Victoire Bauduceau

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Victoire Bauduceau
Image illustrative de l’article Victoire Bauduceau
Bienheureuse, martyre
Naissance
Thouars (Deux-Sèvres)
Décès (à 48 ans) 
Avrillé (Maine-et-Loire)
Autres noms Révellière
Béatification  Vatican
par Jean-Paul II
Vénéré par Église catholique romaine
Fête 16 avril

Victoire Bauduceau, épouse Révellière, née le à Thouars dans les Deux-Sèvres et morte le à Avrillé en Maine-et-Loire, est une des quatre-vingt-dix-neuf martyrs d'Angers. Elle est déclarée "Bienheureuse" par le pape Jean-Paul II, en 1984.

Biographie[modifier | modifier le code]

Victoire Bauduceau est la fille de Laurent Bauduceau (1712-1783) — notaire et sénéchal du comté de Vihiers, juge civil, criminel et de police de la baronnie de Doué-la-Fontaine, puis de Passavant-sur-Layon — et de Marie Chachereau (1706-1782). Elle se marie le , à Doué-la-Fontaine avec Gilles Jacques Révellière[1] ( - ). Elle est la mère de Victoire Marie Révellière (1766-1835)[2].

Contre l'avis de son époux, elle a désiré que le mariage de sa fille, Victoire-Marie, soit célébré par un prêtre non constitutionnel. Pour cela, elle a obtenu du frère de son futur gendre François Tharreau, administrateur du district de Cholet, une ordonnance du juge Gennet, ancien sénéchal de Cholet, pour que le mariage de sa fille puisse être célébré par le ministre religieux de son choix. Ce mariage a été célébré par l'abbé Coulommier, curé légitime, non constitutionnel, déporté en Espagne en 1796. Cet épisode est à l'origine de son arrestation par le comité révolutionnaire de Cholet. Avec 163 femmes de la prison du calvaire d'Angers, Victoire Bauduceau meurt le , fusillée au Champ des martyrs[3].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

À la suite de la défaite des Vendéens durant la virée de Galerne et à la mise en place de la Terreur, les républicains font prisonniers des milliers de Vendéens.

Entre avril et , près de 2 000 personnes sont fusillées à Avrillé par les colonnes infernales de Turreau. Le Champ des Martyrs, où se déroulèrent ces exécutions, est devenu un lieu de pèlerinage en Anjou. Une chapelle y est édifiée en 1852.

Arrestation et détention[modifier | modifier le code]

Une des premières arrestations faite par le comité révolutionnaire de Cholet fut celle de Mme Révellière et de l'une de ses filles, Renée, le [4]. La famille riche, influente et presque toute patriote, fit aussitôt de nombreuses démarches près de Robin pour obtenir, sinon la liberté de leurs parentes, au moins qu'elles fussent dispensées de la prison. Robin y consentit sous caution du citoyen Combault, vrai républicain. Elles sont mises en résidence surveillée à leur domicile et non en prison au début, grâce à leurs relations. Le , elle est réellement internée avec sa fille, Marie, par un nouveau comité révolutionnaire, puis transférée à la prison d'Angers. Elle est incarcérée le dans l'ancien couvent du calvaire d'Angers. Joseph Clemenceau qui dirige le tribunal révolutionnaire d'Angers indique : « Elle a fanatisé la moitié de Cholet avant et après la guerre de Vendée et, depuis la rentrée des troupes républicaines dans Cholet, elle a chez elle la nuit tenu des conciliabules secrets, fait dire ou semblé dire elle-même (sic) des messes[5]. La république a besoin de se purger. A avoué que pendant les différents séjours de l'armée contre-révolutionnaire, elle avait logé sur billets du comité contre-révolutionnaire de cette armée, un nombre de brigands, n'a jamais crié vive le roi, a ajouté qu'elle se flattait d'avoir un mari patriote ». De nombreux certificats de républicains sont envoyés en sa faveur. Victoire Bauduceau a reconnu que des ossements découverts à son domicile avaient été apportés par un officier patriote qui « s'amusait à disséquer ». Un capitaine et un médecin quartier-maître du corps de cavalerie de la Haute-Vienne certifient que c'est eux qui avaient déposé le squelette dans la chambre qu'ils avaient occupée. Gilles Révellière n'est pas témoin pendant le procès de sa femme Marie Bauduceau et ne semble pas y assister ; il est alors à Nantes, soi-disant malade. Il ne semble pas avoir fait beaucoup d'efforts pour tirer sa femme des mains du terrible tribunal. Il en a fait davantage pour lui-même quand il a eu à se défendre devant la commission militaire de Nantes. Suspect et dénoncé par des réfugiés choletais, il a été emprisonné à la prison des Saintes-Claires à Nantes en (après la mort de sa femme) et a comparu le devant la commission militaire présidée par Lenoir. Devant la production de certificats de civisme il a été libéré en [2].

Béatification[modifier | modifier le code]

En 1905, Joseph Rumeau, évêque d’Angers, introduit la cause d’un certain nombre de victimes d'Avrillé et d'Angers mises à mort en haine de la foi et de l’Église catholique. Une procédure canonique de béatification est alors lancée. Le décret proclamant le martyre de quatre-vingt-dix-neuf de ces victimes — dont Perrine Potier qui est alors déclarée vénérable — est promulgué le  : ce sont les Martyrs d'Angers. Leur béatification est célébrée solennellement le par le pape Jean-Paul II à la basilique Saint-Pierre de Rome.

Fête[modifier | modifier le code]

  • Le 1er février[6] et le 16 avril.

Prénom[modifier | modifier le code]

Notes et Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]