Victor Destutt de Tracy

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Victor Destutt de Tracy
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Victor Destutt de Tracy par Théodore Chassériau

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Émilie Destutt de Tracy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Alexandre-César-Charles-Victor Destutt, marquis de Tracy, né le à Paris et mort le à Paray-le-Frésil (Allier), est un homme politique français, député sous la Restauration, la Monarchie de Juillet et la Seconde République, ministre de la Marine en 1848-1849.

Il est le fils du philosophe « idéologue » Antoine Destutt de Tracy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Victor Destutt de Tracy fait ses études à l'École Polytechnique (promotion 1797). Il s'engage dans une carrière militaire participant aux campagnes napoléoniennes, notamment comme aide de camp du général Horace Sébastiani.

La Restauration

Proche de la tendance de gauche dont La Fayette est le principal représentant, il est élu député en 1822 dans l'arrondissement de Montluçon, battu en 1824, puis il retrouve un siège en 1826, à Moulins, siégeant sans discontinuer jusqu'en 1848 — comme député de l'Allier jusqu'en 1837, puis comme représentant de l'Orne, élu dans l'arrondissement de L'Aigle.

La Monarchie de Juillet

Sous la monarchie de Juillet, il fait figure d'opposant modéré ; son nom est associé à plusieurs campagnes abolitionnistes : il présente le 17 août 1830 une proposition de loi tendant à l'abolition de la peine de mort[1], puis participe activement aux combats pour l'abolition de l'esclavage[2], faisant partie en décembre 1834, des fondateurs de la Société française pour l'abolition de l'esclavage dont il devint le président, succédant ainsi à Victor de Broglie (1785-1870)[3]. Il prend position contre l'hérédité de la pairie et contre la conquête de l'Algérie.

La Seconde République et le Second Empire

En 1848, il est élu député à l'assemblée constituante où il siège parmi les conservateurs, puis est appelé à la fonction de ministre de la Marine et des Colonies dans les gouvernements Odilon Barrot. En 1849, la chute du gouvernement interrompt sa carrière ministérielle mais il est réélu à l'Assemblée nationale. Après le coup d'État de 1851, il se refuse à participer au nouveau régime et renonce à l'action politique.

Héritier au décès de son père du domaine familial dans l'Allier, à Paray-le-Frésil, il a laissé dans cette région la mémoire de ses entreprises de bonification des terres ingrates de la Sologne bourbonnaise[4]. Il est inhumé à Paray-le-Frésil. Marié en 1816 à Mary Sarah Newton (1788-1850), hôtesse de l'un des derniers salons littéraires de l'époque et protectrice du peintre Théodore Chassériau, il en aura une fille unique, Marie-Élisabeth.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notice biographique dans le Dictionnaire des Parlementaires français d'Adolphe Robert et Gaston Cougny, Paris, Dourloton, 1889, disponible sur le site de l'Assemblée Nationale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rapport de M. Raymond Forni sur le projet de loi portant abolition de la peine de mort, n° 316 , 10 septembre 1981, annexe I
  2. Des allusions au rôle de Destutt de Tracy dans les campagnes antiesclavagistes semblent apparaître dans les articles French Policy towards Trading with African and Brazilian Slave Merchants, 1840-1853 de Lawrence C. Jennings, The Journal of African History, Vol. 17, No. 4 (1976), pp. 515-528 et Slavery and the Bordeaux press du même auteur, French History 1989, No.3 pp. 273-292
  3. La France et l'abolition de l'esclavage 1802-1848, de Lawrence C. Jennings, éditions André Versaille, 2010, page 237.
  4. Cf. notice biographique sur le site «Trésor des Régions de France»