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Viktor Pelevine

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Viktor Pelevine
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Fonction
Russian Union of Journalists (en)
depuis
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
Виктор Олегович ПелевинVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Maître
Genres artistiques
Site web
Distinctions
Liste détaillée
Prix Booker russe
National Bestseller Prize (en)
Prix Vagabond (d)
Escargot de bronzeVoir et modifier les données sur Wikidata
Prononciation
Œuvres principales
La Mitrailleuse d'argile, Génération P ou Homo zapiens, Chapaev and Pustota:A Myth about the Antiheroes (d), Empire V (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Viktor Olegovitch Pelevine (en russe : Виктор Олегович Пелевин), né le à Moscou, est un écrivain russe[1]. Il est lauréat de nombreux prix littéraires, y compris le Prix Petit Booker Russe (ru) (1993), Best-seller National russe (ru) (2004), prix Bolchaïa Kniga (2010, 3e place) et le prix Andreï-Biély (2017).

Viktor Pelevine est né à Moscou dans la famille d'Oleg Pelevine, professeur à la faculté militaire de l'université technique d'État de Moscou-Bauman, ancien officier de la lutte antiaérienne, et de Zinaida Pelevina (née Efremova), qui a travaillé comme chef de service dans l'une des épiceries centrales[2]. La famille Pelevine, composée de quatre personnes (avec la grand-mère de Viktor), vivait dans un appartement communautaire dans un immeuble donnant sur le boulevard Tverskoï, puis elle a déménagé dans un appartement de trois pièces séparées dans la région du Tchertanovo Severnoïe.

Après une formation d'ingénieur en électromécanique à l'Institut de génie énergétique de Moscou, il suit un séminaire de création littéraire.

Pelevine se tient à l'écart des médias, on sait peu de choses sur lui. Il commence à accéder à la notoriété avec la publication de OMON-Ra (1991), de La Vie des insectes (1993) et de nouvelles comme La Flèche jaune (1993)[3].

Figure de proue de la littérature russe actuelle, son œuvre est traduite dans de nombreuses langues dont le chinois et le japonais[4].

Depuis le début des années 2000, il a totalement cessé d’apparaître en public[4].

L'œuvre de Viktor Pelevine

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Les récits et les romans de Pelevine reposent souvent sur des éléments fantastiques ou absurdes : train de voyageurs sans arrêt ni destination connue (La flèche jaune), personnage évoluant dans un monde transformé en univers de jeu vidéo (Le Prince du Gosplan) ou vivant une vie parallèle sous forme d'insecte (La vie des insectes)[1],[3].

L'aspect onirique de son œuvre fait de lui un héritier d'une tradition littéraire russe que l'on peut faire remonter à Nicolas Gogol[5] et Mikhaïl Boulgakov[6].

Les récits et les romans de Viktor Pelevine sont remplis de références à la vie quotidienne en Russie et en URSS et à la culture populaire (jeux vidéo, groupes de rock américains, séries télévisées brésiliennes). Ainsi, dans Omon Ra publié en 1992, l'intrigue se déroule à l'école de pilotage Maressiev de Zaraysk, où les cadets se font amputer les jambes au nom de la patrie après leur entrée, et apprennent ensuite à danser la Kalinka, faisant référence à l'héros du livre Un homme véritable de Boris Polevoï[7]. Les mythes de la culture officielle soviétique (Tchapaïev, les cosmonautes) ainsi que les considérations d'ordre mystique inspirées par le bouddhisme sont également très présents. Ce mélange amène certains à qualifier l'œuvre de Pelevine de postmoderne[3].

Saturés de références multiples et baignant dans l'absurde, les textes de Pelevine sont d'une grande portée satirique sur la société contemporaine ou ex-soviétique. L'auteur s'abstient pourtant bien d'éclairer ses lecteurs sur le sens à donner à son œuvre. Optant le plus souvent sur le procédé narratif de la focalisation interne, il ne nous laisse généralement entrevoir la réalité qu'à travers le regard d'un personnage qui ne livre ni ses pensées ni ses émotions, perception qu'altèrent ou illusionnent progressivement les drogues ou des incertitudes psychiques sur une réalité transmutée ou manipulée par les montages du pouvoir. Le caractère nécessairement subjectif de toute perception des choses est d'ailleurs un thème récurrent dans l'œuvre de Pelevine[1].

Viktor Pelevine écrit dans les années 1990, et beaucoup de ses lecteurs ne pouvaient pas encore s'exprimer aussi librement que lui. Cela explique sans doute un peu son succès phénoménal. À travers ses œuvres, ses lecteurs cherchent encore aujourd'hui une réponse au chaos du monde contemporain. Grâce à son écriture particulière, Pelevine remet en question les frontières entre les genres littéraires tout en niant la possibilité d'une perception objective de la réalité et d'une communication sincère entre les individus[8]. À l'exception du modèle de femme-renarde du Livre sacré du loup-garou[1], tous les modèles de femmes sont présentés et souvent déconstruits dans l'ironie. L'objet de sa critique est toutefois avant tout la Russie post-soviétique, le pouvoir politique corrompu, le règne de l'argent et du pétrole, de la consommation absurde[9].

À la question de savoir en quoi consiste «L'Idée russe » ou (idée nationale) soulevée dans son roman Homo zapiens par exemple, il n'est pas possible de conclure. Lors d'un interview de Pelevine, quand on lui demande s'il a trouvé l'idée nationale, il répond : « Bien sûr. C'est Vladimir Poutine»[10].

Collections des récits

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  • Le Réverbère bleu (Синий фонарь)
  • Zombification (Зомбификация)
  • L'Ermite et Sixdoigts (Затворник и Шестипалый), Éditions Jacqueline Chambon, 1998 (Traduit par Christine Zeytounian-Beloüs) ; Éditions du Rouergue, 2003.
  • Chants d'adieu des pygmées politiques (П5:Прощальные песни политических пигмеев Пиндостана), ЭКСМО, 2008

Références

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  1. a b c et d Enora Le Bleis, « Le monde fantastique de Viktor Pelevine », Chroniques Slaves,‎ , p. 131-145 (lire en ligne)
  2. (ru) « Виктор Пелевин: «Снимаюсь только 30 секунд и в очках!» », sur kp.ru, Komsomolskaïa Pravda,‎ (consulté le )
  3. a b et c Dmitri Bykov, « Viktor Pelevine, entomologiste de l'âme postsoviétique », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  4. a b et c Natalia Kotchetkova, « Pourquoi Viktor Pelevine est-il le plus grand écrivain de la Russie contemporaine? », sur Fenêtre sur la Russie,
  5. (en) Dina Khapaeva, Nightmare : From Literary Experiments to Cultural Project, Brill, , 274 p. (ISBN 9789004233225, lire en ligne)
  6. (en) Natasa Kovacevic, Narrating Post-Communism Colonial Discourse and Europe's Borderline Civilization, Taylor & Francis, , 240 p. (ISBN 9781134044139, lire en ligne)
  7. (en) Caryl Emerson, The Cambridge Introduction to Russian Literature, Cambridge University Press, (ISBN 9781139471688, lire en ligne), p. 242
  8. Jean-Louis Perret, « Viktor Pelevine, « l'envol particulier de la pensée libre » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. Després par. 54-57.
  10. (ru) Pelevine, miroir du vide russe [vidéo] « Виктор Пелевин как зеркало русской пустоты — программа «Археология» на Финам FM », sur YouTube

Articles connexes

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Liens externes

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