Victor Hugo en voyage

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Hugo pendant son exil à Jersey (vers 1853-1855)

Victor Hugo en voyage s'est souvent attardé sur les lieux qu'il a parcourus comme exilé ou comme touriste, nous livrant de nombreuses et précieuses descriptions.

Ses points de vue amusés ou ses prises de position parfois bien tranchées sur des gens ou des situations ne manquent pas d'intérêt.

Parmi ses nombreux voyages, il séjourne à Marseille, Bastia, à Naples ou en Corse mais aussi en Bretagne

Lieux visités[modifier | modifier le code]

Voici l'ébauche d'une liste des lieux visités par Victor Hugo :

Belgique[modifier | modifier le code]

Salmchâteau où, en 1862, il dessine le Pont Madeleine et les ruines du château des comtes de Salm.
Plaine de la bataille de Waterloo
Bruxelles[1]
Furnes[2]
Louvain
Mons
Villers-la-Ville

Normandie[modifier | modifier le code]

Barfleur
Cherbourg
Dieppe le 8 septembre 1837
Eu
Les Pieux
Le Tréport le 7 septembre 1837

Somme[modifier | modifier le code]

Abbeville en 1835, du 26 juillet et 4-5 août; en août et septembre 1837, arrivant d'Amiens; en septembre 1849.
Amiens en 1835 et en septembre 1837.
Ault le 7 septembre 1837.
Bernay-en-Ponthieu.
Boves.
Cayeux-sur-Mer le 9 septembre 1837.
Corbie.
Crécy-en-Ponthieu.
Doullens.
Gamaches.
Le Crotoy où, adossé aux ruines du château, il dessine la Baie de Somme.
Lamotte-en-Santerre.
Montdidier.
Moreuil.
Péronne.
Picquigny.
Pinchefalise sur la commune de Boismont.
Rambures.
Saint-Riquier.
Saint-Valery-sur-Somme le 7 septembre 1837.
Valines

Provence[modifier | modifier le code]

Les gorges d'Ollioules. Victor Hugo y passe en ...

«  L'œil n'y voit plus rien qu'une roche jaune, abrupte, déchirée, verticale, à droite, à gauche, devant, derrière, barrant le passage, obstruant le retour, pavant la route et masquant le ciel. On est dans les entrailles d’une montagne, ouvertes comme d'un coup de hache, et brûlées d'un soleil de plomb. À mesure qu'on avance, toute végétation disparaît. Des bouches des cavernes, la plupart inaccessibles, sont béantes à toutes les hauteurs et de tous les côtés. On y distingue des entablements, des consoles, des impostes, toute une architecture naturelle et mystérieuse. Sur les crêtes même de la montagne, çà et là, des roches se courbent en arches et font des ponts aériens pour des passants impossibles[3]. »

Midi-Pyrénées[modifier | modifier le code]

Luz-Saint-Sauveur du 31 août au 1er septembre 1843
« Charmante vieille ville (...) délicieusement située dans une profonde vallée triangulaire. Trois grands rayons de jour y entrent par les trois embrasures des trois montagnes. Quand les miquelets et les contrebandiers espagnols arrivaient d'Aragon par la Brèche de Roland, ils apercevaient tout à coup à l'extrémité de la gorge obscure une grande clarté, comme est la porte d'une cave à ceux qui sont dedans. Ils se hâtaient et trouvaient un gros bourg éclairé de soleil et vivant. Ce bourg, ils l'ont nommé Lumière, Luz »,
Saisie en cours ! Patience !

Avant le Guide Michelin et le Gault-Millau[modifier | modifier le code]

Les commentaires de Victor Hugo sur le gîte et le couvert sont parfois féroces et versifiés.

Le voyageur et les femmes[modifier | modifier le code]

La réputation de Victor Hugo en tant qu'amateur de femmes (coureur de jupons) est connue. Il ne faut pas pour cela en conclure qu'il ait eu une attitude de « macho ». Ses récits de voyages vantent par exemple le rôle indispensable de la femme à l'auberge.

