Vie musicale à l'époque romantique

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La vie musicale a connu plusieurs changements durant la période romantique. Les musiciens, devenant plus confiants et indépendants, ont commencé l’évolution vers la musique expressive. Les modifications apportées à la vie musicale dans l'époque romantique, telles que le style de composition, le rang social de l'artiste, l’éducation musicale et le rôle des femmes, ont influencé les époques à venir.

Le nouveau fonctionnement du monde musical[modifier | modifier le code]

Avant la période romantique, les musiciens étaient employés par des protecteurs, des nobles ou des religieux et devaient produire des œuvres conformes aux souhaits de leurs maîtres. La période romantique a marqué un changement significatif qui a sans doute transformé la vie musicale tout entière pour les années à venir. Pour la première fois, c’était le public qui demandait la musique. Les artistes pouvaient finalement suivre leur inspiration et leurs intérêts personnels afin de s’exprimer librement. Ils se produisaient en concerts et vendaient leurs œuvres pour survivre, mais si le public n’aimait pas leurs créations, les musiciens ne faisaient pas de profit. Un grand nombre de chants et d’œuvres instrumentales n’étaient joués qu’à de petits rassemblements, comme lors des soirées et n’étaient découvertes par le reste du public qu’une génération après la mort du musicien. D'après certaines observations, l’ancien système donnait en général plus de liberté. Les compositeurs produisaient ce qui était demandé par leur protecteur. Ils copiaient plus ou moins le même genre de musique que jouaient d’autres musiciens de façon qu’ils puissent se protéger contre la possibilité de se trouver confronté à un public opposé, car celui-ci avait tendance à aimer ce qu’il connaissait. Sans créativité, personne ne risquait de ne pas être apprécié. Aujourd’hui par exemple, c’est le contraire, la société préfère généralement entendre des œuvres de Bach, Mozart ou Beethoven que des œuvres de compositeurs contemporains.

La nouvelle position des musiciens[modifier | modifier le code]

Les musiciens de cette époque représentent une nouvelle réalité dans la vie intellectuelle et artistique.

La période romantique est aussi celle de la promotion de l’artiste dans le rang social. Les compositeurs n’étaient plus considérés comme des serviteurs, mais étaient de mieux en mieux honorés et respectés par leurs auditoires. Les musiciens étaient plus assurés du succès artistique et financier si leurs œuvres étaient bien aimées, contrairement aux musiciens de l’époque classique. Alors qu'Haydn par exemple, n’aurait jamais pensé que ses compositions soient appréciées après sa mort, les romantiques de l’autre côté, croyaient que leurs créations auraient une valeur permanente et importante.

La musique à la portée du public[modifier | modifier le code]

Les salles de concerts étaient devenues des endroits populaires pour écouter des musiciens professionnels et il s'en construisait de plus en plus. La classe moyenne comme les avocats, les marchands et les banquiers appuyaient fortement la venue d’associations symphoniques dans leurs villes pour y attirer une plus grande population et, avec l’amélioration des moyens de transport, les musiciens ont pu se produire en tournée dans des lieux plus favorables. Les revues musicales sont aussi apparues pour que les amateurs de musique puissent être informés de l'actualité dans ce domaine. C’est aussi au cours de cette période que les lois sur les droits d’auteur ont été inventées.

Virtuoses et virtuosité[modifier | modifier le code]

Le public plus abondant avait besoin de héros pour accompagner la musique, afin d’ajouter à l’effet dramatique. Le public adorait les virtuoses de l’époque comme Paganini et Liszt car ils avaient des habiletés techniques remarquables qui impressionnaient leurs auditeurs avec leur style brillant. Cette relation d'admiration a donné lieu à certaines légendes et anecdotes. Certains soupçonnaient que Paganini avait signé un pacte avec le diable et ne croyaient pas que son instrument fût véritablement un violon ordinaire. Paganini allait au-delà pour émerveiller son auditoire : il coupait une corde à moitié avant le concert pour qu’elle se brise pendant l’exécution d’une pièce. Le pianiste Franz Liszt, connu pour ses succès auprès des femmes, plaçait son piano de façon que l’auditoire puisse mieux voir ses techniques et son profil. À la fin de ses concerts, plusieurs femmes s’évanouissaient et les spectateurs avançaient pour le voir de plus près. Après l’apparition de ces virtuoses, de plus en plus de pièces techniquement difficiles ont été créées pour démontrer l'habileté des musiciens.

