux en 2021 et 2022.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail et Google Maps
  2. « Réseau Colibris - Accueil », sur www.reseau-colibris.fr (consulté le 30 janvier 2020)
  3. Véronique Baudoüin, « La villa Majorelle », Dossier de l'Art, no 163, mai 2009, p. 82-85.
  4. Notice no PA00106322, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. « Label « Maisons des illustres » », sur www.culture.gouv.fr (consulté le 24 janvier 2020)
  6. Ville de Nancy, « Rénovation de la Villa Majorelle », sur Site Internet de la Ville de Nancy (consulté le 24 janvier 2020)
  7. Marina Hemonet, « À Nancy, l’iconique Villa Majorelle rouvre ses portes », sur AD Magazine, (consulté le 24 janvier 2020)
  8. « La Villa Majorelle rouvre ses portes - 23 janvier 2020 - L'ŒIL - n° 731 », sur Le Journal Des Arts (consulté le 24 janvier 2020)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Roselyne Bouvier, Villa Majorelle. Association des amis du musée

  • Christian Debize, Art Nouveau. L'École de Nancy, Nancy, Éditions Denoël et Serpenoise, coll. « Beaux Livres », 1987, 320 p. (ISBN 978-2207234006).
  • Annette Laumon, Albert France-Lanord, Francis Roussel et le Centre culturel des Prémontrés, Les Arts du fer en Lorraine. Le fer dans l'architecture Art nouveau, Champigneulles, Centre Culturel des Prémontrés, 1980, 79 p.
  • Roselyne Bouvier, Majorelle, Nancy, Paris, la Bibliothèque des arts, 1991, 239 p.
  • Olivier Boissière, Les maisons du XXe siècle, Paris, Éditions Pierre Terrail, , 208 p. (ISBN 2-87939-111-3), p. 18-25.

Liens internes[modifier | modifier le code]

> Monuments historiques à Nancy

> Art nouveau à Nancy

> Urbanisation à Nancy


Liens externes[modifier | modifier le code]

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