Vidéo-club

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Les rayons d'un vidéo-club.

Un vidéo-club est une boutique de services permettant la location de films (ou plus rarement d'autres productions audiovisuelles telles que des séries télévisées) sur support vidéo (essentiellement cassettes VHS puis DVD, ou plus récemment HD DVD et Blu-ray) afin de les visionner à son domicile, sur son téléviseur, avant de les rapporter.

Modalités de location[modifier | modifier le code]

La durée de location est généralement de l'ordre de quelques heures à quelques jours, le temps de visionner le film. Il existe souvent une boîte accessible de l'extérieur de la boutique, pour permettre aux clients de rapporter les vidéos même en dehors des horaires d'ouverture. Des frais supplémentaires peuvent être imputés au client en cas de dépassement de l'heure de retour prévue.

Le client peut être facturé film par film, mais il existe généralement des cartes de fidélité ou des forfaits.

Les prix pratiqués peuvent être plus élevés pour les films sortis récemment.

Organisation du magasin[modifier | modifier le code]

Les films sont exposés dans des rayons, classés par genre. Les sorties récentes sont souvent mises en valeur.

En général, afin d'éviter les vols, seule la jaquette est exposée, les enregistrements en eux-mêmes étant alors conservés dans l'arrière-boutique et délivrés seulement au moment du passage à la caisse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, le dernier vidéo-club de Washington, sous l'enseigne Potomac Video, a fermé ses portes en mai 2014. Les fermetures se multipliant dans de nombreux pays. Alors qu'ils étaient plus de 15 000 loueurs en 2006 aux États-Unis, ils ne sont plus que 6 000 en 2014.

À la suite de l'arrivée dans le milieu des années 2000 de la vidéo à la demande, du streaming et du téléchargement (légal ou non), les vidéo-clubs ont vu leur chiffre d'affaires chuter jusqu'à 20 % par an selon un rapport du CNC et la baisse de la fréquentation de la clientèle.

En France[modifier | modifier le code]

Les Français louaient près de 25 millions de films dans le milieu des années 1990. Les dépenses des Français dans les vidéo-clubs ne représentent plus que 29.3 millions d'euros en 2011[1].

Entre 2004 et 2010, près de 3 000 vidéo-clubs en France ont fermés, et on n'en compte en 2014 que près de 2 000[2]. Entre 2002 et 2014, la Chambre de commerce et d'industrie d'Ile-de-France estime que le nombre de vidéo-clubs a chuté de 95,8% en Île-de-France et qu'il n'en reste qu'une dizaine à Paris[3].

Les franchises Vidéo Futur et Vidéo Pilote exploitent encore quelques magasins. D'autres vidéoclubs indépendants subsistent aussi, notamment dans les grandes agglomérations comme La Onzième heure à Paris (disparu à la mi-2015), Videodrome à Marseille, ainsi que Yoyovidéo a Bordeaux. La franchise Cinébank, qui proposait un service de distributeurs automatiques de DVD, a disparue fin 2012.

Ceux qui subsistent diversifient leur offre en vendant des DVD, des figurines ou autres objets de collection en lien avec le cinéma, ou se spécialisant dans des genres cinématographiques[2],[4].

VidéoFutur, qui comptait environ 400 boutiques dans les années 2000, ne compte plus que 37 magasins en 2014. En janvier 2015, il n'en reste plus que 27[5]. La société change de stratégie en lançant une box commerciale par abonnement depuis juin 2013, la location de DVD et de Blu-ray devenant secondaire.

Franchises[modifier | modifier le code]

Un magasin Blockbuster à Coventry en Angleterre.

Les vidéo-clubs peuvent être indépendants, ou être organisés en réseaux comme Family Video aux États-Unis, Avenue Video au Canada, Vidéo Futur ou Cinébank en France, ou Blockbuster Inc. dans plusieurs pays.

Bornes ou distributeurs automatiques[modifier | modifier le code]

Une borne automatique redbox dans l'Indiana, aux États-Unis.