La musique plus présente à la maison[modifier | modifier le code]

La musique a obtenu une place plus importante à la maison durant le temps romantique. La classe moyenne voulait plus de musique à sa disposition, et, grâce à la technologie, a pu se procurer des pianos moins chers qu'auparavant. À la fin du XIXe siècle, pratiquement toutes les maisons de la classe moyenne avaient un piano.

Le développement de l'éducation musicale[modifier | modifier le code]

C’est encore à cette époque que les conservatoires ont été développés par les compositeurs et les autres musiciens. Ils commençaient précisément à s’intéresser à la possibilité d’éduquer les jeunes au niveau musical. De cette manière, les compositeurs et chefs d’orchestre espéraient avoir de meilleurs musiciens dont la formation serait supérieure et plus poussée. Par exemple, Felix Mendelssohn contribua à la fondation du conservatoire de Leipzig. Le compositeur et pianiste russe Anton Rubinstein contribue autant, sinon plus, en établissant le conservatoire impérial à Saint-Pétersbourg. L’intérêt pour l’éducation musicale renforça celui pour la critique musicale. Les musiciens définissent entièrement en quoi consistait la « bonne musique » et c’est aussi de cette manière que le public a été sensibilisé aux idées romantiques.

Les femmes interprètes[modifier | modifier le code]

Les femmes étant généralement admises aux nouveaux conservatoires, elles pouvaient maintenant recevoir une formation professionnelle de chanteuses, voire d’instrumentistes et même de compositeurs. À cause des préjugés, il était très difficile pour les femmes de trouver une place dans un orchestre professionnel ou comme enseignante dans un des conservatoires, sinon pour enseigner à d'autres femmes. C'est seulement à l’opéra que les femmes avaient effectivement un rôle de premier plan à jouer. La société en général pensait avoir raison en croyant que la place de la femme était à la maison et, si elle désirait être musicienne, elle devait jouer pour son accomplissement personnel et social. Elle n’était donc certainement pas encouragée à jouer en public ; il était plus convenable, disait-on, de garder ses talents pour ses amis et sa famille. Il y a des exceptions, par exemple, comme Clara Schumann. Elle était une des seules femmes à réussir à avoir une carrière professionnelle comme pianiste et enseignante d’une famille nombreuse, tout en entretenant son foyer familial.

Les femmes compositrices[modifier | modifier le code]

Dans le même ordre d’idées, les femmes, contrairement aux hommes, n’étaient pas considérées en ayant le « type d’intelligence nécessaire » pour accomplir une composition musicale « dans toute sa plénitude et la grandeur de ses formes harmoniques » dit en 1880 George Upton, le critique de musique américain. Leurs compositions, si elles s’étaient fixées sur l’idée d’en écrire, devaient être légères, superficielles, pas trop difficiles et, en un mot, inutiles. Même avec l’évolution des mœurs, certaines femmes le croyaient : « J’ai pensé que j’avais un certain talent créateur », remarqua Clara Schumann, « mais j’ai renoncé à cette idée. La femme ne doit pas désirer composer. Aucune femme n’a réussi à le faire jusqu’ici, alors pourquoi en serait-il autrement pour moi? » Certaines femmes compositrices de talent n’étaient même pas en mesure de publier leurs œuvres car leur famille disait que ce n’était pas convenable pour les jeunes femmes. Jusqu’à tout récemment[Quand ?], les œuvres de Fanny Mendelssohn étaient demeurées inconnues. Alma Schindler était compositrice jusqu’à ce qu’elle rencontre son mari Gustav Mahler. Elle abandonna tout pour appuyer son mari. Les femmes ont, malgré les nombreux obstacles, commencé à composer pour qu’un jour, elles puissent se rendre au même niveau d’égalité que les hommes.

Le rôle musical des femmes[modifier | modifier le code]

Avant qu’elles soient intégrées à la vie musicale, en revanche, certaines femmes jouaient un rôle de soutien. Il aurait été impossible pour certains musiciens célèbres de composer sans leur appui. Nadejda von Meck, en étant protectrice de Tchaïkovsky, lui a permis de composer car, sans elle, il n’aurait pas eu assez d’argent. Fanny Mendelssohn, par exemple, assista son frère Felix en organisant des concerts où il jouait ses œuvres.