Vilayet de Bosnie

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Vilayet de Bosnie
Vilayet-i Bosna (turc)

1867-1908

Description de cette image, également commentée ci-après

Localisation du vilayet de Bosnie au sein de l'Empire ottoman dans ses frontières de 1900.

Informations générales
Statut Vilayet de l'Empire ottoman
Capitale Sarajevo
Démographie
Population (1871) 1 232 000 hab.
Superficie
Superficie (1871) 46 000 km2
Histoire et événements
1867 Création
1878 Occupation austro-hongroise
1908 Annexion austro-hongroise

Entités précédentes :

Le vilayet de Bosnie (en turc : Vilayet-i Bosna ou Bosna Vilayeti) était un vilayet de l'Empire ottoman. Créé en 1867, par changement de statut du pachalik de Bosnie, il est occupé par l'Autriche-Hongrie en 1878 puis annexé par celle-ci en 1908. Sa capitale était Sarajevo.

Histoire[modifier | modifier le code]

Topal Cherif Osman Pacha, gouverneur de Bosnie, 1861-1868
L'armée austro-hongroise prenant d'assaut le château de Sarajevo, 1878

La Bosnie est une des régions les plus islamisées des Balkans. Le recensement de 1879 compte 38,7% de musulmans, 42,9% d'orthodoxes, 18,1% de catholiques et 0,3% de juifs. Dans les années 1870, la province compte environ 1 000 mosquées, 900 mekteb (écoles primaires coraniques), 50 madrassas (écoles coraniques secondaires), 40 tribunaux locaux de cadis et une demi-douzaine de sièges de muftis (autorités religieuses), un par sandjak. Les écoles musulmanes totalisent 41 000 élèves contre 4 000 pour les écoles chrétiennes. Mais l'enseignement, très retardataire, se limite pratiquement à la grammaire arabe et aux matières religieuses. La première presse à imprimer de la province est installée par le gouverneur Topal Cherif Osman Pacha (bs) en 1866. Celui-ci, en poste de 1861 à 1868, fait construire des routes carrossables, fonde des écoles interconfessionnelles enseignant les matières modernes et encourage la création de journaux. Mais la situation se dégrade après son départ : les 7 gouverneurs qui se succèdent de 1869 à 1874 ne font rien pour remédier à la corruption et à l'ignorance de l'administration, ni aux vexations fréquentes des musulmans contre les chrétiens. Un édit de 1869 impose aux écoles d'avoir comme professeurs des citoyens turcs enseignant en turc dans des manuels approuvés ; un autre édit, en 1874, interdit les écoles communautaires serbes considérées comme déloyales à l'Empire. Les journaux serbes sont interdits, les militants de la cause serbe expulsés, et les habitants encouragés à parler de langue "bosniaque" plutôt que "serbe". Malgré la présence d'intellectuels brillants, fiers de leur double culture musulmane et slave, les tensions inter-communautaires s'aggravent pendant la période du tanzimat[1].

Le mécontentement de la population serbe conduit à l'insurrection de la Bosnie-Herzégovine en 1875-1877. L'Autriche-Hongrie réclame alors le droit d'occuper et d'administrer le vilayet pour y rétablir l'ordre. Elle obtient l'accord des grandes puissances par le traité de Berlin du 13 juillet 1878[2] ainsi que le droit de tenir garnison et d'avoir des routes militaires et commerciales dans le sandjak de Novipazar[2]. Cependant, la conquête austro-hongroise (en) se heurte à une résistance acharnée des habitants, musulmans et chrétiens, qui ont renversé l'administration ottomane et refusent toute domination étrangère. La prise de Sarajevo par l'armée austro-hongroise donne lieu à des destructions et massacres[3].

Territoire[modifier | modifier le code]

Femme bosnienne par G. Vastagh, 1899

Son territoire était limité :

Neum et Sutorina, cédés à l'Empire ottoman par la république de Raguse en 1699, constituaient ses deux accès à la mer Adriatique.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Le vilayet était divisé en cinq sandjaks :

  • le sandjak de Bosnie (Bosna Sancağı) ;
  • le sandjak de Zvornik (İzvornik Sancağı) ;
  • le sandjak d'Herzégovine (Hersek Sancağı) ;
  • le sandjak de Travnik (Travik Sancağı) ;
  • le sandjak de Bihać (Bihke Sancağı).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Robin Okey, Taming Balkan Nationalism: The Habsburg 'Civilizing Mission' in Bosnia 1878-1914, p. 6 à 8
  2. a et b Traité de Berlin du 13 juillet 1878, article 25.
  3. Roksandić Drago, « Les quatre destructions de Sarajevo (1480, 1697, 1878, 1992) », Cités 4/2007 (n° 32), p. 17-28

Lien externe[modifier | modifier le code]