Il existe aussi des bornes automatiques placées en extérieur, sur la voie publique, qui peuvent être rattachées à une boutique classique ou non, et qui délivrent des vidéos sans interruption. Les supports vidéos étant stockés physiquement dans la borne, le nombre de films disponibles est plus faible que dans une boutique. Le choix se fait sur un écran, qui peut être tactile ou disposer de touches pour la sélection. Pour les clients qui bénéficient d'un forfait, le paiement peut être effectué avec la carte magnétique ou à puce qui leur a été fournie lors de la souscription, tandis que les clients occasionnels utilisent leur carte bancaire.

Domaines d'activité[modifier | modifier le code]

Certains vidéo-clubs proposent également leurs vidéos à la vente, et se diversifient parfois dans le domaine des jeux vidéo.

Par ailleurs, il existe des vidéo-clubs spécialisés dans la pornographie ; il s'agit souvent de sex shops qui vendent aussi des objets sexuels, proposent des peep shows, et mettent à disposition des cabines individuelles pour regarder les films. Cependant, certains vidéo-clubs traditionnels proposent aussi un rayon pornographique, éventuellement séparé physiquement du reste du magasin, afin d'en limiter l'accès aux seuls majeurs.

Concurrence[modifier | modifier le code]

Les vidéo-clubs ont été récemment[Quand ?] concurrencés par l'arrivée de sites web comme Glowria ou dvdfly, proposant les mêmes services de location, mais en envoyant et en recevant les DVD par courrier, ce qui dispense le client de se déplacer jusqu'à un vidéo-club.

Une expérience de livraison de vidéo à domicile dans l'heure qui suit la commande, par des coursiers motorisés, est également menée depuis 2002 dans le canton de Genève, par l'entreprise DVDmania, cofondée par le député Antonio Hodgers[6],[7].

Plus récemment encore[Quand ?], l'explosion de la vidéo à la demande (existant à la fois à la location et à la vente), permet de s'affranchir des délais postaux et de la nécessité du retour de la vidéo.

Certains vidéo-clubs traditionnels se sont d'ailleurs lancés dans ces activités. D'autres proposent de télécharger les vidéos en magasin sur un disque dur portable[8].

D'autre part, par extension, certains de ces services sont qualifiés de « vidéo-clubs » ou « vidéo-clubs virtuels », à l'instar de Vidéo Club Numericable, le service de vidéo à la demande de Numericable.

Position dans la filière cinématographique[modifier | modifier le code]

Vidéo-clubs de fiction[modifier | modifier le code]

  • Dans Soyez sympas, rembobinez, comédie américaine de 2008, deux employés de vidéo-club remplacent les cassettes qu'ils ont accidentellement effacées par des remakes qu'ils réalisent eux-mêmes, de manière artisanale.
  • Dans Parker Lewis ne perd jamais, série télévisée américaine des années 1990, le père du personnage principal est propriétaire d'un vidéo-club.
  • Dans Video Violence... When Renting Is Not Enough, film de série B américain de 1987, un couple s'installe dans une petite ville pour y ouvrir un vidéo-club, et finit par s'apercevoir que les habitants tournent des snuff movies.
  • Dans le premier épisode de la deuxième saison de la série télévisée britannique MI-5, en 2003, un emploi dans un vidéo-club (ouvert spécialement pour l'occasion) sert de couverture à Zoe.
  • Dans Clerks, les employés modèles, Randal Graves est employé du magasin de location de vidéo RST Vidéos.
  • Dans la série Dawson, Dawson Leery et Pacey Whiter sont tous les deux employés dans un vidéo-club en dehors de leurs heures de cours

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les derniers vidéo-clubs se battent pour survivre, sur le site lefigaro.fr, consulté le 31 décembre 2014.
  2. a et b Les vidéos-clubs : une espèce en voie d'extinction, sur le site france5.fr, consulté le 31 décembre 2014.
  3. Les vidéoclubs parisiens redoutent le clap de fin, Le Parisien, 14 juin 2015
  4. Le vidéo-club fait de la résistance, sur le site lunion.com', consulté le 31 décembre 2014.
  5. À la gloire des derniers vidéo-clubs de Paris, Vine, 9 avril 2015
  6. Gabriel Sigrist, Va ouvrir, chérie, c'est le député livreur de DVD, sur le site Largeur.com, 18 mai 2004.
  7. dvdmania.ch.
  8. Vidéo Futur et Cinebank testent la vidéo dématérialisée, sur le site Journal du Net, 6 mars 2008.