Vicia faba

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Vicia faba est une espèce de plante herbacée de la famille des Fabaceae. Cette légumineuse regroupe les différentes sous-espèces ou variétés de fèves et de féveroles. Les fruits sont des gousses contenant des graines, cultivées et consommées par les humains depuis plusieurs millénaires, comme légumes, ou en farines.

Elle fait partie des plantes dont la culture fut recommandée dans les domaines royaux par Charlemagne dans le capitulaire De Villis (fin du VIIIe ou début du IXe siècle).

Fève ou féverole ?[modifier | modifier le code]

Les fèves et les féveroles sont des plantes de la même espèce, Vicia faba, la féverole lato sensu (au sens large)[1].

Traditionnellement, on distinguait deux formes cultivées[2],[3] :

  • La grosse fève, qui donne les « fèves » à grosses graines dont les cultures sont destinées à l'homme. Déclinée en plusieurs sous-variétés, elle donne notamment au Québec la « gourgane » ou fève des marais, qui est connue comme culture traditionnelle dans la région du Lac Saint-Jean[4].
Article détaillé : fève.
  • la petite fève, qui donne les « féveroles » à plus petites graines et issues de cultures destinées au bétail.
Article détaillé : fèverole.

Selon V.S. Muratova, on subdivise l'espèce en deux sous-espèces et des variétés botaniques :

  • la sous-espèce Vicia faba subsp. paucijuga (Alef.) Murat., à très petites graines (moins de 0,3 grammes) présente en Inde et Asie centrale
  • la sous-espèce Vicia faba subsp. faba
    • variété Vicia faba subsp. faba var. equina Pers. - féveroles ou « fèves de cheval »
    • variété Vicia faba subsp. faba var. minor Peterm. - féveroles
    • variété Vicia faba subsp. faba var. faba (synonyme : Vicia faba var. major Harz.) - fèves ou fèves des marais

Les féveroles désignent alors les variétés equina et minor dont les graines qui font entre 0,4 et 8,0 grammes et sont cultivées principalement pour l'alimentation d'élevage. Parmi les nombreuses variantes botaniques, on distingue en France les féveroles d'hiver et les féveroles de printemps, selon la période du semis. La variété faba (ou major), dont la grosse graine pèse de 0,9 jusqu'à 2 grammes, donne la fève potagère utilisée dans l'alimentation humaine[1],[5].

Liste des sous-espèces et variétés[modifier | modifier le code]

Selon Catalogue of Life (13 octobre 2014)[6] :

  • sous-espèce Vicia faba subsp. faba
  • sous-espèce Vicia faba subsp. paucijuga
  • variété Vicia faba var. equina
  • variété Vicia faba var. minor

Selon NCBI (13 octobre 2014)[7] :

  • Vicia faba var. major
  • variété Vicia faba var. minor

Interdit des fèves[modifier | modifier le code]

Les fèves faisaient l'objet d'un interdit alimentaire pour les prêtres en Égypte ancienne, et chez les Pythagoriciens de l'Antiquité grecque. La raison n'en est pas connue avec certitude (odeur de cuisson, fleurs pouvant être associées à un présage funeste, etc.)[8].

La fève était considérée comme provenant de la même matière destinée à former l'homme. La fève est principe de vie, par sa forme évoquant un testicule. C'est aussi un lieu de transmigration des âmes, manger des fèves étant l'équivalent de dévorer les défunts. Ainsi Pythagore et ses disciples s'abstenaient de manger des fèves, ou de marcher sur un champ de fèves. Pythagore serait mort, massacré par des poursuivants, en refusant dans sa fuite de traverser un champ de fèves[9].

Cet interdit pourrait aussi reposer sur l'existence d'une maladie appelée « favisme » ou déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase (G6PD). Chez les personnes affectées par ce déficit héréditaire, l'ingestion de fève peut provoquer une crise hémolytique aiguë. Il en est de même lors de la prise de certains médicaments, ce qui fut démontré en 1956 chez des noirs de l'armée américaine[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Claire Doré et F. Varoquaux, Histoire et amélioration de cinquante plantes cultivées, Editions Quae, 2006. (ISBN 2738012159) et 9782738012159. Chapitre Les féveroles, page 303.
  2. Voir Fève, page 236, dans Paul Fénelon, Vocabulaire de Géographie agraire (suite). In: Norois. N°46, 1965. Avril-juin 1965. pp. 224-239. doi : 10.3406/noroi.1965.1521. Consulté le 14 octobre 2014
  3. Louis Liger et Jean-François Bastien, La nouvelle maison rustique: ou Économie rurale, pratique et générale de tous les biens de campagne, Volume 2. Éditions Deterville, 1798. Fève de marais, page 387.
  4. Feuillet technique de la gourgane par le conseil des productions végétales du Québec.
  5. Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  6. Catalogue of Life, consulté le 13 octobre 2014
  7. NCBI, consulté le 13 octobre 2014
  8. Jean Guillaume, Ils ont domestiqué plantes et animaux : Prélude à la civilisation, Éditions Quæ, , 456 p. (ISBN 978-2-7592-0892-0, lire en ligne), chap. 7, p. 295.
  9. Mirko Grmek, Les maladies à l'aube de la civilisation occidentale, Payot, (ISBN 2-228-55030-2), p. 313-319.
  10. A. S. Alving, P. E. Carson, C. L. Flanagan et C. E. Ickes, « Enzymatic deficiency in primaquine-sensitive erythrocytes », Science (New York, N.Y.), vol. 124, no 3220,‎ , p. 484–485 (ISSN 0036-8075, PMID 13360274, lire en ligne)

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