Victor Fontorbe

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Victor Fontorbe
Fonctions
Architecte
Arrondissement de Saintes, arrondissement de Saint-Jean-d'Angély, arrondissement de Jonzac, arrondissement de Rochefort et arrondissement de Marennes
-
Architecte municipal (d)
Ville de Saintes (d)
-
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Formation
Activité
Père
Jean-Bertrand Fontorbe (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Victor Georges Fontorbe (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Mouvement
Maître
Œuvres principales
Palais de justice de Saintes, haras national de Saintes, hôtel de sous-préfecture de Saintes (d), hôtel de ville de Saintes, hôtel de sous-préfecture de Jonzac (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Victor Fontorbe, né le à Rochefort et mort le à Saintes, est un architecte français. Il a été architecte de la ville et de l'arrondissement de Saintes entre 1842 et 1875. Il a fortement contribué au visage actuel de la ville, en réalisant notamment le haras et la sous-préfecture et en finalisant la mise en place des cours National et Reverseaux. Il a également ouvert la ville vers l'extérieur avec le cours Lemercier et l'avenue Gambetta.

Biographie[modifier | modifier le code]

Victor Fontorbe naît à Rochefort en 1815. Son père, Jean-Bertrand Fontorbe, est entrepreneur des travaux du port, puis architecte du port de Rochefort, et reçu la décoration du Lys. Victor perd sa mère Julie Peillon en 1823 et est élevé, ainsi que son frère plus jeune, par leur tante paternelle. Ses premiers dessins connus sont datés de 1833 : il travaille alors sans doute chez Garde, architecte de la ville de Rochefort, peut-être avec son père. Ce dernier meurt en 1836 et on retrouve le jeune Fontorbe à Bordeaux, chez Jean Burguet (architecte de l’hôpital Saint André) jusqu’en 1838 où il intègre l’un des ateliers les plus réputés à Paris, celui d’Achille Leclère. Il est admis en 2e classe aux Beaux-Arts en 1839.

À sa sortie de l'école en 1842, Fontorbe est recruté par le maire de Saintes, Jean-Baptiste Lemercier en tant qu’architecte de la ville et architecte d’arrondissement. Fontorbe s’installe à Saintes. Il épouse Aline Routier, fille du percepteur et maire de Thénac, dont il aura quatre enfants (Victor Georges, médecin chef de la Marine ; Jean Victor ; Victor Émile, capitaine de vaisseau et major de la Marine à Rochefort[1] ; Marie Baptistine, épouse du capitaine de frégate Victor Léon Parfait[2]). En 1844, il est nommé architecte des arrondissements de Saint-Jean-d'Angély, Jonzac, Rochefort et Marenne en plus de celui de Saintes.

Proche du député bonapartiste Eugène Eschassériaux, il est limogé par le Conseil général de la Charente-Maritime en 1873 puis par la municipalité en 1875. Il meurt le .

Réalisations[modifier | modifier le code]

Des grands travaux d'urbanisme ont été engagés à la fin du XVIIIe siècle dans la ville de Saintes afin d'y améliorer la circulation. Deux voies sont notamment mises en place au début du XIXe siècle permettant un contournement de la ville par le nord et l'ouest : les actuels cours Reverseaux et Cours National (Saintes). Victor Fontorbe finalise ces grands travaux (pavage, trottoirs, alignement des bâtiments) et crée de nouvelles rues permettant le raccordement de ce nouvel axe à la ville ancienne.

Il conçoit et réalise de nombreux bâtiments, dont la plupart sont encore présents aujourd'hui :

  • La sous-préfecture (1848)
  • Le Haras national de Saintes (1848-1852)
  • Le palais de justice sur des plans de Van Cleemputte (1853-1864)
  • Le marché couvert (1865) détruit en 1976, à l'emplacement du marché actuel
  • La mairie, détruite par un incendie en 1871 et reconstruite pratiquement à l'identique sur plans de Brouty
  • Plusieurs octrois, dont au moins ceux de La Maladrerie et de Malakoff à l'entrée de la ville

Autour de Saintes, il conçoit et réalise de nombreux bâtiments : écoles, mairies, lieux de culte (églises catholiques et temples protestants), halles, sous-préfectures. Quelques exemples :

Style[modifier | modifier le code]

Le style de Fontorbe est plutôt néoclassique. Les lignes verticales des fenêtres sont coupées par les horizontales des moulures soulignant chaque étage et des corniches à modillons donnant un côté austère à ses réalisations. Des détails de décoration existent pourtant : des chambranles de fenêtres moulurés avec éventuellement un motif végétal, des rez-de-chaussées avec des lignes de refend, des chaînes d’angle harpées et des consoles de balcon avec un motif de palmette. Certaines maisons, comme La Pinellerie, font penser aux villas Palladiennes. Pour les édifices religieux, il est considéré comme l'un des précurseurs du néo-roman, en rupture avec la mode de l'époque et le néogothique de Viollet-le-Duc.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Archives départementales : série 2 O Saintes, série 4 N article Fontorbe
  • Recueil de la commission des arts et monuments de Charente Inférieure, no 6, no 15
  • Mémoires du baron Eschassériaux (1823-1906), 20 tomes manuscrits, bibliothèque municipale de Saintes, Fonds ancien
  • Saintes douairière (1830-1848), Henri Texier, éditions Le croît vif, Collection Documentaires

Références[modifier | modifier le code]