J’ai remarqué qu’il y a dans presque toutes les auberges une femme admirable. C’est l’hôtesse. J’abandonne l’hôte aux voyageurs de mauvaise humeur, mais qu’ils m’accordent l’hôtesse.
L’hôte est un être assez maussade. L’hôtesse est aimable. Pauvre femme ! quelquefois vieille, quelquefois malade, souvent grosse, elle va, elle vient, ébauche tout, achemine tout, complète tout, talonne les servantes, mouche les enfants, chasse les chiens, complimente les voyageurs, stimule le chef, sourit à l’un, gronde l’autre, surveille un fourneau, porte un sac de nuit, accueille celui-ci, embarque celui-là, et rayonne dans tous les sens comme l’âme. Elle est l’âme, en effet, de ce grand corps qu’on appelle l’auberge. L’hôte n’est bon qu’à boire avec des rouliers dans un coin.
En somme, grâce à l’hôtesse, l’hospitalité des auberges perd quelque chose de sa laideur d’hospitalité payée. L’hôtesse a de ces fines attentions de femme qui voilent la vénalité de l’accueil. Cela est un peu banal, mais cela agrée.
L’hôtesse de « La Ville de Metz » à Ste-Menehould est une jeune fille de quinze à seize ans qui est partout et qui mène merveilleusement cette grosse machine, tout en touchant par moments du piano. L’hôte, son père, - est-ce une exception ? – est un fort brave homme.[4]
Étaples. Il y a là une auberge comme je les aime, une petite maison propre, honnête, bourgeoise, deux hôtesses qui sont deux sœurs jeunes encore, fort gracieuses vraiment, de fort bons soupers de gibier et de poisson, et sur la porte un lion d’or qui a un air tout doux et tout pastoral, comme il convient à un lion mené en laisse par deux demoiselles. Les deux maîtresses du logis font bâtir en ce moment, elles agrandissent leur maison. C’est de la prospérité. J’en ai été charmé. Je n’ai pas trouvé de meilleure auberge dans toute la Belgique. J’excepte pourtant Louvain et Furnes.
À Louvain, c’est l’hôtel du « Sauvage », tenu par une brave grosse châtelaine flamande, la cordialité même.
À Furnes, c’est l’hôtel de « La Noble Rose », vieux nom de senteur allemande qui m’avait attiré. L’hôtesse ici est une jeune fille, fille des maîtres du logis, jolie et modeste et pourtant accueillant bien, sans mines et sans pruderie. On ne voit pas ses vieux parents. C’est elle qui fait tout dans la maison et qui gouverne le groupe grossier des servantes comme une petite fée. Elle a un air de dignité singulière que rehausse sa grande jeunesse. Je lui disais entre autres fadaises que la noble rose n’était pas seulement sur son enseigne[5].

Le voyageur et les pourboires[modifier | modifier le code]

Hugo a écrit un texte très caustique à propos de la pratique généralisée et abusive du pourboire.

Article détaillé : Pourboire.

Quand le trajet est long[modifier | modifier le code]

Les étapes sont parfois longues. Quand Victor Hugo ne lit pas ou n'écrit pas dans la voiture, qu'il ne dort pas, ne somnole pas, ne converse pas avec d'autres occupants éventuels du véhicule, il observe et s'amuse, par exemple, en s'intéressant à la « technique » des cochers, usant ou abusant de leur instrument, le fouet.

Article détaillé : Fouet (arme).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hélène Braeuener (2001) Les Peintres de la baie de Somme autour de l'impressionnisme. La Renaissance du Livre, Tournai, 150 p.
  • Victor Hugo - Œuvres complètes - « Voyages » - Collection Bouquins - Éditions Robert Laffont, Paris, octobre 1987
  • Victor Hugo - Récits et dessins de voyage. La Renaissance du Livre, Tournai.
  • Victor Hugo en voyage en Picardie - Extraction exhaustive des textes, réalisée par Marc Roussel - Le Généalogiste Picard n° 100, juin 2002 (pages 97 à 119)
  • Roger Noyon (1995) Promenades en Baie de Somme de Victor Hugo à Robert Mallet. L'Imprimerie Carré, Fressenneville, 79 p.
  • Jean-Marc Hovasse, Victor Hugo chez les Belges, Bruxelles : Le Cri, 1994 (ISBN 2-87106-123-8)
  • Jean-Marc Hovasse, Bruxelles et Victor Hugo : Écrits et correspondance, Bruxelles : Le Cri, 1994 (ISBN 2-87106-132-7)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Inscription commémorative à la place des Barricades 4, Bruxelles, domicile de son fils Charles.
  2. Voir à la rubrique Avant Michelin et Gault & Millua ses commentaires sur l'hôtesse de cette ville.
  3. Choses vues, p.
  4. Le Rhin (Lettre troisième, Varennes, 25 juillet) - pages 25-26 : Collection « Bouquins » - Éditions Robert Laffont, Paris, octobre 1987
  5. France et Belgique (1837, Lettre XIII, Dieppe, 8 septembre) - pages 651-652: Collection « Bouquins » - Éditions Robert Laffont, Paris, octobre 1987

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]